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samedi 2 juillet 2016

François Hollande et la volonté des peuples (billet invité)

Billet invité de l’œil de Brutus



Ce 28 juin 2016, en amont du Conseil européen, le président de la République a tenu ces propos proprement hallucinants : "je n'imagine pas un gouvernement britannique quel qu'il soit ne pas respecter le choix de son propre peuple".

Il faut en effet disposer d’une audace sans borne (ou souffrir d’une réelle schizophrénie …) pour simultanément oser donner la leçon au gouvernement britannique qui a eu le courage de donner la parole à son peuple, et découpler à ce point ses propres paroles avec ses propres actes.

lundi 5 octobre 2015

Schengen, Volkswagen : l’Allemagne qui piétine les règles

Cela fait des années que Berlin exige de ses partenaires de suivre ses règles : Pacte de Stabilité, TSCG, accueil des migrants… Pourtant, en quelques jours, l’Allemagne a enfreint deux fois les règles collectives (sur Schengen et avec Volkswagen). Voilà qui en dit long sur les règles de notre époque.



Relativisme teuton sur les règles

Depuis sa réunification, l’Allemagne est assez dure avec les règles européennes. Pour sacrifier son mark, elle avait exigé le respect des critères de Maastricht, imposant une austérité destructrice à ses partenaires européens dans les années 1990, qui avait envoyé des millions de personnes au chômage. Pourtant, au début des années 2000, l’UE avait accepté d’ignorer le non respect par Berlin du Pacte de Stabilité qu’elle avait pourtant demandé de mettre en place quelques années auparavant. Aujourd’hui, on constate que  les pays européens, Allemagne en tête, imposent des quotas d’accueil de migrants aux pays d’Europe de l’Est récalcitrants alors que cela n’augmente que marginalement les quotas, et que Berlin a coup sur coup stimulé puis bloqué l’afflux des migrants, en refermant ses frontières.

Cette insistance de l’Allemagne à imposer à ces pays des quotas est révoltante car les oscillations de Berlin sur la question ont, sans nul doute, empiré les problèmes de la Grèce et des pays d’Europe de l’Est qui forment les frontières extérieures de Schengen. Pire, devant l’envolée des flux, Berlin referme ses frontières, sans respecter les règles européennes, comme le rappelle Eric Conan sur Marianne, et, sans vergogne, elle impose quelques jours après l’accueil de migrants aux pays récalcitrants, sans que ce coup de force ne soit justifié par la moindre raison, cela n’augmentant la capacité d’accueil que marginalement. Bref, dans l’UE, Berlin fait les règles et les impose, sans avoir à les respecter elle-même. Et quelques jours plus tard, on apprend la tricherie massive de Volkswagen, fleuron du pays

La loi du plus fort, habillée en droit

mardi 21 octobre 2014

Macron et Sapin à Berlin : le Munich économique de la France


Quelle humiliation pour Paris ! Le gouvernement se comporte comme le mauvais élève qui vient quémander à Berlin le soutien du meilleur élève pour amadouer la maîtresse, la Commission, qui est paradoxalement repréésentée par celui qui a mené notre pays dans cette situation, Pierre Moscovici.



La France, sans la grandeur, et même l'honneur

Il est tout de même extrêmement humiliant pour notre pays que François Hollande ait carrément envoyé à Berlin Emmanuel Macron et Michel Sapin pour tenter d'allumer un contre-feu aux menaces que font peser sur notre pays les accords européens qu'il a acceptés. A minima, pour la forme, il aurait pu trouver un terrain plus neutre pour une telle rencontre. Là, le fait que les ministres de l'économie et du budget se déplacent de concert à Berlin pour quémander le soutien de notre voisin face au front de critiques créé par la présentation du budget 2015, qui affiche un déficit de 4,3% du PIB, comme en 2013, alors que Pierre Moscovici avait promis de le réduire à 3% du PIB au printemps 2013...

Bien sûr, les ministres, ces communicants de la pensée néolibérale, ont trouvé une bonne grosse ficelle pour essayer de faire passer la pillule. Emmanuel Macron propose une baisse des dépenses de 50 milliards en France et un plan de 50 milliards d'investissements en Allemagne, façon de faire comme s'il s'agissait d'un 50/50. Mais la rustine est un peu grosse. On peut d'ors et déjà soupçonner que les 50 milliards d'investissements de l'Allemagne ne seront pas 100% additionnels, comme le dérisoire plan de croissance européen négocié par Hollande contre la ratification du TSCG en juin 2012 (dont on a bien vu l'effet...) et qu'il portera sur plusieurs années. Et on peut imaginer que le plan Allemand profitera essentiellement à Berlin, notre voisin n'étant pas le dernier en matière de protectionnisme subtil.

