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dimanche 23 juillet 2023

samedi 14 novembre 2020

Ce que révèlent les chiffres de l’épidémie

Depuis quelques semaines, la communication autour des chiffres de l’épidémie de la seconde vague pose doublement problème. Non seulement les chiffres communiqués ne sont que ceux remontés le jour même, sans prendre en compte la date des tests. Mais plus globalement, le choix des chiffres mis en avant donne l’impression d’une volonté de communication aussi anxiogène qu’infantilisante.

 


Amateurisme, projet peur et conséquences

 

samedi 14 mars 2020

Macron, l’UE et les média, dépassés par le coronavirus

Demain, une partie d’entre nous ira voter pour les élections municipales, maintenues de manière totalement aberrante par le président. Et lundi, démarrera la quarantaine limitée aux crèches, écoles et universités destinée à donner le change de l’action du gouvernement. Une crise extrêmement révélatrice de toutes les lacunes de nos média et nos dirigeants, bien négligents pour notre santé.


Priorité donnée à l’économie et à la petite politique sur notre santé

mercredi 15 février 2017

Le Decodex du Monde : entre inquisition et 1984

Les Décodeurs du Monde, qui font souvent – mais pas toujours - un bon travail, ont lancé le Decodex, un outil d’évaluation de la fiabilité de l’information des sites Internet. Mais les premiers listings, avec la mise à l’index de Jacques Sapir ou  Olivier Berruyer, révèlent une chasse aux sorcière bien peu factuelle.



Le Ministère de la Vérité du 21ème siècle

lundi 4 juillet 2016

mardi 4 août 2015

Ce que dit la hausse de la pauvreté en Allemagne

J’ai coutume de décrire le choc effrayant et brutal auquel les Grecs se sont soumis depuis plus de cinq ans. Mais en réalité, c’est toute l’Europe qui subit un choc antisocial de force variable, comme le révèlent les chiffres de la pauvreté en Allemagne, en progression constante depuis 15 ans.



Le grand appauvrissement, partout


Guillaume Duval a également démontré dans un livre toutes les failles de ce modèle. On pourrait aussi rappeler les analyses de Jacques Sapir ou Olivier Passet, qui ont démontré le caractère asymétrique de ce modèle, qui repose sur le fait que ses principaux partenaires ne suivent pas la même direction. L’Allemagne s’enrichit au détriment de ses partenaires européens, parce qu’elle accumule des excédents commerciaux colossaux dont la simple existence souligne le caractère insoutenable de cette stratégie car tous les pays de l’UE ne peuvent pas simultanément être en forts excédents commerciaux… Mais ce que révèle la hausse de la pauvreté en Allemagne depuis 15 ans, c’est que le modèle économique de notre Europe ne marche pas car même les résultats du meilleur élève sont mauvais.

Des dopants à effets provisoires

mardi 20 janvier 2015

Les questions que posent ceux qui ne sont pas Charlie





Les raisons de la contestation

En un sens, le fait de questionner le mouvement largement majoritaire #JeSuisCharlie, auquel j’adhère, me semble être une forme d’hommage aux journalistes décédés, en remettant en cause l’ordre établi et en soulignant aussi l’esprit critique et la liberté qui existent dans notre pays. Et ces réactions nous imposent de réfléchir à leur sens. Même si je condamne les propos de Dieudonné et sa dernière provocation lamentable, je pense que la justice a raison de l’avoir autorisé à jouer à Strasbourg. En l’interdisant, nous serions allés dans le sens voulu par les assassins. N’est-ce pas en laissant s’exprimer la théorie du complot, tout en la contredisant quand elle dit faux, qu’on la combattra le mieux ? Réduite à la clandestinité, elle est renforcée. Mais cela signifie que les médias doivent veiller à être plus pluralistes.

Après, cela ne signifie pas naturellement qu’il faille laisser faire ceux qui ont perturbé les minutes de silence, qui doivent être sanctionnés. Et je n’ai aucune complaisance avec certaines remises en cause aux relents douteux. Le cas d’Olivier Berruyer, un blogueur star alternatif modéré que je respecte, est particulièrement intéressant. S’appuyant sur une interprétation que je n’avais pas décelée de la couvertue de Charlie Hebdo, il dénonce une manipulation et les juge irresponsables. Il cite Plantu, pour qui « observer des tabous, ce n’est pas forcément une régression, ce n’est pas un pas en arrière pour la liberté d’expression : c’est un pas en avant pour l’intelligence ». Ce faisant, il rejoint quelque part la contestation du pape François et de l’église catholique pour qui « on ne peut pas insulter la foi des autres ».

