14,6% c’est la part du marché européen des constructeurs chinois en septembre, alors qu’ils n’étaient qu’à 3% il y a deux ans ! Près de 200 000 voitures vendues en un mois, plus que ce que les constructeurs de l’UE ont réussi à exporter en Chine pour toute l’année 2025… Un nouvel exemple frappant des trahisons de l’UE à l’égard des intérêts économiques de la plupart des pays européens.
Quand Berlin ouvre nos marchés à Pékin
A contrario, la situation en Chine est radicalement différente. Le pays a importé un peu moins d’un demi-million de véhicules en 2025 pour un marché de plus de 34 millions de véhicules : moins de 1,5% ! Et ce volume a baissé de 32% en 2025. Et le premier fournisseur est le Japon, avec un peu plus de deux cent mille véhicules, puis l’Allemagne, autour de cent mille, puis la Slovaquie et les États-Unis, autour de cinquante mille, et la Grande-Bretagne à trente-six mille. En clair, le volume des exportations de l’UE vers la Chine représente à peine 0,5% du marché chinois sur l’année 2025. Pire, ce chiffre devrait encore baisser en 2026 au regard des nouvelles des constructeurs allemands, qui pointent tous un nouvel effondrement de la demande venue de Chine, les ventes de Porsche y ayant reculé de deux tiers en 3 ans.
Le contraste devient étourdissant : les ventes de voitures chinoises dans l’UE pèsent 20 fois plus lourd que les ventes de véhicules venus de l’UE en Chine. Pire, les premières s’envolent et les secondes s’effondrent. On se demande bien ce qui peut pousser l’UE à une telle passivité, alors que la muraille de Chine, déjà très haute, est sans cesse relevée par Pékin, et que l’invasion des véhicules chinois est toujours plus violente. Nous devrions dire a minima à la Chine qu’elle n’a pas le droit de nous vendre plus de véhicules que nous nous lui en vendons : et encore dans un tel cas, parce que le marché chinois est trois fois plus grand, cela reviendrait à autoriser une part de marché trois fois plus important à la Chine. En fait, on pourrait parfaitement demander une réciprocité complète des échanges…
Tout le problème est que les constructeurs allemands vendaient encore beaucoup de voitures en Chine en 2025 (plus de six cent mille pour BMW, plus de cinq cent mille pour Mercedes, à -19%, 2,69 millions pour le groupe Volkswagen). Plus de 95% de ces véhicules sont fabriqués en Chine, souvent en partenariat avec des entreprises chinoises, mais cela pousse probablement l’Allemagne à la modération. Cependant, la forte chute des ventes de voitures fabriquées en Europe en Chine, et l’explosion des ventes de voitures fabriquées en Chine en Europe devrait tout de même provoquer une réaction forte de nos dirigeants. La Chine est en train de saborder notre industrie automobile, et nous la laissons faire, alors que son marché est fermé et alors que la plupart des ventes de véhicules chinois se font au détriment de véhicules européens… L’absence de réaction de l’UE est une non assistance à industrie en danger.
Le poids de l’automobile dans notre économie aurait dû depuis longtemps provoquer une réaction ferme des pays européens. Et à la limite, si l’Allemagne ne veut pas fermer son marché, qu’il en soit ainsi, mais pour eux seulement. Les autres pays devraient pouvoir se protéger des voitures chinoises alors que la Chine leur a fermé son marché. Il est révoltant que les dirigeants de la France, de l’Italie ou de l’Espagne laissent leur pays se faire dépouiller par une Chine qui profite de notre ouverture quasiment sans limite, tout en vérouillant son marché. Ces décisions nous appauvrissent car chaque dégradation de notre solde commercial avec la Chine est une perte de richesse et représente une perte d’emplois qui pèse sur nos économies et nos comptes. Nos dirigeants sont complices d’un sabordage de la première industrie du continent, et de nos économies. Il est très malheureux que le sujet ne soit pas davantage abordé.
Encore une fois, il est clair que l’appartenance à l’UE est le problème sur ce dossier. Non seulement l’UE s’ouvre sans réciproque aux autres pays, mais elle le fait même avec un pays comme la Chine, profondément impérialiste économiquement. Et on voit aussi qu’à intérêts différents, le dossier ne doit pas être traité de manière uniforme. Mieux vaudrait une politique commerciale allemande et une française…

herblay
RépondreSupprimervotre commentaire incendiaire va à l'encontre de toute logique économique.
Certains propos sont inaudibles..
"les dirigeants ... laissent leur pays se faire dépouiller"
D'un point de vue microéconomique, en quoi l'achat d'un véhicule chinois (ou japonais ou américain) nous dépouille ? Est-ce que ce véhicule ne vaut pas le prix payé ? Les véhicules électriques chinois valent largement leurs concurrents français, donc vous n'êtes pas plus dépouillé que par votre concessionnaire Peugeot.
