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jeudi 26 juin 2014

Remettre la monnaie au service de l’intérêt général et non de la bourse


Récemment, plusieurs bourses mondiales (New York et Francfort) ont battu des records historiques, une nouvelle illustration de l’indécence d’une époque aussi inégale… Mais cela a également le mérite de montrer l’influence des politiques monétaires et de ceux à qui elles bénéficient.

 

Politique monétaire : la grande expérimentation

Depuis 2008, les politiques monétaires menées ont complètement divergé, entre une zone euro qui persiste dans un monétarisme suicidaire, à peine tempéré par les récentes annonces et les pratiques moins conventionnelles des autres pays. La Fed a fait passer son bilan de 900 à 4000 milliards de dollars, dont plus de la moitié est composé de bons du trésor. Ainsi, la banque centrale étasunienne a permis à l’Etat de fortement baisser le coût de sa dette. Mais en rachetant pour plus de 1500 milliards d’obligation, elle a également soutenu l’ensemble de l’économie, diminuant le coût des emprunts pour les entreprises et poussant également à la hausse le cours des actions en créant de la monnaie, qui finit par augmenter la demande d’actifs, et donc in fine leur prix.

Depuis l’arrivée au pouvoir de Shinzo Abe, le Japon est entré dans une expérimentation audacieuse puisque la banque centrale a acheté pour 50 000 milliards de yen (350 milliards d’euros) de dette publique en un an, l’équivalent de plus de 8% du PIB du Japon (qui dépasse 4 000 milliards d’euros). Du coup, elle détient aujourd’hui 20% de la dette publique du pays, pour un montant équivalent à 40% du PIB du Japon, environ 200 000 milliards de yen, 1450 milliards d’euros. L’idée est de sortir le pays de la déflation. Le Premier Ministre veut donc faire progresser les salaires sans se préoccuper de la fameuse compétitivité puisque le cours du yen a fortement baissé, renchérissant les importations. Les résultats sont positifs puisque la croissance et les prix remontent. Le pays du soleil levant semble avoir trouvé le moyen d’utiliser la monnaie pour le bien commun.

Reprendre le contrôle de la monnaie


mardi 13 mai 2014

L'avancée du 100% monnaie (billet invité)





Martin Wolf, éditorialiste du Financial Time, dans un article du 24 avril 2014 intitulé " Strip private banks of their power to create money " (que vous pouvez retrouver sur ce lien) pense que la prochaine crise verra la mise en place d'un système monétaire à réserves totales (100% money) : "This will not happen now. But remember the possibility. When the next crisis comes – and it surely will – we need to be ready" ("ceci ne va pas advenir aujourd'hui. Mais souvenez-vous de cette possibilité. Quand la prochaine crise arrivera - et ça aura lieu - nous avons besoins d'être prêts")

Il faut dire que depuis quelques années cette proposition imaginée par Irving Fisher en 1936 lequel tirait les conclusions de l’ensemble des débats entre l’École de la circulation et l’École de la banque (Currency school et Banking school) revient dans la réflexion des économistes et sans doute bientôt dans le public: nous ne pouvons que nous en réjouir.

En France Maurice Allais reprends la proposition de Fisher en l'améliorant (dans "la crise mondiale d’aujourd’hui") . Christian Gomez l'un de ses anciens élève devenu "grand banquier" écrit un article fondamental sur ce sujet ("Une "vieille" idée peut-elle sauver l’économie mondiale?" Un réexamen de la proposition d’une réforme radicale du système bancaire: L’imposition d’un coefficient de réserves de 100% ") . Gabriel Galand (de "Chômage et monnaie") présente lors du colloque monnaie des économistes atterrés en mars 2012 "Une monnaie à garantie totale, une vieille idée qui fait son chemin" . Votre serviteur pour sa part tente une vulgarisation de ces propositions en lui attribuant un nom plus accrocheur: le SMART (Système Monétaire A Réserve Pleines)

En 2012 toujours, deux économistes du FMI, Jaromir Benes and Michael Kumho, publient en anglais une étude extrêmement détaillée et approfondie " The Chicago Plan Revisited " que résume Gaël Giraud dans la "Revue Banque" sous le titre "Rendre le monopole de la création monétaire aux banques centrales ?", et dans lequel il explique  que cette étude "montre [...] que le 100% money remplirait très probablement ses promesses s'il était mis en œuvre : réduction de l'amplitude du cycle du crédit, disparition du risque de bank run, réduction des dettes publique et privée".

