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vendredi 6 novembre 2015

Renault, Alstom, Areva, EDF, Alcatel, PSA : la France en solde




Nos joyaux industriels en solde

Ces dernières années, de nombreuses entreprises françaises ont été rachetées par des groupes étrangers. Souvent, on parle de fusion, mais cela cache une prise de contrôle quand un des deux partenaires pèse plus que l’autre. Cela a été le cas pour Arcelor, dont la fusion avec Mittal était contestable du point de vue de la concurrence en outre. On peut aussi déplorer le rachat de Péchiney par Alcan, et certains contestent même les modalités de la constitution d’EADS, qui aurait été plus favorable aux Allemands. Mais dernièrement, les rachats se sont multipliés. General Electric a bouclé l’acquisition d’une grande partie d’Alstom, avec l’aide d’un Arnaud Montebourg dont on peut alors trouver après coup une forme de logique à ce qu’il ait tant vanté le « made in France » et non le « fabriqué en France ».

Puis, c’est l’autre moitié de l’ancien Alcatel-Alsthom, qui vient d’être gobé par Nokia, tournant définitivement la page d’une des plus belles entreprises de notre pays à la fin du 20ème siècle. Et il y a aussi des évolutions plus insidieuses, dont on peut se dire qu’elles représentent une forme de ver dans le fruit. A ce titre, la prise de participation dans le capital d’Areva par le Chinois CNNC, défendue par le gouvernement, est effarante. Qui peut penser une seconde que les intentions de ce partenaire servent la France ? Soit la Chine vise une prise de contrôle à terme, soit la facilitation de transfert technologique pour nous concurrencer. A ce titre, il est très inquiétant qu’EDF s’appuie sur un partenaire Chinois pour construire ses EPR en Grande-Bretagne. Ainsi, la Chine s’achète un apprentissage à bon compte.

Les bisounours de la globalisation

jeudi 7 mai 2015

Quand l’armée française choisit Ford plutôt que Renault ou PSA


Carton rouge industriel

Le marché en question est celui de la première tranche du renouvellement des tout-terrains Peugeot P4. Il concerne un millier de véhicules sur un total qui devrait atteindre cinq mille. Renault avait proposé un Dacia Duster adapté aux besoins de l’armée par des sous-traitants français, tout comme Citroën, qui proposait un Berlingo modifié. L’histoire ne dit pas si le second a passé les tests tout terrain organisés par l’armée (ce qui n’est pas évident), mais il semble en revanche que le Duster les avait passés, ce qui amène à s’interroger sur les raisons qui ont pu pousser notre administration à lui préférer un véhicule venu des Etats-Unis, à rebours de la superficielle promotion du « fabriqué en France ».

Pour être honnête, il faut reconnaître que le Dacia Duster n’est pas fabriqué en France à l’origine, puisqu’il est assemblé en Roumanie, ce qui relativise grandement l’argument protectionniste, même si une part non négligeable de la valeur ajoutée était probablement réalisée en France. Mais pourquoi ne pas avoir donné un peu plus de temps à nos constructeurs nationaux pour permettre l’émergence d’une solution qui soit plus franco-française ? Après tout, Renault va commercialiser dans un mois le Kadjar, un véhicule de taille comparable, qui sera assemblé en France qui pourrait servir de base à un modèle comparable et PSA a plusieurs projets de véhicules qui pourraient sans doute être adaptés.

Le libre-échange pour les idiots

mercredi 3 décembre 2014

Automobile : la grande saignée


C’est un article impressionnant des Echos qui décrit les conséquences de l’effondrement productif de nos constructeurs automobiles : ce sont pas moins de 70 000 emplois qui ont été supprimés depuis 10 ans. Et encore, cela ne prend pas en compte les conséquences sur les sous-traitants.



Dix ans d’effondrement productif

Il y a quatre ans et demi, j’avais fait un papier qui évoquait le fait que Renault et PSA avaient délocalisé la moitié de leur production en seulement quatre ans. Les chiffres donnaient le tournis puisque la production automobile de la France s’était effondrée depuis le milieu des années 2000, passant de plus de 3 millions d’automobiles à seulement 1,6 millions en 2009, la crise aggravant encore la situation. Le plus incroyable étant que Renault est allé bien plus loin que PSA dans la délocalisation de sa production puisqu’à peine un petit quart de la production de l’ancienne Régie est encore hexagonale, contre une petite moitié pour PSA. Les Echos chiffrent une partie des conséquences pour l’emploi.

