vendredi 16 mai 2014

Croissance : zéro pointé pour la politique de Hollande


Le chiffre de la croissance pour le premier trimestre 2014 est tombé hier matin : le PIB de la France n’a pas progressé, ce qui signifie aussi que le PIB par habitant a reculé. Un mauvais chiffre à rebours des annonces du président de la République et qui démontre la faillite de sa politique.


Le retournement, ce n’est pas maintenant

Ce zéro pointé de croissance au premier trimestre est d’autant plus inquiétant pour plusieurs raisons. Outre le fait que la croissance démographique de la France implique une baisse de la production par habitant, il faut noter que la performance de l’hexagone est inférieure à la moyenne européenne (0,2%) et à celle de notre cher voisin allemand (0,8%). Pire, quand on étudie le détail des statistiques, on constate que la consommation a baissé, que les investissements ont baissé et que le commerce extérieur a une contribution négative, les importations ayant plus progressé que les exportations. En clair, nous n’avons échappé à une baisse du PIB que grâce à une augmentation des stocks, phénomène temporaire qui finira tôt ou tard par être compensé à l’avenir et pénalisera donc la croissance prochaine.

Ce résultat n’est pas vraiment surprenant devant l’inanité de la politique gouvernementale. Notre ouverture à tous les vents mauvais de la mondialisation pousse le gouvernement à réduire les déficits pour gagner la confiance des marchés et baisser le coût du travail pour gagner en compétitivité. Mais une telle politique est suicidaire pour un pays comme le nôtre. La baisse des déficits pèse sur la consommation, et par ricochet sur les investissements. Et la quête de compétitivité pèse également sur la consommation, outre le fait d’être totalement illusoire puisque le coût du travail est 5 à 20 fois plus bas en Europe de l’Est, en Afrique du Nord ou en Asie. On voit bien ici que le CICE n’a rien apporté. Et menée partout en Europe, la baisse du coût du travail pénalise les importations de nos clients… Un suicide collectif !

Quelle implication pour l’avenir ?

On pourrait facilement céder à un pessimisme noir et voir dans les chiffres du premier trimestre l’annonce d’une possible nouvelle récession, le risque que notre croissance ne parvienne même pas à atteindre le très modeste objectif de 1% que s’est fixé le gouvernement pour cette année. Cependant, un tel pronostic est sans doute exagérément pessimiste. En effet, il faut quand même rappeler ici que les prévisionnistes s’accordaient sur une prévision de 0,1% de croissance pour le premier trimestre. Nous ne sommes pas très loin malgré tout. En outre, certains secteurs vont un peu mieux, notamment la production industrielle, en hausse. Et ce n’est pas uniquement à cause d’un phénomène de stockage puisque dans l’automobile, les ventes sont en hausse, et notamment celles des constructeurs français.

Bref, malgré tout, le scénario d’une croissance de 1% n’est pas remis en cause pour cette année, d’autant plus que la baisse des taux est un élément fort de soutien à l’économie. Toute reprise du crédit a un effet important sur l’activité. En outre, le ralentissement de la baisse des déficits et la fin des hausses d’impôts devraient également permettre une légère accélération de l’économie. En outre, les objectifs restent modestes puisque le PIB a progressé de 0,4% en 2013. En outre, un tout petit peu plus de croissance ne règlera pas tous nos problèmes car, comme on pouvait l’anticiper, cette croissance sera donc limitée, inégale et temporaire (puisque de plus en plus de signes de bulles s’accumulent, avec la montée des opérations de rachats d’entreprise, indicateur solide en la matière).

Le premier trimestre sanctionne logiquement la mauvaise politique économique du gouvernement. Il n’est pas inutile de rappeler le 5,9% de croissance du Japon, qui montre que les Abenomics, mélange peu orthodoxe de relance monétaire et budgétaire, sont bien plus sensés que les Eurhollandomics.

