Affichage des articles dont le libellé est Paul Krugman. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Paul Krugman. Afficher tous les articles

samedi 19 mars 2016

Le grand retour du protectionnisme aux Etats-Unis

Dans le débat mondial sur le libre-échange, jusqu’à présent, les pays dits développés défendaient tous une plus grande libéralisation, quand les pays asiatiques continuent largement à se protéger. Les Etats-Unis se sont toujours montrés plus pragmatiques que nos pays européens, pour qui l’anarchie commerciale reste un veau d’or inquestionnable, en protégeant leur sidérurgie et leurs pneus par exemple. Les primaires révèlent une forte évolution du débat public en faveur du protectionnisme.

`


De Trump, à Sanders, en passant par Clinton

mercredi 16 décembre 2015

SMIC, chômage : le PS persiste dans le côté obscur




Antisocial sur le pouvoir d’achat

Malheureusement, le choix du gouvernement sur le SMIC n’est pas une surprise. Juste après son élection, François Hollande s’était contenté d’un coup de pouce de 0,6% au-dessus du minimum légal. Pas cher payé pour une majorité qui se dit socialiste. Il faut rappeler, encore et encore, que le Jacques Chirac de la fracture sociale avait accordé 2% de coup de pouce à son élection en 1995. Quand la droite pourtant post-gaulliste parvient à être trois fois plus généreuse que le parti dit socialiste ! Et depuis, rien. Le gouvernement n’a pas accordé le moindre coup de pouce supplémentaire depuis trois ans et demi, un fait qui en dit long sur ses priorités et le choix destructeur de la compétitivité à tout prix. Pire, la rémunération des patrons du CAC40 a augmenté dix fois plus rapidement, soit +6% en un an.

Même si ce choix tient aussi à la structure de notre fiscalité, il faut rappeler que c’est le libre-échange non maitrisé avec des pays où les salaires sont 10 ou 20 fois plus bas qui met la pression sur le niveau des bas salaires. Mais parce qu’elle refuse de remettre en question le libre-échange anarchique, les « socialistes » en viennent à adopter l’agenda salarial du Medef d’un blocage du SMIC, alors même que les économistes soulignent que la hausse des bas salaires est un moteur pour la croissance (pour peu que l’on maîtrise les importations bien sûr). Et ce choix est encore plus effarant qu’un débat émerge sur le niveau du SMIC, en Allemagne, en Grande-Bretagne ou même aux Etats-Unis, avec la volonté de le revaloriser. Bref, Hollande continue à mener la politique de la droite la plus stupide.

La découverte du chômage de masse

mercredi 4 novembre 2015

Un patron : 20 ou 1000 SMICs ?




La fin de la grande modération

Paul Krugman faisait un historique passionnant de plus d’un siècle d’histoire politique et économique de son pays dans « L’Amérique que nous voulons », son livre de 2008, où il défendait une couverture universelle pour le système de santé, se permettant même de prendre exemple sur la France, malgré notre image peu flatteuse dans le débat politique polarisé d’outre-Atlantique. Il rappelait que du fait de la mise en place de taux d’imposition très progressifs (au-delà de 70% pour les plus hauts revenus, même sous Richard Nixon, qui n’avait pas la réputation d’être un communiste), les écarts de salaires avaient beaucoup décru dans un premier temps, avant que la progression des salaires en haut et en bas de la pyramide sociale ne s’égalise pendant la majeure partie des Trente Glorieuses.

Mais depuis le milieu des années 1970, l’humanité a décidé de restreindre de moins en moins les foucades du marché. Les taux d’imposition marginaux ont été réduits de plus en plus, en commençant un grand coup pendant la révolution conservatrice menée par Ronald Reagan outre-Atlantique et Margaret Thatcher outre-Manche. Du coup, non seulement les plus hauts revenus (le 1% ou le 0,1%) ont explosé, mais en plus, ils paient des impôts bien plus légers qu’il y a quelques décennies, du fait de taux beaucoup plus bas, mais aussi de nombreuses niches fiscales. C’est ainsi que le patron de Renault-Nissan gagne aujourd’hui 1000 SMIC quand son prédécesseur il y a près de 25 ans s’en contenter de 15 à 20. Voilà pourquoi le chiffre de Gérard Mulliez ne doit rien au hasard, mais à l’histoire.