Et elles sont dévastatrices : PSA employait près de 128 000 salariés en France en 2004. Il n’en emploie que plus de 80 000 aujourd’hui. Renault, qui avait 76 000 employés dans l’hexagone en 2004, n’en a plus que 45 000 à date. Pire, l’estimation d’une destruction de 70 000 emplois des Echos ne couvre qu’une partie de la saignée puisque généralement deux tiers de la valeur ajoutée vient des sous-traitants et que non seulement le nombre de voitures produites en France a beaucoup baissé mais en plus la part des composants produits en France a baissé, d’où un impact probablement encore plus dur pour les sous-traitants. On peut imaginer qu’en réalité, près du double de postes ont été perdus au total.

Pourquoi un tel désastre ?

vendredi 11 juillet 2014

Arnaud Montebourg : rien que des mots, toujours des mots






Un constat très juste

Il est attendu que le ministre de l’économie développe son hostilité aux politiques d’austérité, ce qui représente un positionnement logique par rapport à tous les thèmes qu’il développe depuis plus de trois ans. Peu après sa nomination, il était assez logiquement passé de la démondialisation (emprunté à Jacques Sapir, avec une préface d’Emmanuel Todd) à la défense du « fabriqué en France » (en oubliant souvent de traduire « made in France »). Ce faisant, il défend une ligne protectionniste modérée, qui l’a poussé à réaliser une couverture fameuse où il pose en marinière et avec un appareil Moulinex.

Qu’un ministre soutienne une telle ligne démontre la progression de ces idées dans l’opinion, également défendue par des journalistes de l’Expansion, du Monde et l’Express dans le bon livre « Inévitable Protectionnisme ». Le constat est simple : l’Europe est l’idiot de la globalisation car tous les autres pays protègent leurs industries et il est temps d’être plus pragmatique et d’enfin appliquer ce qui est à la base du modèle de développement asiatique, comme même The Economist l’a reconnu alors qu’il a été fondé par opposition aux lois protectionnistes britanniques du 19ème siècle !

Le volet que devrait ajouter le ministre jeudi est totalement cohérent. De nombreux économistes progressistes dénoncent depuis des années les ravages des politiques d’austérité en Europe. On pense à Jacques Sapir, dont les calculs sur le budget 2013 à la rentrée 2012 prévoyaient la non atteinte des objectifs de baisse des déficits et une moindre croissance, ont été vérifiés par les faits. On peut aussi penser aux deux « Prix Nobel d’économie », Joseph Stiglitz et Paul Krugman, qui a consacré son dernier livre à la question. Mieux, même le FMI, pourtant l’avocat de la rigueur, a fini par reconnaître qu’elle pouvait devenir contre-productive du fait de la sous-estimation de son impact sur la croissance.

Ce faisant, Arnaud Montebourg poursuit la construction d’un discours économique alternatif cohérent en y apportant un volet budgétaire, dont il n’a pas la responsabilité, cependant, puisqu’elle a été confiée à Michel Sapin. Il pourrait même soutenir que ce discours est cohérent avec celui du président de la République, qui avait fait de la réorientation de l’Europe une de ses priorités, ce qui avait abouti à la signature d’un Pacte de Croissance au sein de l’UE peu après son arrivée à l’Elysée. En outre, son disours entretient l’espoir de l’aile gauche du PS, très tiède à l’égard du nouveau Premier Ministre.

Toujours des mots…

mardi 1 juillet 2014

9 milliards de dollars : le prix du racket étasunien pour BNP Paribas





Washington partial, injuste et excessif

Soyons clair : que la filiale étasunienne de BNP Paribas soit sanctionnée pour ne pas avoir respectée les lois du pays où elle opère me semble tout à fait normal. Une entreprise qui fait des affaires dans un pays a le devoir de respecter la loi de ce pays, et c’est bien normal. Cependant, ici, ce n’est pas de ce dont il s’agit. Déjà, il faut rappeler que BNP Paribas n’a réalisé en 2013 qu’un chiffre d’affaire (le PNB) de 2,2 milliards d’euros dans la banque de détail chez l’oncle Sam et on peut en déduire que son bénéfice se compte en quelques centaines de millions… Du coup, le montant de l’amende est totalement excessif par rapport à l’activité générée aux USA par la banque française. Et soit dit en passant, payer 9 milliards d’amendes pour 30 milliards de transactions semble aussi bien excessif.