23 commentaires:

  1. Monsieur Pinsolle, je comprends que vous ne vouliez pas reconnaître votre erreur lorsque vous parliez il y a 1 an de « reprise illusoire » en 2014, cependant une croissance de 1 % cette année est chaque jour plus improbable, on sera sans doute autour de 0.7 %, voire un peu moins. Et avec la politique d’austérité, il est peu probable qu’on fasse beaucoup plus en 2015, car si l’on fait 50 milliards de baisse de dépenses publiques, avec un multiplicateur budgétaire de 1.3, ça va diminuer le PIB de 3 % environ sur 3 ans. Or, faute de croissance, le gouvernement devra encore serrer davantage la vis pour atteindre son objectif de 3% de déficit en 2015.

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  2. C'est pas gagné pour 2014 :

    "La France commence à ressentir les effets de la politique unilatérale de l'offre annoncée en grande pompe par son président en janvier. Autrement dit de son entrée dans la compétition par les coûts. Évidemment, ceci commence par une panique des consommateurs et une perte de confiance des entreprises qui, on l'oublie souvent, pensent parfois à leurs demandes futures avant d'investir et d'embaucher. Rien de surprenant à cela, c'est la politique menée partout depuis 2011 en Italie et en Espagne, mais aux Pays-Bas depuis 2012. On a vu le succès de ces politiques et comment elles n'avaient pas permis de réellement regagner de la dynamique. Autrement dit, on n'a peut-être encore rien vu en France si Paris persiste dans ses choix économiques."

    http://www.latribune.fr/actualites/economie/union-europeenne/20140515trib000830133/croissance-les-illusions-perdues-de-la-zone-euro.html

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  3. Pour la zone euro globalement on avait une prévision de croissance de 0,4% pour le premier trimestre 2014. Finalement elle n’a été que de 0,2%. Il s’avère donc qu’en économie, on n’est même pas capable de faire des prévisions fiables sur du court terme. Voir cet article de latribune : «Croissance : les illusions perdues de la zone euro» :

    http://www.latribune.fr/actualites/economie/union-europeenne/20140515trib000830133/croissance-les-illusions-perdues-de-la-zone-euro.html

    Outre la France les déceptions pour le premier trimestre 2014, ont porté sur le Portugal qui a une récession de 0,7%, la Finlande qui a une récession de 0,4%, les Pays-Bas qui ont une récession sévère de 1,4%, l’Italie qui a une récession de 0,1%. Évidemment le bon élève l’Allemagne, principal profiteur de la zone euro, fait une croissance de 0,8%. L’Espagne fait une croissance de 0,4% mais avec un taux de chômage toujours stratosphérique à près de 26%.

    http://epp.eurostat.ec.europa.eu/cache/ITY_PUBLIC/2-15052014-AP/FR/2-15052014-AP-FR.PDF

    http://www.latribune.fr/actualites/economie/union-europeenne/20140429trib000827488/hausse-du-chomage-et-decouragement-au-menu-en-espagne.html

    La situation de l’Italie fait d’elle le maillon faible numéro 1 de la zone euro, devant la France qui est le numéro 2. Si ces deux gros pays ne sortent pas de l’ornière, la zone euro est foutue, ce n’est qu’une question de temps. Par quel miracle pourrait-il en sortir ? Voyons la situation de l’Italie. Sur l’ensemble de l’année 2013, elle avait encore fait une récession de 1,9%.

    http://www.la-croix.com/Actualite/Europe/L-Italie-tarde-a-sortir-de-la-recession-2014-03-03-1114827

    Et elle se débrouille pour commencer l’année 2014 avec une nouvelle récession de 0,1% au premier trimestre, alors qu’on prévoyait une croissance modeste de 0,2%. Et durant ce premier trimestre 2014 l’endettement public italien explose à la hausse et atteint 2120 milliards d’euros, soit près de 51 milliards d’euros de plus par rapport au précédent trimestre. La dette publique italienne était, en effet, de 2 069,216 milliards d’euros au 31 décembre 2013.

    http://www.forexinfo.it/Debito-pubblico-italiano-a-marzo?lang=it

    http://epp.eurostat.ec.europa.eu/cache/ITY_PUBLIC/2-23042014-AP/FR/2-23042014-AP-FR.PDF

    Sans un arsenal de mesures appropriées à la spécificité de leur économie, parmi lesquelles une monnaie plus faible que l’euro et une monétisation de la dette publique, l’Italie et la France ne s’en sortiront pas. Le cadre institutionnel de l'euro ne leur convient pas.