#JeResteCharlie, sans état d’âme

lundi 12 janvier 2015

#JeSuisCharlie : merci Jacques Sapir et Olivier Berruyer


Samedi, après avoir lu les effarants papiers de Boulevard Voltaire, je me suis demandé si tous les vrais démocrates n’étaient pas Charlie. Après avoir lu les papiers d’Olivier Berruyer, je peux y répondre par la négative, même si je persiste à pencher plus dans le sens de Jacques Sapir.


Des critiques pertinentes

L’émotion soulevée par le tragique assassinat de douze personnes à Charlie Hebdo peut compliquer toute forme de réflexion sur ce qui se passe. Les premières remises en question que j’ai pu lire ont un caractère volontiers islamophobe et s’en dégageait un semblant de justification absolument révoltant. Heureusement pour notre démocratie et la réflexion citoyenne, Olivier Berruyer, connu pour ses analyses économiques et sa lecture de la crise ukrainienne, propose une réflexion alternative absolument pas teintée du moindre relent xénophobe ou complaisant à l’égard de ce qui s’est passé. Avec « (Mission accomplished) : bien joué à tous » et « (Indécence) Rendons hommage à Charlie Hebdo : boycottons la manifestation du 11 janvier (pour 10 raisons », il propose deux papiers qu’il faut avoir lu.


Dans son premier papier, il fait un parallèle troublant avec les attentats du 11 septembre aux Etats-Unis, en notant que Manuel Valls utilise la rhétorique de Georges W Bush… Et il dénonce les lois liberticides qui en sont issues, dans un esprit qui semble finalement très fidèle à Charlie Hebdo. Dans un second papier, où il appelait à ne pas manifester pour rendre hommage au journal, il met en garde contre la récupération de la part de dirigeants européens qui bombardent l’Irak, il dénonce la présence du président ukrainien, qui a des soutiens néo-nazis, il rappelle qu’il n’adhère pas à tout ce qu’a fait Charlie Hebdo et critique l’ostracisme à l’égard du FN, sachant qu’il n’est pas plus complaisant que moi envers le parti lepéniste. Il conclut en disant qu’il n’est pas manipulable et en appelle au débat d’opinion.

Malgré tout, #JeResteCharlie

dimanche 7 décembre 2014

BCE, banques, finance : stress-test du foutage de gueule (billet invité)


Billet invité de l’œil de Brutus 



Il y a quelques semaines la BCE s’enorgueillait d’avoir effectué un vaste stress-test des banques « systémiques » européennes et d’en avoir obtenu d’excellents résultats. Et – cocorico ! – toutes les banques françaises s’en sortaient haut la main, ceci étant abondamment relayé par les grands médias français, ces machines acritiques à penser unique. Sauf que ceci est, au mieux, une vaste blague, au pire – et plus vraisemblablement – un énorme majeur érigé au faciès des peuples.

Qu’est-ce qu’un stress-test ? Tout simplement une simulation pendant laquelle on évalue la résistance financière des banques en situation de crise économique aigue et brutale. Cette simulation s’appuie donc sur des hypothèses (d’inflation, de chômage, de faillites en cascades, etc.) qui doivent correspondre, si possible, au pire de ce que pourraient connaître les banques.  Ce type de tests est très courant dans l’industrie : en simplifiant, si on veut construire un avion qui devra voler à 1000 km/h, on teste son prototype dans toutes les configurations possibles à 1500 km/h. S’il réussit ces tests, on pourra se dire que tout cela devrait bien se passer en vitesse de croisière de 1000 km/h. Ou, pour reprendre une analogie effectuée par Olivier Berruyer sur son blog, quand on vous vend une pompe pour un bassin extérieur garantie jusqu’à -10°C cela veut dire qu’elle a été testée à -20°C, voire encore plus bas. Le but est bien de tester le matériel dans les conditions les plus extrêmes  auxquelles il devrait être soumis, et même un cran au-delà. Il en serait de même pour les banques : l’idée du stress-test devrait bien être de mettre hypothétiquement les banques européennes dans la configuration de la crise la plus profonde qu’elles seraient censées rencontrer.

lundi 17 novembre 2014

Philae est une réussite européenne, mais pas une réussite de l’Union européenne ! (billet invité)


Billet invité de l’œil de Brutus


« A ceux qui se posent la question, à quoi sert l’Europe, Rosetta a donné la réponse ». Ainsi s’est exprimé le Président de la République à la suite du succès de l’atterrissage du module spatial Philae sur la comète 67P/Tchourioumov-Guérassimenko[i].