Quel que soit la manière de voir les choses, le montant de l’amende apparaît totalement excessif. Et cela est d’autant plus vrai qu’à aucun moment il n’a été évoqué quelle part de ces transactions a été réalisée sur le sol étasunien. Car si cette part là ne respecte pas la loi (et peut donc être sanctionnée), en revanche toutes les transactions qui n’ont pas été faites par la filiale étasunienne de BNP Paribas ou aux Etats-Unis ne doivent pas être sanctionnée, la loi étasunienne ne s’appliquant que sur leur territoire. Or il y a fort à parier que l’essentiel (si ce n’est la totalité) des transactions incriminées n’ont pas été faites sur le sol de l’Oncle Sam. Dès lors, d’un point de vue du droit, les sanctions sont totalement illégitimes. Les lois d’un pays ne pouvant simplement pas s’appliquer sur les entreprises d’un autre pays.

Refuser l’impérialisme étasunien

samedi 31 mai 2014

BNP Paribas, PSA : l'insupportable impérialisme économique étasunien


C'est une information absolument stupéfiante qui a été révélée hier : les Etats-Unis pourraient imposer une amende de plus de 10 milliards de dollars à BNP Paribas pour avoir effectué des transactions en dollars pour des clients en Iran, au Soudan et à Cuba. Une telle sanction serait un véritable scandale, une nouvelle illustration de l'impérialisme coutumier de Washington.



Une sanction injustifiée

Bien sûr, les Etats-Unis ont décidé de sanctionner les entreprises qui font des affaires avec l'Iran et Cuba mais les lois étasuniennes ne sont pas les lois de la planète. Et donc, on ne voit pas pourquoi elles devraient s'imposer à des entreprises qui ne sont pas du ressort de leur juridiction. Car BNP Paribas ne dépend pas des Etats-Unis. Son siège social est en France. Et même si on regarde plus largement, son actionnariat, dont on trouve le détail dans son rapport annuel, est principalement européen. Enfin, même d'un point de vue de son activité, les Etats-Unis pèsent moins de 10% dans le total : seulement 8,2% des collaborateurs du groupe sont aux Etats-Unis (contre 30,8% en France et 76,7% en Europe) et seulement 2,2 milliards d'euros du Produit Net Bancaire de la banque de détail est réalisé aux Etats-Unis, sur un total de 24,9 milliards...

Bref, quel que soit le bout par lequel on le regarde, la perspective d'une amende de 10 milliards de dollars (plus que les bénéfices annuels de la banque) semble totalement injustifiée. S'il est normal que la filiale étasunienne de BNP Paribas respecte la loi de son pays (et soit sanctionnée si elle ne la respecte pas), il serait totalement anormal que la banque soit pénalisée par des activités qui ne sont pas du ressort de la législation de l'Oncle Sam. Malheureusement, ce n'est pas la première fois que les Etats-Unis prétendent faire leur loi sans pour autant réellement le mériter. C'est ainsi que parce que General Motors avait pris à peine 7% du capital de PSA elle avait imposé à notre constructeur de ne plus vendre de voitures en Iran, pourtant un de ses premiers marchés, où elle avait écoulé plus de 450 000 véhicules sur la seule année de 2011.

Un impérialisme insupportable

dimanche 18 mai 2014

Alstom, Lafarge, Publicis, Peugeot : le scandaleux laisser-faire sur le rachat de nos entreprises


Quel paradoxe ! Comme le notait François Lenglet sur RTL, la très libérale Grande-Bretagne a imposé à Pfizer une audition au Parlement sur son projet d’OPA sur Astra-Zeneca. Malgré l’annonce d’un décret, le fait qu’il ne gène pas GE souligne la mollesse de notre gouvernement.

Courage, laissons-faire !

Arnaud Montebourg est très bavard et n’a pas hésité à poser en marinière pour défendre le fabriqué en France (tout en parlant trop souvent, bien maladroitement de « made in France »). Mais sur le fond qu’a t-il fait de concret depuis deux ans à la tête de son ministère ? Pas grand chose en réalité. Son action se limite à encourager telle ou telle entreprise dans le grand Monopoly capitaliste du rachat d’entreprise. C’est ainsi qu’une entreprise chinoise a pu mettre la main sur 14% de PSA en bas de cycle, et donc à bon compte, ce qui devrait lui permettre de réaliser une grosse plus-value, outre le fait d’être devenue le 1er co-actionnaire d’une des 10 premiers constructeurs automobiles mondiaux.

