Affichage des articles dont le libellé est Jonathan Tepper. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Jonathan Tepper. Afficher tous les articles

mardi 30 juin 2015

La sortie de l’euro, c’est possible, et pas difficile…

Des charlatans cherchent à faire peur en prévoyant une catastrophe pour la Grèce. Mais la catastrophe, c’était le maintien dans la zone euro depuis 5 ans, comme l’a souligné François Lenglet hier matin. Car l’histoire économique révèle que les sorties d’union monétaire sont courantes et profitent largement aux pays qui le font, comme l’a montré Jean-Pierre Robin dans un papier sur le FigaroVox, ou Jonathan Tepper dans une étude fouillée, dont j’avais fait le résumé en février 2012 :


C’est aujourd’hui la dernière ligne de défense des partisans de l’euro : la fin de la tour de Babel monétaire édifiée à Maastricht provoquerait un cataclysme économique. Pourtant, d’innombrables économistes, dont des prix Nobel, affirment le contraire, comme Jonathan Tepper dans une étude passionnante.

La peur, dernier rempart de défense de l’euro

mercredi 30 avril 2014

La mauvaise foi des partisans de l’euro


De plus en plus d’intellectuels prennent position contre l’euro : journalistes de l’Express et l’Expansion, pas moins de neuf « prix Nobel d’économie », d’innombrables économistes. Mais il reste encore quelques partisans à la monnaie unique européenne. Leur argumentation n’est vraiment pas solide.


Déni de réalité caractérisé

Challenges a réussi à dégoter une économiste pour essayer de défendre l’euro : Anne-Laure Delatte, vue à la télévision. Elle soutient que « si la France récupérait sa souveraineté monétaire, nous ne serions pas plus forts, mais bien plus vulnérables face à la spéculation ». La Grande-Bretagne, malgré des déficits supérieurs aux nôtres, démontre le contraire, comme la Suède, les Etats-Unis ou le Japon, du fait des interventions de leur banque centrale. Ensuite, elle nous fait le coup de la menace inflationniste, évoquant les années 1970, en oubliant juste de noter le rôle de l’explosion des prix du pétrole… Là encore, l’exemple des quatre pays plus hauts démontre qu’il est parfaitement possible de dévaluer et monétiser sans provoquer un cataclysme inflationniste. Les taux n’y sont pas plus hauts que dans la zone euro.

Quelle malhonnêteté d’évoquer le cas de l’Allemagne des années 1920 pour la monétisation alors même que le cas britannique montre que cela est possible à large échelle (375 milliards de livres en 5 ans) sans gros dérapage inflationniste. Cette argumentation rappelle celle d’Henri Weber, du PS, corrigé par Jacques Sapir, qui prédit lui aussi une catastrophe en cas de fin de la monnaie unique. Le problème est que ce qu’ils prévoient s’est réalisé, mais pour les pays qui sont restés dans l’euro. De manière intéressant, ils n’évoquent aucun des nombreux exemples de fin d’union monétaire, qui démontrent l’exact contraire de ce qu’ils souhaitent démontrer. L’euro est un boulet et non pas une bouée.

Peur (injustifiée) sur la dette

mercredi 23 octobre 2013

La désinformation sur l’euro continue


Jean-Yves Archer vient de publier coup sur coup deux tribunes, une dans Atlantico, une autre dans Les Echos, pour dire tout le mal qu’il pense du démontage de la monnaie unique, idée soutenue par neuf « prix Nobel d’économie ». L’occasion de démonter ses arguments.




Un saut sans parachute ?

Commençons par le plus facile. Pour les Echos, Jean-Yves Archer affirme que le démontage de la monnaie unique européenne reviendrait à un « saut sans parachute ». L’image est habile, anxiogène, en somme la dernière ligne de défense des partisans de la monnaie unique : faire peur en affirmant que le retour à des monnaies nationales provoquerait une catastrophe. Nous avons droit à tous les arguments habituels, à savoir explosion de la dette, baisse de la valeur de l’épargne. L’auteur affirme même que nous n’en tirerions aucun bénéfice commercial du fait de l’achat de composants.

