mercredi 24 juillet 2013

Ce que le Big Mac dit de la monnaie unique





Une méthodologie sans cesse affinée

A l’origine, The Economist avait choisi le prix du Big Mac de Mac Donald’s car il s’agit d’un produit que l’on retrouve presque partout dans le monde. En outre, la large composition de son coût (matières premières agricoles, mais aussi salaires ou immobilier) donne une bonne indication sur le niveau des prix dans un pays. Ainsi, quand un Big Mac est moins cher dans un pays que dans un autre, on peut en déduire que le cours de la monnaie est théoriquement sous-évalué. Selon cette méthode, l’euro serait surévalué de 2% par rapport au dollar et le yen sous-évalué de 30% et le wuan de 43%.

En 2011, pour les 25 ans de la publication, partant du principe que le niveau des salaires était plus bas dans les pays en voie de développement et étant donné la forte corrélation entre le niveau des prix et le niveau du PIB, The Economist a ajouté un indice ajusté, qui donne une image un peu différente. Selon cet indice, l’euro serait surévalué de 10,5% par rapport au dollar. En revanche, le wuan ne serait plus que sous-évalué de 6% par rapport au dollar et le yen de 28%. Par rapport à son niveau de développement, le Brésil serait le pays le plus cher. Dans l’absolu, c’est la Norvège, de plus de 60% !

Sur son site, l’hebdomadaire met à disposition des graphiques interactifs et permet même de télécharger l’ensemble des données depuis 2000. Un geste particulièrement appréciable. L’innovation de ce milieu d’année vient de la publication des indices par pays de la zone euro (alors qu’il y avait avant un seul chiffre pour l’ensemble de la zone, qui recouvrait des situations très différentes). On constate en effet que si l’euro est surévalué de 15% en Finlande (pour les deux indices), il est en revanche sous-évalué de 27% en Grèce en valeur nominale et de 9% si l’on prend en compte le PIB du pays.

Une situation européenne explosive

La situation de la zone euro apparaît comme doublement explosive. Tout d’abord, l’euro reste légèrement surévalué par rapport au dollar. Mais surtout, la compétition avec l’Asie est complètement déloyale. En effet, non seulement le won coréen est sous-évalué de 25% (vs le dollar), le yen japonais de 30% et le wuan de 43%, mais ces trois pays n’hésitent pas à protéger leurs industries avec des barrières protectionnistes, quand nous laissons au contraire nos industriels à la merci de leur dumping commercial, s’ajoutant au dumping monétaire, permis par les profits du marché intérieur protégé.

Mais à cela s’ajoute une situation très complexe au sein de la zone euro. Alors que les coûts de production et les prix sont les mêmes aux Etats-Unis ou en Chine, les pays européens sont dans une situation extrêmement différente. Par rapport au dollar (sans prise en compte du niveau de PIB), on constate que la Finlande est le pays le plus cher (+15% par rapport aux Etats-Unis), suivi par la France (+10%), le Portugal (+9%), l’Italie (+6%), l’Allemagne (+3%), l’Espagne (-1%) et la Grèce (-27%). Il faut noter qu’il y a deux ans, l’Espagne était aussi chère que la France et la Grèce à peine moins.

En effet, privées de l’option de la dévaluation, l’Espagne et la Grèce ont considérablement agi pour baisser les salaires et ainsi retrouver de la compétitivité. Pour l’instant, cela provoque une monstrueuse saignée économique, un triplement du niveau du chômage, au-delà de 25% de la population, un effondrement du PIB, mais on peut constater que la brutalité de l’ajustement (le SMIC a été baissé de 22% en Grèce, et même 32% pour les jeunes) fait son effet. Cela pose néanmoins deux problèmes : la divergence au sein de la zone euro, et une probable course au moins disant social

Merci à The Economist pour cette contribution à la réflexion économique, qui démontre une nouvelle fois toutes les carences de cette monnaie unique, qui contribue à affaiblir et faire diverger les économies des pays qui la composent tout en provoquant une course mortifère à la compétitivité.

15 commentaires:

  1. La question est : si l'Espagne et la Grèce sont redevenues compétitives grâce à la dévaluation interne, pourquoi ces économies ne redémarrent pas ?

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    1. Contrairement au bavardage dominant, "compétitivité" n'est pas synonyme de bonne santé économique ! La déflation ravage le marché intérieur, qui reste de loin le principal marché des entreprises locales - quant aux marchés extérieurs, avantage de prix ou pas, ils sont eux-même étranglés par la récession.Rassurez-vous: les malades mourront guéris !

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    2. et contrairement à ce qu'on entend partout les libéraux ne sont pas pour baisser les salaires mais baisser la fiscalité et les dépenses publiques afin de créer un boom économique dans le secteur privée : de l'investissement, innovation, de l'emploi, du pouvoir d'achat.

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  2. Sur évaluées ou sous évaluées, les monnaies sont un instrument économique fondamental. Un état privé du contrôle de sa monnaie devient le vassal de celui qui exerce ce contrôle. C'est ce qu'avait compris M A Rothschild dés la fin du 18ème siècle.
    Car, n'en doutons pas, le véritable objectif de cette prise de contrôle est avant tout d'endetter les états. Lorsqu'en plus la valeur de la monnaie dans laquelle on les endette est très élevée, cela devient extraordinaire pour les créanciers.
    Il suffit de voir la progression quasi exponentielle de leurs bénéfices

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  3. Je suis tout de même surpris d'entendre que la compétitivité n'est pas synonyme de meilleure pénétration du marche, donc de croissance, donc de création d'emploi : Dans un pays "géré" Je ne crois pas autant à cette vérité dans un pays (comme le notre) tout simplement administré.
    Là est le problème !!!!