De même, sur Alstom, il est révoltant à voir Montebourg s’agiter pour pousser son démantèlement par Siemens plutôt que par GE, comme si la nationalité de l’acheteur allait améliorer quoi que ce soit pour les salariés de l’entreprise et notre pays. Cela est d’autant plus rageant que les résultats de l’entreprise montrent qu’elle n’a pas forcément besoin d’alliance, et que si tel était néanmoins le cas, il faudrait investiguer des solutions plus franco-françaises, sans doute avec Areva. De même, le gouvernement laisse faire le rachat de SFR par une entreprise luxembourgeoise. Il a également laissé faire la fusion Publicis-Omnicom, avant que celle-ci n’échoue pour d’autres raisons.

Une autre politique possible

dimanche 4 mai 2014

Contrevérité libérale sur l’idée « le Protectionnisme tue l’emploi » (billet invité)


Billet invité d’Enfant de la Patrie

Les partisans du libéralisme et défenseur du libre-échange - dont l'UE s'est faite la bonne élève du monde, quitte à en subir les conséquences néfastes – ont désigné pour ennemi juré, tous ceux demandant un minimum de protectionnisme. L'un de leur argument premier, est de dénoncer les effets négatifs que cela engendrerait sur l'emploi.
Les bases du commerce internationales

Pourtant, face à l'épreuve des faits, cette argumentation ne semble pas être démontrée. Une firme transnationale (FTN) - qui a donc vocation à commercialiser ses produits dans le monde entier - s'arrête rarement à des barrières protectionnistes. Les entreprises voient essentiellement le potentiel qu'offre un nouveau marché, et les profits qu'elles pourront en tirer. Elles cherchent donc à contourner les mesures protectionnistes, en investissant localement : soit par le biais de fusion-acquisition, de création d'unités de production, ou encore de partenariat. Les FTN peuvent ainsi contourner les barrières commerciales en s'implantant directement dans le pays, et ont tout intérêt à y rester, si elle souhaite pouvoir continuer de profiter du potentiel du marché.

C'est l'ouverture anarchique des frontières économiques qui les pousse à la délocalisation, et à pratiquer des prises de participation agressive. Les objectifs étant diverse, que ce soit : les transferts technologiques, une meilleure connaissance du marché, profiter d'un réseau de distributions (très courant dans le secteur automobile, et probablement la stratégie de Dongfeng avec PSA), ou encore purement et simplement éliminer un concurrent. Pas besoin de chercher loin pour trouver des exemples. Souvenons-nous du drame de Florange, racheté par Mittal. Ainsi, le géant Indien s’est retrouvé libre de se débarrasser d’un concurrent européen, et d’importer en France sa production Indienne et d’autre pays aux normes salariales et sociales avantageuses. Le système capitaliste n’a que faire des préceptes libéraux – qui prônent un système concurrentiel – mais au contraire utilise le libre-échange, pour produire à bas coût, en mettant en concurrence les États. La hausse des salaires en Chine, pousse certaines industries à se délocaliser, comme l'entreprise Adidas, qui désormais s'installe au Laos.

Ouvrons nos yeux, plutôt que nos frontières

mercredi 22 janvier 2014

L’Etat solde PSA à Dongfeng


Beaucoup se réjouissent de l’accord entre PSA, l’Etat et Dongfeng, qui devrait fournir les 3 milliards d’euros dont le groupe automobile a besoin. Mais quand on prend un peu de recul, on se rend compte que la France laisse faire un accord qui est une aubaine assez injuste pour la Chine.



Le beurre et l’argent du beurre pour la Chine

Ici, il faut rappeller comment la Chine a fait pour construire son industrie automobile. Dans les années 1990, elle a mis en place des droits de douanes d’environ 100% sur les véhicules importés, imposant aux grands constructeurs de construire une usine sur place en partenariat avec une entreprise chinoise (Dongfeng faisant partie des heureux élus), qui pourrait ainsi apprendre à fabriquer des voitures et bénéficier de transferts technologiques. Ce faisant, la Chine réplique le modèle de développement asiatique, initié par le Japon, puis suivi par la Corée, entre protectionnisme et dirigisme étatique.

Ce faisant, la France et la Chine luttent de manière totalement déloyale, comme l’illustre l’écart entre nos exportations vers la Chine (15 milliards) et nos importations (41 milliards). L’Empire du milieu accumule de l’argent en protégeant son marché intérieur et en bénéficiant de l’ouverture du marché des autres. Pire, Dongfeng, qui est une entreprise publique, s’est enrichie grâce aux partenariats imposés par l’Etat chinois aux constructeurs étrangers, le tout sans fabriquer le moindre véhicule seul. Et quand on sait que la Chine est championne de la copie et la contrefaçon industrielles…

La trahison du gouvernement

mardi 8 octobre 2013

Automobile : l’incroyable hold up des Etats-Unis en Iran


C’est un papier hallucinant du Figaro, qui revèle le double jeu des autorités étasuniennes en Iran. Après avoir imposé à PSA d’abandonner l’assemblage de près d’un demi-million de véhicules, les Etats-Unis font pression sur Renault tout en se préparant à rafler la mise en cas de détente diplomatique.



