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mercredi 27 février 2019

Taxe carbone, automobile et empreinte CO2 (billet invité)

Billet invité de l’œil de Brutus


Une automobile diesel courante produit 92 grammes de CO2 par kilomètre[1]. On vous explique que cela est mauvais pour la planète et que ce doit donc être taxé. Soit.
Un aller-retour en avion Paris-New York produit 1 tonne de CO2 (par passager !)[2], soit 11 000 km d’automobile (ou, si vous pour reprendre le mode de calcul par passager, 44 000 km si vous voyager à 4). Mais son kérosène n’est pas soumis à la taxe carbone.

dimanche 23 décembre 2018

samedi 1 septembre 2018

Merci Nicolas Hulot

La démission du ministre de l’écologie cette semaine est venue complétée un été calamiteux pour Macron, avec l’affaire Benalla, les nouvelles coupes pour les retraités ou ses nouvelles déclarations effarantes au Danemark. Mais l’interview de Hulot dépasse de loin ce cadre. Elle en dit long sur ce que sont devenus nos politiques, mais aussi sur notre modèle économique actuel.


Un autre modèle de société

vendredi 1 décembre 2017

mercredi 2 décembre 2015

La globalisation sape la COP21




Le commerce, ce déserteur écologique

D’abord, il n’aura échappé à personne que le développement des échanges commerciaux a son rôle dans la facture écologique. C’est parce que nous consommons une part grandissante de biens produits ailleurs que nous dépensons autant pour les déplacer d’un point à un autre de la planète. Et le phénomène est aggravé par la fragmentation des chaines de production, bien illustrée par certains téléphones, dont les composants viennent de la planète entière avant d’être assemblés en Chine, pour ensuite être exportés aux quatre coins du globe. D’ailleurs, de manière intéressante, alors que les citoyens acquittent de fortes taxes sur l’essence qu’ils utilisent pour se déplacer, la taxation des hydrocarbures comporte des niches fiscales béantes sur le fuel qui nourrit les camions ou les bateaux qui les transportent.

Une des premières initiatives que devraient prendre les pays réunis à Paris serait d’aligner la fiscalité sur le fuel (mais aussi le kérosène) sur celle de l’essence. Il n’y a pas de raison que le commerce y échappe, si l’on souhaite faire payer un prix adéquat aux hydrocarbures pour pousser à leur substitution. Bien sûr, il ne s’agit pas de proposer une irréaliste, ni même souhaitable taxe carbone mondiale. Il est clair que tous les pays ne pourront pas tous aller au même rythme, et qu’il faudrait le faire de manière progressive pour ne pas provoquer de graves crises dans certains secteurs, comme l’aviation. Et pour éviter une course vers le moins-disant environnemental, il les mieux-disant doivent pouvoir compenser, à leurs frontières, la moins-disance des autres pays pour tirer le monde vers le haut.

La globalisation contre le climat, et l’humanité

mardi 1 décembre 2015

De la COP21 et des négociations internationales




Combattre le court termisme

Bien sûr, il existe quelques voix dissonantes sur le réchauffement climatique, mais le fait que la majorité des scientifiques s’accordent pour dire que notre action, par l’émission de gaz à effet de serre, pourrait produire une hausse dangereuse des températures devrait pousser à agir. Cela est d’autant plus nécessaire qu’une grande partie de ce réchauffement vient de la consommation d’hydrocarbures, des ressources naturelles non renouvelables, que nous aurions sans doute intérêt à apprendre à consommer avec modération. Mais ces platitudes se heurtent à de nombreux écueils. D’abord, le risque n’existe qu’à très long terme : dans un monde gouverné, au mieux, par des statistiques trimestrielles, et au pire, par les mouvements erratiques et instantanés des marchés, il est difficile de raisonner à la décennie.

En outre, il n’est pas illégitime que les pays encore en voie de développement, voient d’un mauvais œil les contraintes que souhaiteraient mettre les pays dits développés sur la consommation d’une énergie qui leur a permis d’en être là où ils sont aujourd’hui, semblant rendre le développement plus cher et difficile aujourd’hui qu’hier. Certains ont voulu mettre en place des marchés de droits à polluer, mais les errances des cours ont même poussé le très libéral The Economist à préférer une taxe ! Enfin, un accord se heurte aussi au fait que l’on recherche une formule magique à la fois équitable et contraignante, un menu pour lequel les différents pays du monde abdiqueraient leur souveraineté, sans que l’on sache comment il serait possible de s’assurer que l’accord soit contraignant et si cela est seulement souhaitable.