En effet, probablement bien plus que ne l’imagine M. Hollande, cette réussite technologique apporte une cinglante révélation à ceux qui bâtissent encore des espoirs sur le Léviathan technocratique et a-démocratique de Bruxelles. De prime humeur, on pourrait, à raison, rétorquer, comme Olivier Berruyer sur son blog, que dans le contexte actuel de crise profonde, les Européens seraient en droit d’attendre bien d’autres réussites que l’envoi d’un bout d’Europe à des centaines de millions de kilomètres de leur quotidien.

dimanche 12 octobre 2014

L’effarante campagne du Monde pour les plus riches


Décidémment, les Décodeurs du Monde se distinguent une autre fois par un manque de précisions et une absence de mise en perspective criante, alors qu’en général leurs éclairages sont de bonnes factures. Pour un peu, on croirait presque lire le Figaro Magazine en pleine révolte fiscale



Décoder les décodeurs

Le titre est sans doute ce qu’il y a de plus choquants dans ce papier : « les 20% de foyers les plus aisés ont absorbé 75% des hausses d’impôts ». Ce titre est un raccourci choquant puisque s’il s’agit d’une étude de la commission des finances de l’Assemblée, elle ne concerne que l’Impôt sur le Revenu, 67 milliards de recettes fiscales en 2013, soit un peu plus de 7% des prélèvements obligatoires. Il ne serait pas inutile de rappeler également que 50% des ménages ne paient pas l’IR, ce qui concentre mécaniquement les recettes de l’impôt sur le revenu sur les ménages aux plus forts revenus. En outre, si on se plonge dans les statistiques de Piketty, Landais et Saez, on déduit que les 20% les plus riches touchent environ 65% des revenus de ceux qui paient l’IR, ce qui relativise aussi grandement les 75%.

Et cela concerne seulement les 8 milliards de hausses de l’IR, sur 60 milliards de hausses d’impôts décidées depuis 2011 ou des 28 décidés par la nouvelle majorité, détaillées par le Monde il y a seulement un an. Bref, si on prend de recul, la véritable information, c’est qu’environ un tiers des hausses d’impôts décidées depuis 2012 portent sur l’impôt sur le revenu et que les 20% qui gagnent le plus, qui représentent environ 65% des revenus de ceux qui paient l’IR, en ont acquitté 75%. Pas de quoi aller s’exiler au Luxembourg. En outre, le Monde oublie de rappeler que le taux d’imposition global baisse en haut de l’échelle, comme l’ont révélé Piketty, Landais et Saez, et que les gains de revenus sont aussi très inégaux (aux Etats-Unis, 1% des ménages accaparent 95% de la hausse des revenus depuis 2009).

La mythique oppression fiscale des riches

mardi 15 juillet 2014

BNP Paribas : les deux oublis de Lordon et Berruyer


Décidément, l’amende acceptée par BNP Paribas déchaine les passions sur Internet. Encore une fois, de nouveaux éléments ont été portés au débat dans mon papier de la semaine dernière, qui était lui-même une réponse aux commentaires sur mon papier sur l’Argentine.



Lordon et Berruyer n’ont pas tort

Je remercie les commentateurs de m’avoir indiqué les papiers de Frédéric Lordon et Olivier Berruyer, que j’estime beaucoup, qui donnent une perspective différente à ce débat. Frédéric Lordon s’en réjouit pour deux aspects cohérents avec son discours (et sur lequel je le rejoins) : l’affirmation de l’autorité de l’Etat sur le capital mais aussi la sanction d’une finance peu regardante avec l’argent qu’elle fait. Et ces points sont justifiés. Dans ce monde où l’on négocie un traité transatlantique qui pourrait mettre les multinationales sur le même plan que les Etats, il n’est pas inintéressant de constater qu’un Etat, fusse-t-il le plus puissant (ce qui limite tout de même un petit peu la portée de la démonstration de Frédéric Lordon), impose une amende de 9 milliards à une banque. Et on se demande s’il ne serait pas possible pour la banque d’aller contester ceci devant un tribunal spécial (le fameux RDIE) dans un prochain avenir…

Olivier Berruyer, qui argumente toujours de manière très documentée et rationnelle, souligne que BNP Paribas ne peut pas être très fière de ce qu’elle a fait en devenant l’un des principaux financiers du Soudan. Et il note justement que la banque avait conscience du danger légal puisqu’elle camouflait ces transactions pour éviter que les Etats-Unis en soient au courant. Et sur le fond, moi, qui suis un critique régulier du monde de la finance depuis l’ouverture de mon premier blog, je suis parfaitement d’accord pour dire que la finance doit être sanctionnée quand elle commet des actes répréhensibles par les juridictions des endroits où ces actes ont été commis. Et je n’ai pas d’état d’âme face à des banques qui utilisent largement les parasites fiscaux pour contourner les règles et les impôts. Je suis partisan d’une réglementation beaucoup plus stricte du monde financier pour éviter toutes les dérives passées.