    Saul

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  4. C'est probablement les Pays-Bas le maillon faible qui peut faire sauter l'Euro, -1,4% et une extrême droite qui se renforce.

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  5. Tiens Villepin s'exprime ! Sur quelle planète vit il ?

    http://www.lefigaro.fr/vox/politique/2014/05/15/31001-20140515ARTFIG00245-dominique-de-villepin-la-reconquete-de-notre-independance-l-enjeu-des-europeennes.php

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  6. Bizarre de reprendre ce dogme capitaliste de la croissance du PIB comme alpha et omega de la bonne santé économique.

    Voici un petit dossier de Olivier Berruyer sur le sujet :
    http://www.les-crises.fr/previsions-de-croissance/

    La question ne me parait plus de chercher à retrouver une croissance de 2.5% qu'on n'a plus vu depuis des lustres et qui n'est de toute facon pas ecologiquement soutenable, mais plutot de trouver un modele de prospérité compatible avec une croissance entre 0 et 0.5%.

    Talisker.

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    1. "ce dogme capitaliste de la croissance du PIB"... c'était aussi celui de Marx, la croissance des forces productive nous rapprochant de la société d'abondance. A l'inverse, l'éloge de la stabilité et de la décroissance ne se distingue guère des vieilles nostalgies ruralistes. La question de la croissance est un exemple de plus du tête à queue d'une pensée de "gauche" qui retrouve les vieilles lubies traditionalistes.

      Ironie mise à part, le plus important n'est pas la croissance mais le rapport entre croissance et productivité. Si la productivité est stable (à cause d'une pénurie de matières premières, d'un ralentissement du progrès technique ou d'autre chose), alors la croissance zéro n'affecterait pas l'emploi (mais la stagnation rendrait beaucoup plus difficile le changement social).
      Mais si la productivité augmente, il faut au moins autant de croissance pour maintenir l'emploi. De 2002 à 2012, la productivité a augmenté de 1,7% par an aux Etats-Unis, ce qui montre que la dynamique n'est pas enrayée. Si nous voulons suivre la productivité, il faudrait, à la louche, entre 1 et 2% de croissance moyenne. Et pour absorber le sous emploi, il faut rajouter quelques points pendant plusieurs années.

      Quant au blocage futur de la productivité, rien ne permet de le pronostiquer à court terme.

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    2. Je crois que l'aveuglement n'est pas le moindre défaut de nos sociétés. Il s'agit de penser les notions de croissance, de productivité et bien d'autres en les mettant en cohérence avec l'environnement (humain, écologique, culturel ...). Ainsi, comment les sociétés resteront-elles solides et solidaires si les exclus par le chômage sont de plus en plus en nombreux et qu'on ne sait pas concevoir autrement le travail ? En rendant le travail à un euro de l'heure obligatoire ?
      Comment va-t-on utiliser les bénéfices générés par les techniques, l'automatisation, l'informatisation ? En distribuant des dividendes plus élevés aux actionnaires ?
      Comment allons-nous faire quand on sait les biens économiques, tout comme l'environnement, sont rares alors que leur destruction est de plus en plus rapide sans qu'ils aient le temps de se reconstituer ? En exploitant n'importe quelle ressource sans se poser de questions ou en en réservant l'usage aux seuls consommateurs capables de payer le prix fort ?

      On peut toujours rire, s'esclaffer ou ridiculiser ceux qui se posent des questions, il n'empêche que les systèmes actuels sont insensés en ce qu'ils dévorent tout avec comme seul objectif la recherche de l'efficacité maximale à court terme.

      Nul besoin d'être un décroissant ou un écologiste - sincère ou d'opérette - pour se dire qu'il serait temps de changer de paradigme. Sans illusions.

