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dimanche 1 juin 2014

L’UMP après Copé : le pire n’est pas exclu


Il y a quelques jours, le scandale Bygmalion avec le financement par l’UMP d’une partie de la campagne de Nicolas Sarkozy en 2012 a poussé Jean-François Copé à la démission de la présidence du mouvement. Quelles pourraient être les conséquences de cette nouvelle affaire pour la droite et la France ?


La descente aux enfers

La première place du FN aux élections européennes doit sans doute beaucoup au PS et au bilan désastreux d’une majorité qui a échoué à inverser la courbe du chômage, qui annonce un retour de la croissance infirmé par les premières statistiques, et dont la politique d’austérité ne tient même pas ses objectifs budgétaires. Mais le score historique du parti de la famille Le Pen doit aussi beaucoup à la situation du parti d’opposition, qui était traditionnellement le plus important. Depuis 2 ans, nous avons eu droit à une guerre des egos, à une élection truquée pour sa présidence, un ancien président qui donne des conférences à prix d’or pour des banques, et enfin, les multiples ramifications du scandale Bygmalion.

Les révélations continues sur l’affaire Bygmalion ont poussé Jean-François Copé à démissionner, du fait des liens qu’il a avec les dirigeants de cette société. Après l’avoir nié, il a fini par reconnaître que l’UMP avait réglé des frais de la campagne de Nicolas Sarkozy pour qu’il ne dépasse pas le plafond. Du coup, le parti d’opposition, avec avoir été largement devancé par le FN aux européennes, est entré dans une nouvelle crise et a mis en place un triumvirat d’anciens premiers ministres (Juppé, Raffarin et Fillon), dont deux pourraient être candidats en 2017 si Sarkozy décide de ne pas y aller. Mais la situation n’est pas apaisée pour autant, comme le montrent les déclarations de Rachida Dati.

Pourquoi ils pourraient ne rien changer

mardi 12 novembre 2013

Une société à deux vitesses


Les Etats-Unis sont l’exemple le plus criant de la montée des inégalités. Deux chiffres synthétisent ce phénomène  De 2009 à 2012, 95% de l’augmentation des revenus est allée au 1% le plus riche. Deuxième chiffre : près de la moitié des revenus revient à seulement 10% de la population.



L’oubli de 90% de la population

Le fait que 50% des revenus vont à seulement 10% de la population est un fait dont l’importance est sans doute sous-estimée. Il faut rappeler ici qu’en France, selon les travaux de Piketty, Landais et Saez, ce chiffre est de 31% (et 64% du patrimoine est détenu par le 10% le plus riche). Le chiffre étasunien est intéressant car il est une sorte de cap malheureux vers lequel les autres sociétés semblent se diriger. Curieusement, peu de personnes semblent s’être penchés sur les conséquences systémiques d’un monde où 10% de la population a la moitié des revenus et deux tiers du patrimoine.



En effet, cela signifie que pour certains marchés, en ne ciblant que 10% de la population, on parvient à toucher 50% du potentiel de chiffre d’affaire. Mieux, ce chiffre d’affaire est bien plus intéressant que l’autre moitié pour trois raisons. Tout d’abord, cette partie du marché est beaucoup plus rentable puisque la cible dépense 10 fois plus que les 90% restants, ce qui lui permet de choisir des produits ou des services nettement plus chers, généralement à plus forte marge. Mieux, la part de cette cible dans le marché tend à croître puisque leurs revenus progressent plus que la moyenne Enfin, le ciblage marketing est rendu plus aisé par le fait qu’il suffit de cibler un nombre restreint d’individus.

Même si certaines entreprises prospèrent en servant les besoins des classes populaires, il ne s’agit que d’une minorité. Le bas de gamme est un marché beaucoup plus ingrat, où les marges sont faibles, les volumes importants mais peu valorisés, le CA stable ou en baisse, où l’innovation est plus difficile. Dans les grands groupes, ce sont rarement les priorités, la stratégie étant généralement de monter en gamme pour dégager plus de valeur et de croissance. Sans que l’on s’en rende bien compte, l’économie tourne de plus en plus pour satisfaire les besoins de 10% de la population seulement.

Des élites coupées de la réalité

mercredi 16 octobre 2013

François Fillon, en perdition


Grisé par cinq années de meilleurs sondages que Nicolas Sarkozy, qui n’étaient, en fait, que le fruit de sa tranparence, l’ancien premier ministre multiplie les initiatives pour exister médiatiquement. Mais à chaque sortie, il semble se tirer dans le pied. Retour sur une année de descente vers les abîmes.



