samedi 31 décembre 2011

La réforme du « 100% monnaie »


Le « 100% monnaie » constitue à ma connaissance la meilleure tentative de repenser l’intégralité du système monétaire et bancaire pour en corriger les défauts majeurs qui sont plus clairs tous les jours. Même si je n’en maîtrise sans doute pas tous les aspects, il donne la bonne direction.

Le « 100% monnaie », c’est quoi ?

Tout d’abord, je vous invite à lire ce papier d’André-Jacques Holbecq et celui-ci de Christian Gomez pour aller à la source de l’information. Il faut noter que les idées qu’ils défendent ont été défendues avant eux par d’éminents économistes, et notamment Maurice Allais, notre seul « prix Nobel » d’économie. Les idées qu’ils proposent sont à la fois simples et radicales et vont nettement plus loin que le seul rétablissement du Glass-Steagall Act, qui ne corrigerait pas tous les problèmes actuels.

vendredi 30 décembre 2011

Introduction au « 100% monnaie »


Si la banque libre restera dans les oubliettes de la pensée économique, défendue par quelques marginaux ultra libéraux, il n’en reste pas moins qu’il faut absolument réformer le système monétaire actuel pour parvenir à corriger ses innombrables défauts.

Le constat qu’il faut partager

Cité par A-J Holbecq, Maurice Allais affirmait qu’« au regard d’une expérience d’au moins deux siècles quant aux désordres de toutes sortes et à la succession sans cesse constatée de périodes d’expansion et de récession, on doit considérer que les deux facteurs majeurs qui les ont considérablement amplifiées, sinon suscitées, sont la création de monnaie et de pouvoir d’achat ex nihilo par le mécanisme du crédit et le financement d’investissements à long terme par des fonds empruntés à court terme ».

jeudi 29 décembre 2011

La banque libre, un délire néolibéral daté (2/2)


A la décharge de George Séglin, ses écrits datent des années 1980, à un moment où toutes les conséquences délétères de la libéralisation n’étaient pas aussi claires qu’aujourd’hui. Ses écrits prennent en fait un aspect très daté, après s’être heurté contre le mur de la réalité.

La main invisible n’est pas divine

Bien sûr, les adorateurs du néolibéralisme ne manqueront pas d’affirmer que la crise est une conséquence de l’intervention de l’Etat et que si on avait laissé faire les marchés, alors, tout se serait mieux passé. Je les renvoie à la littérature qui démonte les travers de la libéralisation, dont un certain nombre d’écrits de libéraux pragmatiques et humanistes, qui démontrent toutes les limites du « laisser faire » et du « laisser passer » quand il devient dogmatique et qu’il n’a plus de limites.

mercredi 28 décembre 2011

La banque libre, un délire néolibéral daté (1/2)

Il y a quelques mois, un commentateur m’avait interpellé sur la banque libre, m’envoyant des références (Pascal Salin et George Séglin) à lire pour mieux comprendre cette théorie monétaire. L’occasion de constater à nouveau à quel point la théorie néolibérale est coupée de la réalité.

Un produit de la théologie néolibérale

La banque libre consiste en un système où des banques privées émettent librement des monnaies qui leur sont propres, des monnaies concurrentes mais échangeables. Dans ce système, qui a eu cours dans de nombreux pays au 19ème siècle, il n’y avait pas de banque centrale. Aujourd’hui, cela reviendrait à laisser la BNP, la Société Générale, ING…  émettre leurs euros, tout en supprimant la Banque Centrale Européenne et les banques centrales nationales.


mardi 27 décembre 2011

Quel système monétaire pour demain ?

La présidence française du G20 devait être l’occasion de réfléchir à l’organisation du système monétaire international. Comme presque toujours avec Nicolas Sarkozy, les annonces n’ont pas été suivies des faits. Il s’agit pourtant d’une question totalement essentielle.