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    3. J.Halpern :
      << De 2002 à 2012, la productivité a augmenté de 1,7% par an aux Etats-Unis, ce qui montre que la dynamique n'est pas enrayée. >>

      Ca dépends de quelle productivité on parle.
      La productivité horaire augmente toujours, par contre, la productivité globale des facteurs semble marquer le pas depuis 2008, et depuis 1990 pour le Japon... Tiens tiens.

      Voir par ex Artus :
      http://cib.natixis.com/flushdoc.aspx?id=72483

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    4. Vous avez raison, mais mon raisonnement portait sur la productivité du travail, je voulais montrer qu'elle nécessite encore une croissance conséquente si nous voulons réduire le chômage.

      Pour ce qui est de la productivité globale des facteurs (le progrès technique), il semble ralentir après 2008 mais c'est aussi une conséquence de la crise, qui réduit la prise de risque et le renouvellement du capital. On ne peut pas extrapoler cette tendance récente.

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    5. Un biais dans la mesure de la productivité, c'est qu'en période de crise (provoquée par l'effondrement de la demande) la productivité du travail et du capital en place est mécaniquement réduite. La productivité "enregistrée" n'est pas celle qui s'établirait au plein emploi. Il faut plutôt considérer cette productivité enregistrée comme un minimum, réalisé MALGRÉ le sous-emploi. Une croissance plus forte réaliserait une productivité plus forte, dans la limite du progrès technique.
      J'étudierai plus en détail l'article d'Artus plus tard, mais il me semble qu'il néglige cet "effet-retour" de la dépression sur la productivité.

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    6. Les deux, production et productivité, buteront sur des limites physiques, mais pas les mêmes et pas en même temps.

      L'épuisement des ressources non renouvelables et la surexploitation des autres commencent déjà à grever la croissance de la production alors que la croissance de la productivité du travail est encore très loin d'être terminée : par exemple tant que les ordinateurs ne calculent pas à la vitesse de la lumière ils peuvent progresser.

      Nous vivons donc dans un monde qui produit de plus en plus de richesses avec de moins en moins de travail, puis cessera de produire plus de richesses mais continuera à réclamer de moins en moins de travail pour une production donnée.

      Cette situation condamne à terme la société du travail. Plus largement la condamnation de la société du travail est inscrite depuis le début dans le plan comptable général, car les salaires y figurent en compte de charge. Or un bon gestionnaire ne peut que tout faire pour diminuer les charges, et les perspectives de progrès de la productivité ne lui laisseront pas d'autre choix.

      L'idée selon laquelle la productivité favoriserait la croissance et l'emploi n'est valable que pour la productivité du capital. Pour la productivité du travail c'est l'inverse qui est vrai.

      Déjà les énormes investissements dans la prospection pétrolière par exemple rapportent de moins en moins, car les gisements abondants et faciles ont déjà tous été trouvés.

      On a donc une productivité du capital qui s'effondre au moment même où la productivité du travail des géologues atteint des sommets : il n'y a presque plus de "forages secs" comme autrefois.

      Ces deux évolutions n'agissent en sens contraire qu'à première vue. En réalité, baisse de la productivité du capital et hausse de celle du travail concourent toutes deux à détruire la croissance et l'emploi.

      Déjà les détenteurs de capitaux ont renoncé à s'enrichir en produisant plus de richesses, ils savent qu'ils ne peuvent plus y parvenir qu'en prélevant une part sans cesse croissante d'un gâteau qui ne peut plus grossir.

      Les questions posées par Démos sont incontournables. Voir aussi le billet suivant de Laurent Pinsolle sur le bouquin de Piketty (pas encore lu) qui défend la thèse selon laquelle quand la richesse absolue de l'ensemble de la société marque le pas celle des détenteurs de capitaux poursuit sa croissance, mais désormais aux dépends du reste de la population.

      Certains objectent que Marx aurait déjà prédit cela. Et alors ? Ils ne se rendent pas compte que leur objection ne fait que valider Marx, pas invalider Piketty.

      Ivan

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    7. "Nous vivons donc dans un monde qui produit de plus en plus de richesses avec de moins en moins de travail"

      Ce n'est pas encore vrai, mais l'Europe s'en approche, faute d'une politique de croissance, justement.