L'homme qui change l'or en plomb

Il y a encore un an, François Fillon pouvait être pris pour l’homme fort de l’UMP. Il avait réuni une majorité des hiérarques du parti pour sa campagne pour la présidence du mouvement. Il était en position d’être candidat à la mairie de Paris. Sa transparence pendant le mandat précédent le rendait rassurant. Il semblait bien placé en vue des élections présidentielles de 2017. Et patatras ! Après une élection encore plus pathétique que le congrès de Reims du PS, il se laisse souffler la présidence de l’UMP par son rival, Jean-François Copé. Il ne participe même pas aux primaires pour Paris.

En un mois, l’ancien Premier Ministre vient de commettre trois bourdes. Tout d’abord, il a secoué la classe politique avec ses déclarations sur le choix du moins sectaire dans un second tour entre le PS et le FN, avant de se dégonfler sur les réseaux sociaux en disant qu’il ne votera jamais pour le Front National. Puis, il a affirmé de manière bien péremptoire qu’il était le mieux placé pour la présidentielle et que les militants de l’UMP choisiront sur foi des sondages. Manque de chance : 49% des Français et 70% des militants UMP lui préfèrent Nicolas Sarkozy. Enfin, le Premier Ministre qui a monté les impôts de 30 milliards propose de faire des élections municipales « un référendum contre l’assomoir fiscal ».

Courage, Fillon !

lundi 14 octobre 2013

Jusqu’où le PS et l’UMP peuvent-ils faire monter le Front National ?


Comme le souligne Jack Dion dans Marianne, alors même qu’il fait de la lutte contre le parti de la famille Le Pen sa priorité, le PS a reçu un coup de massue avec la victoire du FN lors de l’élection cantonale partielle de Brignoles. Loin d’d’affaiblir le Front National, la stratégie du PS et de l’UMP le renforce.



Un profond ras-le-bol

Le symbole du ras-le-bol des Français contre les partis qui nous gouvernent depuis quarante ans, c’est sans doute le coup de gueule de cette chômeuse dans Des Paroles et Des Actes, face à Jean-François Copé, qui proposait de réduire les allocations chômage. Après le mandat de Nicolas Sarkozy et le début calamiteux de celui de François Hollande, les Français ne sont plus très loin de vouloir renverser la table et de renvoyer les ambiteux égotiques, déconnectés de la réalité et incapables de trouver des solutions à nos problèmes. Le temps du PS et de l’UMP est peut-être définitivement passé.

Avec un discours qui raisonne pour une partie importante de la population, le FN est aujourd’hui le premier réceptacle de cette colère populaire et légitime contre les partis de gouvernement. Et, comme je l’écrivais en 2011, indépendamment de mon jugement sur ce parti, cela est largement compréhensible. Jusqu’à présent, le système fonctionne comme un auto-bloquant puisque depuis 41 ans qu’il existe, ce parti n’a jamais été en position de prendre le pouvoir. Et même s’il devenait le premier parti de France, il est plus que probable que jamais une majorité de Français ne lui confierait le destin de la nation.

Bien sûr, les résultats de Brignoles sont significatifs. Mais il faut rappeler ici quelques faits : les 19,2% faits par Jean-Marie Le Pen et Bruno Mégret lors du premier tour de l’élection présidentielle de 2002, qui se comparent avec les 19% des cantonales de 2011 et les 17,9% de 2012. Certes, un sondage du NouvelObs donne le FN en tête aux élections européennes, avec 24% (avec des limites), mais il faut rappeler que Marine Le Pen avait déjà été créditée de ce score à l’automne 2011. Tout compte fait, je pense que dans le contexte actuel, qui lui extrêmement favorable, ce score reste décevant et démontre qu’il y a un plafond de verre solide, qui sera néanmoins sérieusement testé l’an prochain.