Les angles morts de leur argumentation

vendredi 14 février 2014

La contrainte environnementale pourrait-elle retarder, voire remettre à jamais, la fin du travail ? (1/2)

Billet invité de Thibault Laurentjoye




La théorie de la fin du travail s'oppose légitimement aux thèses productivistes, dont elle pointe et résout les incohérences, en préconisant notamment une diminution progressive du temps de travail. Cependant, la faiblesse de cette théorie vient justement des prémisses qu'elle partage avec la thèse productiviste, prémisses desquelles sont éludées les questions de la pollution et de la rareté des ressources naturelles. Si l'on peut raisonnablement plaider en faveur de la réduction du temps de travail – conjoncturellement pour lisser l'activité et structurellement pour favoriser – la prise en compte de la contrainte environnementale incite à penser qu'un phénomène tel que la fin du travail ne pourra pas se produire au cours du prochain siècle, au moins.

L'oubli des ressources naturelles et ses conséquences


jeudi 6 février 2014

Argentine, Vénézuela, Russie : entre modèle et contre-modèle


Parler de ces trois pays est compliqué. D’une part, certains les présentent comme des (quasi) dictatures gérées en dépit du bon sens et ne devant leur salut qu’à leurs ressources naturelles. D’autres les présentent comme des modèles et refusent toute critique. La vérité est sans doute entre les deux.



Ce qu’ils font de bien

Dans son édition du 1er février, The Economist consacre un dossier à charge contre Poutine et un article sur l’Argentine et le Vénézuela, « les économies les plus faibles (d’Amérique Latine) au point de rupture ». Mais l’hebdomadaire néolibéral y fait encore preuve d’une partialité assez effarante et bien peu factuelle. Attribuer la réussite de l’Argentine au soja est ridicule, comme le montre Olivier Berruyer dans un dossier absolument remarquable sur le pays : le PIB réel par habitant a augmenté de 50% en 11 ans et l’agriculture pèse seulement 10% du PIB. Si le soja apporte des devises, il n’explique qu’une petite part de la croissance, bien plus basée sur l’industrie du fait d’une vraie polique protectionniste.



C’est d’ailleurs une grande réussite de l’Argentine que d’avoir réussi à relancer son économie après avoir commis l’imprudence de s’arrimer au dollar, en protégeant son marché et ses industriels de l’anarchie commerciale, à la manière des pays asiatiques. Mieux, le pays a réussi à nettement réduire les inégalités, le chômage et la pauvreté. C’est d’ailleurs un aspect important de la réussite du Vénézuela d’Hugo Chavez, qu’il doit en partie à la manne pétrolière, mais en partie seulement car dans beaucoup de pays qui sont dans la même situation, cette manne tend souvent à ne profiter qu’à une toute petite minorité (les oligarques et les multinationales qui exploitent avantageusement les ressources).

En fait, et c’est aussi le point commun avec la Russie, ces pays défendent leur intérêt national en refusant la dictature intellectuelle néolibérale et sans se soucier de la bien-pensance occidentale qui ne semble pas toujours appliquée avec la même rigueur pour un pays comme l’Arabie Saoudite, où pourtant, il n’y a ni démocratie, ni droits des femmes, qui ne peuvent même pas conduire… On peut d’ailleurs noter qu’il n’y a pas que les oligarques qui tirent profit de la manne des matières premières en Russie, comme le montre le redressement spectaculaire de sa démographie depuis la fin des années 1990, avec 50% de naissances en plus et un taux de fécondité passé de 1,2 en 2000 à plus de 1,7 !

Ce qu’ils font de moins bien

mercredi 5 février 2014

Le retour du débat sur l’euro


Pourquoi et comment démonter l'euro : Entretien... par dlrtv


Alors que les angoisses des marchés se sont déplacées sur les pays émergents et que les pays « aidés » par l’Europe parviennent à nouveau à lever des capitaux, le débat sur la pertinence de la mise en place de la monnaie unique rebondit, avec notamment la publication d’un dossier par Marianne.