L'UE, c'est l'Europe de la loi du plus fort

mercredi 8 octobre 2014

Si la Commission européenne retoquait le budget 2015 de la France.... (billet invité)

Billet invité de Coralie Delaume, qui a écrit un très bon livre sur l’Europe et que vous pouvez retrouver sur son blog



Jadis, il se disait que le consentement à l'impôt était au principe même de la démocratie. De même, en ces temps reculés, alors qu'on circulait encore à cheval, que les princes charmants combattaient encore des dragons et qu'on utilisait le Minitel pour draguer en ligne, beaucoup de gens croyaient que le vote du budget de l’État était l'une des principales prérogatives des représentants de la nation, c'est à dire du Parlement.

Mais ça, comme dirait l'autre, c'était avant.

Maintenant c'est différent. On a modernisé ces vieilles pratiques car elles sentaient la poussière. Elles n'étaient pas très fun, elles n'étaient pas très wizzz, elles n'était pas très « my government is pro-business ». Par chance, l'Union européenne vint, qui nous aida à venir à bout de ces rigidités.

***

jeudi 13 juin 2013

Finance, Europe, Allemagne, Japon : quand Hollande fait du Sarkozy


Nicolas Sarkozy était coutumier des impostures. Tantôt il se faisait communautariste néolibéral atlantiste, euro-béat. Tantôt, sous la plume de Henri Guaino, il se faisait républicain, pourfendeur du capitalisme dérégulé et de l’euro cher. Malheusement, son successeur met ses pas dans les siens.



Contradictions germano-japonaises

Il n’est pas courant que je sois d’accord avec Alain Duhamel. Cependant, il faut bien reconnaître que mercredi matin, une partie de la chronique de l’infatiguable journaliste de RTL visait juste. En effet, il a souligné la contradiction majeure que représentent, à quinze jours d’intervalle l’hommage appuyé fait à la politique de Gerhard Schröder lors des 150 ans du SPD et le fait d’appeler ensuite l’Europe à s’inspirer de la politique du nouveau premier ministre du Japon, Shinzo Abe.

A Leipzig, le 23 mai, devant Angela Merkel, François Hollande a ainsi vanté les « réformes courageuses pour préserver l’emploi et anticiper les mutations sociales et culturelles comme l’a montré Gerhard Schröder » affirmant que l’« on ne construit rien de solide en ignorant le réel ». Puis, en visite d’Etat au Japon le 7 juin, il a vanté « cette priorité donnée à la croissance, cette volonté de lutter contre ce qui est appelé ici déflation, cette exigence de faire en sorte que la compétitivité des entreprises soit recherchée en même temps afin qu’il puisse y avoir soutien à l’activité c’est une bonne nouvelle pour l’Europe, parce qu’en Europe aussi nous avons à donner priorité à la croissance ».

Pourtant les deux politiques sont largement contradictoires. Leur seul point commun (les vrais socialistes apprécieront…), c’est la déréglementation du marché du travail. Mais à part cela, il n’y a strictement rien à voir entre les deux. L’Allemagne mène une politique de désinflation compétitive, de rigueur budgétaire extrême (avec un déficit public de 0,3% du PIB en 2013) et refuse toute monétisation. Le Japon fait un plan de relance avec un déficit de 8,7% du PIB, veut faire plus d’inflation (pour sortir de la déflation) et fait tourner la planche à billets à très grande vitesse pour cela.

Contradictions géographiques ?

samedi 1 juin 2013

La ridicule révolte de Hollande contre l’UE


« La Commission n’a pas à dicter ce que nous devons faire » : c’est par ces mots que François Hollande a réagi à la potion amère néolibérale proposée (imposée ?) par Bruxelles. Mais derrière le coup de menton du préfet de la France à ceux auxquels il se soumet, se cache bien l’agenda des années à venir…



La Commission présidente, c’est maintenant !

Comme le souligne justement Jack Dion dans Marianne, la feuille de route des eurocrates est un condensé, adouci cependant, des potions amères infligées aux pays « aidés » par l’Europe. L’inventaire de Bruxelles est assez stupéfiant tant cela ressemble in fine à un programme politique, tel qu’il aurait pu être présenté lors de l’élection présidentielle l’an dernier. Il y a quelque chose de révoltant à voir des technocrates non élus recommander de manière aussi précise des mesures, donnant ainsi l’impression que notre président est au mieux le préfet d’une région de l’Union Européenne.

Le Figaro a retraduit ces propositions en « Dix commandements de Bruxelles à Hollande » : une baisse des déficits à 3.9% en 2013, 3.6% en 2014 et 2,8% en 2015, une réforme de l’organisation territoriale, la réforme des retraites avant fin 2013 (sic), la simplification et la réduction de l’impôt sur le revenu et les sociétés, la baisse du coût du travail, la baisse des dépenses de santé, la libéralisation des professions réglementées, l’accord sur la flexibilité et de sécurisation (re-sic) de l’emploi, la réforme de l’assurance-chômage et la fin des tarifs réglementés du train, du gaz et de l’electricité.