      "... puis cessera de produire plus de richesses mais continuera à réclamer de moins en moins de travail pour une production donnée."

      La seule raison pour ce cela advienne serait le blocage de la croissance par des politiques d'austérité ou des crises financières à répétition. Car tant qu'il y a du travail inemployé, il y a de la croissance potentielle.

      "L'épuisement des ressources non renouvelables et la surexploitation des autres commencent déjà à grever la croissance"

      C'est possible mais le fait est que la productivité continue bel et bien de croître, et que tant que cela sera le cas il faudra de la croissance (ou à la rigueur une baisse du temps de travail) pour maintenir l'emploi.

      "Déjà les détenteurs de capitaux ont renoncé à s'enrichir en produisant plus de richesses, ils savent qu'ils ne peuvent plus y parvenir qu'en prélevant une part sans cesse croissante d'un gâteau qui ne peut plus grossir."

      Le gâteau jusqu'à nouvel ordre continue à grossir, et les profits n'ont pas diminué, au contraire !.Il est vrai que le capitalisme financiarisé exige des profits exorbitants. Mais il n'y a pas de "limite physique" là dedans : c'est un produit de l'organisation de la finance.

      Je ne sais pas si nous buterons un jour sur l'épuisement des ressources, ou si le progrès technique nous permettra de poursuivre l'aventure : personne ne le sait, d'ailleurs. Ce que nous savons en revanche, c'est que l'organisation actuelle du capitalisme bride à la fois la croissance et l'emploi, et que la main d'oeuvre inemployée et les innovations d'hors et déjà engagées rend possible et nécessaire une croissance soutenue pendant au moins une dizaine d'années.

      Il serait d'ailleurs judicieux d'utiliser cette opportunité pour engager une véritable politique de transition écologique.

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  7. Vu sur ce site italien : en rythme annuel au 31 mars 2014 : «comparativement à une croissance moyenne de 0,9% dans la zone euro (et se rappeler que sans l'Allemagne elle serait de seulement 0,2%), le reste de l'Union européenne qui n'a pas adopté l’euro a eu une croissance moyenne de 3,1%».

    http://www.investireoggi.it/economia/la-crisi-delleuro-non-e-finita-cosi-la-moneta-unica-e-a-rischio/

    Le fiasco de la zone euro est vraiment prouvé et confirmé par les chiffres, même si ceux qui nous dirigent ne sont pas prêts de l’admettre.

    Saul

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    1. Philippe Waechter (Natixis AM) : « Les chiffres de la croissance en zone euro sont préoccupants » :

      http://www.boursorama.com/actualites/l-interview-de-philippe-waechter-natixis-am---les-chiffres-de-la-croissance-en-zone-euro-sont-preoccupants-6dee8ed35be19ef59b58da30649b1610

      « Concernant la publication d’Eurostat sur la conjoncture européenne au premier trimestre, outre la France et l’Allemagne, avez-vous relevé des bonnes ou des mauvaises surprises ?

      P.W : Du côté des grands pays, l’Italie n’est pas mieux lotie que la France (-0,1%). Du côté des plus petits pays, je relève deux déceptions majeures : les Pays-Bas (-1,4%) et le Portugal (-0,7%). Ce sont des chiffres vraiment inquiétants et qui suggèrent un manque de dynamisme global tout à fait préoccupant… »

      Saul

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  8. L’Euro-Cauchemar.

    Le « roman de l’Euro » présenté le jeudi 15 mai au soir a été l’occasion d’une scandaleuse soirée de propagande sur France-2 ! Non que l’on ne puisse parler ni même défendre l’Euro sur cette chaîne, comme sur les autres d’ailleurs. Mais le déséquilibre de l’émission, réalisée à grands frais par le service public et la malhonnêteté de l’argumentation ont passé les bornes. On a bien été en présence d’un exercice de « Funkpropaganda ».

