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lundi 13 avril 2020

Derrière les milliards, cette grave crise de l’euro à venir


D’un point de vue communication, l’UE a superficiellement réussi son coup. Après des passes d’arme assez acides entre dirigeants européens, le plan de jeudi soir, qui affiche 540 milliards d’euros, donne le change, pour qui ne rentre pas dans son détail. Mais, avec la crise du coronavirus, c’est probablement une nouvelle crise européenne qui se met en place, potentiellement plus grave que la précédente.




Des apparences à peine sauvées



dimanche 7 juillet 2013

Union bancaire : la victoire par KO de Berlin


L’accord sur l’union bancaire auxquels sont parvenus les 27 la semaine dernière n’est en aucun cas un grand pas en avant pour l’Union Européenne. Il consacre au contraire la toute-puissance de Berlin, qui y trouve un moyen de défaire en partie ce qui avait été fait avec le MES.



Le grand désengagement de l’Allemagne

Il est assez étonnant que cette interprétation de l’accord n’ait pas pu percer dans l’analyse médiatique de l’accord trouvé par les ministres de l’économie des 27. Dans le détail, les membres de l’Union Européenne, après s’être mis d’accord pour faire de la BCE l’instance de régulation des grandes banques de la région (épargnant les banques régionales allemandes dont Berlin voulait garder la supervision), les ministres se sont mis d’accord sur des règles communes pour renflouer ou liquider les banques européennes qui en auraient le besoin. C’est un dispositif à trois étages qui a été conçu.

Comme le rapporte ce papier du Monde, les pertes seront d’abord imposées aux actionnaires, puis aux créanciers, en fonction de leur niveau d’assurance (des moins bien assurés jusqu’aux plus seniors) et en dernier recours aux déposants, au-delà de 100 000 euros. Ces pertes doivent représenter 8% minimum du passif des banques (pour BNP Paribas, ce serait la coquête somme de 160 milliards d’euros). Ensuite, pourront être sollicités des fonds nationaux de résolution, financés par les banques et enfin des ressources soit nationales, soit européennes (à savoir le MES).

En fait, l’Allemagne, les Pays-Bas et la Finlande voulaient absolument éviter tout recours à l’argent public. En clair, les pays créanciers voulaient quelque part revenir sur les engagements pris avec le MES, qui permettait d’utiliser l’argent pour les banques de tous les pays. Avec ce nouveau mécanisme, il devient extrêmement peu probable que les contribuables allemands puissent être mis à contribution pour le sauvetage d’une banque étrangère. Non seulement Angela Merkel a réussi à éviter d’engager son pays plus encore, mais elle a réussi à faire reculer ses engagements !

Chypre comme brouillon

vendredi 14 septembre 2012

Le verrou de Karlsruhe


Comment interpréter la décision de la Cour de Justice de Karlsruhe ? S’agit-il d’une étape clé dans la construction de l’Europe fédérale voulue par Barroso, ou un simple épiphénomène prévisible, qui, au contraire, rend la crise de la zone euro totalement insoluble.

Un autre regard sur cette décision

Beaucoup se sont contentés de se féliciter de l’accord de la cour constitutionnelle allemande. Il faut dire qu’une décision négative aurait sans doute provoqué une énorme crise qui aurait pu aboutir à la fin de la monnaie unique. Car si l’Allemagne n’avait pas pu y participer, alors le fonds perdait son principal soutien financier et ne pouvait tout simplement pas se mettre en place, puisqu’il fallait réunir 90% du capital et que Berlin assume plus d’un quart des fonds apportés.

Mais le jugement rendu par les juges allemands lie les mains des futurs gouvernements de manière assez stricte puisqu’il sera impossible à Berlin d’aller au-delà de l’engagement actuel sans passer par un vote du Parlement. On souhaite bien du plaisir à un premier ministre qui souhaiterait demander une rallonge financière pour le MES ! En clair, la cour de Karlsruhe met une limite aux engagements financiers  de l’Allemagne vis-à-vis des fonds européens.

Et cela n’est pas neutre car aujourd’hui, le MES ne dispose pas d’un arsenal suffisant pour affronter un refinancement massif de l’Espagne et plus encore de l’Italie. Les besoins de financement de ces pays, additionnés aux engagements précédents, dépassent de loin les montants que le MES a à sa disposition. En outre, la cour de Karlsruhe a jugé que « l’Allemagne doit s’assurer d’une clause d’exemption si elle estime que ses intérêts ne sont pas pris en compte ».

Berlin, décideur de dernier ressort

lundi 20 août 2012

Euro : mais que veut l’Allemagne ?


C’est ce que se demande The Economist dans son dossier du 10 août, qui représente une Angela Merkel songeuse qui lit un mémorandum sur comment démonter l’euro avec le titre « Tentée, Angela ? ». Un dossier qui souligne la lassitude des Allemands à l’égard de la monnaie unique.

Quand Berlin pense à un plan B

The Economist a donné une forme particulièrement bien sentie à ce dossier, présenté comme une note de ses équipes sur un plan B monétaire européen, envisageant tous les avantages et les inconvénients d’une réorganisation de l’euro. Sont envisagés deux scénarii pour mettre fin à la crise de la zone euro. Un premier qui consisterait à pousser la Grèce en dehors de la monnaie unique. Un autre, plus radical, qui ajouterait le Portugal, l’Irlande, Chypre et l’Espagne.

De manière intéressante, ce mémo souligne que la sortie de l’euro et « la dévaluation, si elle n’est pas gâchée par une envolée hyperinflationniste, pourrait sortir la Grèce de l’impasse d’une récession perpétuelle en lui permettant de retrouver sa compétitivité perdue d’un seul coup, plutôt qu’en réduisant ses coûts sur plusieurs années. Cela devrait provoquer une forte relance de son économie, qui s’affaisse, par l’effet sur le solde commercial ». Idem pour les autres pays.