Réserver à la collectivité les gains de la création monétaire

dimanche 16 juin 2013

Remettre l’argent au service de l’intérêt général


C’est un livre essentiel, signé par André-Jacques Holbecq et Philippe Derudder, le livre qu’il faut offrir aux néophytes pour leur faire comprendre les enjeux autour de la monnaie. Un ouvrage hautement politique qui synthétise de manière simple, courte et claire pourquoi le système actuel est aberrant.



L’homme, la seule querelle qui vaille

Ce n’est pas le livre qui sera le plus utile pour ceuq qui s’intéressent de près aux questions monétaires, et qui ont lu Pierre-Noël Giraud ou Jean-Claude Werrebrouck, mais le « Manifeste pour que l’argent serve au lieu d’asservir » est un livre plus politique qu’économique, et qui s’adresse à un public très large, y compris ceux qui n’ont jamais lu de livres d’économie. Comme dans leur livre sur la dette publique ou celui sur les monnaies complémentaires, les auteurs utilisent des paraboles (celle des deux îles est particulièrement parlante : je vous laisse la découvrir au début du livre) qui permettent de prendre du recul sur l’actualité et de saisir des choses qui devraient pourtant être évidentes.

Humanistes, ils rappellent le paradoxe de cette société qui créé tellement de richesses mais où subsistent tellement de pauvres, le fait que « les difficultés financières conduisent au démantèlement de l’appareil social et des services publics, au creusement des inégalités, pendant qu’elles empêchent la transition écologique et énergétique ». Ils affirment que si nous ne répondons pas aux défis actuels, c’est parce que nous restons dans le cadre. Ils citent André Gide, qui disait que « le monde ne pourra être sauvé que par des insoumis ». La Grèce est la victime de ce cadre, de « la logique comptable (qui) nous dépouille (…) de toute humanité » au point de nous faire considérer comme normal, voir ‘responsable’, le fait de laisser une personne mourir de soif auprès d’une fontaine d’eau claire.

La monnaie pour les nuls

lundi 10 juin 2013

Pourquoi la banque centrale doit dépendre de l’Etat


Après avoir conté et remis en perspective l’histoire de la Banque de France, Jean-Claude Werrebrouck se pose la question du statut qu’il faut donner à une banque centrale aujourd’hui : indépendance ou non.



De « l’ordre organisé » au désordre

Il note que les rentiers ont intérêt au développement du marché de la dette publique, marché profond et liquide. Il suppose « un respect intégral des droits fondamentaux, en particulier la propriété » des rentiers. En 1945, la faiblesse du système financier fait que l’Etat dicte ses conditions et met en place un « ordre organisé ». Nous sommes alors dans le compromis fordien, où la «  croissance est auto-entretenue par le partage des gains de productivité qu’elle génère : le rendement croissant, s’il est bien partagé, permet à la fois des profits croissants, des prix décroissants, et des réuménarations croissantes ». Le cadre naturel de ce compromis est l’Etat-nation, « espace lui-même relativement homogène, et surtout espace de légitimité, où peuvent se nouer des compromis au niveau des marchés politiques ».

Pour lui, la situation actuelle « rappelle la chute de Rome (…) l’Etat est contesté par de nouveaux barbares qui, conquérants dans l’espace des marchés, jouissent d’une grande autonomie par rapport au suzerain ». La mondialisation pousse les dépenses de l’Etat à la hausse et leurs recettes à la baisse. Le système tient grâce à la dette et aux interventions des banques centrales, des « pontages coronariens ». Pour lui « les nouveaux barbares des marchés la jugeront (la monétisation) préférable à la saisie, à la nationalisation, à la restructuration, voire à une régulation tatillonne », même si cela « développe une base monétaire surdimensionnée, matière première de bulles périodiques ». Il dénonce « la relance de l’investissement par diminution de la part des salaires dans la valeur ajoutée (qui) est inopportune en ce qu’elle réduit les débouchés de toutes les industries de biens de consommation ».

Il note que nous faisons alors le choix de la mondialisation plutôt que de l’automatisation des usines. Mais les débouchés deviennent alors indépendants des conditions de la production par la recherche des salaires et de la fiscalité les plus bas, créant un problème de débouchés. Cette chaine logistique mondiale impose une libre-circulation des capitaux et un développement du système financier. La victoire des actionnaires et de la finance sur les industriels se lit dans l’évolution, entre 1970 et 2010, du poids des dividendes dans l’excédent brut d’exploitation, passé de 12,8 à 29,8% et la baisse de la formation brute de capital fixe (les investissements) de 21,9 à 18,7%. Pour lui, « la mondialisation libère de la nécessaire congruence, locale ou nationale, entre les conditions de production et celles de la consommation ».

