jeudi 25 juillet 2013

Grèce, Portugal : la victoire temporaire des austéritaires





L’austérité, majoritaire à Lisbonne et Athènes

Vu d’ici, il est incroyable, pour ne pas dire autre chose, que les gouvernements grec et portugais tiennent toujours dans le contexte actuel. La récession continue, le taux de chômage dépasse 27% en Grèce et 18% au Portugal, pourtant, rien n’y fait : ni la censure du plan d’austérité par la Cour Constitutionnelle ni la démission de deux ministres majeurs du gouvernement à Lisbonne, ni la fermeture de l’audiovisuel public ou les départs de la majorité du DIMAR à Athènes n’ont fait tomber les gouvernements euro-libéralo-austéritaires dans les deux capitales du Sud de l’Europe.

Ce lundi, malgré une fronde grandissante dans ses rangs, le premier ministre portugais a exclu de changer de cap, sachant que le président de la République avait indiqué qu’il ne convoquerait pas les élections législatives anticipées que demande la gauche. Il a également affirmé que « nombreux sont ceux qui disent que l’austérité est excessive, mais elle est celle que nous imposent les circonstances ». Cependant, le niveau de dette du pays atteint 127,2% du PIB, un chiffre qui rend très aléatoire la sortie du pays des plans européens et pourrait rendre nécessaire un second plan.

En Grèce, malgré la défection du DIMAR, le gouvernement continue à appliquer les potions amères et absurdes de la troïka. Comme le rapporte ce papier du Figaro, un sondage indique que pas moins de 60% de la population serait favorable au licenciement de fonctionnaires (et même 47% des électeurs de Syriza) du fait d’enquêtes qui mettent en avant certains abus et créent le sentiment que les membres de la fonction publique sont des priviliégiés dans cette crise. Cependant, l’endettement du pays atteint encore 160% du PIB, malgré l’effacement de 107 milliards d’euros de dette…

Entre résignation et peur

Il y a quelque chose de stupéfiant à ce que la population continue d’accepter ces politiques, d’autant plus qu’elles sont tout autant inefficaces pour restaurer la solvabilité et la liquidité des pays que pour relancer la croissance. L’échec criant du redressement des comptes de ces deux pays, dont tous disent aujourd’hui que, dans les conditions actuelles, ils devront recevoir une nouvelle aide et / ou voir une partie de leur dette effacée et la dégradation effrayante de leur situation sociale conduit à s’interroger sur les raisons de la relative apathie des peuples portugais et grec dans cette crise.

La première raison est sans doute une forme de résignation : beaucoup n’imaginent sincèrement pas qu’il soit possible de mener une autre politique (surtout quand il s’agit de quitter la monnaie unique). Du coup, ils continuent à obéir aux demandes européennes, même si les résultats sont déplorables. Le problème est que pour s’en sortir seul, il faudrait que les dirigeants de ces pays remettent totalement en cause les politiques suivies depuis des décennies (intégration européenne, anarchie financière et commerciale). La crise pousse au contraire certains à se raccrocher aux politiques traditionnels.

Ensuite, on ne peut pas exclure que la peur joue un grand rôle. En Grèce, la peur de la Turquie et le refus de l’affronter seul fait sans doute en grande partie que les dirigeants d’Athènes n’aient pas voulu remettre en cause les diktats européens. Dans les deux pays, une peur du saut dans l’inconnu que représenterait le retour à une monnaie nationale et une banque centrale au service de la collectivité, bien que l’histoire démontre le contraire. Heureusement, le débat progresse dans l’Europe du Sud, avec le grand succès d’un livre anti-euro au Portugal et la poursuite du débat en Italie.

Tout ce qui se passe aujourd’hui semble confirmer ceux qui parlaient hier de « stratégie du choc ». La crise, loin de remettre en cause le néolibérailsme, semble faciliter son avancement, comme je l’avais pressenti dès janvier 2009. Mais, tôt ou tard, les peuples finiront par se rebeller. 

11 commentaires:

  1. Ce qui est intéressant est le constat de Patrick Artus dans un entretien en date du 23 juillet sur le site en ligne de La Tribune selon lequel un défaut des pays des plus vulnérables de la zone euro est inévitable. Cependant et comme toujours au sein de l'UE cela sera trop peu et trop tard pour retarder des échéances. De la "Troïka" le FMI est l'instance la plus lucide.

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  2. Le défaut permettrait peut-être de sauver l'euro, en faisant une fois de plus peser le coût des fautes commises sur les épargnants et les salariés. Tout cela pour éviter à tout prix les instruments les plus efficaces : la relance budgétaire couplée à la nationalisation des banques faillies et à leur refinancement.

    Malheureusement il est plausible que cette politique aille à son terme - un euro-zombie et une Europe ruinée. Les précédents historiques montrent de nombreux cas où l'effondrement tétanise les peuples plutôt que les pousser à la révolte - songez aux victimes de la "crise de la dette" des années 80, l'Amérique latine et beaucoup de pays d'Afrique sont loin de s'en être remis.

    Le pire n'est jamais sûr, mais le temps historique est terriblement long.