D'un point de vue macroéconomique, seules les dépassées théories mercantilistes prônaient à tout prix comme vous la poursuite d'un excédent commercial. Si la Chine travaille pour nous et nous envoie de belles voitures en échange de simples billets en Euro, je ne réussit à voir le problème. Que feront-ils de ces billets en Euro, si non nous acheter des biens ? Les USA ont un déficit commercial bien plus grand que la France, et pourtant se portent bien mieux.
"Nous devrions dire a minima à la Chine qu’elle n’a pas le droit de nous vendre plus de véhicules que nous nous lui en vendons"
Ce qui est en jeu n'est pas le droit de la Chine de nous vendre des véhicules, c'est le droit des Français de choisir leur véhicule. Est-ce bien ce droit que vous voulez bafouer, sous couvert de nationalisme déplacé ? Et que dire d' autres biens où la France est compétitive ? Accepteriez-vous que n'importe quel pays nous impose de ne pas lui vendre plus d'avions que nous lui achetons ? Ou de champagne et autres spiritueux ? De fromage ? Des parfums ? Des pneus ?
On fait du vin mousseux dans beaucoup de pays, mais champagne français et prosecco italien se sont imposés comme les meilleurs produits et se vendent dans le monde entier.
La même chose est en train de se passer pour les véhicules chinois. Si les français les préfèrent c'est pour leur excellent rapport qualité-prix.
Acceptez ce fait, et essayons plutôt d'améliorer la qualité des véhicules français, en faisant comme BMW qui réalise en Chine un tiers de ses ventes.
Le droit de douanes n'amènent qu'à la sanctuarisation de l'infériorité de nos véhicules, tout comme c'était le cas dans la Russie de l'époque soviétique.
@ Anonyme
RépondreSupprimerVos arguments sont datés. Mais merci de montrer les failles de ces raisonnements. Même les macronistes ne tiennent plus ce genre de propos et commencent à se soucier (un tout petit peu) de souveraineté.
L’achat d’un produit importé nous appauvrit dans le sens où il a un impact négatif sur notre richesse (décomposition du PIB), s’il n’est pas équilibré par une vente symétrique à l’étranger. Dans le cas de la Chine, comme je le montre, les échanges sont beaucoup trop déséquilibrés : la Chine ferme son marché (1,5% de véhicules importés) mais profite de l’ouverture des autres. Le déséquilibre croissant avec la Chine nous appauvrit très directement. Si nous achetons une part grandissante de nos voitures à la Chine, cela plombera notre croissance.
Privilégier le consommateur sur le salarié, c’est un jeu de dupes où l’action du consommateur pénalise le salarié qui perd son emploi ou voit son salaire reculer en terme réel. Et pour le coup, l’exemple des USA est intéressant : les USA ont réduit leur déficit commercial avec la Chine de 30% en 2025, et il baissait encore de 20% au premier semestre. Une partie de la santé économique actuelle des USA vient du protectionnisme mis en place par Trump, malgré certaines limites, que j’ai exposées. D’ailleurs, Trump a bloqué l’arrivée des voitures chinoises…
Merci pour cette démonstration de l’égoïsme nombriliste qui anime bien des oligarchistes. Tous les pays ont protégé leur industrie ou leur agriculture à un moment donné. Ce protectionnisme est au cœur du modèle de développement asiatique, initié par le Japon, suivi par les dragons (Corée…), puis la Chine. De manière intéressante, le Japon et la Corée, qui pourrait s’approvisionner en riz bon marché près de chez eux, préfèrent imposer des barrières douanières massives, et donc un prix beaucoup plus élevé. Idem sur l’automobile : dans tous ces marchés, plus de 90 à 95% des véhicules vendus sont fabriqués localement… De facto, nous acceptons les barrières douanières féroces de bien de nos partenaires commerciaux. Il y a plein de quotas qui touchent nos productions.
Faire comme les constructeurs allemands, c’est ironique ? Vous ne voyez pas la crise majeure que traversent tous les producteurs allemands, du fait du recul de leurs ventes en Chine et de l’offensive chinoise sur le marché européen. On parle de dizaines de milliers de suppressions d’emplois.
Les entreprises françaises feraient mieux de devenir compétitifs: à la fin, c’est le meilleur qui gagne et c’est tout à fait normal. Vous devriez avoir honte de vouloir protéger des entreprises et des salariés peu compétitifs par des magouilles!
SupprimerHERBLAY
RépondreSupprimer"L’achat d’un produit importé nous appauvrit dans le sens où il a un impact négatif sur notre richesse"
je conteste absolument ce propos.
Notre richesse n'est pas impactée si nous envoyons en Chine un tas de billets d'euro et recevons une voiture flambant neuve. Bien au contraire. L'alternative serait d'acheter une voiture plus chère et probablement moins bonne à Stellantis (premier actionnaire la famille Agnelli) Où est le gain pour le français lambda, à part se retrouver plus pauvre une fois achetée la voiture Stellantis?
En tant qu’actionnaire français, je peux tout investir par exemple en BYD et profiter de l’expansion de l’industrie automobile chinoise. Dans ce cas, il est évident que le sort de Renault et de Stellantis et de leurs salariés m’importe très peu.