L’émergence d’un débat

mercredi 30 septembre 2015

L’étonnant appui de Paul Krugman à Donald Trump

C’est un des rebondissements étonnants de cette surprenante campagne des primaires aux Etats-Unis, qui a vu le milliardaire Donald Trump prendre largement la tête des sondages du côté Républicain, en tenant un discours volontiers outrancier. Mais sur l’économie, Paul Krugman le soutient !



Le soutien limité d’un démocrate

Cela peut paraître étonnant de la part d’un progressiste, qui défendait une assurance maladie universelle dans son livre « L’Amérique que nous voulons », prenant le système Français en exemple. Il dénonce aussi « son racisme implicite et son insistance à arrêter onze millions d’immigrés sans papier et les retirer de notre sol ». Mais, il maintient que « Trump a raison sur l’économie » quand Jeb Bush l’attaque sur « sa volonté d’augmenter les impôts pour les riches, ses commentaires sur la couverture universelle pour la santé ». Pour lui, les attaques de Bush portent « précisément sur les points où M.Trump a raison ». Cruel, il rappelle que les Républicains disaient que la hausse des taxes et l’Obamacare détruiraient des emplois et que Mitt Romney promettait un taux de chômage à 6% en 2016.


Que penser de ces primaires ?

samedi 4 juillet 2015

Grèce : liberté, justice, dignité, humanité, nous chérissons vos NON #OXI


Visuel de Bettina David-Fauchier

Oui, à la tyrannie et au massacre social inutile

Vu de France, il pourrait sembler étonnant que moins de 90% des Grecs votent OXI dimanche. Après tout, le dernier plan des créanciers, outre une forme insultante, n’est qu’une nouvelle resucée des plans de la troïka qui ont tous échoué depuis cinq ans, la première restructuration ayant été suivie par une autre, qui devra tôt ou tard être prolongée par une troisième. Il y a quelque chose de désespérant à persister de la sorte dans l’erreur aujourd’hui. Autant on pouvait discuter les hypothèses il y quatre ou cinq ans, autant aujourd’hui, les preuvres abondent de la folie des politiques menées qui parviennent à l’exploit de rendre le massacre social parfaitement inutile, outre un aspect humain totalement révoltant.



Le plus effarant est que les « prix Nobel d’économie » Paul Krugman et Joseph Stiglitz sont venus en renfort pour clarifier le fait que ces plans, non seulement inhumains, sont irresponsables et ne fonctionneront pas. Plus d’austérité (pour augmenter l’excédent primaire), renverra l’économie en dépression et alourdira encore le poids de la dette. Dire oui à ce plan monstrueux, c’est persister dans une erreur qui a envoyé le pays dans une des crises les plus violentes des dernières décennies. Mais parce qu’il vient d’institutions qui les ont aidé pendant des décennies, et parce qu’il ont peur de se trouver seuls face à la Turquie, les Grecs hésitent à mordre la main qui les a aidé, même si elle les torture aujourd’hui. Et comme le souligne Romaric Godin, les créanciers utilisent tous les moyens pour peser sur le résultat.

Non à l’esclavage et à la descente aux enfers

vendredi 3 juillet 2015

Krugman et Stiglitz votent non au plan irresponsable de la troïka




Les créanciers sont les irresponsables !