Le Parti Socialiste, au-delà du ridicule

mercredi 9 octobre 2013

L’UMP, entre guerre des chefs et virage néolibéral


Alors que le gouvernement est, très logiquement, au plus bas dans les sondages, entre matracage fiscal, oubli de la question sociale, naïveté confondante sur les questions de sécurité et cacophonie permanente, l’UMP devrait être au zénith. Mais le visage qu’offre l’ancienne majorité est peu ragoutant…



Virage néolibéral confirmé

Jean-François Copé avait tiré le premier en août en annonçant qu’il souhaite baisser les dépenses publiques de la bagatelle de 130 milliards d’euros, assez pour provoquer une crise comparable à celle que traverse l’Espagne. L’objectif pour lui était de baisser les impôts et taxes de 65 milliards, dont 40 milliards de charges sociales. Il manquait juste un détail : où le président de l’UMP pourrait donc bien trouver une telle somme, 13% de la dépense publique ? En outre, il est peu crédible de promettre l’inverse de ce que l’UMP a fait au pouvoir, à savoir une hausse de 50 milliards des prélèvements.

François Fillon, décidemment en manque d’inspiration, lui a emboité le pas plus d’un mois après en disant préparer un programme « de vraie rupture » affirmant n’avoir « pas réalisé la rupture promise ». Il promet donc une baisse du coût du travail, la fin des 35 heures, la réduction du nombre de fonctionnaire, la fusion régions-départements… Il faut quand même un sacré culot pour l’ancien Premier Ministre de critiquer in fine la politique qu’il a menée pendant 5 ans. Si elle ne lui allait pas, il pouvait toujours démissionner. Il faut croire qu’entre ses idées et les ors de la République, il a choisi les seconds.

Querelle de coqs

dimanche 15 septembre 2013

Impôts : quand le gouvernement fait le lit des néolibéraux


Il y a quelques jours, Le Monde avait recensé pas moins de 84 nouveaux impôts qui ont été créés par Nicolas Sarkozy et François Hollande depuis 2011. Pas un jour ou presque ne passe sans l’évocation d’un nouveau projet, nourrissant un profond ras-le-bol fiscal, pas totalement injustifié.



Blanc bonnet et bonnet blanc

Les décomptes du Monde sont assez édifiants. Sur les budgets 2011 et 2012, la majorité sortante avait déjà voté pour 32 milliards d’impôts supplémentaires (et 4 milliards de baisse). Le nouveau gouvernement socialiste a chargé la barque de 28 milliards pour 2012 et 2013. On attend encore la note pour 2014, qui pourrait atteindre une dizaine de milliards. Mais ce qui est stupéfiant, c’est le choix de le faire par le biais de pas moins de 84 mesures différentes, soit 84 nouvelles occasions pour les Français de débattre de ce choix mais aussi de bien sentir la douloureuse dans leur porte-monnaie.

La raison de ce double choc fiscal est simple : le choix d’essayer de réduire rapidement le déficit budgétaire à 3% du PIB en 2013 pour se conformer aux objectifs européens. Au final, ce déluge de taxes n’a fait que casser la croissance, imposant de repousser l’objectif de deux ans, à 2015. Et avec la baisse du pouvoir d’achat, cette forte hausse de la pression fiscale pèse sur les ménages. Il faut noter ici que la Grande-Bretagne parvient à afficher 7% de déficit budgétaire cette année, sans subir les foudres des marchés, parce qu’elle a conservé sa monnaie, comme l’explique Paul Krugman.

Le lit du néolibéralisme ?

mercredi 4 septembre 2013

Syrie : les 5 fautes graves de François Hollande


Aujourd’hui a lieu un débat au parlement sur une possible intervention militaire en Syrie. Mais contrairement aux parlements britannique et étasunien, il n’y aura pas de vote. Une grave faute de François Hollande, qui gère le dossier syrien en dépit du bon sens, donnant un sentiment d’amateurisme confondant.



L’absence de vote au Parlement

Bien sûr, la constitution n’impose pas que le président de la République consulte les parlementaires. Mais étant donné que les deux autres principaux pays de la coalition putative le font et qu’il y a un vrai débat sur la question, il semble très cavalier de ne pas vouloir consulter les parlementaires, d’autant plus que notre pays n’est pas menacé par le régime syrien. Si on pourrait comprendre qu’en cas d’aggression, il faut que le Chef de l’Etat puisse réagir au plus vite, ici, nous sommes sur un autre contexte où la consultation semble nécessaire, comme l’a souligné Nicolas Dupont-Aignan avant même le vote britannique. Pire, François Hollande avait tenu le même discours en 2003 et en 2008. Du coup, les justifications des socialistes sont assez emberlificotées, Claude Bartolone évoquant les mensonges de 2003 de Londres et Washington pour soutenir que Paris, qui en est exonérée, peut alors ne pas voter !