    L’histoire de l’Euro nous a donc été présentée comme un « roman ». Mais pour la majorité des Français, mais aussi des Italiens, des Espagnols, des Portugais et des Grecs, il s’agit d’un véritable cauchemar. Il faut signaler que les réalisateurs n’avaient pris aucun risque. Les voix discordantes étaient réduites au strict minimum. Et si il faut saluer le courage d’un Philippe Villin, droit dans ses bottes et dans ses convictions face à ses adversaires et toujours très battant sur ce terrain, le spectateur moyen est laissé dans l’ignorance sur le nombre important d’économistes qui ont exprimé, ou qui expriment aujourd’hui, leurs doutes quant à la survie et surtout l’efficacité de l’Euro [1].

    Des Bernard Maris, conseiller économique à la Banque de France, Bernard Mazier, Alain Cotta ou Frédéric Lordon, il ne fut donc pas questions, ni des quelques soixante-dix noms d’économistes européens ou américains. Le téléspectateur sera donc laissé dans l’ignorance qu’il existe une association d’économistes réputés combattant l’Euro, le European Solidarity Manifesto [2].

    Il ne saura donc pas que la ESF -liste des membres- inclut non seulement des économistes de premier plan, mais aussi des professionnels réputés et des responsables ou ancien responsables des Banques Centrales. Il ne saura pas, non plus, que plusieurs journalistes économiques de premier plan, dont le rédacteur en chef adjoint de l’Expansion [3], ont pris position très nettement pour une sortie de l’Euro dans un livre récent [4].

    De « débat » donc, il n’y eut que le nom, et cela est indigne, mais hélas très habituel, dans la télévision publique mais aussi dans la France en général. Et l’on ne peut qu’être frappé du décalage de la situation entre notre pays et l’Italie ou l’Allemagne, pour ne pas parler de la Grande-Bretagne ou des États-Unis. Une réflexion poussée sur l’état de la démocratie dans notre pays s’imposera pour la suite.

    http://russeurope.hypotheses.org/2279

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    1. Je n'ai pu regarder qu'une petite partie de cette émission tellement le dégoût m'a saisi au vu du déséquilibre dans le choix des invités au profit des européistes, de l'attitude partisane de Pujadas (comme d'habitude) et de la posture arrogante de certains intervenants débitant des âneries sans nom et sans contradicteur. Ce doit cela qu'on appelle la télé poubelle !

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  9. On peut le crier, le susurrer, le chanter, le hurler, l'écrire en grec ou en latin, le dire en langue des signes, en espéranto, le mailer ou le copier. On peut aussi le lire ou l'imprimer, le faire suivre ou le garder. Pour soi ou entre amis. Le refrain et les paroles sont dans nos têtes : à bas l'austérité ! à bas la réaction !

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  10. Gilbert Perrin
    21 s ·

    DU SPECTACLE EN PERSPECTIVE !!!
    Celà me réjouit ...
    Après Mélenchon, Dupont Aignan, les médias sont mis sur la sellette...ce qui prouve que la politique bouge....OUF, ENFIN ?
    Marine LEPEN promet de rentrer dans le lard des journalistes ...Ségolène ROYAL, n'en pense pas moins et me semble prête à rentrer dans le lard des socialistes...
    à l'UMP, c'est la déconfiture totale....
    Le moment est venu, la politique doit réviser ses théories, CONSIDERER enfin le peuple, rétablir la démocratie, et, donner la parole au peuple et le POUVOIR de CONTROLE, pour une politique de JUSTICE et d'EGALITE, fiscale, pénale, sociale...pour une FRANCE UNE et INDIVISIBLE !!
    AVANT TOUT, la lutte contre la CORRUPTION .... qui, malgré les belles promesses de tous ces politiques arrivistes, reste lettre morte....
    CETTE FOIS CA SUFFIT ....
    Les incompétents, les inutiles, les corrompus RECOIVENT des PROMOTIONS en RECOMPENSE....
    Celà s'appelle le MONDE à L'ENVERS......