RépondreSupprimer@ Anonyme 20h15
RépondreSupprimerUn peu simple comme raisonnement :
1- Ce n’est pas toujours le meilleur qui gagne quand un pays a une stratégie de domination sectorielle et cherche à éliminer la concurrence, ce qui est clairement le cas de la Chine. Si nous laissons faire, la Chine éliminera une grande partie de notre industrie
2- Ce qui est normal, c’est de protéger ses intérêts nationaux. C’est le modèle de développement asiatique. Le Japon, la Corée du Sud et la Chine n’ont aucun problème à protéger des entreprises ou salariés moins compétitifs quand ils veulent défendre leur souveraineté et garder un modèle économique équilibré
@ Anonyme 20h10
Une augmentation du déficit commercial réduit directement le PIB. C’est ce qui se passe avec l’automobile chinoise
@ Anonyme 20h29
Raisonnement depuis un point de vue ultra minoritaire.
HERBLAY
RépondreSupprimer"Si nous laissons faire, la Chine éliminera une grande partie de notre industrie"
Ce n'est pas la faute de la Chine si les voitures françaises ne se vendent pas aux USA, au Japon, en Allemagne et dans les autres grands marchés mondiaux hors Chine.
C'est une question de qualité et de prix de nos voitures par rapport aux industries des autres pays.
Ni la Chine ni les droits de douane ni aucune réglementation ne sont responsables du fait que l'allemand moyen achète Audi et BMW plutôt que Renault
"Une augmentation du déficit commercial réduit directement le PIB"
je ne vois pas pourquoi. Le PIB est donné par l'offre, par la capacité de nos industries à produire des biens et services. Si l'on importe c'est parce que l'offre est insuffisante et la France n'est pas en mesure de produire certains biens ou d'en produire en nombre ou qualité suffisants. Interdisez toute importation, les incapacités de la France resteront les mêmes, tout simplement la demande devrait se réduire pour se contenter de ce qui est produit en France.
@ Anonyme
RépondreSupprimerLe problème est que la compétition n’est pas à armes égales : la Chine verrouille son marché, au contraire des pays européens. Les voitures françaises se vendent en Allemagne pour le coup, et dans bien d’autres pays, mais pas au Japon (très fermé également) et aux USA (encore que Stellantis est en partie français). Vous faites semblant de ne pas voir le problème qu’il y a à ouvrir son marché plus que les autres… Cela aboutit forcément à une désindustrialisation, un déficit commercial et un appauvrissement. Il n’y a aucune raison de s’ouvrir plus que la Chine (ou même, plus marginalement, que l’Allemagne). Nous devons viser un solde commercial équilibré.
Et sur l’impact d’une augmentation du déficit commercial sur le PIB, je vous invite à lire les notes de l’INSEE sur les résultats du PIB : chaque trimestre, ils détaillent la contribution du commerce extérieur à notre croissance : une hausse du déficit, et le commerce extérieur a une contribution négative…
Stellantis et Renault sont en train de sombrer parce ces entreprises sont nulles..... La plupart des constructeurs chinois produisent maintenant leurs voitures dans des "dark factories" (usines où toutes les lumières sont éteintes car il n'y a que des robots et plus de travailleurs humains). Où sont les dark factories de Renault et Stellantis en France? Où? Quelle honte d'avoir des entreprises aussi peu modernes et aussi peu performantes!!!!
RépondreSupprimerHERBLAY
RépondreSupprimer"Les voitures françaises se vendent en Allemagne pour le coup"
La part de marché de Renault en Allemagne est de 2%, un peu moins que Kia. Peugeot et Citroën font encore pire. Et le marché allemand n'est pas du tout verrouillé. Quant aux USA les constructeurs français sont totalement absents. Vous ne voulez pas vous rendre à l'évidence que les constructeurs français ne sont pas à la hauteur de la compétition internationale. Fermer notre marché aux importations aurait l'effet délétère de supprimer tout stimule à l'amélioration de nos constructeurs, comme c'était le cas en URSS, à laquelle d'ailleurs la France ressemble chaque année un peu plus.
"ils détaillent la contribution du commerce extérieur à notre croissance"
Il est évident que l'export contribue au PIB, mais ceci qu'on ait un déficit commercial ou pas. Ce n'est pas parce que vous importez beaucoup que votre PIB s'essouffle.
Considérez par exemple, pour simple amour de discussion, que l'Europe interdise tout import. Eh bien, au lieu d'acheter des BYD à 20k€, vous achèterez des Audi à 40k€. Certes, Audi gonflera sa production et contribuera au PIB européen. Mais d'où viendront les 20k€ que vous payez en plus pour rouler ? Sans doute de votre renoncement à vos semaines de ski à Courch', ou de plage en Corse, de vos sorties théâtre, resto, etc Autant de PIB que disparaît et de professions au chômage.
Que répondez vous à cela ?