Les contradictions sur le droit international

samedi 31 août 2013

Copé et les morts-vivants du néolibéralisme


Jean-François Copé ne fait pas dans la dentelle. Certes, les Français expriment un véritable ras-le-bol fiscal que même Pierre Moscovici reconnaît, mais la feuille de route qu’il a récemment dessiné en cas de retour de l’UMP au pouvoir en 2017 représente un virage d’une brutalité sidérante.



Au secours, Thatcher et Reagan reviennent !

Impossible de ne pas penser à eux devant la radicalité des idées avancées. Il propose de réduire de pas moins de 130 milliards d’euros la dépense publique, dont la moitié servirait pour des baisses d’impôts pour les ménages et les entreprises. Ces dernières bénéficieraient de 40 milliards de baisse de charges sociales. S’il dit vouloir concilier « l’humanisme et la générosité », les 35 heures et le RSA seraient sérieusement remis en question. Il propose de « libérer l’éducation nationale », « libérer le marché du travail » (sur le temps de travail), réécrire les codes de l’urbanisme et du travail, ainsi que réformer notre modèle social (dégressivité des allocations, travail pour les bénéficiaires du RSA).

On ne pourra pas reprocher au président de l’UMP d’incohérence dans les propositions. Il s’agit d’un agenda très clairement néolibéral (même s’il s’en défend), qui fleure bon les années 1980 et le programme du RPR de 1986, qui lorgnait alors ouvertement vers Londres et Washington plus que vers Colombey-les-deux-églises. Il faut dire que les cures d’austérité créent un terrain favorable à de telles idées : hausse de l’endettement, maintien de déficits importants malgré les hausses d’impôt et les coupes budgétaires. L’Etat semble impotent, impuissant et obèse, de quoi provoquer une révolte fiscale et néolibérale sur laquelle Jean-François Copé semble parier, du moins, pour le moment.

Transformer Paris en Athènes

mercredi 10 juillet 2013

Nicolas Sarkozy, fils prodigue ou machine à perdre de l’UMP ?


Lundi, lors de la réunion du bureau extraordinairement de l’UMP suite à l’invalidation des comptes de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy, l’ancien président de la République a été accueilli comme le fils prodigue revenant dans sa famille. Il a également annoncé son retour.



Un faux suspens qui prend fin

Certes, Nicolas Sarkozy avait confié, tout au long de la campagne présidentielle de 2012 que s’il perdait, il se retirerait. Mais il était difficile de ne pas y voir un procédé uniquement destiné à faire parler de lui. La sincérité n’a jamais été sa qualité première. Depuis le fiasco de la campagne interne pour la présidence du parti, il piaffait de revenir, ce que le discrédit de Jean-François Copé et François Fillon facilitait grandement, faisant alors de l’ancien président un recours possible pour éviter le choix entre l’actuel président de l’UMP, vainqueur par tricherie, et l’ancien premier ministre, trop mou.

Il fallait alors une occasion pour rompre la promesse faite le soir du 6 mai, à savoir celle de se retirer de la vie publique. Certes, rompre une promesse n’est pas quelque chose qui effraie particulièrement l’ancien président de la République, mais il souhaitait quand même pouvoir donner une justification à ce reniement. C’est avec son culot coutumier qu’il a pris l’invalidation de ses comptes par le Conseil Constitutionnel pour raison de revenir sur ce qu’il avait dit. C’est ainsi qu’il fait de la faute reconnue de la mauvaise tenue de ses comptes de campagne un motif à reprendre la politique !

En tout cas, c’est ce qu’il a dit lundi, comme le montre cette vidéo amateur : « cela m’a paru suffisamment important pour rompre la décision qui était la mienne de me retirer de la vie politique ». Hormis les membres de l’UMP sarkozystes, il n’est pas évident qu’un tel discours sonne autrement que comme un mauvais prétexte pour revenir une énième fois sur ce qu’il avait dit. Il a affirmé qu’il a « approuvé l’appel de Jean-François, mais je me suis dit peut être que ça donne un coup de main  si je m’y mets un peu ! Dans le fond, à quoi cela sert-il d’avoir un million d’amis sur Facebook ».