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  11. Black Swan (évoqué dans l'émission de France 2) qui indique qu'au plus fort le crise le gouvernement français avait envisagé la sortie de l'euro :

    http://www.lefigaro.fr/politique/le-scan/coulisses/2014/05/16/25006-20140516ARTFIG00209-black-swan-le-plan-secret-du-gouvernement-sarkozy-pour-sortir-de-la-zone-euro.php

    « À l'automne 2011, Bercy étudie un plan sous le nom de code «Black Swan» (cygne noir), raconte François Baroin. «Avec quelques collaborateurs de haut niveau on s'est retrouvé en situation de réfléchir à une sortie de l'Euro. La sortie de la Grèce, c'était le début d'un processus de désagrégation de la zone euro». Au même moment, les marchés attaquent la France, les agences de notation annoncent que la note de la France est effectivement menacée, les intérêts de la dette française flambent.

    Dans son livre Journal de crise, le chiraquien détaille cet épisode méconnu. Il s'agit notamment d'anticiper les conséquences: «Le coût de la sortie de la Grèce de la zone euro pour la France. Et deux types de pertes: celles du secteur banques-assurances, et celles de l'éclatement de la zone tout entière (…) Chacun sait que l'objet seul de la réunion, s'il était connu, pourrait avoir des conséquences désastreuses», raconte l'ancien ministre. On sait finalement peu de chose des hypothèses et préconisations retenues par ce plan, car aucune note n'a été prise, selon François Baroin.

    On sait par contre que le nom «Black Swan» fait référence à un livre écrit par l'épistémologue Nassim Nicholas Taleb, publié en 2007. L'auteur y a théorisé la puissance inexorable des événements imprévisibles. »

    Je crois que si les résultats de la zone euro persistent à demeurer globalement aussi médiocres, les marchés financiers vont à nouveau passer à l'attaque, avec une nouvelle crise des dettes souveraines (noter que le jour de l'annonce des PIB européens il y a eu une brusque poussée à la hausse des taux souverains des pays du sud qui s'étaient auparavant beaucoup détendus. Ça c'est il vrai calmé le jour suivant). La BCE va sans doute répliquer par une énorme planches à billets, mais est-ce que ça réglera le problème, j'en doute beaucoup ?

    Saul

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  12. @ Moi

    On jugera en fin d’année. Et je vous signale que les prévisions pour l’année n’ont pas été modifiées.

    @ Anonyme

    Bien d’accord

    @ Saul

    Après, à 0,2% prêt, cela ne me semble pas non plus une catastrophe. L’économie est une science humaine, donc pas mécaniquement prévisible. Mais merci pour tous ces liens. D’accord sur la conclusion sur l’euro.

    Très fort le chiffre de croissance zone euro / non zone euro. Merci pour tous ces liens et informations.

    @ Talisker

    Même si je reconnais l’intérêt de la question que pose Berruyer, je suis moins pessimiste que lui, et je crois qu’avec les bonnes incitations (taxe carbone notamment), on peut faire une croissance soutenable à tous les points de vue.

    @ J Halpern

    Merci pour ces précisions, que je partage. Bien d’accord sur l’emploi, qui doit être la priorité.

    @ Démos

    D’accord.

    @ Ivan

    Je suis moins pessimiste. C’est à l’Etat d’intervenir, notamment par la fiscalité, pour éviter la surexploitation des ressources naturelles, mais aussi sur les inégalités ou la prise de pouvoir du capital.

    @ BA

    Merci pour le lien

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  13. Ne pas sous-estimer la déception sur le PIB de la zone euro, d'une part 0,2 % par rapport à 0,4 % pour le premier trimestre 2013 c'est la moitié et surtout ce sont certains pays de la zone euro qui ont déçus. Pas l'Allemagne qui fait mieux que prévu : 0,8 % de croissance au lieu de 0,7 % prévu :

    http://www.lavieeco.com/news/actualites/allemagne-croissance-meilleure-que-prevu-au-1t-a-0-8--29646.html