Du coup, la présidence de la République a été contrainte de rectifier l’impression calamiteuse que pouvait donner cette publication, à savoir celle d’un pays sous tutelle, en recalibrant le message : « nous, nous avons à respecter les engagements européens par rapport à la réduction des déficits. En ce qui concerne les réformes structurelles, c’est à nous, et à nous seuls, de dire quel sera le bon chemin pour atteindre l’objectif ». François Hollande et Jean-Marc Ayrault ont rappelé qu’ils avaient déjà lancé le processus pour réformer les retraites, sans attendre la Commission.

La double malhonnêteté de François Hollande

mardi 7 mai 2013

Que penser du délai de 2 ans donné à la France pour réduire les déficits ?

Il y a quelques jours, la Commission Européenne a annoncé qu’elle donnait deux ans de plus à la France pour atteindre l’objectif de 3% de déficit public. Si le gouvernement s’est rapidement félicité de ce qu’il voit comme une victoire de sa ligne, cette présentation des faits est assez abusive.



La victoire du principe de réalité

Pierre Moscovici, pas à une malhonnêteté intellectuelle près, n’a pas ménagé son effort pour enjoliver cette annonce : « c’est décisif, c’est un tournant dans l’histoire de la construction européenne depuis que l’euro existe (…) On assiste à la fin d’une certaine forme d’orthodoxie financière et à la fin du dogme de l’austérité (…) c’est une victoire pour les thèses françaises (obtenues) parce que nous avons une politique crédible ». Rien que cela ! On passera sur la crédibilité de sa politique après la révision à la hausse du déficit pour 2012 et 2013 et l’admission que viser 2,9% en 2014 était irréaliste.

Tout d’abord, il faut noter que le délai donné à la France vient après plusieurs délais donnés à d’autres pays, comme l’Espagne. Ensuite, on peut penser que la Commission Européenne, las de voir les prévisions de réduction de déficit non respectées en France, en Espagne, au Portugal, en Grèce ou en Italie, a seulement pris acte du fait que les calendriers de réduction des déficits étaient tout simplement totalement irréalistes et a donc préféré lâcher un peu de lest pour regagner en crédibilité, mais aussi essayer d’améliorer son image, de plus en plus mauvaise dans toute l’Europe.

Un étranglement plus lent

En effet, viser un déficit de 2,9% en 2014 était très risqué pour la France. Cela représentait une baisse de 1,9% par rapport à 2012. Cela peut ne pas paraître si difficile. Mais du fait de la révision à la hausse du multiplicateur (l’impact d’une baisse des déficits sur le PIB), les coupes nécessaires pour obtenir un tel chiffre sont bien plus importantes. En prenant un coefficient de 1, dans le bas de la nouvelle étude du FMI, cela suppose que l’effort à réaliser est du double, soit 3,8% du PIB en baisses de dépenses ou hausses d’impôts pour réduire les déficits, du fait de la baisse du PIB.

Soit dit en passant, cela signifie que si la France vise 2,9% de déficit en 2015, elle devra faire un ajustement budgétaire équivalent à 3,8% du PIB, qui laissera le PIB 3,8 points plus bas qu’il ne l’aurait été sans ce plan. Contrairement à ce que dit Pierre Moscovici, l’austérité n’est pas finie. Elle sera seulement davantage étalée dans le temps. Ce faisant, il n’y a aucune chance pour que le chômage baisse avant 2015… Et c’est un bon moyen pour garder la pression pour faire avancer les « politiques structurelles », le nom politiquement correct du programme de régression sociale européen.

De l’Europe et de notre souveraineté

samedi 16 mars 2013

L’abdication de notre souveraineté budgétaire continue



L’abandon de la souveraineté budgétaire

Le processus de mise sous tutelle des budgets nationaux par l’UE n’est pas nouveau. Le premier étage de cette contre-révolution technocratique et anti-démocratique a démarré avec le six pack, en 2011, qui, le premier, a proposé d’imposer un contrôle des budgets nationaux par les instances européennes ainsi que de véritables sanctions financières. Puis, nous avons eu droit aux camisoles budgétaires nationales, que le PS a fini par voter malgré ses promesses de campagne.

Mardi, le Parlement Européen a donc adopté le two pack, un ensemble de règles qui semblent dériver du six pack. Ces règles s’appuient sur le TSCG négocié par Nicolas Sarkozy et Angela Merkel, cette camisole budgétaire nationale votée en octobre, imposant un équilibre des comptes publics en 2017 et pouvant aboutir à des amendes allant jusqu’à 0,2% du PIB (4 milliards d’euros pour la France). Ce projet a été bien décortiqué par Magali Pernin sur son blog Contre la Cour.