L’échec de la tour de Babel monétaire européenne

Il y a quatre ans, les partisans de la monnaie unique prédisaient les dix plaies d’Egypte au pays qui oserait sortir de l’euro : forte récession, envolée du chômage, appauvrissement général et même potentiellement défaut sur la dette. Le problème est qu’aujourd’hui, tout cela s’est passé, mais pour les pays en difficulté de la zone euro qui ont souhaité y rester. Alors que la Grèce a déjà « bénéficié » de deux réductions de sa dette, une troisième décote est d’ors et déjà envisagée aujourd’hui, démontrant l’absurdité crasse des plans mis en place à partir de 2010, dont même le FMI doutait alors de l’efficacité.

A cela s’ajoute le jugement de plus en plus unanimement critique des économistes sérieux. Des 9 prix Nobel d’économie euro-critiques, Joseph Stiglitz vient de décocher une nouvelle flèche : « En Europe, le problème fondamental, c’est que l’euro était une grosse erreur. Et les dirigeants de l’Europe doivent trouver que faire avec cette grosse erreur ». En outre, personne ne comprend bien le modèle économique de cette europe qui semble faire de la déflation salariale son modèle et s’étonne d’être retournée en récession alors qu’elle applique des recettes du passé, qui avaient déjà échoué sous Laval.

Démonter l’euro : une urgence !

mardi 7 janvier 2014

Nouveaux partis, anciennes idées ?


Depuis quelques mois fleurissent de nouveaux partis politiques, les deux plus connus étant Nouvelle Donne, notamment fondé par des dissidents du Parti Socialiste ou Nous Citoyens, le parti lancé par Denis Payre, ancien patron de Business Objects. Mais qu’apportent-ils vraiment au débat ?



Denis Payre, enfant des années 1980

Partout en Europe de nouveaux partis parviennent à convaincre les électeurs. Il n’était donc qu’une question de temps pour que de nouveaux partis émergent en France, étant donné le niveau de discrédit de la classe politique, FN compris. Discrédit que Christian Salmon explique bien dans les Inrocks en affirmant que « l’homme politique est peut-être en train de disparaître ».

Denis Payre a bénéficié d’une couverture médiatique hallucinante malgré son inexpérience. Notamment, il est assez choquant qu’il ait participé à Des Paroles et Des Actes avec Arnaud Montebourg, soit une exposition de plus d’une demi-heure, quand Nicolas Dupont-Aignan, pourtant 7ème candidat à l’élection présidentielle en 2012 n’y a pas accès depuis près de deux ans…

Pire, son message est d’une banalité confondante, entre soupe néolibérale dénonçant la dépense publique sans la moindre prise de recul et adhésion sans réserve à un projet européen pourtant en faillite depuis 2010. C’est sans doute ce qui lui ouvre les portes. Malgré tout, Il est incroyable de lancer un parti politique avec un discours libéral aussi simpliste alors que la crise de 2008 a démontré toutes les carences du laisser-faire, comme on le voit dans ce débat croisé entre lui et Marine Le Pen dans les Echos. En outre, la droitisation de l’UMP en matière économique réduit son espace politique.

Nouvelle Donne au milieu du gué

mardi 3 décembre 2013

L’Islande aide ses citoyens, pas les banques





Une mesure qui coûte 9% du PIB !

La mesure semble totalement extravagante par rapport aux politiques menées au sein de la zone euro. Le gouvernement islandais a décidé de soulager les ménages d’une partie de leurs crédits immobiliers. En fait, la plupart des crédits en Islande sont indexés sur l’inflation et du fait de la très forte baisse de la couronne en 2009, l’augmentation de l’inflation a augmenté le poids de la dette des ménages, qui pèse 108% du PIB, un niveau élevé à l’échelle européenne. Ce allègement de dette dépendra du montant total emprunté et sera plafonné à quatre millions de couronnes, soit 24 400 euros.

Le coût global de la mesure devrait être de 900 millions d’euros sur quatre ans. Cela peut paraître peu, mais étant donné la petite taille de l’Islande, c’est colossal puisque le PIB de l’île avoisinne 10 milliards d’euros. Ce plan représente donc 9% du PIB de l’île, certes étalé sur 4 ans ! C’est comme si la France décidait de consacrer 180 milliards d’euros pour diminuer la dette ménage ! C’est une mesure qu’avait réclamée Paul Krugman aux Etats-Unis, sans succès. Il faut noter que le mode de financement ne semble pas bouclé, le gouvernement ayant envisagé de ponctionner les créanciers étrangers !