Premier point, habituel avec les défenseurs de la monnaie unique européenne, c’est l’absence d’exemples tirés de l’histoire pour illustrer leur propos. Il nous promet les dix plaies d’Egypte en s’appuyant sur un discours qui ne repose sur aucun fait concret. Car le problème, c’est que les fins d’union monétaire sont des choses relativement banales puisque pas moins de cent ont été terminées lors du 20ème siècle, et l’avis des économistes (notamment Jonathan Tepper) est unanime : la fin d’une union monétaire provoque très peu de perturbations et permet aux économies de rebondir rapidement. Le cas de la Tchécoslovaquie est très parlant, comme le reconnaît François Lenglet dans son livre.

Plus en détail, l’explosion de la dette est un fantasme puisque notre dette serait convertie en nouveau franc, de même qu’elle avait été convertie en euro avant, car elle est essentiellement de droit français. Sur la perte de l’épargne, cela est faux. Le prix des produits français restant stables, la valeur de l’épargne serait stable. Bien sûr, le prix des produits importés monteraient, mais pas ceux des produits italiens ou espagnols. Enfin, il est tout de même ubuesque de dire que la dévaluation ne permettrait pas d’augmenter les exportations, fait économique empiriquement et théoriquement incontestable.

Le problème du rachat de nos entreprises

lundi 24 juin 2013

Le Front National toujours en quête de crédibilité


Alors que le FN vient de faire un bon résultat dans le contexte très particulier de la législative partielle de Villeneuve sur Lot, voici un entretien que j’ai donné à Atlantico sur toutes les limites qui expliquent que le FN reste toujours sous un plafond de verre solide malgré un contexte si favorable.



Selon un sondage de l'institut CSA, 25% des Français pensent que Marine Le Pen, si elle était au pouvoir, s'en sortirait mieux que François Hollande ou qu'un candidat de droite. Si elle y parvenait, et sans accréditer la faisabilité de cette accession, Marine Le Pen aurait-elle les moyens techniques de gouverner ? Avec quelle majorité, quelle coalition ?

Tout d’abord, je tiens à souligner que le fait que seulement 25% des Français pensent qu’elle ferait mieux que le PS et l’UMP est un score finalement faible, d’autant plus que seulement 9% l’affirment avec certitude. Cela signifie que seulement la moitié de l’électorat de Marine Le Pen avait une certitude forte qu’elle pouvait faire mieux que le PS et l’UMP et l’autre moitié une certitude relative. Après un quinquennat où Nicolas Sarkozy a beaucoup déçu et une première année de quinquennat de François Hollande au moins aussi décevante, on peut considérer que ce score est un échec pour le FN étant donné que les Français n’espèrent plus grand chose du PS et de l’UMP (un sondage Harris de mars 2013 montre que seulement 24% des Français font confiance à leurs dirigeants politiques et 72% ne leur font pas confiance). Marine Le Pen n’a pas crédibilisé son discours dans des circonstances pourtant très favorables. Ce chiffre tend à accréditer l’idée d’un plafond de verre très solide, illustré par les sondages pour les européennes.

Si Marine Le Pen gagnait l’élection présidentielle de 2017, avec le système électoral actuel, le FN n’aurait aucun problème pour obtenir une majorité à l’Assemblée Nationale. Il y aurait sans doute beaucoup de triangulaires PS-UMP-FN. Et une partie de l’UMP ne résisterait sans doute pas alors à la tentation de rejoindre la nouvelle majorité avec des accords de désistement, comme cela avait été le cas en 1988 dans le Sud-Est.

Avec quelle administration ? La technostructure la suivrait-elle ? 

mercredi 13 mars 2013

Que se passera-t-il quand la France quittera la monnaie unique ?


C’est le très libéral Georges Kaplan qui m’a interpelé sur le sujet, ainsi que Jacques Sapir, sur les réseaux sociaux, puis dans un papier sur son blog, repris par Contrepoints. Si nous avons quelques points d’accord, sa présentation apocalyptique des conséquences d’une dévaluation est totalement exagérée.

Une sortie possible, et facile

Il y a un point d’accord sur la possibilité de la sortie, « possible, inévitable et souhaitable ». Car, comme il le dit, « si la France devait décider de sortir de la zone euro et de réinstaurer un nouveau-nouveau franc, ça ne poserait pas vraiment de difficulté insurmontable ». C’est ce que disent beaucoup d’économistes libéraux, comme Jonathan Tepper, qui a étudié la fin de plus de cent unions monétaires au 20ème siècle. Et comme il le souligne aussi, « aucune modification majeure ne serait nécessaire dans nos systèmes comptables, notre dette publique serait convertie en francs ».

