Hier, après
la tragi-comédie du
vrai-faux ultimatum de la gauche du PS, Manuel
Valls a fait son discours de politique générale à l’Assemblée National.
Loin d’un nouveau départ pour la majorité, il s’agit en fait d’un éloge du
cap choisi par François Hollande en 2012 et précisé
début 2014.
Capitaine
eurolibéral à l’œuvre
Un
esprit taquin pourrait dire « à
droite toute », tant, sur l’économie, la majorité actuelle met ses pas
dans ceux de la précédente. Même constat : euro trop cher, trop de
chômage, un pouvoir d’achat en berne, un manque de compétitivité dans un cadre
mondialisé. Les politiques suivies sont très proches : baisse des
déficits, emplois aidés, baisse du coût du travail, économies idoines pour
financer le tout et petite touche verte. Du coup, les fonctionnaires
ont du mal à voir la différence, le point d’indice pourrait bien rester gelé.
Seuls changent les coups de pouce au pouvoir d’achat : défiscalisation
des heures supplémentaires sous Sarkozy, baisse des charges sur les bas salaires
ici. Geste extrêmement révélateur, c’est le PS au pouvoir qui annonce une
baisse de l’impôt sur les bénéfices des sociétés !
Manuel
Valls, assez habile sur la forme, persiste à donner une
priorité à la politique de l’offre, qui
s’impose depuis le rapport Gallois. S’il a consenti quelques couplets sur
les personnes en difficulté, le PS persiste dans une version allégée de la
politique du Medef en brandissant la menace de cette « concurrence mondiale qui ne fait pas de
cadeaux à nos entreprises », nous imposant de « se mettre au niveau ». La
défaite des municipales a juste imposé un petit coup de pouce aux bas salaires.
La ligne austéritaire sort gagnante, avec 50 milliards d’économie à venir, un
défi à la raison quand on constate les conséquences ailleurs. Et tel le patron
d’une multinationale en réorganisation, Manuel Valls propose de diviser par
deux le nombre de régions et remettre en question les départements…
L’opposition
vaine de l’UMP et de l’aile gauche du PS