Dans le détail, le premier projet de budget pour l’année suivante devra être envoyé aux eurocrates de la Commission dès le mois d’avril, avant même tout passage au parlement national. Et dès le mois d’octobre, ils pourront demander des modfications sur le projet de budget, avant même tout vote ! Et la Commission pourra proposer des des amendes. Cependant, il faut noter qu’il n’existe pas dans ce projet de véritable droit de veto européen sur les budgets nationaux.

L’horreur européenne

jeudi 7 février 2013

Europe : l’imposture sarkozyste de François Hollande


Mardi, le président de la République a fait un discours au parlement européen où il a exposé sa vision de la construction européenne. Avec un culot et une mauvaise foi tout sarkozyste, celui qui a soutenu tous les traités européens depuis trente ans s’est permis de critiquer ce qu’il a contribué à construire.

Faites ce que je dis, pas ce que je fais

François Hollande n’a pas peur du ridicule. Lui qui a soutenu le traité de Maastricht, celui d’Amsterdam, celui de Nice, le traité constitutionnel européen, le traité de Lisbonne et enfin, la camisole budgétaire, le TSCG, ose critiquer la direction prise par l’Europe ! Comme le rapporte le Figaro, il dit ne pas vouloir « condamner l’Europe à une politique d’austérité sans fin ». Mais alors, pourquoi Pierre Moscovici ne démord de l’objectif de 3% de PIB de déficit pour 2013 quand même le FMI ou François Baroin admettent qu’il vaudrait sans doute mieux viser un peu plus cette année ?

Pourquoi surtout a-t-il signé le TSCG, ce traité qui impose justement des politiques austéritaires à l’ensemble de l’Europe ? S’il pensait vraiment ce qu’il a dit, il aurait refusé de le signer, conformément à son discours de campagne, et aurait entamé un bras de fer avec Angela Merkel. Tout aussi ridicule sa critique de l’euro cher : « on ne peut pas laisser notre monnaie fluctuer selon les humeurs des marchés ». En effet, la gestion de la monnaie européenne suit tous les traités que le président de la République a ratifiés. S’il n’en était pas satisfait, il pouvait toujours s’opposer au traité de Lisbonne.

Devant une audience assez euro-béate, il a plaidé pour une plus grande intégration : « un gouvernement de la zone euro ». Il a également évoqué les euro obligations en parlant d’une « intégration solidaire », ainsi qu’un budget de la zone euro. Bref, exactement le Transfer Union que plus de 80% des Allemands refusent et que la crise de la zone euro a rendu totalement radioactive outre-Rhin. Bref, Hollande nous a raconté les mêmes sornettes que le PS raconte sur l’Europe depuis vingt ans.

Sur l’Europe, PS = UMP = impasse

mercredi 5 décembre 2012

Europe : l’intégration mène au néolibéralisme et au despotisme


Bien sûr, les partisans de l’intégration européenne font toujours miroiter une Europe sociale ou solidaire, qui serait plus démocratique. Mais force est de constater que depuis près de trente ans, elle rime avec un néo-libéralisme dogmatique et un despotisme volontiers post-démocratique.

L’intégration européenne avant tout

C’est après une discussion avec un ami que la réalité m’a sauté aux yeux. En effet, j’ai pu constater que l’intégration européenne passe avant le progrès social ou la démocratie, même pour des personnes attachées aux deux. Car c’est le vice de cette construction européenne que de pousser à des politiques fondamentalement antisociales et antidémocratiques. L’intégration européenne devient l’objectif suprême, auquel tout est subordonné, quelqu’en soient les conséquences.

Premier exemple : la monnaie unique ne fonctionne pas car cela revient à imposer une politique unique à des pays trop différents. Sapir ou Artus ont parfaitement démontré qu’il n’y a pas 36 solutions pour résoudre les déséquilibres actuels : une dévaluation interne (en restant dans la monnaie unique) ou une dévaluation externe (qui imposer d’en sortir). Malgré l’évidence du coût social bien plus important de la première, la survie de la monnaie unique passe avant la douleur des peuples…

Deuxième exemple : le processus de décision extrêmement compliqué pour répondre à la crise de la zone euro. Non seulement les fédéralistes font l’erreur d’attribuer la crise aux déficits (qui en sont surtout la conséquence), mais en plus, beaucoup ux sont prêts à mettre les budgets sous tutelle technocratique (ce qui a été fait en partie par le TSCG, le six pack, puis le two pack), une remise en cause fondamentale de nos démocraties. Mais là encore, l’intégration européenne prime.

Des ferments despotiques et antisociaux

dimanche 28 octobre 2012

Hollande sous tutelle européenne


Entre l’Europe et le peuple, le PS a toujours choisi l’Europe, quelles qu’en soient les conséquences en terme de chômage notamment, comme en 1983 ou au début des années 1990. Le cru 2012 ne déroge pas à la règle, contrairement aux espoirs d’Emmanuel Todd, comme l’analyse bien Yohann Duval.