Les Français passés au karcher

C’est un des aspects peu connus de la crise de PSA. Le constructeur français vendait 458 000 voitures en Iran en 2011 (dont les pièces détachées étaient fabriquées en France, puis assemblées en Iran). Il était le leader incontesté du marché, position qui génère, en général, des profits substantiels. Mais l’accord du constructeur français avec General Motors est venu torpiller cette position puisque l’administration étasunienne a décidé qu’il ne fallait pas commercer avec l’Iran. Résultat, le constructeur français s’est retiré du marché iranien. C’était le prix de la prise de participation de GM. Il serait bon que ceux qui glosent sur le manque d’internationalisation de PSA pensent à rappeler ce fait.

Depuis, c’est Renault qui tire les marrons du feu, avec sa Logan. Cependant, l’article du Figaro indique que l’administration Obama met aujourd’hui la pression sur l’autre constructeur français. Pire, il semble qu’il s’agirait d’une stratégie volontaire pour détruire les intérêts de la France en Iran, avant une détente diplomatique entre l’Oncle Sam et le régime iranien, qui permettrait alors aux entreprises étasuniennes de récupérer les positions qu’occupait PSA auparavant. C’est ainsi que GM aurait déjà fait une campagne de publicité et démarrer la vente de Chevrolet via à l’Azerbaïdjan.

Un marché de dupe

vendredi 28 juin 2013

PSA ne doit pas passer sous pavillon étasunien !


C’est le Figaro qui révèle ce qui reste pour l’instant qu’une rumeur : la famille Peugeot envisagerait de céder le contrôle de PSA à General Motors pour injecter de nouveaux fonds dans l’entreprise, après avoir discuté avec le constructeur chinois Dongfeng. Une éventualité que le gouvernement doit refuser.



Le marché de dupes de l’alliance avec GM

Il serait tout de même un peu fort de café que General Motors puisse augmenter sa part dans le capital de PSA à bon compte du fait des difficultés financières de l’entreprise sachant que c’est cette même alliance, qui date de début 2012, qui a aussi affaibli le constructeur français. En effet, à partir du moment où GM a pris 7% du capital de PSA, le nouvel allié a exigé de son nouvel associé qu’il cesse toute livraison à l’Iran, qui était le second marché du constructeur français, avec la bagatelle de 457 900 véhicules en 2011.  En 2013, PSA ne vendra pas une seule voiture à Téhéran.

Certes, le groupe ne vendait que des kits qui étaient assemblés localement, mais comme le soutient la Tribune, les opérations y étaient « très rentables » puisque Peugeot était alors le leader, avec environ 30% de parts de marché. Il faut rappeler ici que le groupe avait vendu 3,5 millions de véhicules en 2011 et que l’Iran représentait par conséquent environ 13% des volumes du groupe. Il est bien évident qu’abandonner de tels volumes a sans doute largement contribué à aggraver la situation financière du groupe automobile français, qui n’a pas fait une si bonne affaire au total.

Il serait donc particulièrement anormal que le groupe étasunien profite de l’affaiblissement de PSA, qu’il a largement aggravé du fait de l’interdiction des ventes en Iran, pour monter dans le capital de l’entreprise française. Il y a un conflit d’intérêts majeur dans cette histoire, si elle venait à être confirmée. En outre, il est bien évident que le rapprochement entre Peugeot, Citroën et Opel aboutirait à de nouvelles restructurations.  Cela est d’autant plus dommage que le groupe présente une belle gamme, que ce soit avec Citroën et ses déclinaisons DS ou Peugeot avec ses 208, 2008, 308, 3008 et 5008.

PSA, victime de l’Union Européenne

dimanche 17 février 2013

PSA / Renault : un deux poids deux mesures scandaleux !


Quand PSA a annoncé son plan social en juillet, le gouvernement lui est tombé dessus avant de finalement laisser faire au prétexte que le groupe aurait fait des erreurs stratégiques qu’ils paieraient aujourd’hui. Renault, en revanche, a pu annoncer 7500 suppressions de poste calmement.