Quand un tel jugement est porté par deux prix Nobel d’économie* récents et modérés, cela doit amener à questionner l’histoire racontée par les euro austéritaires. Paul Krugman pense qu’il vaut mieux que la Grèce quitte l’euro plutôt que de continuer les politiques d’austérité entamées il y a 5 ans. Pour lui, « la dévaluation ne pourrait pas créer beaucoup plus de chaos que ce qui existe déjà et permettrait une éventuelle reprise, comme cela a eu souvent lieu dans bien des endroits », notant que l’histoire ne plaide pas pour un maintien dans la zone euro. Pour lui, « la troïka a sciemment fait à Tsipras une offre qu’il ne pouvait pas accepter. L’ultimatum était en fait un pas pour remplacer le gouvernement ».


Une condamnation sans appel de l’UE

lundi 13 avril 2015

Les analyses de David Graber sur la crise actuelle

Si « Dette : 5000 ans d’histoire » vaut (beaucoup) pour l’histoire de la monnaie, en notant son caractère profondément politique, et bien sûr, celle de la dette, ce livre a également l’intérêt de mettre en rapport notre histoire récente avec l’histoire passé, en offrant une lecture politique alternative.



L’austérité à deux vitesses

David Graeber commence le livre en citant le cas des hauts plateaux Madagascar où la suppression des programmes d’éradication des moustiques avait provoqué une épidémie de paludisme qui avait fait dix milles victimes en se demandant s’il « était justifié de perdre dix mille vies pour que la Citybank n’ait pas à reconnaître ses pertes sur un seul prêt irresponsable, d’ailleurs sans grande importance pour son bilan ». Il juge que certaines innovations financières étaient des « arnaques très élaborées », et que les banques spéculaient sur des paris assurés par « une compagnie d’assurance géante, qui, si elle coulait à pic sous le poids de la dette ainsi contractée (…) serait renflouée par le contribuable ».

Il rappelle qu’en 1980, le Congrès a abrogé la loi qui limitait les taux d’intérêt entre 7 et 10%, soit le retour de l’usure, et le développement des cartes de crédit, qui a permis « l’élimination de l’ensemble des législations restrictives qui plafonnaient les taux d’intérêt ». Pour lui, « le principe de l’honneur a été totalement retiré du marché », et, que, parallèlement, nous sommes tombés dans « l’autosacrifice ascétique ». Comme Paul Krugman, il dénonce le fait que les banques aient été aidées et non les ménages. En outre, depuis la fin des années 1970, les salaires stagnent alors que la productivité continue à monter. Il note que « la cause première de la faillite personnelle aux Etats-Unis est la longue maladie ». Il en va jusqu’à poser des questions sur les pratiques du micro-crédit de la Graamen Banck en soulignant que c’est la logique qui a poussé au surendettement des ménages aux Etats-Unis, leur donnant un pouvoir (de consommation) illusoire, une liberté qui a abouti à l’esclavage.

Une société violente, inhumaine, et bloquée

Pour David Graeber « on pourrait dire que les trente dernières années ont vu s’édifier un immense appareil bureaucratique ayant pour mission de créer et maintenir le désespoir, une gigantesque machine conçue, d’abord et avant tout, pour éliminer tout sentiment d’autres futurs possibles ». Tout ceci créé « un climat général de peur et de désespoir, dans lequel l’idée même de changer le monde paraitra un vain fantasme ». Il note le paradoxe selon lequel « quand la machine a implosé, nous nous sommes retrouvés dans l’étrange situation d’être incapables ne serait-ce que d’imaginer un autre mode d’organisation possible ». Pour lui, « tout système qui réduit le monde à des chiffres ne peut être maintenu que par les armes ». Il soutient que ce serait les riches qui useraient et abuseraient du levier alors qu’ils plaident pour « la démocratisation de la finance », alors que Smith et Ricardo étaient méfiants avec le crédit.

Il fait un lien entre guerre et dette en rappellant ce que le flottement du dollar doit à la guerre du Vietnam. Il fait aussi un parallèle entre la décision de l’Irak de passer du dollar à l’euro en 2000 et la guerre qui a suivi en 2003. Il rappelle aussi que « la Federal Reserve – malgré son nom – ne fait pas partie de l’Etat ; c’est un type particulier d’hybride public-privé, un consortium de banques privées dont le président est nommé par le président des Etats-Unis avec l’approbation du Congrès, mais qui, pour le reste, opère en dehors de toute supervision publique ».