Sauveur ou boulet de l’UMP ?

mardi 30 avril 2013

Copé et Parisot : les barbares de la mondialisation


L’inexorable progression du chômage et le record atteint la semaine dernière ont provoqué un cortège de réactions. Mais tant l’UMP que le Medef proposent d’aller plus loin encore dans une politique qui a pourtant échoué, comme le montrent l’interview de Laurence Parisot et les propositions de Jean-François Copé.



Laurence Parisot, l’Attila de l’austérité

Il faut écouter l’interview de Laurence Parisot par Jean-Michel Aphatie. La future ex-présidente du MEDEF s’y fait une avocate inflexible de l’austérité budgétaire, usant de sophisme pour essayer de démontrer ce que presque plus personne n’admet aujourd’hui : qu’il faut poursuivre dans une réducation mortifère et suicidaire des déficits publics. Alors que même le FMI a admis l’évidence sur la base d’études scientifiques, elle refuse l’évidence soulevée par les trois dernières années.

Ainsi, alors que le journaliste évoquait le débat actuel sur le changement de politique, sur la nécessité de desserrer la rigueur, elle lui a répondu qu’il « fallait au contraire tout faire pour réduire les déficits ». Elle a justifié cela en disant que les déficits poussaient les impôts à la hausse ce qui pèse à la fois sur le pouvoir d’achat des ménages et la compétitivité des entreprises. Sauf que si on faisait une pause dans la baisse des déficits, il n’y aurait pas besoin de monter les impôts. CQFD.

Mais Laurence Parisot n’a pas seulement nié l’évidence de l’échec des politiques d’austérité, démontré par Jacques Sapir ou Paul Krugman, elle a également justifié de manière très maladroite l’accord entre quelques syndicats de salariés en soulignant qu’il « permet aux entreprises de s’adapter à la conjoncture et au carnet de commande ». En clair, cela facilitera les licenciements dans les périodes de récession comme aujourd’hui et cela va donc accentuer la progression du chômage !

Jean-François Copé, Attila du droit du travail

lundi 10 décembre 2012

Guerre des chefs, partielles : le paradoxe de l’UMP



Jeux de massacres

J’ai sous-estimé la persévérance de François Fillon à contester la victoire de son adversaire à la présidence de l’UMP. Il a franchi le Rubicon de la constitution de son groupe, de manière à garder un véhicule pour son ambition. En fait, c’est justement tout le problème des deux protagonistes. Ils se sont tellement avancés qu’il leur est difficile aujourd’hui de reculer, sans paraître totalement capituler en rase campagne, dans un engrenage qui pourrait leur être mortel si on en croit les sondages.

Dans ce jeu mortifère, Jean-François Copé ne semble pas dans une position si solide que cela. Certes il a arraché la présidence de l’UMP et semble prêt à s’y barricader coûte que coûte pour la conserver, quitte à faire pourrir la situation, en espérant que François Fillon se lasse avant lui. Le problème est que cette tactique ne semble pas forcément gagnante. Déjà moins populaire que l’ancien premier ministre, le maire de Meaux semble encore plus souffrir de la bataille en cours dans l’opinion.

En outre, une partie de ses soutiens (Hortefeux, Jacob) commencent à évoquer l’option d’un nouveau vote… Bref, la situation du président (auto) proclamé de l’UMP ne semble pas si solide que cela. Mais l’image de François Fillon a également largement pâti de cette guerre des chefs, qui a atteint des sommets jamais atteints dans la vie politique récente, sans pour autant qu’un recours solide n’ait véritablement émergé, Nicolas Sarkozy ne parvenant pas à remettre de l’ordre.

Quelle issue pour l’UMP ?

mardi 27 novembre 2012

Copé à la tête de l’UMP, Fillon au pied du Rubicon


La partie de poker semble toucher à sa fin. La commission de recours de l’UMP a tranché : elle a proclamé la victoire de Jean-François Copé avec 952 voix d’avance. Après s’être beaucoup avancé à découvert, François Fillon est placé devant un dilemme difficile : poursuivre la lutte ou capituler.

Jean-François Copé, ou le fait accompli

Quelle naïveté de la part de François Fillon ! Comment pouvait-il imaginer une seconde que Jean-François Copé, qui avait les statuts derrière lui, pourrait abandonner une victoire quasi certaine contre une médiation au verdict aléatoire ? Bien sûr, il pouvait sans doute compter sur la pression populaire et militante pour trouver une issue ensemble, mais ce n’était clairement pas l’intérêt du vainqueur. Mais son adversaire sait bien que les heurts de 2012 seront oubliés dans quelques mois. C’est donc en toute logique qu’il a balayé l’idée d’un nouveau vote des militants.