Deux poids, deux mesures

Le discours du gouvernement et de la majorité à l’égard de nos constructeurs automobiles est stupéfiant de bêtise. Tout d’abord, il faut noter que PSA a beaucoup moins délocalisé que Renault puisque le premier produit encore 40% de ses véhicules dans l’hexagone quand le second n’y construit plus que moins de 25% ! L’erreur stratégique de PSA serait-elle de ne pas avoir suffisamment délocalisé ? Bref, c’est Renault qui devrait être critiqué sur ce point et non pas PSA.

Ensuite, il ne faut pas oublier que les plans sociaux des deux entreprises sont similaires en taille et que Renault devrait au final couper une proportion plus importante de ses effectifs en France (15% contre 10% pour PSA) du fait que le constructeur a plus délocalisé. Bref, là aussi, le plan de l’ancienne Régie est au moins aussi critiquable que celui de PSA, même s’il a l’avantage de ne pas proposer de fermeture de site. Pire, l’Etat achète des Ford et des Volkwagen en même temps.

Enfin, il faudrait rappeler le différentiel de rémunération entre les deux patrons. Philippe Varin a touché 1,3 millions d’euros au titre de 2011, quand Carlos Ghosn en touche plus du double au titre de Renault (2,8 millions) et dix fois plus si on compte les revenus qui viennent de Nissan (12,7 millions). Bref, on a beau prendre le dossier dans le sens que l’on veut, il est difficile de ne pas arriver à la conclusion que l’Etat devrait être bien plus critique à l’égard de Renault que de PSA.

Erreurs stratégiques ?

mardi 12 février 2013

PSA, Renault, Goodyear, Arcelor-Mittal, Pétroplus : victimes de l’anarchie commerciale



Des marchés européens offerts

En effet, il y a un point commun entre toutes ces entreprises, par-delà la baisse des marchés provoquée par l’euro récession. En effet, les secteurs sur lesquels ces entreprises opèrent sont largement ouverts à la concurrence internationale, mais que les pays concurrents n’ouvrent pas de manière symétrique. Du coup, outre les écarts de salaires, ces entreprises sont en plus victime d’une concurrence déloyale et ne font que tirer les conclusions des mauvaises règles du jeu européennes.

En effet, il faut savoir que contrairement aux Etats-Unis, qui ont interdit l’importation de pneus chinois, l’Europe leur a ouvert grand les portes, au point qu’ils représentent 30% de nos importations de pneus, qui ont doublé en dix ans, pour peser 40% du marché du pneu de remplacement… Les importations chinoises représentent plus de la moitié de notre déficit commercial et sans elles, l’Europe devrait produire plus de 10% de plus. Le sort du site d’Amiens serait sans doute différent.

Idem pour Arcelor-Mittal : alors que les Etats-Unis protège leur sidérurgue de la concurrence internationale (en acceptant que les prix soient un peu plus élevés, mais reste sans grande conséquence sur le prix des voitures), nous laissons le marché européen ouvert. La Fédération Français de l’Acier a montré la dégradation continue de notre solde commercial, passé dans le rouge depuis 2011. Aujourd’hui, notre marché intérieur est approvisionné à plus de 50% par les importations…

Des marchés étrangers protégés

mercredi 6 février 2013

Elkkabach et le gouvernement, valets de la mondialisation


Hier, Europe 1 a délocalisé sa matinale à Aulnay pour une émission spéciale sur les plans sociaux, qui pullulent en ce moment : Pétroplus, Goodyear, Renault, PSA. Jean-Pierre Elkabbach s’est illustré dans une défense sans nuance de la mondialisation, que même Arnaud Montebourg ne critique plus.

Le missionnaire de la mondialisation

L’interview du dinosaure de l’interview politique était incroyable. Il a commencé en parlant des « trois stars du syndicalisme de combat pour des industries mises à mal par l’inaptation à la compétition européenne et mondiale ». D’abord, on ne voit pas bien l’intérêt d’employer le terme « star », ensuite, présenter le débat de la sorte revient à le refuser, exactement ce qu’il a reproché ensuite aux syndicalistes d’Arcelor-Mittal et Goodyear, qui ont été bien patients devant ces réflexions...