De la démondialisation à la marinière

Il y a un peu plus d’un an, Montebourg s’était fait l’avocat du protectionnisme, reprenant Sapir et Todd en défendant la démondialisation. Mais depuis, le soufflet est retombé, brutalement. En juillet, le ministre faisait encore mine de pouvoir faire reculer PSA sur la fermeture de l’usine d’Aulnay. La rentrée a sonné le glas des espoirs des ouvriers : il n’a pas hésité à faire un 180° en demandant aux syndicats d’être responsables ! NDA a bien raison de lui demander de se réveiller !

Récemment, il s’en est pris aux importations de voitures coréennes, qui taillent des croupières aux véhicules fabriqués en France. Il s’est attiré une réplique cinglante du commissaire européen au commerce, Karel De Gucht, dans une interview au Figaro, pour qui « son raisonnement ne tient pas la route (…) Je n’ai pas l’impression que M. Montebourg s’intéresse vraiment au long terme ». Le commissaire évoque l’accord de libre-échange avec la Corée en oubliant que le marché automobile coréen est vérouillé. Et l’excédent commercial de 300 milliards est totalement imaginaire.

Edgar, sur le blog La lettre volée, évoque aussi le cas de la fermeture de l’usine Electrolux pour souligner que les délocalisations ont souvent lieu au sein de l’Union Européenne, et notamment dans les pays de l’Est, où les salaires sont beaucoup plus bas… Mais ce n’est pas tout, le land de Basse-Saxe, actionnaire à 20% de Volkswagen, pourrait saisir la Commission pour remettre en cause la récente aide de l’Etat à PSA. Enfin, l’Europe menace l’exception culturelle qui protège notre cinéma, comme je l’avais évoqué au printemps, au nom d’un dogmatisme néolibéral effrayant.

La camisole budgétaire, c’est maintenant !

jeudi 11 octobre 2012

La double trahison du traité européen


Mardi, les députés ont adopté le TSCG par 477 voix pour et 70 voix contre. Ce faisant, ils renoncent à notre souveraineté budgétaire, héritée de la Révolution, et gravent dans le marbre une limite complètement absurde aux déficits. Heureusement que 70 résistants ont fait entendre leur voix.

Une trahison démocratique

Certes, le TSCG n’est qu’une des trois camisoles budgétaires que l’Union Européenne impose aux pays européens (outre le six pack et le two pack), mais cela montre que les technocrates bruxellois ont bien compris qu’il s’agit d’une étape absolument cruciale dans la mise sous tutelle et le démantèlement des Etats-nations. Comme le dit Nicolas Dupont-Aignan, il faut rappeler ici que la Révolution de 1789 a été provoquée par la question fondamentale des impôts.

Ce faisant, en se désaississant du contrôle du budget, les députés de la nation outrepassent leur mandat car ils devraient être les défenseurs de l’intégrité de notre démocratie, qu’ils bafouent par un tel vote. Comme toujours, ce sont trois organismes technocratiques qui seront les bénéficiaires de ce traité : la Commission, la Cour de Justice et un nouveau machin chargé de surveiller les budgets nationaux. Cette construction européenne n’aime décidemment pas la démocratie.

Une trahison économique

Mais ce traité n’est pas seulement un scandale démocratique. C’est aussi un scandale économique. Alors que deux « prix Nobel d’économie », Paul Krugman et Joseph Stiglitz, suivis par bien d’autres économistes, s’époumonnent à expliquer que l’austérité est contre-productive dans la période actuelle (ce que confirment les faits depuis plus de deux ans), les pays européens mettent en place un traité sanctifiant des politiques austéritaires délirantes qui vont aggraver la crise !

A ce titre, il est stupéfiant que des députés « de gauche » ou « socialistes » accordent leur suffrage à un tel traité, profondément antisocial. Tout ceci montre la bêtise de cette « gauche » qui vote absolument tout sur quoi il y a marqué « Europe ». On a l’impression que l’évocation de la divinité européenne provoque un arrêt total de leur capacité de réflexion. C’est à croire qu’ils accepteraient de rétablir le travail des enfants et le suffrage censitaire, du moment que cela viendrait de Bruxelles.

La résistance existe

mardi 9 octobre 2012

TSCG, Arcelor-Mittal : le changement, c’est du vent


Aujourd’hui, après un examen le plus rapide possible, les députés doivent se prononcer sur une des trois camisoles budgétaires européennes, le TSCG. Après Florange, c’est un nouvel épisode qui montre les points communs entre le PS et l’UMP.

Bonnet blanc et blanc bonnet

Bien sûr, il y a des différences entre la politique menée par Sarkozy et celle de Hollande mais faute est de constater que sur des sujets importants, il y a une continuité extrêmement forte. On l’a vu avec Arcelor Mittal. Nicolas Sarkozy avait promis de sauver Gandrange. Arcelor Mittal a fermé cette première aciérie. François Hollande était passé à Florange pendant la campagne présidentielle. Il y a de grandes chances que le site soit également en partie fermé.