Après tout, Martine Aubry avait réussi à s’imposer comme première secrétaire malgré les conditions de sa victoire et cela n’avait pas empêché le PS de remporter des victoires électorales quelques années plus tard. Du coup, il est parfaitement logique, surtout avec Jean-François Copé, qu’il s’accroche à la présidence de l’UMP malgré la tornade médiatique ainsi déclenchée. En outre, il se paie le luxe de multiplier par dix son avance avec le verdict de la commission de recours.

De plus, le temps joue pour lui. Il a tout de suite pris le rôle de chef de l’opposition en cannonant le Parti Socialiste, laissant la division à ses adversaires et va courtiser quelques fillonistes pour faire des prises qui démontreraient qu’il rassemble sa famille politique. Même si le camp Fillon reste extrêmement uni, il lui sera difficile de remettre en cause la politique de fait accompli du camp d’en face, sans apparaître comme des diviseurs ou des mauvais perdants. Malheur au vaincu !

François Fillon, ou le pyromane qui se brûle

lundi 26 novembre 2012

UMP : le blocus des égos



Les illusions de Fillon et Juppé

Mais comment François Fillon et Alain Juppé, qui ne sont pas des perdreaux de l’année, ont-ils pu croire un moment que Jean-François Copé allait accepter les conditions qu’ils voulaient lui imposer ? Alain Juppé s’est présenté en sauveur désintéressé du parti qu’il avait présidé. Il a cru bon poser ses conditions pour la médiation dans les médias, croyant sans doute que sa volonté allait forcément s’imposer aux statuts de l’UMP, avant même d’en discuter avec les deux protagonistes.

Bref, Alain Juppé a péché par orgueil dans sa manière de procéder. Avant d’annoncer publiquement qu’il était prêt à faire une médiation, il aurait du parler à François Fillon et Jean-François Copé pour voir s’il était possible pour lui de jouer un rôle dans cette tragi-comédie. Il a fait l’inverse, sans doute par orgueil, et il se retrouve le bec dans l’eau, même s’il garde le beau rôle médiatiquement, personne ne remettant en cause le mode assez cavalier qu’il a eu en posant ses conditions.

Mais François Fillon a également été victime de son ego. Trop sûr de sa victoire et de ses sondages, il n’a pas vu que la base militante s’était droitisée. Il n’a rien proposé, comptant uniquement sur son expérience et son image médiatique pour s’imposer. Mais depuis la victoire décernée par la COCOE, il parvient à être à la fois vindicatif (le coup de la « mafia », la menace d’action en justice), en retard sur les évènements et fuyant (ses soutiens ont quitté la Commission de recours).

Copé est-il inexpugnable ?

vendredi 23 novembre 2012

UMP : l’incroyable guerre des tranchés se poursuit


Aucun scénariste, pas même le plus imaginatif, n’aurait pu concevoir un scénario aussi alambiqué et avec tant de rebondissements. Même si Jean-François Copé s’accroche à son poste, le fait que les résultats de trois fédérations manquaient bien au verdict de lundi soir a bouleversé la situation.

UMP : Union Minable Pour une république bananière

La séquence qui s’est ouverte depuis mercredi est absolument abracadabrantesque. La COCOE a donc confirmé hier en début d’après-midi ce qu’avançait le camp Fillon la veille, à savoir que les résultats officialisés lundi à 22h par elle-même et les deux camps ne prenaient pas en compte les suffrages de trois fédérations d’outre-mer, où l’avance de François Fillon était d’un peu plus de 120 voix. Leur prise en compte serait donc susceptible d’inverser le résultat final !

La première conclusion à tirer de cette révélation est le manque incroyable de professionnalisme et d’organisation de l’UMP. Il est totalement stupéfiant que 24 heures après un scrutin ayant mobilisé un peu plus de la moitié des militants, la Commission d’organisation des élections omettent les résultats de trois fédérations lors de la publication des résultats. Ce n’est pas comme s’ils avaient publié les résultats au bout de quelques heures. Ils ont eu 24 heures pour le faire !