Querelles sur la question de la monnaie

samedi 8 juin 2013

La dette publique est-elle légitime ?


Dans un papier sur Slate, Vincent Le Biez, secrétaire national à l’UMP conteste le raisonnement de Jean-Luc Mélenchon et de Nicolas Dupont-Aignan sur la dette publique, à savoir qu’elle serait en partie illégitime. L’occasion d’une réponse pour démontrer qu’un tel débat est parfaitement légitime.



De l’art d’esquiver le débat

S’il dénonce les « sophismes » de ces opposants, il n’est pas le dernier à y recourir ou à détourner le débat. La thèse qu’il conteste est que « la dette actuelle de l’Etat est illégitime en ce qu’elle est constituée pour l’essentiel de l’accumulation des intérêts versés par la France ». Tout d’abord, il commence par dénoncer la « thèse complotiste qui vise à faire de cette loi (de 1973) adoptée sous Georges Pompidou la source de tous nos maux ». Mais non seulement ce n’est pas le sujet, mais on peut soutenir cette thèse sans s’y référer et il est bien évident que nos maux ont plusieurs raisons.

Vincent Le Biez continue son papier par une digression totalement inutile sur le fait qu’un ratio cumul des intérêts payés / PIB n’a pas de sens. Outre le fait que l’on a bien le droit de calculer les ratios que l’on souhaite en économie, c’est sans doute un moyen d’embrouiller le débat par des questions totalement anecdotiques. Dans un second temps, il cherche à légitimer le recours au crédit en général en soulignant qu’un emprunt peut effectivement être rentable, même en prenant en compte le coût des intérêts versés. Mais cela n’a toujours rien à voir avec le problème évoqué.

Puis il soutient que les investissements peuvent être financées en empruntant, mais pas les dépenses sociales ou de fonctionnement. Il essaie de faire peur en disant que ce serait une catastrophe si l’Etat s’endettait à taux nul et sans limites, ce que personne n’a proposé (André-Jacques Holbecq évoquait le chiffre de 2.5% du PIB)… Enfin, il affirme que le taux d’intérêt auquel l’Etat emprunte doit être comparable au taux de croissance moyen de l’économie, ce qui est totalement le contraire aujourd’hui dans la zone euro puisque l’Allemagne a les taux les plus bas et la Grèce les plus hauts.

Le vrai débat porte sur la monnaie

dimanche 5 mai 2013

Jean-Luc Gréau dessine une voie de sortie de la crise


L’immense intérêt de ce livre, outre le récit vivant et argumenté de la crise (y compris européenne), réside dans les nombreuses propositions que fait Jean-Luc Gréau pour s’en sortir. Où l’on voit que les solutions sont bien connues mais qu’elles sont ignorées par nos gouvernements.



Restructurer en profondeur le système monétaire et financier

Il commence par dénoncer l’indépendance des banques centrales en rappelant que ce sont les Etats qui ont cassé l’inflation excessive des années 1970. Dans un long développement, il revient sur les propositions de Maurice Allais, qui proposait que la création monétaire soit réservée aux Etats. Notre seul « prix Nobel d’économie » craignait en effet que les banques ne prêtent trop ou soient tentées de financer à court terme des prêts à moyen ou long terme. Il n’hésite pas à vanter le dirigisme étatique chinois dans le secteur bancaire, au service de la nation. Il propose de monétiser jusqu’à 2% du PIB par an de la dette publique, dans la limite d’un montant défini dans les lois de finances.

Il propose une stricte séparation (juridique et capitalistique) des banques en trois entités : dépôt, crédit et investissement, suivant les propositions du 100% monnaie. Il propose également d’interdire les opérations spéculatives pour compte-propre, de manière à ce que le crédit ne serve pas à financer la spéculation ainsi que les activités de carry trade (l’emprunt dans un pays pour placer dans un autre, pour bénéficier des écarts de taux). Et, dans une logique proche de la charte de la Havane, il envisage même que les excédents de balance des paiments des uns soient cédés à ceux qui sont en déficit, de manière à éviter de créer des masses de monnaies en recherche de placement.

Pour lui, il faut conditionner le refinancement des banques auprès de la banque centrale à la limitation stricte de la titrisation. Il propose également d’imposer aux banques de conserver une part importante des prêts qu’elles accordent tout en y ajoutant une décote pour tout prêt cédé pour transformer le prêt en « bien d’occasion ». Il propose de renforcer les obligations de liquidités. Enfin, il propose de limiter la part du financement inter-bancaire dans les bilans des banques. Il souligne le rôle du gel du marché interbancaire, dont les volumes ont été divisés par 10 pendant la crise, pour rappeler que le financement par les banques centrales revient à une « étatisation de fait du système de crédit ».