Mais ce qui montre la proximité du PS et de l’UMP, c’est bien le TSCG, puisque les deux partis vont voter cette camisole budgétaire européenne. Bien sûr, François Hollande s’enorgueillit du plan de croissance européen qu’il a obtenu en juin. Mais, outre le fait qu’il comporte essentiellement des anciens crédits non dépensés, des économistes de renom, l’ont remis à sa place : « pistolet à eau contre un rhinocéros qui charge » pour Krugman, « dérisoire » pour Sapir.

Ce traité a l’avantage de montrer que sur des sujets aussi importants que l’intégration européenne ou des points clés de notre système économique, le PS et l’UMP sont très proches. Les deux principaux partis soutiennent en effet un transfert de la souveraineté de la France vers des instances européennes supranationales et technocratiques. De même, ils se soumettent à la doxa austéritaire allemande malgré les avertissements de Krugman et Stiglitz.

Le PS, ce n’est pas le changement

jeudi 4 octobre 2012

Lordon et Sapir habillent le PS et l’Europe pour l’hiver


Frédéric Lordon et Jacques Sapir sont deux des intellectuels qui ont le mieux analysé la crise actuelle. Ils viennent de publier deux nouveaux textes essentiels chacun qui démontrent parfaitement à quel point l’Europe et le PS sont dans une impasse tout en dessinant une sortie de secours.

Sortir de cette « austérité dans le calme »

A défaut d’être courts, les textes de Frédéric Lordon sont doublement savoureux, sur le fond comme sur la forme, avec un style très enlevé. Dans le texte publié le 19 septembre, il fait une analyse redoutable et cruelle du plan de la BCE. Pour lui nous sommes sommes dans « un régime d’austérité sub-atroce », où les peuples subissent l’austérité dans le calme des marchés, même si l’impasse des politiques suivies finira tôt ou tard par nous mener dans le décor.

Dans un très long texte publié une semaine après, Lordon développe la manière dont il pense qu’il faut sortir de la crise, après avoir fait un sort au TSCG et au gouvernement « socialiste ». Il développe une idée déjà avancée, à savoir un défaut partiel, du montant de la hausse de la dette de 2007 à aujourd’hui. Pour lui, « il faut affirmer le droit des débiteurs à vivre dignement contre celui des créanciers à l’exaction sans limite ». Il dénonce avec délectation les mythes néolibéraux.

Ce défaut des Etats est, pour lui, « une occasion historique à ne pas louper ». Il raille le « Parti de la Concorde Universelle », qui soutient les traités actuels en affirmant qu’il sera possible un jour de les rendre plus progressistes. Il explique qu’il est possible de restructurer les banques, en reprenant le contrôle de la Banque Centrale pour monétiser, et en protégeant les créanciers. Pour lui, naturellement, cette réorganisation se fera au niveau des nations.

Les « paris stupides » de Hollande

lundi 1 octobre 2012

Le vent de la révolte souffle contre l’Europe de la régression sociale


On ne mesure sans doute pas bien l’importance de la manifestation d’hier contre le TSCG, l’un des trois traités qui instaurent une camisole budgétaire pour les Etats. Par cette première manifestation d’opposition à cette Europe, le peuple français rejoint la Grèce, l’Espagne, le Portugal et l’Italie dans la contestation.

Les peuples européens se soulèvent

Jour après jour, mois après mois, la situation se tend en Europe. Les peuples se révoltent contre les politiques inhumaines menées par des gouvernements qui ne pensent qu’à sauver la délirante construction monétaire qu’est l’euro, fût-ce au prix de souffrances monstrueuses infligées à leurs citoyens. La révolte de la population peut aboutir à une solution démocratique. En Grèce, il s’en est fallu de peu pour que Syriza gagne les législatives de juin et suive la voie de l’Islande.


Au Portugal également la situation se déteriore. Samedi, plus de cent mille manifestants se sont rassemblés à Lisbonne pour protester contre la politique du gouvernement et les nouvelles mesures d’austérité à venir pour combler les déficits. La population avait déjà fait reculer le gouvernement qui souhaitait transférer un quart des cotisations patronales sur les cotisations salariales, pour baisser le coût du travail, ce qui aurait baissé le pouvoir d’achat de 7%, comme le rapporte The Economist.

L’impasse de l’austérité arrive en France

mardi 25 septembre 2012

TSCG : le débat débute enfin


Malheureusement, c’est par le petit bout de la lorgnette, puisqu’on parle de ce traité européen du fait que le bureau politique d’Europe Ecologie Les Verts s’est prononcé contre sa ratification, mettant en difficulté la majorité. Mais cela permet au moins d’en parler.