Soit dit en passant, il est hallucinant que le camp Fillon n’ait pas noté cette erreur plus tôt, dans la journée de lundi, ce qui aurait permis d’éviter l’imbroglio extraordinaire de ces deux dernières journées. Quelque part, cela donne l’impression qu’il a raté la victoire pour une simple négligence dans le suivi des résultats validés par la COCOE. Enfin, il restera toujours un soupçon extrêmement malsain sur cet oubli : s’agit-il d’un oubli volontaire destiné à trafiquer les résultats ou pas ?

Copé contre-attaque, Juppé en embuscade

mardi 20 novembre 2012

UMP : la victoire à la Pyrrhus de Jean-François Copé


Décidemment, quand le résultat est serré, mieux vaut être l’organisateur de l’élection. Après Martine Aubry en 2008 à la tête du PS, Jean-François Copé gagne par une marge encore plus minuscule (50,03% contre 49,97%) la présidence de l’UMP. Il n’avait pas annoncé sa victoire pour rien.

François Fillon, à nouveau second d’un mauvais film

Décidémment, l’ancien Premier Ministre a du mal à occuper le premier rôle. Après avoir été le lieutenant de Philippe Séguin, puis le paillasson de Nicolas Sarkozy à Matignon (ce qui lui a permis d’éviter les coups mais aussi de profiter du rejet de son patron tant il en est différent en style), il échoue dans sa conquête de la présidence de l’UMP. Il faut dire que sa campagne n’a pas été très percutante, à part quelques attaques personnelles dans la dernière ligne droite.

Face à lui, Jean-François Copé a (paradoxalement ?) beaucoup mieux appliqué toutes les leçons du petit sarkozyste illustré. Il a essayé de prendre le contrôle de l’agenda médiatique de la campagne en ne reculant pas devant des déclarations polémiques sur « le racisme anti-blanc » ou le vol de chocolatine… Il s’est battu malgré des sondages défavorables, comptant sans doute sur son style plus dynamique, la droitisation de la base militante de l’UMP et sa position au sein de l’appareil.

Mais du coup, la campagne a été absolument affligeante. Pas la moindre nouvelle idée n’en est sortie. Les cadres du mouvement se sont davantage décidés en fonction de calcul politicien de bas étage ou de rancœurs personnelles recuites. Mais la dernière ligne droite a été encore pire que les longues semaines de campagne avec la journée de dimanche qui a cumulé désorganisation, accusation de tricheries de part et d’autres et proclamations de victoire intempestives.

Quel impact pour l’avenir ?

lundi 19 novembre 2012

L’UMP vote, et perd


Des militants qui attendent des heures pour voter, accusations de fraudes de part et d’autres, les deux camps qui proclament leur victoire peu avant minuit, une commission incapable de proclamer les résultats : c’est bien le pire scénario qui s’est produit à l’UMP hier

Journée noire à l’UMP

Il semblait impossible de faire pire que le PS au Congrès de Reims, mais l’UMP vient de démontrer le contraire hier. Cette journée du dimanche 18 novembre a été totalement ubuesque. Tout d’abord, une partie des militants ont eu le plus grand mal à voter, attendant parfois quelques heures pour exprimer leur opinion, sans que le niveau de participation justifie que le parti n’ait pas eu des capacités d’accueil suffisantes. Mais ceci n’était que l’apéritif de cette soirée complètement folle.

Avant même les proclamations de victoire des uns et des autres, les deux camps s’accusaient mutuellement de fraudes, le cas du Sud-Est et de Nice attirant tous les commentaires, notamment sur les réseaux sociaux. Ce faisant, l’UMP démontre un manque de sérieux extrêmement préoccupant de la part d’un parti qui était au pouvoir il y a quelques mois et qui prétend le retrouver. La crédibilité du mouvement est gravement atteinte, et les séquelles se feront sentir assez longtemps.

Mais le sommet du ridicule a été atteint quand les deux camps ont commencé à proclamer leur victoire peu avant minuit alors que la clarté des résultats semblait loin de permettre de telles déclarations. Pire, après les dysfonctionnements de la journée, la commission électorale de l’UMP a été incapable de s’exprimer dans la nuit car il lui manquait trop de procès-verbaux, ce qui lui impose de reprendre ses travaux ce matin, alors que les deux camps continuent de s’accuser de fraudes.