Quelle coopération internationale ?

jeudi 16 octobre 2014

Proposer un programme environnemental allant à contre-courant des Diafoirus à la mode mais parfaitement en phase avec les approches récentes de la recherche (billet invité)


Billet invité de Rodolphe DUMOUCH
Professeur agrégé de biologie et géologie
Docteur en géographie (rurale) de l’Université d’Artois
Coordinateur éco-école au lycée Jean-Moulin de Revin (08)


Quand les bobos veulent interdire les « foyers ouverts »

Parmi les dernières lubies à la mode en environnement, la velléité d’interdire les « foyers ouverts », autrement dit les barbecues, les feux de cheminée et les foyers des camps scouts est l’une de celles qui laissent sans voix.

Cela fait des centaines de millions d’années qu’il y a des incendies de forêts naturels et que la planète les résorbe. Non seulement c’est un phénomène inévitable mais les scientifiques ont fini par admettre que c’était indispensable pour favoriser l’ouverture des formations végétales, permettant ainsi leur renouvellement. Mieux : on a découvert que certaines espèces ne peuvent se reproduire sans incendies, comme le fameux Pinus contorta de Yellowstone, qui a convaincu les gestionnaires du Parc d’interdire les incendies naturels…

samedi 15 février 2014

La contrainte environnementale pourrait-elle retarder, voire remettre à jamais, la fin du travail ? 2/2



Billet invité de Thibault Laurentjoye, suite de la première partie

La double contrainte environnementale

Le poids que l'activité humaine en général fait peser sur l'environnement présente deux composantes : d'une part, la pollution au sens large, et d'autre part, l'épuisement des ressources naturelles.

La forme la plus souvent évoquée de pollution est celle liée à la montée du dioxyde de carbone (CO2) dans l'atmosphère, fréquemment évoquée comme source du réchauffement climatique. La focalisation sur le CO2 présente cependant plusieurs inconvénients. Tout d'abord, elle élude la responsabilité croissante d'autres gaz à effet de serre dans le réchauffement climatique, comme le méthane ou les hydrofluorocarbones. Par ailleurs, elle donne l'impression que le principal inconvénient des gaz émanant des voitures ou des usines se jouerait à des dizaines de kilomètres au-dessus de nos têtes dans la sphère céleste, alors que dès leur émission ils créent des problèmes bien plus proches de nous : irritation et infection des muqueuses respiratoires, risque accrû de cancers, etc. Enfin, l'effet de mode autour du CO2 a permis la création d'un marché des droits à polluer, qui n'a pas tenu ses promesses et a ouvert un nouveau terrain de jeu à la spéculation financière.

vendredi 14 février 2014

La contrainte environnementale pourrait-elle retarder, voire remettre à jamais, la fin du travail ? (1/2)

Billet invité de Thibault Laurentjoye




La théorie de la fin du travail s'oppose légitimement aux thèses productivistes, dont elle pointe et résout les incohérences, en préconisant notamment une diminution progressive du temps de travail. Cependant, la faiblesse de cette théorie vient justement des prémisses qu'elle partage avec la thèse productiviste, prémisses desquelles sont éludées les questions de la pollution et de la rareté des ressources naturelles. Si l'on peut raisonnablement plaider en faveur de la réduction du temps de travail – conjoncturellement pour lisser l'activité et structurellement pour favoriser – la prise en compte de la contrainte environnementale incite à penser qu'un phénomène tel que la fin du travail ne pourra pas se produire au cours du prochain siècle, au moins.

L'oubli des ressources naturelles et ses conséquences


jeudi 8 août 2013

Energie : peut-on débattre sereinement des gaz de schistes ?





Le débat impossible

Est-il possible de voir clair sur la question ? D’un côté, les arguments des opposants pèsent lourd. Le documentaire Gasland est édifiant et inquiétant, pointant les risques de leur exploitation, que ce soit sur l’environnement immédiat ou les réserves d’eau potable. En outre, comme le souligne Jean Quatremer sur son blog, les lobbys sont attirés par les sommes considérables qui sont en jeu et il est probable que cela joue grandement sur leur opinion, de même que sur l’opinion de l’hebdomadaire des élites mondialisées, The Economist, qui y avait consacré un dossier sans nuance.

Si l’hebdomadaire balaie trop rapidement les craintes environnementales, en revanche, il soulignait justement l’énorme impact économique de l’exploitation des gaz de schistes, qui fournissent 7% de l’énergie des Etats-Unis et contribuent fortement à la croissance du pays. Mais comment faire confiance à ceux qui refusent d’admettre les problèmes environnementaux ? En même temps, certains opposants n’exagèrent-ils pas quand ils refusent par principe toute exploration ou test. Il est quand même difficile de croire que l’on ne pourra pas les exploiter un jour de manière plus propre.

Non à l’exploitation, oui à l’exploration ?