Jean-Pierre Elkabbach a aussi avancé qu’Arnaud Montebourg « a compris qu’il n’y a pas grand chose à faire en dehors des plans de la direction de Peugeot ». Face au syndicaliste d’Arcelor-Mittal, il s’est contenté de dire qu’il « y a une mondialisation, une transformation des habitudes, des comportements ». En revanche, quand celui-ci lui a dit que si on suivait sa logique, alors « on ferme la boutique France et on part tous ailleurs, y compris vous les journalistes », alors là, il a dit qu’il n’en était pas question. Si la protection ne vaut pas pour les ouvriers, elle semble l’intéresser pour les journalistes…

Naturellement, il a évoqué le fait que les usines d’Aulnay et d’Amiens ne tournent qu’à 15% de leur capacité. Mais non seulement il a oublié de dire que l’usine PSA est plombée par l’effondrement de la demande du marché européen suite à la crise de la zone euro. Mais le représentant syndical de Goodyear a rappelé que la production européenne de l’entreprise est stable, ce qui signifie que la baisse de la production est en réalité un transfert vers des sites où le coût de production est inférieur. Si le site n’est pas rentable aujourd’hui, c’est parce que Goodyear a fait en sorte qu’il ne le soit plus…

Le gouvernement aux abonnés absents

mercredi 30 janvier 2013

Renault, PSA : Hollande rattrapé par l’agenda social


L’intervention militaire réussie au Mali et les débats sur le projet de loi sur le mariage et l’adoption pour tous les couples à l’Assemblée Nationale ne parviennent pas à effacer de l’actualité les vagues de plans sociaux, démontrant l’impuissance et l’inaction du gouvernement dans ce domaine.



L’automobile dans l’œil de la tourmente

Cette semaine, les mouvements sociaux de PSA et de Renault se rejoignent pour dénoncer les plans de restructuration en cours chez les deux constructeurs automobiles. La réouverture lundi du site d’Aulnay, qui doit fermer en 2014, a été perturbée par les grévistes, malgré des mesures exceptionnelles de la direction pour essayer de permettre la production : recrutement de vigiles privés, renfort de 200 personnes venues d’autres sites pour protéger la remise en marche des lignes.

Du côté de Renault, les salariés sont en grêve pour dénoncer la suppression de plus de 8000 postes en France d’ici à 2016, plus de 15% des effectifs de la marque dans l’hexagone. Ils protestent également contre le projet d’accord de compétitivité proposé par la direction qui garantirait les volumes pour les années à venir contre des concessions de la part des salariés pour améliorer la compétitivité des sites français, sur le modèle de l’accord trouvé en Espagne récemment.

Les deux constructeurs hexagonaux sont pris en tenaille par un triple phénomène. Tout d’abord, le marché européen, leur premier débouché, a reculé de plus de 20% depuis 2008. Ensuite, les marques généralistes souffrent plus que la moyenne du fait de l’essor continu du haut et du bas de gamme, qui leur taillent des croupières. Enfin, elles subissent durement la concurrence internationale, sur un marché ouvert, et avec des bases de production où les salaires sont 5 à 10 fois plus bas.

Une logique mortifère

vendredi 18 janvier 2013

Renault, PSA : 15 500 emplois perdus par la faute du PS et de l’UMP


C’est une véritable saignée pour notre industrie automobile. Après les 8000 emplois du plan social de PSA d’il y a six mois, Renault double la mise avec 7500 suppressions de poste en France. Pire, le ministre du renoncement productif, Arnaud Montebourg juge cela « normal » !

L’effondrement productif, c’est maintenant !

Il va falloir penser à rebaptiser le ministère d’Arnaud Montebourg car l’actualité fait plus que mettre à mal l’intitulé pompeux qui lui avait été donné il y a quelques mois. Avec 15 500 suppressions de poste dans la première industrie de notre pays (sans compter les emplois qui seront perdus par les sous-traitants, ce qui peut facilement doubler la mise), la saignée est violente et sans doute inédite à l’échelle de notre pays, à part si on la compare à la sidérurgie dans les années 1980…

Il faut dire que le marché automobile européen a baissé pour la 5ème année consécutive en 2012, avec un recul de plus de 8% par rapport à 2011 et de plus de 22% depuis 2007. Les ventes sont tombées à leur niveau le plus bas depuis 1995. Pire, le recul de 2012 a été plus marqué sur les marchés où PSA et Renault sont forts: France (-14%), Italie (-20%) et Espagne (-13%). Encore pire, nos marques généralistes sont coincées entre un haut et un bas de gamme plus dynamiques.