Dette, crédit et renouveau industriel

mercredi 20 février 2013

La dérisoire réforme bancaire de François Hollande, suite


Hier, le Parlement a adopté la première mouture du projet de loi de réforme bancaire du gouvernement. Un texte qui démontre l’inutilité complète du PS qui a proposé une loi moins ambitieuse encore que celles passées aux Etats-Unis et en Grande-Bretagne, des pays pourtant guère interventionnistes.

Beaucoup de bruit pour rien

On se souvient que, pendant la campagne électorale, François Hollande avait fait, le temps d’un discours, de la finance son ennemi. Mais, dans une logique toute sarkozyste, il était allé quelques jours après dire le contraire absolu au Guardian, vantant alors toutes les réformes néolibérales menées par de précédents gouvernements socialistes, comme si les Français et les journalistes ne lisaient pas la presse internationale, ce qui avait déclenché une belle polémique.

Du coup, il n’y avait pas grand chose à attendre. Et de facto, comme avec Sarkozy, la France est en retard dans la réforme de la finance. Alors que Berne ou Londres imposent des normes prudentielles plus sévères que Bâle 3 (malheureusement assouplies) pour tenir compte de la crise, le projet de loi français n’aborde même pas le sujet… Bref, sous Hollande comme sous Sarkozy, comme le soulignent beaucoup, Paris se montre moins contraignant que Londres. Un comble !

Le refus du Glass Steagall Act

L’élément le plus emblématique est clairement le refus de couper les banques en deux, comme l’avait fait Franklin Roosevelt après la Grande Dépression. Pourtant, l’ensemble du Glass Steagall Act, qui avait influencé les lois du monde entier, avait assuré des décennies de stabilité financière et son démantèlement a immédiatement provoqué de nouvelles crises. Mais comme souvent, les socialistes restent sourds aux leçons de l’histoire. Leur cerveau est encore débranché.

La simple séparation dans des filiales différentes ne changera rien en cas de panique car il est bien évident qu’une filiale peut en couler une autre et que les déposants pourront toujours craindre la faillite de leur banque, ce qui n’aurait pas été le cas avec une stricte séparation. Mais le comble du ridicule a été atteint lors des auditions en commission des finances quand le président de la Société Générale a admis que moins d’1% de son activité serait touchée par le projet…

La colère des économistes

jeudi 20 décembre 2012

La dérisoire réforme bancaire de François Hollande



Beaucoup de bruit pour rien

Bien sûr, Pierre Moscovici a beau jeu de dire que son projet serait critiqué par les banques comme la gauche de la gauche, pour indiquer qu’il serait équilibré. Mais dans la réalité, autant on trouve de très nombreuses critiques du manque de radicalité de son projet, y compris de la part de personnes modérées comme Olivier Berruyer, autant le projet gouvernemental ne semble guère déranger un lobby bancaire qui ne s’émeut guère des mesurettes concoctées par Bercy.

Reprenant une proposition britannique, le projet gouvernemental propose donc de séparer les activités de dépôt et d’affaires des banques dans des filiales différentes. Mais cette mesure est totalement illusoire. Tout d’abord, elle est déjà en partie en place, certaines banques ayant déjà créé des entités différentes pour faciliter leur gestion. En outre, cela ne change rien pour le risque global : l’une peut couler l’autre. Il faut revenir au Glass Steagall Act et à la stricte séparation des banques des années 1990. Nous n’étions pas en Albanie à cette époque, comme le soutient Olivier Berruyer.

Bien sûr, Moscovici explique qu’il va interdire certaines pratiques spéculatives mais cela est illusoire car il va seulement l’interdire sur le sol français et la libre-circulation des capitaux leur permettra de le faire ailleurs, sans doute un parasite fiscal… L’auteur du très recommandable blog Les crises souligne que le projet français est encore plus laxiste que les projets britannique et étasunien, un nouveau signe de capitulation de François Hollande devant la mondialisation néolibérale.

Roosevelt, ce n’est pas maintenant !

samedi 11 août 2012

Le rapport Stiglitz propose un nouveau Bretton Woods


« Il est important de saisir l’occasion de réformer en profondeur, afin que le monde puisse aborder le 21ème siècle avec un système financier mondial plus équitable et plus stable, capable d’inaugurer une époque plus prospère pour tous les pays ». La commission ne se contente pas des mots, mais, outre un constat robuste, elle fait de nombreuses propositions très intéressantes tout au long du rapport.