    Pour l'Italie la prévision très récente des spécialistes étaient une croissance de 0,2 % au premier trimestre 2014 alors qu'il y a eu une récession de 0,1 %. L'écart entre la prévision et la réalisation est loin d'être négligeable sur un laps de temps court. Et surtout c'est alarmant car on pourrait s'attendre que ce pays qui vient encore d’enchaîner deux années de récession (récession de 2,4 % en 2012 et de 1,9 % en 2013) finisse enfin par rebondir, ce n'est pas le cas. A noter que « Le Président du Conseil italien, Matteo Renzi, a écarté vendredi toute éventualité de mise en place d'un collectif budgétaire prévoyant de nouvelles réductions des dépenses après l'annonce d'une contraction inattendue de l'économie au premier trimestre. »

    http://bourse.lesechos.fr/infos-conseils-boursiers/actus-des-marches/infos-marches/italie-pas-de-collectif-budgetaire-malgre-la-baisse-du-pib-renzi-972923.php

    Évidemment il ne veut pas aggraver la récession de l'Italie, mais l'Italie à moins d'une croissance qui reprend miraculeusement va être dans l’impossibilité de respecter le pacte budgétaire européen vu son niveau élevé d'endettement. Pour la France la prévision moyenne était une croissance de 0,2 % il y a eu 0 tout court.

    http://www.latribune.fr/actualites/economie/france/20140515trib000830077/france-la-croissance-du-pib-a-ete-nulle-au-1er-trimestre-2014.html

    Le Portugal (récession de 0,7%) et les Pays-Bas (récession de 1,5 %) vont des scores nettement plus mauvais que ce qui était anticipé pour ces pays. Extrait du lien ci-dessous :

    http://www.atlantico.fr/decryptage/allemagne-seule-locomotive-zone-euro-et-pour-cause-c-est-elle-qui-freine-autres-chemin-croissance-philippe-waechter-et-jean-1567700.html/page/0/1

    «  L’Europe économique reste structurellement déséquilibrée, la croissance y est atone, et l’euro fort ne sert que les pays dont le mix de produits à l’exportation est largement insensible au prix. Les exportations de la zone euro restent dominées par une Allemagne dont l’excédent commercial représente 6% de son PIB depuis 2010. Cette situation est le résultat de la compétitivité de l’économie allemande, qui n’est pas handicapée, elle, par un euro qui serait trop fort, ce qui conduit le ministre des finances, Wolfgang Schäuble, a dénoncer toute tentative de culpabilisation de l’Allemagne dans la situation de ses partenaires commerciaux. »

    Les partenaires commerciaux de l'Allemagne n'ont pas encore compris qui leur faudrait une monnaie dont le taux de change serait adapté au caractère de plus en plus bancal de leur économie et ne semblent aussi prêter aucune attention à la sous-performance de la zone euro, quand elle est prise globalement, en terme d'évolution du PIB et de taux de chômage, par rapport à d'autres zones monétaires, y compris l'union européenne hors zone euro.

    Saul

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    1. Encore des extraits de deux articles sur l'Italie, pour info :

      Italie: mauvaise surprise pour l'économie qui rechute au 1er trimestre :

      http://www.leparisien.fr/flash-actualite-economie/italie-mauvaise-surprise-pour-l-economie-qui-rechute-au-1er-trimestre-15-05-2014-3843339.php

      "Malheureusement c'est une donnée très faible à laquelle nous ne nous attendions pas", a déclaré à l'AFP Chiara Corsa, une experte en macro-économie de la banque Unicredit. » « C'est clairement une mauvaise nouvelle ». « Au dernier trimestre 2013 on avait vu poindre un retour à la croissance pensant que la reprise débutait, mais cette phase d'espérance s'est interrompue", a déclaré à l'AFP Nicola Borri, professeur de macro-économie à l'université Luiss de Rome. Cela veut dire que la situation du pays est plus grave qu'on ne le pensait. Il va falloir des mesures plus incisives", a ajouté M. Borri. »

      Retour de l'Italie à la croissance négative au 1er trimestre 2014 :

      http://french.xinhuanet.com/economie/2014-05/16/c_133337273.htm

      « Sur glissement annuel, l'économie italienne au premier trimestre 2014 a accusé une baisse de 0,5% en comparaison avec la même période en 2013. Selon les chiffres communiqués jeudi par la société d'experts-conseils Cerved et cités par l'agence de presse ANSA, entre janvier et mars, il y a eu un total de 3 811 faillites, soit 4,6% de plus par rapport à la même période de 2013. »

      Saul

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