Georges Kaplan m’a interpelé sur Twitter sur l’intérêt d’une dévaluation si le franc reste à parité avec l’euro, qui pourrait être conservé comme monnaie commune. Cela me donne l’occasion de préciser quelques points sur cette question complexe. Tout d’abord, il y a deux scénarios de sortie de la monnaie unique : soit nous laissons flotter le nouveau franc sur les marchés, soit nous décidons (avec, éventuellement, d’autres pays européens), de revenir à un système de change fixe, comme la Chine ce qui imposerait des mesures pour y arriver (contrôle des changes strict notamment).

La stabilité du franc est confirmé par toutes les études sur le sujet : ING, Nomura, Natixis ou Sapir. Cela vient d’une raison simple : la France se trouve dans une position intermédiaire entre celle de l’Allemagne (dont on peut anticiper que le mark s’apprécierait de 15 à 20%) et celle de l’Italie et l’Espagne (dont les monnaies baisseraient d’autant). Mais on peut aussi anticiper une baisse du franc de 15 à 20% par rapport aux autres grandes monnaies (dollar, wuan, yen,  livre). Or 45 des 67 milliards de notre déficit commercial  sont réalisés avec l’Allemagne, la Chine et les Etats-Unis.

La dévaluation, un cauchemar ?

lundi 11 mars 2013

Le démontage de l’euro : possible, inévitable et souhaitable


Pourquoi et comment démonter l'euro : Entretien... par dlrtv

Le calme des marchés offre un répit aux partisans de la monnaie unique. Mais il est illusoire car cette construction monétaire, aussi artificielle que bancale, finira par être démontée. Une issue qu’il ne faut pas craindre, car elle est plus simple qu’on ne le croit.

La monnaie unique ne peut pas marcher

Pourquoi démonter la monnaie unique ? Non seulement parce qu’elle ne fonctionne pas, mais surtout, parce qu’elle ne pourra jamais fonctionner, quelles que soient les réformes qui pourront être entreprises. Tout ceci s’appuie sur les travaux de nombreux économistes, dont pas moins de 5 « prix Nobel d’économie », de tous les horizons idéologiques, Maurice Allais, Milton Friedmann, Amartya Sen, Paul Krugman et Joseph Stiglitz qui ont tous dénoncé les limites de l’euro.

Beaucoup d’économistes soutiennent son démontage : JL Gréau, J Sapir, JP Gérard, G Lafay, A Cotta, JJ Rosa, H Juvin, F Aftalion, F Lordon, M el Hattab, N Roubini, E Todd, JC Werrenbrouck, P Murer , A-J Holbecq ou J Nikonoff et d’autres sont critiques : P Artus, M Aglietta, C Saint Etienne. La raison : la zone euro n’est pas une Zone Monétaire Optimale, un ensemble suffisamment semblable pour partager la même monnaie, du fait de l’absence de mobilité des travailleurs, de budget fédéral et de structures économiques homogènes, contrairement aux Etats-Unis, où sont vérifiées les trois conditions.

Et ce n’est pas un passage au fédéralisme à marche forcée qui corrigera quoique ce soit. La mobilité des travailleurs ne se décrète pas car les différences de langue et de culture sont un puissant obstacle. En outre, l’Allemagne ne voudra (logiquement) jamais payer le prix pour un budget fédéral (qui impliquerait un transfert de 3 à 8% de son PIB tous les ans). Pire, comme l’a expliqué Paul Krugman dans son dernier livre, c’est le mécanisme même d’intégration qui est facteur de crise car appliquer la même politique à des pays trop différents accentue les problèmes au lieu de les résoudre.

La France, qui a 70 milliards de déficit commercial, ne peut pas partager sa monnaie avec l’Allemagne, qui a 150 milliards d’excédent. L’euro est à la fois trop cher pour Paris et pas assez pour Berlin, accentuant les déséquilibres. En outre, la monnaie unique pousse à une course au moins-disant social, d’autant plus que les salaires minimums varient de 1 à 5… Enfin, selon JJ Rosa, « la politique monétaire unique freine les économies en récession et stimule les économies en surchauffe ». Bref, nos pays sont trop différents pour partager une même monnaie. Pour prendre une image triviale, adopter l’euro, cela revient à imposer un 40 à des personnes dont les pointures varient du 36 au 45.