Bref, ce faisant, The Economist tord le cou au mythe qui veut que l’économie des pays qui quitteraient l’euro s’effondrerait. Bien gérée, cette sortie serait au contraire une bouffée d’air frais, comme le confirme l’histoire économique, comme montré par Jonathan Tepper. Le mémo étudie également les coûts pour l’Allemagne. Il estime à 3% du PIB Allemand (80 milliards) le montant des transferts annuels que Berlin devrait se résoudre à accepter pour soutenir les économies en difficulté.

Face à cette addition (dans le bas de l’échelle des autres estimations faites jusqu’à présent), la note souligne que le coût d’une sortie est finalement acceptable. Il chiffre la coût à 118 milliards pour une sortie seule de la Grèce (avec un nouveau plan d’aide de 50 milliards) et 496 milliards pour 4 pays. Néanmoins, près de la moitié de cette somme (et 30% dans le seul cas de la Grèce) vient du solde des dettes Target 2 du système des banques centrales. Mais je ne suis pas sûr que cela soit vrai et serais heureux d’en débattre avec les personnes compétentes sur la question.

L’euro est bien mort à Berlin

mardi 6 mars 2012

La campagne de Sarkozy descend toujours plus bas

Pour l’instant, cette campagne présidentielle est très décevante. Outre des temps de parole qui sont bien loin de l’équité théorique demandée par le CSA, l’équipe au pouvoir semble avoir fait des coups bas contre l’adversaire sa stratégie à défaut de pouvoir convaincre sur son bilan ou ses idées.

Les snipers de la Sarkozie

En regardant Nathalie Kociusko-Morizet sur Dimanche Plus, on comprend que le président de la République fait de l’attaque sa meilleure défense. Mais cette attaque est trop systématique et outrancière pour être crédible. François Hollande est simultanément critiqué pour être trop à gauche quand il propose d’instaurer une tranche à 75% d’impôt sur le revenu et d’être trop modéré quand la ministre souligne qu’il ne prévoirait pas de remettre en cause le bilan législatif de son adversaire.

Les attaques contre la violence verbale du PS font doucement rire tant les coups sont plus bas du côté de l’UMP. Attaqué sur ses vacances sur le yacht de Vincent Bolloré, Nicolas Sarkozy a répliqué en soulignant que Valérie Trierweller travaillait sur une chaine de son groupe, sans que l’on voit en quoi les deux pouvaient être comparables… Et le fait d’évoquer « l’épuration » que François Hollande préparerait dans la haute administration est doublement choquant.

Tout d’abord, l’emploi de ce terme est franchement choquant, car il recouvre des réalités bien précises (épuration des juifs par le régime nazi, épuration ethnique dans l’ancienne Yougoslavie ou en Afrique), sans commune mesure. Ensuite, cela est risible de la part d’un président qui a fait autant valser la haute administration, notamment préfectorale. Enfin, les dérapages incessants et calculés du ministre de l’intérieur sont d’une bassesse bien peu digne de la fonction.

Une campagne extrêmement décevante


samedi 25 février 2012

Après le MES, le TSCG : l’horreur européenne continue


Depuis deux ans, l’Europe multiplie les traités et les fonds pour essayer de faire fonctionner la monnaie unique. Après le MES, une sorte de FMI européen post démocratique de 700 milliards d’euros, les dirigeants européens devraient signer le TSCG la semaine prochaine…

La camisole budgétaire européenne

Je vous invite à lire l’excellente tribune de Jean-Pierre Vespérini, qui fait un sort au TSCG, le « pacte budgétaire ». Il s’agit de limiter à 0,5% le déficit budgétaire structurel des Etats qui le signent. Seuls le Royaume-Uni et la République Tchèque le refusent pour l’instant, ce qui ne lui donnera pas le statut officiel de traité mais de simple accord. A côté, le traité de Maastricht, qui imposait un déficit budgétaire de 3% du PIB maximum, apparaît comme presque laxiste… C’est dire !

jeudi 23 février 2012

Silence sur le MES



Une Europe antisociale

Les raisons de s’opposer au MES sont doubles. Tout d’abord, il s’agit d’un traité profondément antisocial. Cette Europe, c’est l’Europe de l’austérité et de la dépression économique, sans la moindre mesure de croissance. Une Europe qui s’enfonce dans les erreurs du président Hoover aux Etats-Unis de 1929 à 1932 ou de la France de Laval qui cherchaient indéfiniment à équilibrer leurs comptes, au point de casser la croissance et d’aggraver le mal au lieu de le régler.

lundi 20 février 2012

Le scandale du MES

Mardi, le Parlement doit se prononcer sur le Mécanisme Européen de Stabilité, encore un nouveau traité européen anti-démocratique et antisocial. Malgré son apparent et récent intérêt pour le référendum, Nicolas Sarkozy préfère une procédure d’urgence au Parlement plutôt qu’un vote populaire…

Un nouveau machin européen

Le MES est le prolongement du FESF, qui expire en 2013. Je vous conseille vivement le papier de Raoul-Marc Jennar, qui détaille parfaitement tous les problèmes posés par ce MES ou celle de Romain Rochas sur le blog Réalités ou Illusions perdues. Comme ils le soulignent, il est proprement délirant qu’un véritable débat public n’ait pas lieu devant l’importance du dispositif, qui engage notre pays à hauteur de 142 milliards d’euros, plus du double du budget annuel de l’éducation nationale !