Du
Général de Gaulle et des traités
Vous évoquez le Général, mais il faut rappeler qu’il était resté dans
la CEE, en imposant le compromis de Luxembourg, et que cela ne lui avait
nullement empêché de jouer la carte de la France à l’échelle de la planète
entière. En cela, sa politique me semble bien plus proche de cellle que je
défends que de la vôtre. Mieux encore, comme
me l’ont rapporté des commentateurs du blog, plusieurs déclarations du
Général de Gaulle indiquent qu’il ne tenait les traités que pour ce qu’ils
étaient.
Dans « C’était de
Gaulle », au sujet de la sortie de la CEE, il soutient :
« C’est de la rigolade ! Vous
avez déjà vu un grand pays s’engager à rester couillonné, sous prétexte qu’un
traité n’a rien prévu pour le cas où il serait couillonné ? Non. Quand on
est couillonné, on dit ‘je suis couillonné. Eh bien, voilà, je fous le camp !’
Ce sont des histoire de juristes et de diplomates, tout ça ». On ne
l’imagine guère rester enchaîner deux ans à un traité qui nous « couillonnerait »…
Dans « La tragédie du
Général » de JR Tournoux, publié en 1967, au paragraphe intitulé
« Le fétichisme du droit »,
les propos suivants sont attribués à De Gaulle : « Je ne veux pas laisser la France mourir par
respect pour le juridisme.
Ne faites pas du juridisme. Quand on veut en
sortir, on en sort, même si les textes ne l'ont pas prévu.
Qu'on laisse
éclater un conflit entre le juridisme et le bons sens, entre les hommes de loi
et le bon sens, alors toujours le bon sens est roulé, à moins que les pouvoirs
publics n'interviennent à temps pour donner un coup de main.
Trois choses
comptent en matière constitutionnelle. Premièrement, l'intérêt supérieur du
Pays, ce que les Romains appelaient Salus patria. Cela prime tout, et de cela,
je suis seul juge. Deuxièmement, loin derrière, il y a les circonstances
politiques, les convenances, les tactiques. Il faut en tenir compte. Sinon, on
n'aboutit à rien. Troisièmement, beaucoup plus loin derrière, il y a le
juridisme.
Alors vous comprenez, le juridisme, oui, certes, il faut y faire
attention. Mais, c'est secondaire, même tertiaire.
Je n'ai jamais rien fait
dans ma vie que parce que j'ai fait passer d'abord le salut de la Patrie, et
que je ne me suis pas empêtré dans le juridisme, et cela dans plusieurs
circonstances que vous savez ».
Clémenceau disait que « la
guerre est une chose trop grave pour être confiée à des militaires »,
vision à laquelle le Général de Gaulle adhérait dans les années 1930, quand des
débats eurent lieu sur la conduite de la guerre. On pourrait dire la même chose
sur les traités, qui sont des choses trop importantes pour être confiés à la
seule évaluation des juristes. Comme le soutient le Général de Gaulle,
l’intérêt supérieur du pays prime. Et à partir du moment où un dirigeant
dispose d’un mandat pour mener une politique contraire aux traités européens,
il n’y a aucune raison valable, à mon sens, pour ne pas la mener, surtout quand
les politiques imposées par ces traités sont une calamité pour le pays.
Le fétichisme juridique de l’article 50