Petit rappel historique

Dans « la théorie de la banque libre », George Séglin affirme que « Carl Menger a montré que la monnaie, loin d’avoir été inventée ou instituée par une loi, est apparue comme le résultat spontané… d’efforts individuels et particuliers des différents membres de la société ». Ce sera le seul point d’accord avec ce théoricien de l’anarchie monétaire. Car, comme l’avait montré A-J Holbecq dans son livre, le système monétaire doit beaucoup au hasard et aux circonstances.

lundi 26 décembre 2011

Le PS a définitivement oublié le peuple



Un divorce ancien et définitif

On pourrait dater cette séparation à 1983 quand le gouvernement socialiste a choisi une certaine idée de l’Europe, libérale et dérégulée, et la rigueur. Frédéric Lordon attribue une responsabilité majeure aux « socialistes » dans la déréglementation : l’Acte Unique, traité très libéral, puis la libéralisation des mouvements de capitaux (directive Delors-Lamy). En 1991, le choix de la politique du franc cher marquait un arbitrage incroyable entre monétarisme et chômage.

dimanche 25 décembre 2011

Politique économique : les aberrations des années 1990 (archive)


Article publié dans Agora en octobre 1996. J’en profite pour vous signaler à nouveau ce texte « Pour un démontage concerté de l’euro », publié dans le Monde daté du 24 décembre et que je co-signe avec Gérard Lafay, Jacques Sapir, Jean-Luc Gréau, Alain Cotta, Jean-Pierre Gérard, Claude Rochet ou Philippe Murer.

La gauche, qui en assume la responsabilité jusqu’en 1993 ne semble plus trouver d’arguments justifiant la politique qu’elle avait suivie. A droite, les plus libéraux ont tourné casaque et la critiquent violemment. Quand aux gaullistes, ils y ont toujours été opposés. Récit d’un gâchis économique.

En 1990, la conjugaison de deux phénomènes économiques a entraîné la récession dont nous ne sommes pas encore sortis. Aux Etats-Unis, les taux d’intérêts avaient beaucoup augmenté pour contenir une inflation croissante (que la hausse des prix du pétrole suite à la guerre du Golfe pouvait empirer). Les ménages américains, surendettés, mettent un frein à leur consommation et cherchent à se désendetter. Cette baisse de la consommation provoque une forte récession aux Etats-Unis.

samedi 24 décembre 2011

FMI, prêt aux banques : l’Europe perd la tête

Dans leur quête désespérée de sauver la monnaie unique, les dirigeants européens viennent d’annoncer deux décisions qui démontrent leur désarroi : un prêt de 150 milliards d’euros au FMI, qui pourra alors être prêter aux Etats en difficultés et un prêt de 489 milliards de la BCE aux banques.

Je te prête, tu me prêtes…

Le mécanisme du prêt au FMI en dit long sur l’impasse dans laquelle se trouvent les pays européens. Il est tout de même assez incroyable que des Etats européens prêtent au FMI pour que ce dernier prête ce même argent à d’autres pays européens ! En fait, ce mécanisme a deux avantages. Tout d’abord, il permet de mobiliser de l’argent supplémentaire par l’intermédiaire des différentes banques centrales nationales, sans enfreindre les limites édictées par l’Allemagne.

vendredi 23 décembre 2011

Europe : le piège venu des années 1930


The Economist a consacré un dossier passionnant sur le parallèle entre la crise que nous traversons et la Grande Dépression des années 1930. L’occasion pour l’hebdomadaire libéral de porter un jugement très sévère sur les politiques menées en Europe.

Une première leçon retenue

Tes banques tu ne laisseras pas faire faillite. C’était pour beaucoup d’économistes une des leçons majeures de la Grande Dépression. Les autorités étasuniennes l’ont questionné en laissant Lehmann Brothers disparaître. Et il faut dire que la promesse implicite d’un sauvetage par l’Etat pose d’immenses problèmes d’aléa moral et de distorsions des marchés, en faveur des établissements systémiques, appelant une réglementation radicalement plus contraignante.

jeudi 22 décembre 2011

Industrie : quand les pyromanes jouent au pompier


François Hollande et Nicolas Sarkozy s’affrontent de plus en plus sur le terrain industriel. Ils font le tour des usines pour parler de leur ambition industrielle. Il est pour le moins surprenant que ne soit pas davantage souligné ce que notre grande régression industrielle doit aux deux partis qu’ils représentent.

Le grand bluff industriel du président

Nicolas Sarkozy a un sacré culot de faire ainsi le tour des usines étant donné le bilan désastreux de son quinquennat sur la question industrielle. Le déficit commercial de notre pays a pulvérisé tous les records sous son mandat. Il a laissé faire une délocalisation massive de notre industrie automobile sans réagir le moins du monde. L’épisode de Gandrange a permis également de constater à quel point les promesses de ce président n’engagent que ceux qui les écoutent.