L’UMP pourra-t-elle s’en remettre ?

samedi 21 juillet 2012

La dérisoire lutte de pouvoir à l’UMP


Jean-François Fillon ou François Copé ? Qui prendra la tête de l’ancien parti majoritaire et avec une option pour la candidature aux élections présidentielles de 2017 ? A moins que les petits outsiders comme Christian Estrosi et Nathalie Kosciusko-Morizet ne troublent ce face-à-face…

Querelles d’ego

Tout le monde savait que Jean-François Copé essaierait de récupérer définitivement le parti après la défaite de Nicolas Sarkozy. Il ne s’en était pas caché. La surprise vient plutôt de la déclaration de candidature de François Fillon, dont la transparence pendant les cinq années du mandat de Nicolas Sarkozy ne semblait pas indiquer une ambition ou un caractère suffisamment affirmés pour essayer de prendre la tête de l’opposition et se positionner en vue des élections de 2017.

Mais finalement, comme toujours, les sondages sont un puissant aphrodisiaque qui peut révéler une ambition contenue jusque là. Et ceux de François Fillon sont largement meilleurs que ceux du secrétaire général de l’UMP. Certes, les sondages ne sont pas toujours bons conseillers. Ils avaient couronné Edouard Balladur en 1995, Ségolène Royal en 2006 ou Nicolas Hulot pour les Verts en 2011. Ils peuvent donc être de mauvais conseillers et conduire à un échec sévère.

En effet, Jean-François Copé contrôle l’appareil, ce qui équilibre le débat entre les deux hommes, même si le dernier sondage de Paris-Match indique une préférence à 81% des sympathisants UMP pour l’ancien Premier Ministre. Du coup, les éventuelles candidatures de Christian Estrosi et Nathalie Kosciusko-Morizet apparaissent comme d’autant plus anecdotiques qu’on ne comprend pas pourquoi ils se présentent, la palme revenant au club « la France droite » de NKM.

Une querelle dérisoire

lundi 2 juillet 2012

Copé-Fillon : deux visions de la trahison du gaullisme


Porté par les sondages, l’ancien collaborateur de Nicolas Sarkozy a décidé de se lancer dans la course à la présidentielle. Alors que tout le monde le présente comme un gaulliste social, c’est l’occasion de se poser la question de ce qu’il reste du gaullisme à l’UMP.

Copé, ou la trahison assumée

A titre personnel, je n’aime pas du tout Jean-François Copé, qui est pour moi un clône de Nicolas Sarkozy, au détail près qu’il a fait l’ENA. Tout chez lui rappelle le président sorti : l’ambition 100% personnelle aussi démesurée qu’affichée, le cynisme, une (trop) grande assurance de soi, une grande aisance dans les médias ou un même goût pour le libéralisme anglo-saxon complètement déconnecté des traditions de notre pays et plus encore du du gaullisme.

D’ailleurs, Jean-François Copé ne se réclame pas du gaullisme, ce que des études d’image lui ont sans doute recommandé. Le secrétaire général de l’UMP représente cette génération de droite post-gaulliste, qui a totalement digéré et oublié tout ce que le Général avait laissé au pays. Néanmoins, on ne peut pas dire qu’il y a totalement tromperie sur la marchandise, tant il avance (pour l’instant) démasqué vers les électeurs et les militants de l’UMP. Il veut l’Elysée, point.

Le député-maire de Meaux, part un peu dans la position de Jacques Chirac en 1995 face à Edouard Balladur. Il tient l’appareil, dispose de bien davantage de soutiens dans le parti, s’étant créé un solide réseau d’affidés depuis qu’il en est à la tête. Il semble très populaire dans l’appareil et chez les militants qui apprécient son caractère de chef et son engagement de tous les instants. Mais François Fillon, très populaire dans les sondages, est un sacré adversaire.

Fillon, ou la trahison sournoise

lundi 17 octobre 2011

François Hollande, candidat à l’alternance


Les primaires du PS ont livré leur verdict, clair et sans bavure : François Hollande sera le candidat pour les élections présidentielles. La ténacité toute corrézienne de l’ancien premier secrétaire l’a emporté sur Martine Aubry dont les attaques n’ont pas réussi à changer la dynamique de la campagne.

Une victoire logique

La victoire de François Hollande est assez logique. Largement arrivé en tête dimanche dernier, il a également rallié l’ensemble des candidats qui ne sont pas parvenus au second tour, obtenant même le soutien de Ségolène Royal et même si Arnaud Montebourg s’est contenté d’une déclaration a minima. A l’inverse, Martine Aubry est restée isolée et qui plus dans une attitude assez agressive avec son concurrent, qui ne semble pas lui avoir réussi au final.