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    1. Il faudrait s'apercevoir un jour peut être que la croissance ne crée plus d'emploi réels et que plus nous avons de chômeurs plus nous sommes compétitifs

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  4. Une petite remarque pour dépasser les clichés et les analyses de café du commerce de nos experts.

    Ce que rappelle J. Halpern au sujet de la déflation qui fera que "les malades mourront guéris" (J. Halpern), me fait penser , par association d'idées peut-être, à la distinction qu'il faudrait opérer entre l'état de santé (économique) d'un pays et celui de ses habitants. Un pays peut être riche, très riche, comme ses "élites", alors que la majorité de ses habitants est pauvre, voire très pauvre. Il me semble que nous l'avions oublié, armés de notre foi dans le progrès, et que nous commençons à en prendre conscience. C'est ce qu'expriment aujourd'hui de manière implicite de nombreux commentaires sur le blog de Laurent.

    Alors, les discours et les engagements pris par nos dirigeants traduisent-ils une vraie détermination de se battre maintenant pour des lendemains meilleurs ou sont-ils résignés en accompagnant le mouvement ?

    Comme on le dit souvent, poser la question, c'est déjà y répondre. Le destin de la France est-il donc de devenir un pays en voie de développement ?


























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    1. Il faut regarder l'évolution du PIB pour savoir si un pays s'enrichit ou s'appauvrit. Dans le cas des pays d'Europe du Sud, le PIB recule. Il peut bien sûr y avoir des gens qui s'enrichissent dans un pays qui s'appauvrit...

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  5. @ lamy ? mondialisation, c'est votre affaire ce n'est pas la mienne, les délocalisations qu'ont laissé faire nos dirigeants tant hier qu'aujourd'hui sont la cause de nos malheurs !!!!
    Ne pas confondre gestion et administration ????
    @ Demos
    Très bien dit

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    1. Amusant si ce n'est pas la votre c'est que nous vivons dans des espaces/temps différents !

      La croissance ne crée plus d'emploi parce que le travail de masse est fait par des machines et cela n'a rien a voir avec la mondialisation les entreprises qui sont parties dans les pays a bas couts de personnels et qui reviennent certes ; on fait disparaitre le majeure partie de leurs employés au passage la réduction du stock d'heure de travail est inéluctable c'est a partir de ce constat qu'il faut imaginer le futur

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    2. je regrette, vous enfoncez un clou, mais ce sont quand même bien les entreprises délocalisées (pour la M.O. moins chère) qui créent le chomage en France.7
      C.Q.F.D

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  6. @ Anonyme

    Parce que cette course à la compétitivité est le nom politiquement correct de la déflation et de la baisse des salaires et quand ces derniers baissent, la demande baisse également. En outre, à moins d’être le seul à faire cela, on ne peut pas compenser par le commerce extérieur. Enfin, certes, Madrid et Athènes sont plus compétitifs au sein de la zone euro, mais cela reste insuffisant par rapport à l’Europe de l’Est, l’Afrique du Nord ou l’Asie. C’est une course sans fin à la régression sociale.

    @ J Halpern

    D’accord

    @ Cliquet

    100% d’accord.

    @ Gilco56

    La course à la compétitivité par la baisse des salaires est un piège dans lequel l’Europe est tombé : baisse des salaires = moins de demande = moins de PIB = récession + chômage

    @ Démos

    100% d’accord. Les excédents commerciaux, cela ne se mange pas. C’est l’immense paradoxe de ce pseudo modèle allemand que l’on nous vante mais qui ne profite pas à la population.

    @ Anonyme

    Très juste. La situation est d’autant plus insupportable quand certains s’enrichissent alors que la population s’appauvrit.

    @ Patrice

    Si, cela a aussi à voir avec la mondialisation : cf part de l’industrie dans notre VA et déficit commercial. Mais le rôle des machines (qui a à voir avec notre fiscalité) joue aussi.

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    1. Bien sur mais j’écrivais sur la création d'emploi , il est maintenant certains que nous ne créerons plus jamais suffisamment d'emploi pour résorber le chômage ; je parle de vrais emplois nécessaires pour le fonctionnement du bien commun certes nous pouvons remettre des poinçonneurs du métro et autres travailleurs de même métal mais c'est bidon ; je dis que les solutions qui ont fonctionné c'est terminé et qu'il est temps de penser qualitatif et non quantitatif a minima

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  7. @ laurent, OUI, mais ce n'est pas ce que je VEUX !!!, mais pas du tout. je suis contre l'austérité, mais pour la JUSTE REPARTITION...OUI, et OUI Nous en sommes bien loin !!!

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  8. J'étais à la recherche d'un organisme de crédit lorsque sur le net j'ai trouvé le prêt grâce ce Mr Carlos Duvrait. J'ai fait une simulation et j'ai reçu par chance un avis favorable. J'ai imprimé le dossier de crédit de suite afin de le renvoyer le plus rapidement possible, j'ai été rapidement contacté par email pour m'informer que j'avais omis de fournir une pièce justificative, que j'ai renvoyé le jour même par mail. J'ai ensuite été contacté par e-mail par une chargée de clientèle (très professionnelle et aimable) pour répondre à quelques questions. Mon dossier est passé en commission, 48 heures plus tard j'avais la réponse et il a fallut 48 heures de plus pour le versement. Carlos Duvrait, c'est mieux qu'une banque à tout points de vue. Je suis ravi ! Surtout n'hésitez pas ! Je vous conseil ce mr "Carlos Duvrait" Contactez-le par E-mail : Carlosduvrait@yahoo.fr

    Bonne chance à vous.
    PS : C'est pas de la l'arnaque , ni une plaisanterie c'est du sérieux .
    Donc, Merci de faire passer le message.

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