La fin de la monnaie unique ne serait pas une catastrophe

dimanche 13 janvier 2013

Le franc, une monnaie d’avenir


Déjà, en 2005, lors du référendum sur le Traité Constitutionnel Européen, on avait pu constater une forte fracture sociale entre opposants et soutiens au projet de traité européen. Un nouveau sondage réalisé par l’Ifop pour Atlantico révèle que le fossé se creuse de plus en plus.

62% des Français regrettent le franc

Voici un sondage qui permet de mieux comprendre le sentiment des Français, bien différent de celui de l’élite politico-médiatico-économique, euro-béate. En effet, alors que 39% des Français regrettaient le franc début 2002, signe qu’une majorité était satisfaite du passage à l’euro, aujourd’hui 62% de nos compatriotes le regrettent signe « d’insatisfaction vis-à-vis de l’euro » pour Jérôme Fourquet, de l’Ifop, un score équivalent à celui de 2005, mais inférieur à celui de 2010.

Depuis huit ans, ce sondage indique qu’au moins six Français sur dix regrettent le passage à la monnaie unique et auraient sans doute préféré que l’on garde notre monnaie nationale. Cela démontre cruellement à quel point la propagande pro-euro, pourtant ultra-majoritaire dans les médias, n’a pas réussi à convaincre. L’euro ne nous a pas protégé, contrairement à ce que l’on disait en 2009 ou en 2010, les trois dernières années indiquent au contraire qu’il nous fait du mal.

Mais puisque seulement à un tiers des Français déclarent soutenir un retour à la monnaie nationale, cela signifie également qu’environ la moitié de nos concitoyens qui regrettent le franc pensent malgré tout qu’une fois le passage à la monnaie unique fait, même s’il s’est révélé néfaste, il ne vaudrait mieux pas revenir en arrière. Pourtant, l’histoire démontre que cela n’a rien d’extraordinaire, comme l’a prouvé Jonathan Tepper au regard de la fin d’une centaine d’unions monétaires.

La fracture sociale et générationnelle

samedi 27 octobre 2012

Les conséquences du démontage de l’euro


Mardi 16 octobre, j’ai participé à un dîner-débat organisé par l’Académie du Gaullisme, en compagnie de Jacques Nikonoff, du M’PEP, pour parler des conséquences de la fin de l’euro. Plutôt que de refaire un papier fleuve sur le sujet, je vous propose les vidéos et des liens vers des papiers passés.


Le débat avec Jacques Nikonoff

Tout d’abord, je tiens à remercier l’Académie du Gaullisme et Georges pour l’invitation. Ma boussole politique, c’est le gaullisme et c’est donc un immense honneur de pouvoir intervenir en tant qu’invité, une reconnaissance qui me touche particulièrement. Ensuite, je tiens à remercier le M’PEP, Jacques Nikonoff et Valérie Coignard pour avoir filmé les débats et les avoir mis sur leur site (vous pourrez y trouver tous les échanges), ce qui me permet de mettre ces vidéos en ligne :



Intervention de Laurent PINSOLLE (DLR) au... par M-PEP
Laurent Pinsolle (DLR)- réponse à la salle 2 -... par M-PEP


Pour aller plus loin dans le débat*...

La première vidéo est un exposé d’une demi-heure sur les conséquences du démontage de la monnaie unique. J’y commence par revenir sur études qui prédisent des calamités économiques si cela arrivait pour au contraire démontrer à partir des cas de la Tchécoslovaquie, de l’Argentine et surtout, des travaux de Jonathan Tepper, que l’histoire économique démontre au contraire que la fin d’une union monétaire n’a rien d’exceptionnel puisqu’il y en a eu plus de cent au 20ème siècle.

Je poursuis par une étude plus approfondie des conséquences pratiques de la fin de la monnaie unique : comment cela se passerait-il concrètement ? Quelles seraient les conséquences pour notre taux de change, notre dette, notre inflation ? Vous pourrez retrouver des compléments à mon exposé dans ma série sur la faillite de l’euro (partie 1, partie 2, partie 3, partie 4) mais aussi dans le résumé du livre de Sapir sur le sujet (partie 1 et partie 2) ou du dernier livre de Paul Krugman.