La majorité en porte-à-faux

Et comment ne pourrait-elle pas l’être ? Ce n’est pas pour rien que François Hollande cherche par tous les moyens à le faire ratifier le plus vite possible, avançant même de 15 jours la rentrée parlementaire pour accélérer le processus de ratification. Car ce débat renvoit le PS à sa mauvaise conscience. L’Europe est le veau d’or pour lequel les socialistes ont tout sacrifié, et notamment le peuple, abandonné aux conséquences d’une mondialisation que cette Europe épouse avec bonheur.

Bien sûr, le président de la République peut arguer du plan de croissance européen obtenu fin juin. Mais comme l’a souligné Paul Krugman, ce plan est « un pistolet à eau contre un rhinocéros qui charge ». 120 milliards sur 3 ans, c’est 0,4% du PIB de relance par an, un montant absolument dérisoire par rapport à celui des plans d’austérité, qui portent sur plusieurs centaines de milliards d’euros. En outre, la moitié de ces crédits sont d’anciens crédits qui n’avaient pas été dépensés.

Bref, Frédéric Lordon avait bien raison quand il prévoyait en mai que le nouveau président poursuivrait l’œuvre désatreuse de son prédécesseur : « les socialistes font savoir que la verroterie avec laquelle on les achète est toujours aussi modique : comme en 1997, des mots suffiront ». Il était sacrément malhonnête de la part des socialistes de critiquer le traité signé par Nicolas Sarkozy pour l’accepter en quelques jours. Pour le coup, les Verts ont au moins le mérite de la cohérence.

Un débat ubuesque

vendredi 31 août 2012

Mobilisation pour un référendum sur le TSCG


Début octobre, suite au jugement du Conseil Constitutionnel, l’Assemblée devrait se prononcer sur le TSCG, le Traité sur la Stabilité, la Coordination et la Gouvernance, qui instaure une camisole budgétaire pour les pays de la zone euro. Heureusement, une campagne se monte pour exiger un référendum.

Un traité doublement scandaleux

Ce traité européen est un des trois textes concoctés en deux ans dont l’objectif est de contrôler le niveau des déficits et de la dette des pays européens ! Il est la face publique de deux autres séries de textes, le six pack et le two pack, qui visent à instaurer une véritable règle d’or camisole budgétaire pour les Etats membres. Après avoir retiré le pouvoir monétaire aux dirigeants politiques nationaux, cette Europe cherche maintenant à leur confisquer le pouvoir budgétaire.

Comme le soulignent d’innombrables économistes, les plans d’austérité suivies actuellement en Europe, sous la pression de la troïka technocratique (FMI, BCE, Commission) sont un « barbarisme » pour reprendre le mot employé par le « prix Nobel d’économie » 2008, Paul Krugman, dans son dernier livre. Patrick Artus, chef économiste de Natixis, a rejoint les voix des critiques du TSCG dans une vidéo récente, dénonçant à la fois le principe même de la règle mais aussi son timing.

Pour Krugman, « durant la Grande Dépression, les dirigeants avaient une excuse : personne ne comprenait ce qui se passait ou comment la régler. Les dirigeants d’aujourd’hui n’ont pas cette excuse ». Lui et Joseph Stigltz, lauréat 2001, expliquent depuis trois ans que cette crise est une crise de la demande et qu’il est totalement contre-productif de couper ainsi les dépenses. Le pire en Europe, c’est que les faits (en Grèce et en Espagne) démontrent qu’ils ont raison mais personne n’écoute.

Il faut exiger un référendum !

dimanche 19 août 2012

Le Conseil Constitutionnel solde notre souveraineté


Début août, le Conseil Constitutionnel a estimé que le traité européen sur la stabilité, la coordination et la gouvernance, qui instaure une camisole budgétaire pour les Etats de la zone euro, ne nécessite pas une révision de la Constitution. Un double scandale, juridique et démocratique.

Un scandale juridique

Comme le souligne Magali Pernin du blog Contre la Cour, le premier point à noter est que, pour les précédents traités (Maastricht, TCE, Lisbonne) le Conseil Constitutionnel avait jugé qu’il fallait réviser la Constitution pour la mettre en conformité avec le nouveau traité européen. Il est bien évidemment surprenant que cette mise sous coupe réglée des budgets nationaux ne nécessite pas la moindre modification dans le texte qui régit notre organisation politique institutionnelle. En effet, ce nouveau traité européen met largement à mal la souveraineté budgétaire de notre pays.

