Heureusement, il n’y a pas que le musée des horreurs macronistes pour cette présidentielle. Mais parce que j’espère pouvoir privilégier un partisan du Frexit au premier tour, notamment Florian Philippot, je m’interroge sur les candidatures de deux personnes que j’estime beaucoup, François Ruffin et Natacha Polony, dont le manque de radicalité sur l’UE explique sans doute leur difficulté à émerger.
Constats intéressants, solutions incomplètes
Mais, il manque encore un programme plus détaillé et des choix plus concrets que des principes, aussi justes et intéressants soient-ils. Mettre le fait de produire en France au cœur de son projet est juste, mais cela mériterait un peu plus de précisions sur les moyens pour y arriver, notamment dans le rapport à l’UE, dont de nombreux aspects (monnaie trop chère et inadaptée à notre pays, libre-échange forcené, même quand il est inégal, marché unique, règles des marchés publics…) sont les causes premières de notre désindustrialisation. Pour l’instant, Natacha Polony reste un peu trop sur les professions de foi, sans toujours rentrer concrètement sur ce qu’elle ferait si elle était élue présidente. Face à d’autres candidats, qui ont déjà un programme plus détaillé, cela peut sembler un peu court pour parvenir à émerger.
Et pour le coup, ce n’est pas quelque chose que l’on peut reprocher à François
Ruffin, qui
démontre sur son site qu’il a beaucoup réfléchi, et propose beaucoup de mesures,
dont un grand nombre avec lesquelles je suis d’accord. J’aime beaucoup l’idée
de relocaliser 100 produits stratégiques, ou l’orientation
des commandes publiques vers des produits français
par exemple. Il détaille également comment il compte s’y prendre avec l’UE, détaillant
certains articles de traité à utiliser, tout comme les rapports de force à
instaurer. L’idée d’utiliser nos
exportations d’électricité vers nos voisins comme levier de
négociation est habile. Mais beaucoup de mesures (interdire les importations ne
respectant pas nos normes), si elles sont justes, ont-elles la moindre
possibilité d’être mise en place dans cette UE ? Les traités pourraient prendre
beaucoup de temps à se renégocier, surtout avec 27 partenaires aux intérêts
divergents.
Au final, pour ces deux candidats, ce qui me semble manquer, c’est un projet de rupture avec l’UE, qui me semble le principal moyen pour mettre en œuvre leur vision des choses. Je ne crois pas qu’on puisse réindustrialiser suffisamment et durablement en France dans le cadre de cette UE, marché unique trop ouvert avec des parasites fiscaux notoires ou des pays aux conditions salariales et sociales bien inférieures aux nôtres. Nous avons besoins d’écluses pour adapter le niveau d’ouverture aux autres pays et reconstruire notre industrie. Même avec la meilleure volonté du monde et une stratégie de négociation habile, je crains que ce que l’on finisse par obtenir soit finalement assez limité de nos partenaires concurrents. Tout ce que nous gagnerions sur eux, ils le perdraient, et nous perdons beaucoup aujourd’hui…
Natacha Polony et François Ruffin
attendent-ils pour prendre un virage plus hostile à l’UE ? Après tout, le
second s’est tout de même demandé « Faut-il faire sauter Bruxelles ? »,
en semblant y répondre positivement il y a une décennie. Je suis persuadé
que s’ils franchissaient le Rubicon du Frexit, alors, une toute autre campagne
pourrait démarrer, surtout
si les partisans du Frexit s’unissaient…

Ensemble ils feront 2% à l’élection présidentielle, le même score que les clowns souverainistes ont fait dans le passé!
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