Alors que le gouvernement avait fait mine de vouloir faire revenir PSA sur sa décision, avant de reculer piteusement devant l’évidence des comptes dégradés de l’entreprise, pas question de prendre des risques cette fois-ci. Arnaud Montebourg a ainsi fait cette déclaration : « ces suppressions font partie du cadre normal dans lequel une entreprise peut décider de gérer par avance ses effectifs et son personnel. (…) Il n’y a pas de lignes rouges qui ont été franchies ».

Qui est responsable de cette débacle industrielle ?

dimanche 6 janvier 2013

Florange, le Vilvoorde de François Hollande


Le 15 janvier, une pétition demandant la nationalisation de Florange à l’initiative des syndicats du site doit être remise à l’Elysée. Ce nouveau développement, bien défendu par Coralie Delaume, démontre que ce dossier symbolique risque d’être l’épine dans le pied du gouvernement pour longtemps.

Le symbole d’un renoncement

En politique, il est des décisions, qui marquent durablement un mandat. Cela avait le cas de Lionel Jospin, quand, premier ministre, il avait renoncé à sa promesse de campagne de sauver l’usine Renault de Vilvoorde. Nicolas Sarkozy, lui, n’a pas pu se défaire de l’image de président des riches, véhiculée par la soirée du Fouquet’s, le séjour sur le yatch de Vincent Bolloré et les baisses d’impôts du paquet fiscal, puis de l’ISF, très favorables aux ménages les plus aisés.

On peut se demander si Florange ne va pas jouer ce rôle pour François Hollande. Bien sûr, aujourd’hui, le site semble sauvé, mais la gestion du dossier et le lourd passif de Mittal font que la solution décidée par Jean-Marc Ayrault ne convainc pas. Et cela est bien logique. Arnaud Montebourg avait menacé de nationaliser le site et évoqué des repreneurs potentiels avant que Mittal n’emporte la décision, signifiant un recul du gouvernement dans son bras de fer avec l’industriel.

Car l’option Mittal est fortement contestée. Tout d’abord, l’industriel indien n’a pas tenu ses promesses dans le passé et a fermé le site de Gandrange, malgré la pression de Nicolas Sarkozy, venu plusieurs fois sur le site, avant et après son élection. Mais surtout, le court accord obtenu par Matignon a déjà été remis en questions puisqu’il évoquait la participation au projet Ulcos, et que, quelques jours après, Mittal a annoncé le retrait de la candidature de Florange au projet européen…

Le renoncement à deux plans B

dimanche 28 octobre 2012

Hollande sous tutelle européenne


Entre l’Europe et le peuple, le PS a toujours choisi l’Europe, quelles qu’en soient les conséquences en terme de chômage notamment, comme en 1983 ou au début des années 1990. Le cru 2012 ne déroge pas à la règle, contrairement aux espoirs d’Emmanuel Todd, comme l’analyse bien Yohann Duval.



De la démondialisation à la marinière

Il y a un peu plus d’un an, Montebourg s’était fait l’avocat du protectionnisme, reprenant Sapir et Todd en défendant la démondialisation. Mais depuis, le soufflet est retombé, brutalement. En juillet, le ministre faisait encore mine de pouvoir faire reculer PSA sur la fermeture de l’usine d’Aulnay. La rentrée a sonné le glas des espoirs des ouvriers : il n’a pas hésité à faire un 180° en demandant aux syndicats d’être responsables ! NDA a bien raison de lui demander de se réveiller !

Récemment, il s’en est pris aux importations de voitures coréennes, qui taillent des croupières aux véhicules fabriqués en France. Il s’est attiré une réplique cinglante du commissaire européen au commerce, Karel De Gucht, dans une interview au Figaro, pour qui « son raisonnement ne tient pas la route (…) Je n’ai pas l’impression que M. Montebourg s’intéresse vraiment au long terme ». Le commissaire évoque l’accord de libre-échange avec la Corée en oubliant que le marché automobile coréen est vérouillé. Et l’excédent commercial de 300 milliards est totalement imaginaire.

Edgar, sur le blog La lettre volée, évoque aussi le cas de la fermeture de l’usine Electrolux pour souligner que les délocalisations ont souvent lieu au sein de l’Union Européenne, et notamment dans les pays de l’Est, où les salaires sont beaucoup plus bas… Mais ce n’est pas tout, le land de Basse-Saxe, actionnaire à 20% de Volkswagen, pourrait saisir la Commission pour remettre en cause la récente aide de l’Etat à PSA. Enfin, l’Europe menace l’exception culturelle qui protège notre cinéma, comme je l’avais évoqué au printemps, au nom d’un dogmatisme néolibéral effrayant.

La camisole budgétaire, c’est maintenant !