Le Conseil Constitutionnel affirme que « la France est d’ores et déjà tenue à des règles de discipline budgétaire » (la limite de 3% du PIB de déficit public du traité de Maastricht) et que ce nouveau pacte « se borne sur ce point à reprendre, en les renforçant, les engagements existants » (en passant la limite à 0,5% du PIB). Mais cette argumentation est contestable. Tout d’abord, il faut noter que les règles édictées à Maastricht étaient beaucoup moins rigoureuses que celles de ce nouveau traité, beaucoup plus contraignant dans sa mise en œuvre. D’ailleurs, plusieurs pays ont pu ne pas respecter cette règle sans conséquences…

Ensuite, une limite de 3% n’a rien à voir avec une limite à 0,5%. Ce n’est pas parce que la France a accepté de limiter son déficit à 3% du PIB (à une époque où cette limite n’avait jamais été dépassée depuis près de 50 ans) que cela justifie de passer par une procédure beaucoup plus légère pour accepter une limite de 0,5% (limite toujours dépassée depuis 30 ans). En outre, il faut noter le côté arbitraire de la nouvelle règle puisqu’il s’agit d’un déficit structurel et non du déficit réel, qui sera calculé par les institutions européennes, ce qui leur donne encore plus de pouvoir, et justifiait par conséquent un changement de la Constitution.

Un scandale démocratique

mercredi 18 juillet 2012

Le two pack, la 3ème camisole budgétaire européenne


C’est grâce à la persévérance de Magali Pernin, du blog Contre la Cour, que j’ai creusé la question du two pack. J’avoue ne pas très bien saisir l’intérêt d’une nouvelle initiative européenne pour museler les budgets nationaux, mais ce magma législatif mériterait un référendum.

Une triple camisole budgétaire

On ne mesure sans doute pas bien le poids des pesanteurs que les dirigeants européens acceptent de se voir imposer par le moloch législatif européen. Il y a un peu plus d’un an, j’avais fait un point sur le six pack, suite à une très bonne analyse de Frédéric Vialle, d’Attac. Cette première série de règles introduisait des normes en matière de déficits et de dettes, ainsi que des procédures de sanction contre les Etats qui s’en écartent, donnant la part belle à la Commission.

Le six pack ne semble pas avoir suffi aux faucons de la rigueur qui ont obtenu la création du TSCG, le traité que François Hollande va finalement faire adopter après avoir obtenu un « pistolet à eau » pour la croissance, pour reprendre le mot de Paul Krugman. Le TSCG introduit l’objectif d’un déficit structurel de 0,5%, bien plus sévère que Maastricht, et reposant sur une donnée subjective, le déficit structurel, que la Commission Européenne sera chargée d’estimer.

Malgré cet arsenal déjà riche, les autorités européennes ont jugé bon d’ajouter un troisième étage à la fusée de l’austérité européenne : le two pack. Ici, il s’agit de deux règlements qui se contenteront de passer par la Commission et le Parlement. Le premier concerne le renforcement de la surveillance économique et budgétaire des Etats en difficulté. Le second établit des dispositions pour le suivi et l’évaluation des projets de plans budgétaire et pour la correction des déficits excessifs.

Ces deux règlements, rendus publics en février, ont été votés au parlement européen le 13 juin, comme le rapporte Magali Pernin, avec le soutien des libéraux, de la droite, des centristes, des socialistes et des verts. Des compromis ont été faits entre les groupes du parlement pour obtenir un large consensus. Le nouveau texte inclut notamment des prémices d’euros obligations (mais sans conséquences réelles) et ne mentionne plus la constitutionnalisation de la camisole budgétaire.

Une véritable stratégie du choc antidémocratique

mardi 6 mars 2012

La campagne de Sarkozy descend toujours plus bas

Pour l’instant, cette campagne présidentielle est très décevante. Outre des temps de parole qui sont bien loin de l’équité théorique demandée par le CSA, l’équipe au pouvoir semble avoir fait des coups bas contre l’adversaire sa stratégie à défaut de pouvoir convaincre sur son bilan ou ses idées.

Les snipers de la Sarkozie

En regardant Nathalie Kociusko-Morizet sur Dimanche Plus, on comprend que le président de la République fait de l’attaque sa meilleure défense. Mais cette attaque est trop systématique et outrancière pour être crédible. François Hollande est simultanément critiqué pour être trop à gauche quand il propose d’instaurer une tranche à 75% d’impôt sur le revenu et d’être trop modéré quand la ministre souligne qu’il ne prévoirait pas de remettre en cause le bilan législatif de son adversaire.

Les attaques contre la violence verbale du PS font doucement rire tant les coups sont plus bas du côté de l’UMP. Attaqué sur ses vacances sur le yacht de Vincent Bolloré, Nicolas Sarkozy a répliqué en soulignant que Valérie Trierweller travaillait sur une chaine de son groupe, sans que l’on voit en quoi les deux pouvaient être comparables… Et le fait d’évoquer « l’épuration » que François Hollande préparerait dans la haute administration est doublement choquant.

Tout d’abord, l’emploi de ce terme est franchement choquant, car il recouvre des réalités bien précises (épuration des juifs par le régime nazi, épuration ethnique dans l’ancienne Yougoslavie ou en Afrique), sans commune mesure. Ensuite, cela est risible de la part d’un président qui a fait autant valser la haute administration, notamment préfectorale. Enfin, les dérapages incessants et calculés du ministre de l’intérieur sont d’une bassesse bien peu digne de la fonction.

Une campagne extrêmement décevante