Un choix devenu le moins repoussant
Un choix devenu le moins repoussant
Depuis la censure, la plupart des commentateurs tournent en boucle sur l’irresponsabilité de notre personnel politique qui aurait créé une situation de crise. Pourtant, cette motion de censure n’est que le reflet du vote des Français, qui ont envoyé à l’Assemblée une majorité de députés qui ne pouvaient pas cautionner le budget présenté par Michel Barnier, malgré ses maigres concessions. Mieux, cette censure pousse le PS à rompre avec LFI et à constituer une majorité parlementaire stable.
Clarification et cristallisation du bloc central
Bien sûr, alors que l’issue la plus probable des législatives est un accord technique Renaissance / LR qui prolongerait l’expérience Macron, un tel jugement pourra paraître surprenant. Mais plus j’y réfléchis, plus je me dis qu’une telle issue est peut-être la meilleure, en ce qu’elle devrait nous permettre d’avoir un vrai débat en 2027, qui pourrait enfin nous permettre de tourner la page des politiques oligarchistes, tout en restreignant la capacité de nuire du président, qui perd en capacité d’action.
Victoire temporaire des castors et dernière chance du bloc central ?
« Victoire de la gauche », « score surprise du Nouveau Front Populaire », Mélenchon réclamant Matignon et l’application sans le moindre compromis de son programme. Dimanche soir a été digne de la quatrième dimension tant les faux-semblants se sont à nouveau multipliés. Bien sûr, l’alliance de gauche termine à la première place, mais ses gains étaient anticipés et elle n’est pas en position d’imposer quoique ce soit au pays, échouant à plus de 100 sièges de la majorité absolue.
Trois blocs et une impasse ?
Dimanche prochain, au terme d’une campagne ridicule par sa brièveté, nous devrons voter. Un choix devra être fait, en prenant en compte les innombrables faux-semblants des candidats. S’il est clair qu’il faut s’opposer au camp présidentiel et défaire un maximum de ses candidats, notamment les ministres, se pose ensuite la question des candidats qu’il faudrait privilégier dimanche prochain.
Mais qui est le moins repoussant ?
Dans onze mois, les élections européennes seront l’occasion du premier point d’étape démocratique après les élections de 2022. Les derniers sondages indiquent une poussée de la droite, le RN pointant largement devant la majorité présidentielle dans un contexte où tous les partis sont largement déconsidérés. Mais face au RN, et à LFI, qui ne remettent en cause le cadre de l’UE, le seul moyen pour les partisans du Frexit de peser sera de s’unir pour les européennes, contrairement à 2019…
Macron et Mélenchon plus repoussants que Le Pen
Le week-end dernier, la députée sortante LFI, Bénédicte Taurine, a perdu son siège dans une électrion partielle face à une dissidente socialiste soutenue par l’opposition interne du PS et la majorité présidentielle. Même si j’aurais probablement voté pour la députée sortante au second tour si j’avais été électeur de la circonscription, difficile de ne pas reconnaître que ce résultat est logique.
LFI au sommet du repoussoir ?
L’analyse de cette élection présidentielle est complexe. A première vue, la réélection de Macron, avec plus de 58% des voix exprimées, et 5 millions de voix de plus que Marine Le Pen, peut donner l’impression que rien ne peut changer, renforçant la résignation de ceux qui ont justement le plus intérêt au changement. Mais par-delà ce score, qui paraît élevé par rapport aux sondages, beaucoup d’éléments montrent au contraire que la fin du temps de l’oligarchisme pourrait être très proche.
L’oligarchisme arrive dans une impasse
Réédition du second tour de 2017, avec une remontée extrêmement forte de Mélenchon dans les derniers jours de la campagne. Mais les 27,8% de Macron ne doivent pas cacher que la part des voix allées au PS, au candidat du centre (Modem / LREM) et UMP/LR ne cesse de s’effondrer : de plus de 75% des voix en 2007, à 65% en 2012, l’avènement de Macron a accéléré la chute, avec à peine plus de 50% en 2017, et à peine 34% aujourd’hui. Les partisans de l’oligarchisme se sont effondrés.
Un vrai rejet des politiques du passé
Il y a 5 ans, il avait été une des surprises de l’élection présidentielle, proche d’accéder au second tour. Il y a quatre ans, après le fiasco du débat d’entre deux tours, il s’était même imposé comme le premier opposant à Macron avant de sombrer, entre excès de comportement et virage communautariste. A quelques semaines du 10 avril, même s’il est en tête à gauche et fait toujours preuve d’une belle densité intellectuelle, il est moitié plus bas qu’il y a 5 ans. Pourquoi ce divorce avec les Français ?
Aplatissement du monde et Indifférence à la France
Lundi matin, sur France Inter, Jean-Luc Mélenchon a exprimé son opposition au pavoisement du seul drapeau de l’UE sous l’Arc de Triomphe, n’hésitant pas, comme Fabien Roussel, à mêler ses critiques à celles venues de droite, au nom du droit qui spécifie que ce drapeau doit systématiquement accompagner le drapeau français. Mais il est aussi revenu sur son thème fétiche de la créolisation, sans avoir peur des contradictions qu’il porte, ou de la vision peu attrayante de sa perspective…
Une créolisation à l’accent globish
Bien sûr, nous sommes encore loin de l’élection, et la campagne n’est pas au bout de ses surprises. Mais il est frappant de constater que les derniers sondages donnent Arnaud Montebourg entre 2 et 4%, et Eric Zemmour à 11%. L’ascension sondagière de rentrée du journaliste montre que les surprises sont probables dans cette élection. Que penser de son succès et de l’échec de Montebourg ?
Trump à la française et socialisme épuisé ?
La sortie de Jean-Luc Mélenchon dimanche parlant « d’attentats écrits à l’avance » a déclenché une nouvelle polémique qui a dominé l’actualité politique de cette semaine, générant réaction, réaction aux réactions, contre-feux et polémiques dans tous les sens. Mais qu’a-t-il pu passer par la tête du chef de la France Insoumise pour faire une telle déclaration ? Tentative d’explication.
Nouvelle étape dans l’autodestruction
Papier publié mardi dans le FigaroVox
Le mot « créolisation », utilisé par Mélenchon a suscité des polémiques, auquel il a répondu dans l’Obs. L’occasion de clarifier, s’il y en avait encore besoin, le virage communautariste de La France Insoumise, aggravé par une nouvelle importation anglo-saxonne, le refus de toute alternative. Pour lui, « la créolisation n’est ni un projet, ni un programme. C’est un fait qui se constate ».
Le modèle français et le français au rebut