Enfin, vous trouverez dans une seconde vidéo, une brève présentation du visage que pourrait prendre l’Europe demain, basé sur une série de papiers publiés sur mon ancien blog : « Une autre Europe pourquoi ? », « Une autre Europe, en-a-t-on seulement besoin ? », « Une autre Europe, ma contribution », « Une autre Europe, comment y arriver ? ». J’y traite également de la capacité pour les pays à mener des politiques différentes et notamment protectionnistes, en m’appuyant sur les exemples de la Malaisie, de l’Argentine, du Brésil ou de la Corée du Sud.


* il vous suffit de cliquer sur les liens qui renvoient à des articles plus détaillés

jeudi 20 septembre 2012

Maastricht, euro : il y a 20 ans nous avions raison !


Il y a exactement 20 ans, je plaçais mon premier bulletin dans l’urne. Convaincu par Philippe Séguin et Jean-Pierre Chevènement, c’était un « non » de conviction. Si la monnaie unique a vu le jour, les Français regrettent aujourd’hui leur choix mais ne sont pas encore convaincus par le démontage de l’euro.

Une première bataille gagnée

Bien sûr, le sondage du Figaro indique que 65% des Français ne souhaitent pas abandonner la monnaie unique. Néanmoins, la situation a beaucoup changé en seulement trois ans : en 2009, on nous répétait encore en boucle que l’euro nous avait protégé pendant la crise. Aujourd’hui, même ses défenseurs les plus farouches ont reculé et préfèrent faire peur en affirmant qu’une sortie serait calamiteuse plutôt que de défendre la pertinence du passage à l’euro.

Il faut dire la littérature expliquant précisément pourquoi la monnaie unique est mauvaise pour les pays européens s’accumule de plus en plus. Je participe à ce débat fréquemment. Mais des économistes comme Jacques Sapir (dont le dernier papier mémystifie les arguments des partisans de la monnaie unique), ou même Paul Krugman, « prix Nobel d’économie », dans son dernier livre, donnent crédibilité et pédagogie à la critique de l’unification monétaire européenne.

Résultat, les Français regrettent l’adoption du traité de Maastricht. Pas moins de 64% des citoyens voteraient « non » aujourd’hui, un immense signe de défiance qui montre que la France regrette son choix de 1992. Tous les voyants sont au rouge pour l’Europe : 76% pensent que l’Union Européenne n’agit pas de façon efficace contre la crise, 67% pensent que l’Europe va plutôt dans la mauvaise direction. 45% pensent que l’euro est un handicap contre 23% un atout.

La bataille qu’il faut encore gagner

lundi 20 août 2012

Euro : mais que veut l’Allemagne ?


C’est ce que se demande The Economist dans son dossier du 10 août, qui représente une Angela Merkel songeuse qui lit un mémorandum sur comment démonter l’euro avec le titre « Tentée, Angela ? ». Un dossier qui souligne la lassitude des Allemands à l’égard de la monnaie unique.

Quand Berlin pense à un plan B

The Economist a donné une forme particulièrement bien sentie à ce dossier, présenté comme une note de ses équipes sur un plan B monétaire européen, envisageant tous les avantages et les inconvénients d’une réorganisation de l’euro. Sont envisagés deux scénarii pour mettre fin à la crise de la zone euro. Un premier qui consisterait à pousser la Grèce en dehors de la monnaie unique. Un autre, plus radical, qui ajouterait le Portugal, l’Irlande, Chypre et l’Espagne.

De manière intéressante, ce mémo souligne que la sortie de l’euro et « la dévaluation, si elle n’est pas gâchée par une envolée hyperinflationniste, pourrait sortir la Grèce de l’impasse d’une récession perpétuelle en lui permettant de retrouver sa compétitivité perdue d’un seul coup, plutôt qu’en réduisant ses coûts sur plusieurs années. Cela devrait provoquer une forte relance de son économie, qui s’affaisse, par l’effet sur le solde commercial ». Idem pour les autres pays.

Bref, ce faisant, The Economist tord le cou au mythe qui veut que l’économie des pays qui quitteraient l’euro s’effondrerait. Bien gérée, cette sortie serait au contraire une bouffée d’air frais, comme le confirme l’histoire économique, comme montré par Jonathan Tepper. Le mémo étudie également les coûts pour l’Allemagne. Il estime à 3% du PIB Allemand (80 milliards) le montant des transferts annuels que Berlin devrait se résoudre à accepter pour soutenir les économies en difficulté.

