Jean-François
Copé, ou le fait accompli
Quelle
naïveté de la part de François Fillon ! Comment pouvait-il imaginer une
seconde que Jean-François Copé, qui avait les statuts derrière lui, pourrait
abandonner une victoire quasi certaine contre une médiation au verdict
aléatoire ? Bien sûr, il pouvait sans doute compter sur la pression
populaire et militante pour trouver une issue ensemble, mais ce n’était
clairement pas l’intérêt du vainqueur. Mais son adversaire sait bien que les
heurts de 2012 seront oubliés dans quelques mois. C’est donc en toute logique qu’il
a balayé l’idée d’un nouveau vote des militants.
Après tout,
Martine Aubry avait réussi à s’imposer comme première secrétaire malgré
les conditions de sa victoire et cela n’avait pas empêché le PS de
remporter des victoires électorales quelques années plus tard. Du coup, il est
parfaitement logique, surtout avec Jean-François Copé, qu’il s’accroche à la
présidence de l’UMP malgré la tornade médiatique ainsi déclenchée. En outre, il
se paie le luxe de multiplier par dix son avance avec le verdict de la
commission de recours.
De plus, le
temps joue pour lui. Il
a tout de suite pris le rôle de chef de l’opposition en cannonant le Parti
Socialiste, laissant la division à ses adversaires et va courtiser quelques
fillonistes pour faire des prises qui démontreraient qu’il rassemble sa famille
politique. Même si le camp Fillon reste extrêmement uni, il lui sera difficile
de remettre en cause la politique de fait accompli du camp d’en face, sans
apparaître comme des diviseurs ou des mauvais perdants. Malheur au
vaincu !
François
Fillon, ou le pyromane qui se brûle