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  3. Oui. Et la situation est explosive.
    Une étincelle peut vite mettre le feu aux poudres. C'est sans doutes encore un peu trop tôt. Mais la suite de la crise (guerre des monnaie, QE sans fin, bourse hallucinante, etc...) qui se profile à l'horizon risque d'être un élément déclenchant.
    Et là, franchement, je me demande si ça risque pas de partir d'un pays plus riche que la Grèce ou le Portugal, comme l'Italie, l'Espagne ou même la France...

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    1. Il y eu même récemment des émeutes dans la banlieue de Hambourg ( discrétion journaleuse en France )

      Sur la folie boursière :
      https://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=C6-mrtTEJTo
      Mais les Français sont peut être en sidération ?
      a voir !

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  4. Je ne peux que répéter ce que j'ai déjà dit : "ça" ne peut se terminer que par une série d'abominables guerres civiles qui partiront très probablement de France, et en 2017 au plus tard si l'on persiste à refuser aux Français autre chose qu'une "alternance" PS-UMP.

    Après tout et sauf erreur de ma part la France est de tous les pays européens ( notez l'absence volontaire de majuscule : le mot "européen", dans ma bouche, est devenu une injure ) celui qui est le mieux équipé pour une guerre civile.

    A part elle, quel pays peut se prévaloir de l'immense "avantage" suivant :

    Une classe politico-médiatique totalement discréditée, totalement indigne de la moindre confiance ou du moindre respect sur quelque sujet que ce soit, affolée par une haine pratiquement pathologique envers la France et son peuple, haine dont elle ne prend même pas la peine de se cacher, et qui s'imagine que le politiquement correct peut servir de politique ?

    Regardez l'être étrange ( et je suis charitable ) qu'est François Hollande : après avoir affirmé dans son dîner pour servir la soupe ( littéralement ) à mes frais aux journalistes qu'il "s'opposerait aux forces populistes" ( dans le mot "populiste" il y a le mot "peuple", vous comprenez ), il commence, n'étant quand même pas idiot, à avoir vraiment peur de ce qui vient, et il essaie maintenant de diaboliser non pas seulement le FN, mais TOUTE LA DROITE.

    http://lelab.europe1.fr/t/la-droite-francaise-est-de-type-tea-party-selon-francois-hollande-

    Il confond "politiquement correct" et "politique". Il a peur et je le comprends : regardez les blogs et même la Une des journaux "mainstream" : depuis Marie-Antoinette on n'a jamais vu une pareille vague de déception et de dégoût.

    Voulez-vous que je vous dise ? Lui et moi avons la même perception du reste de son quinquennat.

    Sancelrien

    P.S : Je sais, ma référence vient de "Contrepoints", mais l'article qui l'accompagne ma paraît caractérisé par une certaine confusion mentale.

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    1. Il est normal que vous ne mettiez pas de majuscule à européen puisque vous l'employez comme un adjectif.
      Quand à l'emploi de "populiste" il traduit de la part de toutes nos élites un mépris du peuple qui s'est bien exprimé le 29 mai 2005, notamment.
      Quant à l'affirmation de Hollande selon lequel la droite est de type "Tea party" il faut lui laisser ce genre de comparaison qui n'est jamais raison, n'est pas fondée. Cela n'a rien à voir! Il va avoir des surprises en 2014!

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  5. @ Cording

    Je vais y consacrer un papier prochainement. Il a raison.

    @ J Halpern

    Vous avez malheureusement raison à date. Il faut espérer qu’une révolte démocratique balaye cette logique mortifère

    @ Alain34

    Je suis bien d’accord. Une étincelle peut vite mettre le feu aux poudres.

    @ Patrice

    Très juste

    @ Sancelrien

    Guerre civile ? Malgré tout, je n’y crois pas, malgré le constat que je partage. Je crois que les Français voudront une alternance démocratique dans le calme.

    Tea Party : il y a peut-être un fond de vérité, mais cela n’en fait en aucun cas un argument électoral (c’est beaucoup trop intello).

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  6. l'austérité accélère les difficultés ....
    la rigueur et la justice dans la répartition des produits accélère le traitement de la crise...

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  7. J'étais à la recherche d'un organisme de crédit lorsque sur le net j'ai trouvé le prêt grâce ce Mr Carlos Duvrait. J'ai fait une simulation et j'ai reçu par chance un avis favorable. J'ai imprimé le dossier de crédit de suite afin de le renvoyer le plus rapidement possible, j'ai été rapidement contacté par email pour m'informer que j'avais omis de fournir une pièce justificative, que j'ai renvoyé le jour même par mail. J'ai ensuite été contacté par e-mail par une chargée de clientèle (très professionnelle et aimable) pour répondre à quelques questions. Mon dossier est passé en commission, 48 heures plus tard j'avais la réponse et il a fallut 48 heures de plus pour le versement. Carlos Duvrait, c'est mieux qu'une banque à tout points de vue. Je suis ravi ! Surtout n'hésitez pas ! Je vous conseil ce mr "Carlos Duvrait" Contactez-le par E-mail : Carlosduvrait@yahoo.fr

    Bonne chance à vous.
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    Donc, Merci de faire passer le message.

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