Face à cette addition (dans le bas de l’échelle des autres estimations faites jusqu’à présent), la note souligne que le coût d’une sortie est finalement acceptable. Il chiffre la coût à 118 milliards pour une sortie seule de la Grèce (avec un nouveau plan d’aide de 50 milliards) et 496 milliards pour 4 pays. Néanmoins, près de la moitié de cette somme (et 30% dans le seul cas de la Grèce) vient du solde des dettes Target 2 du système des banques centrales. Mais je ne suis pas sûr que cela soit vrai et serais heureux d’en débattre avec les personnes compétentes sur la question.

L’euro est bien mort à Berlin

mercredi 25 juillet 2012

Quand Natixis et Merrill Lynch enterrent l’euro


Lentement, mais sûrement, la tonalité des études sur la fin de la monnaie unique change. L’analyse plus approfondie des faits conduit les personnes sérieuses à souligner les avantages d’un retour aux monnaies nationales, comme l’illustrent les analyses récentes de Natixis et Merrill Lynch.

Les arguments de Patrick Artus contre l’euro

En avril dernier, j’avais évoqué ses études qui affirmaient que l’ajustement par une dévaluation monétaire était beaucoup moins douloureux que l’ajustement par une dévaluation interne (baisse des salaires). Le chef économiste de Natixis est allé plus loin avec deux nouvelles études. La première affirme qu’à la fin de l’euro, le mark se réévaluera de 20%, le franc perdra 2%, la lire 12%, la peseta 20% et la drachme 30%, des chiffres qui confirment les scénarios que j’évoque ici depuis le début.

La deuxième, sur l’Espagne, conclut que si la stratégie actuelle ne donne pas « des résultats rapides, la stratégie présente va échouer : il faudra réduire encore beaucoup plus les salaires pour faire disparaître le déficit extérieur et le déficit public restera très élevé (…) La stratégie de dévaluation et de défaut peut être efficace comme en 1992 avec la forte élasticité-prix des exportations, le fait que la totalité du déficit de la balance courante vient des intérêts payées sur la dette extérieure ».

Le risque italien identifié par Merrill Lynch

La banque étasunienne vient de publier une étude assez détaillée et novatrice basée sur la théorie du jeu, en analysant les gains et les pertes de chaque pays européen en cas de fin de la monnaie unique. Surprise, il y aurait bien des gagnants et des perdants à la fin de l’euro. A mille lieues de l’analyse catastrophiste d’ING (qui validait néanmoins les scénarios de parité monétaire), cette analyse affirme que l’Allemagne pourrait perdre 7% de PIB, du fait de pertes d’exportations.

A l’inverse, les pays en déficit, qui dévalueraient, gagneraient, avec l’Irlande en pôle-position et un gain de 7% de PIB, puis l’Italie, avec 3%. Merrill Lynch estime également que la Grèce ferait des économies sur le coût de la dette (sans prendre en compte la possibilité de monétisation) et que l’Allemagne y perdrait son statut de pays refuge de la zone euro. En fait, pour la banque, tout dépendra de la capacité de l’Allemagne à convaincre l’Italie de rester, outre un gros risque en Grèce.

Ce plan B qui existe

vendredi 1 juin 2012

La faillite de l’euro (4/4) : la solution des monnaies nationales


Bien sûr, cette solution est aujourd’hui évoquée comme une calamité qu’il faut absolument éviter. Mais vu que la crise, le chômage et la baisse du pouvoir d’achat, c’est maintenant avec l’euro, les peuples devraient finir par être tentés de revenir aux monnaies nationales, une option que l’histoire recommande.

Le cas de l’Europe du Sud

Les partisans de la monnaie unique utilisent volontiers la peur comme (dernière ?) ligne de défense de cette construction monétaire aussi bancale qu’artificielle. Ils assurent avec un aplomb phénoménal qu’une telle issue serait forcément une catastrophe. Plusieurs banques ont chiffré des scénarii précis, comme l’a rapporté The Economist récemment, qui vont jusqu’à évoquer une baisse du PIB de la zone euro de plus de 8% en cas d’explosion non concertée de l’euro.

La peur est un moyen d’autant plus commode pour protéger la monnaie unique que 95% des médias (au moins) véhiculent ces idées, occultant les travaux pourtant souvent plus sérieux de très nombreux économistes, qui affirment, faits à l’appui, que la fin de la monnaie unique, serait largement profitable aux pays européens. Mais les faits donnent de plus en plus raison aux partisans d’un retour aux monnaies nationales, notamment avec le cas de la Grèce.