Les principes de la réforme

Les auteurs proposent huit principes fondamentaux : « rétablir l’équilibre entre le marché et l’Etat (par opposition à une déréglementation excessive), accroître la transparence et la responsabilité, agir à court terme en cohérence avec les visions long terme, évaluer les effets de répartition de la richesse, éviter d’aggraver les asymétries et les déséquilibres mondiaux, mieux répartir le risque, gérer les problèmes d’irréversibilité (éviter les gros chocs) et assurer une diversité intellectuelle ».

Avant le chapitre financier, les rapporteurs appellent à « renforcer la protection sociale », outil de justice sociale, mais aussi de stabilisation économique, et à veiller à ne pas favoriser les grandes entreprises au détriment des PME. Ils souhaitent que les décisions des banques centrales soient ratifiées par le Parlement, dans un but de transparence et de responsabilité car leurs « opérations ont des conséquences budgétaires qui doivent être supervisées de la même façon que celles du Trésor ».

Pour stopper l’accumulation de réserves, il soutient qu’il « faut pour les pays en voie de développement des sources de financement qui puissent être vite activées en n’imposant pas de conditions inappropriées », comme le fait l’initiative de Chiang Mai à l’échelle asiatique depuis 2000. Le rapport appelle également à « mobiliser les fonds disponibles dans les pays qui ont accumulé de grosses réserves » et évoque logiquement la piste des DTS. Il note aussi qu’il « semblait admissible que les actifs d’un pays appartiennent à un Etat étranger (via les fonds souverains), mais pas à l’Etat du pays lui-même ».

Pour eux « les coûts supplémentaires d’une meilleure réglementation ne sont rien à côté de ceux qu’a imposés à la société la non-réglementation. (…) On n’a guère de preuve que les inventions du secteur financier ces dernières années aient amélioré le comportement global de l’économie, même si elles ont évidemment accru les profits du secteur. Une large part de son effort d’innovation avait pour but de contourner des réglementations, des lois fiscales et des normes comptables ».

Les propositions de réforme de la finance

samedi 31 décembre 2011

La réforme du « 100% monnaie »


Le « 100% monnaie » constitue à ma connaissance la meilleure tentative de repenser l’intégralité du système monétaire et bancaire pour en corriger les défauts majeurs qui sont plus clairs tous les jours. Même si je n’en maîtrise sans doute pas tous les aspects, il donne la bonne direction.

Le « 100% monnaie », c’est quoi ?

Tout d’abord, je vous invite à lire ce papier d’André-Jacques Holbecq et celui-ci de Christian Gomez pour aller à la source de l’information. Il faut noter que les idées qu’ils défendent ont été défendues avant eux par d’éminents économistes, et notamment Maurice Allais, notre seul « prix Nobel » d’économie. Les idées qu’ils proposent sont à la fois simples et radicales et vont nettement plus loin que le seul rétablissement du Glass-Steagall Act, qui ne corrigerait pas tous les problèmes actuels.

vendredi 30 décembre 2011

Introduction au « 100% monnaie »


Si la banque libre restera dans les oubliettes de la pensée économique, défendue par quelques marginaux ultra libéraux, il n’en reste pas moins qu’il faut absolument réformer le système monétaire actuel pour parvenir à corriger ses innombrables défauts.

Le constat qu’il faut partager

Cité par A-J Holbecq, Maurice Allais affirmait qu’« au regard d’une expérience d’au moins deux siècles quant aux désordres de toutes sortes et à la succession sans cesse constatée de périodes d’expansion et de récession, on doit considérer que les deux facteurs majeurs qui les ont considérablement amplifiées, sinon suscitées, sont la création de monnaie et de pouvoir d’achat ex nihilo par le mécanisme du crédit et le financement d’investissements à long terme par des fonds empruntés à court terme ».

dimanche 25 septembre 2011

Gérard Lafay, un économiste qui propose une alternative


Là où beaucoup d’économistes s’arrêtent à un constat, aussi brillant soit-il, Gérard Lafay a la particularité de développer de nombreuses propositions dans « 12 clés pour sortir de la crise », rendant ce livre d’autant plus intéressant, pour ne pas dire indispensable.


Une révolution monétaire et financière


Gérard Lafay est un partisan des solutions de Maurice Allais, qui va beaucoup plus loin que le simple Glass Steagall Act qui sépare banques de dépôts et banques d’investissements. Il est favorable au 100% money, théorie défendue notamment par Christian Gomez. Cette réforme suppose que la banque centrale reprenne le contrôle total de la création monétaire, abandonnée aujourd’hui aux banques privées. Elle interdit aux banques de se financer à court terme pour prêter à long terme.