Une preuve que l’on peut fait de la politique différemment

dimanche 22 septembre 2013

Le modèle allemand n'en est pas un !



Atlantico : Les élections législatives allemandes se tiennent ce dimanche 22 septembre- le Bundestag désignant le Chancelier fédéral. Le modèle allemand est souvent décrié par ses opposants à cause de la compression des salaires ou, plus largement , une dévaluation compétitive intérieure. Quelles est la face cachée du modèle allemand ? Ses travers, ses limites ?



La première limite du modèle allemand est qu’il ne fonctionne que si les autres pays ne font pas la même chose. En effet, les excédents allemands sont autant le fruit de la compression des salaires outre-Rhin que de leur non-compression ailleurs en Europe. Si nous avions tous suivi la même politique dans les années 2000, alors l’Allemagne n’aurait pas pu gagner de parts de marché. Mais surtout, la demande européenne se serait effondrée du fait de la compression des salaires. Donc, l’Allemagne aurait été doublement perdante : la taille du gâteau aurait été plus petite et elle aurait eu une plus petite part.
Ensuite, il faut savoir que cette politique est le produit d’une immense régression sociale pour environ un tiers de la population. Comme l’explique ce papier du Monde, la compétitivité allemande repose en partie sur l’emploi de salariés immigrés payés une misère (jusqu’à 2 à 3 euros par heure !), ce qui est permis par l’absence de SMIC dans le pays. La description des conditions de vie de certaines personnes est absolument révoltante pour un pays dit développé. On a l’impression d’être dans le Tiers Monde !
Ensuite, Olivier Berruyer a montré dans son dernier livre que de 2000 à 2010, les revenus réels de 30% de la population ont baissé de 15% ou plus ! Ce faisant, dans ce pays qui se vantait d’être un pays de classes moyennes, les inégalités ont explosé puisque les revenus des 10% les plus riches ont progressé dans le même temps. Une telle politique ne sera pas durable longtemps.

Atlantico : Avec un taux de chômage à 6,8% en août, l'Allemagne connait l'un des plus faible niveau de chômage d'Europe à faire envier les autres pays européens. Mais celui-ci reflète t-il vraiment la réalité économique des Allemands ?

mardi 23 juillet 2013

Crise ou pas crise, les inégalités augmentent


Il y a quelque chose de profondément choquant aujourd’hui. En période de croissance, seuls les plus riches en profitent. Et en période de récession, les pauvres trinquent quand les plus riches continuent à s’enrichir, comme le montre l’augmentation de 25% de la fortune des 500 plus riches Français.



Champagne en haut de la pyramide

Il y a quelques semaines, le CAC40 passait le cap des 4 000 points, un niveau inconnu depuis près de deux ans. Le Dow Jones enchaîne les records, au-delà de 15 000 points. Quel contraste avec la crise actuelle, la persistance d’un fort taux de chômage et l’entrée en récession de la France début 2013, sachant que la zone euro devrait d’enregistrer son 7ème trimestre consécutif de baisse de son PIB ! Jamais l’écart n’a semblé aussi grand entre le haut et le bas de l’échelle.

Il y a quelques temps, un chiffre avait symbolisé cette explosion des inégalités : 93% de la croissance des revenus en 2010 était allée à 1% des individus aux Etats-Unis. Et, dans certains secteurs économiques, la conjoncture s’est retournée. C’est ainsi que les 3252 traders et hauts gradés de BNP Paribas ont enregistré une croissance de 17% de leur rémunération, de 284 à 332 mille euros par an en moyenne, avec un bonus en hausse de 14%. On reste songeur devant ces chiffres sachant que les banques européennes doivent leur survie aux 1000 milliards de crédits accordés par la BCE.

Comme je l’avais souligné il y a quelques jours, d’autres études confirment cette stupéfiante évolution. Aux Etats-Unis, le patrimoine des 7% les plus riches a progressé de 28% de 2009 à 2011, quand celui du reste de la population a diminué de 4% ! En France, l’INSEE a révélé qu’en 2010, les revenus des 5% plus riches ont progressé de 1,3% quand ceux des 30% les plus pauvres ont baissé de 1,3 à 1,6%. Bref, le mouvement de hausse des inégalités ne semble avoir aucune limite. Depuis, l’OCDE a apporté de nouvelles données confirmant cette évolution dans notre pays.

Une société injuste et instable