En effet, c’est bien beau de prévoir un cataclysme économique mais ces pays vivent déjà une grave crise, pour ne pas dire une vraie catastrophe économique, comme en Grèce, où le PIB a reculé de plus de 7% en 2011 pour rester dans l’euro (après une baisse de 4% en 2010 et baissera encore de 5% en 2012). Cela commence à devenir difficile d’imaginer pire, même si la peur du saut dans l’inconnu, de la solitude et l’adoration de l’idée européenne retient encore le peuple.

Mais surtout, les scénarii apocalyptiques évitent systématiquement les références sérieuses au passé, alors que les études sérieuses le font. Une récente étude de Patrick Artus démontre qu’une dévaluation est largement préférable à la dévaluation interne que nous imposons aux pays d’Europe du Sud. Jonathan Tepper, un économiste britannique, a fait une étude qui démontre que les fins d’union monétaire permettent un retour de la croissance au bout d’un an maximum.

C’est totalement possible !

mardi 29 mai 2012

La faillite de l’euro (1/4)


La crise de la zone euro a démontré les immenses carences de l’unification monétaire européenne. A un moment où l’histoire hésite entre plus d’intégration et démontage de la monnaie unique, voici une synthèse que j’ai essayé de rendre accessible, que les nombreux liens viendront enrichir.

Des promesses non tenues

La monnaie unique a été vendue en 1992 comme un outil au service de la croissance et de l’emploi mais aussi de la puissance des pays européens. Les partisans de la monnaie unique nous affirmaient encore récemment que l’euro nous avait protégé pendant la crise, que la sortie était inenvisageable, qu’elle provoquerait un défaut sur les dettes et un effondrement du pouvoir d’achat. Nous disions que les plans européens n’étaient pas tenables et que la Grèce ferait défaut.

L’histoire a tranché. Tout d’abord, le mythe de l’euro protecteur, démenti par la crise de 2008-2009 (la récession ayant été aussi violente dans la zone euro qu’aux Etats-Unis) s’est évaporé : de graves difficultés économiques persistent dans la zone euro, alors que les Etats-Unis et les pays européens qui n’y sont pas vont sensiblement mieux. Pire, le défaut et l’effondrement du pouvoir d’achat sont devenus une condition du maintien de la zone euro, en Grèce ou en Espagne.

Bref, en toute objectivité, nous, les opposants à la monnaie unique, avons eu raison. La dernière ligne de défense des partisans de la monnaie unique est de dire que la crise économique serait encore bien plus dure si nous démontions la monnaie unique. Pourtant, ce discours ne résiste pas à l’analyse puisque d’innombrables études disent le contraire, comme celles de Patrick Artus, chef économiste de Natixis, ou celle de Jonathan Tepper, sur l’histoire des unions monétaires.

Une complication vient du fait que partisans et critiques s’entendent pour affirmer qu’outre toutes ses carences, la zone euro est mal gérée. Tout d’abord, l’euro est surévalué par rapport au dollar depuis près de dix ans, ce qui pénalise lourdement les industriels européens. En outre, la BCE mène une politique excessivement monétariste, et elle n’utilise la monétisation que pour soulager les banques (les 1000 milliards de prêts) et pas pour aider les Etats.

Un enjeu de pouvoir

mercredi 11 avril 2012

Quand The Economist remet en cause son soutien à l’euro


Depuis deux ans que dure la crise de la zone euro, si l’hebdomadaire britannique a toujours été très critique à l’égard de la politique suivie par l’Union Européenne, il est toujours resté un soutien farouche à la monnaie unique. Une tribune publiée vendredi semble indiquer une vraie inflexion.

Un véritable revirement

C’est la chronique Charlemagne du 7 avril qui marque un changement de tonalité dans le discours de The Economist. Jusqu’à présent, le journal défendait mordicus l’euro en affirmant qu’il suffisait de mettre en place des euro obligations, de mutualiser les dettes ou d’augmenter les moyens du FESF pour permettre à la zone euro de sortir de la crise dans laquelle elle est enfermée depuis plus deux ans, d’où une critique sévère des dirigeants qui ne prennent pas les bonnes décisions.

Outre le fait que l’on peut fortement contester le fait que la mise en place d’euro obligations permettrait de résoudre quoique ce soit à la crise de la zone euro, The Economist fait un virage radical. Pour eux « L’histoire est remplie d’unions monétaires qui se sont rompues. Pourquoi pas l’euro ? Si ses fondateurs avaient prévu la tourmente actuelle, ils ne se seraient peut-être pas aventurés dans une telle union monétaire, ou en tout cas, pas de cette manière ».

The Economist soutient que « les Etats endettés pourraient se lasser de la dévaluation interne. Les Etats créditeurs pourraient vouloir arrêter de soutenir les autres. Et les 17 membres de la zone euro pourraient hésiter devant la perte de souveraineté impliquée par le sauvetage de l’euro ». Pour eux, « un processus concerté augmente les chances de sauver de ce démontage les autres grains de l’intégration européenne, notamment le marché unique ».

Pourquoi un tel revirement ?

lundi 2 avril 2012

Et si la Grèce avait quitté l’euro…


Il y a quelques jours, dans un blog du Monde, Georges Ugeux a publié un papier qui raconte une sortie de la Grèce de la monnaie unique. Naturellement, cela provoquait une catastrophe et Athènes finissait par rejoindre l’euro. Un délire extrêmement aisé à démonter.

La mauvaise foi au pouvoir

La peur est si souvent la dernière ligne de défense des partisans de la monnaie unique… Il y a deux ans, ils nous racontaient encore que l’euro nous avait protégés. Pourtant, la crise avait été aussi forte des deux côtés de l’Atlantique, démontrant de facto que l’euro ne nous avait pas du tout protégé de cette crise venu des Etats-Unis. En fait, la monnaie unique nous a plus affaiblis qu’autre chose, notamment du fait de sa cherté et de la politique totalement absurde de la BCE.

Georges Ugeux a donc concocté un scénario où la Grèce quitterait la monnaie unique début 2016, provoquant un cataclysme économique et des faillites en chaine. Dans ce cauchemar destiné à faire peur à tous ceux qui pourraient douter de l’intérêt de la monnaie unique, Athènes oublierait les mesures d’accompagnement et finirait par revenir à la raison. A peine deux ans après être revenu à la drachme, la Grèce déciderait alors de rejoindre à nouveau l’euro…

Ce scénario tient du fantasme agité pour éviter tout débat. Je lui conseille de lire les travaux de Jonathan Tepper, qui a étudié la fin de 69 unions monétaires au 20ème siècle et pour qui « dans presque tous les cas, la transition a été douce » et « la sortie est l’outil le plus puissant pour rééquilibrer l’Europe et créer de la croissance ». Ces travaux sont confirmés par ceux d’économistes de Pinceton, Berkley ou de l’université de Berlin. On attend toujours une étude sérieuse disant le contraire…

Et si Papandréou avait fait un autre choix

mercredi 29 février 2012

Comment sortir d’une monnaie unique ?



La sortie en elle-même

L’auteur propose un mode d’emploi en treize étapes. La première consiste à convoquer le Parlement un samedi pour passer une loi qui établira tous les détails de la sortie, de la mise en place du contrôle des changes en passant par la redénomination des dettes. Puis, il faut créer une nouvelle monnaie, qui devrait reprendre le nom de celle qui précédait l’euro. Il recommande une parité d’un pour un pour faciliter la transition et de convertir tous les dépôts et les dettes.

mardi 28 février 2012

La sortie de l’euro, c’est possible, et pas difficile…

C’est aujourd’hui la dernière ligne de défense des partisans de l’euro : la fin de la tour de Babel monétaire édifiée à Maastricht provoquerait un cataclysme économique. Pourtant, d’innombrables économistes, dont des prix Nobel, affirment le contraire, comme Jonathan Tepper dans une étude passionnante.

La peur, dernier rempart de défense de l’euro

Il est proprement incroyable d’écouter les éditorialistes ou les politiques évoquer une sortie de la monnaie unique. Au Grand Journal, Nicolas Dupont-Aignan a eu droit à une mise en scène scandaleuse où l’image passait en noir et blanc, histoire de bien signifier que cela serait « passéiste ». D’autres vous regardent comme si vous étiez à moitié fou et n’hésitent pas à prendre à témoin le monde des économistes, pour qui les conséquences seraient catastrophiques.