Il note égalment que Wahington impose « un comportement diamétralement opposé au sien : elle leur impose d’appliquer des politiques monétaires restrictives et de rembourser scrupuleusement leurs dettes ». Il note aussi que le FMI protège moins les débiteurs qu’il n’impose les droits des créanciers. Pour lui « on peut voir grand krach de 2008 comme l’aboutissement de nombreuses années d’affrontements politiques entre créanciers et débiteurs, entre riches et pauvres. A un certain niveau, bien sûr, il était exactement ce qu’il semblait être à première vue : une arnaque, une pyramide de Ponzi incroyablement sophistiquée qui avait été conçue pour s’effondrer, car les arnaqueurs savaient pertinemment qu’ils pourraient forcer les victimes à les renflouer ».


Il conclut : « l’argent n’est pas sacré, payer ses dettes n’est pas l’essence de la morale, ces choses-là sont des arrangements humains, et, si la démocratie a un sens, c’est de nous permettre de nous mettre d’accord pour réagencer les choses autrement ». Le principe sacré de devoir payer ses dettes a été « démasqué comme un mensonge flagrant. En fait, nous n’avons pas ‘tous’ à payer nos dettes. Seulement certains d’entre nous. Rien ne serait plus bénéfique que d’effacer entièrement l’ardoise pour tout le monde, de rompre avec notre morale coutumière et de prendre un nouveau départ ».

Après avoir donné un court aperçu de la masse d’informations donnée par David Graeber, il est essentiel de faire comme l’auteur, à savoir tirer les leçons pour la période actuelle de cette longue histoire de la monnaie et de la dette. Un plaidoyer contre les austéritaires monétaristes.


Source : David Graeber, « Dette : 5000 ans d’histoire », Les Liens qui Libèrent

vendredi 3 avril 2015

L’étrange défaite du progressisme

Des riches toujours plus riches (Carlos Ghosn qui gagne 400 SMICs quand son prédécesseur n’en gagnait pas 20), une littérature abondante et à succès sur les inégalités (Thomas Piketty et son « Capital au 21ème siècle », Joseph Stiglitz). Le contexte devrait pousser les idées progressistes. Mais non…



Une vraie défaite électorale

Les deux dernières élections, européennes et départementales, représentent en effet un véritable camouflet pour les idées progressistes. Alors qu’en Grèce et en Espagne, c’est la gauche radicale, avec un agenda qui fait écho aux préoccupations des 99%, qui gagne, en France, c’est la droite et l’extrême-droite qui gagnent. Pire, depuis trois ans, le parti qui portait l’agenda le plus progressiste, le Front de Gauche a perdu la moitié de ses électeurs. Et encore pire, le PS, sur lequel on ne pouvait guère se faire d’illusion, a totalement oublié ses maigres accents progressistes (la taxe à 75%) et assume un discours économiquement de plus en plus digne de la droite la plus dogmatique selon Paul Krugman.

Les raisons de cette défaite sont multiples. D’abord, concernant le FG, on peut y voir les conséquences du transfert de l’ouvrier à l’immigré comme héros moderne pour une partie de la gauche, pour reprendre Jean-Claude Michéa, comme l’illustrait l’affaire Léonarda, à rebours du sentiment populaire. On peut aussi y voir les conséquences de la mauvaise diversion de la campagne pour une nouvelle république alors même que les Français comprennent sans doute que nos institutions ne sont pas responsables de la crise actuelle. Ensuite, le PS a abandonné les classes populaires en FN en renonçant à tout agenda social et en défendant la mondialisation, devenant le porte-parole de ceux qui s’en tirent.

A quand le sursaut progressiste ?

vendredi 20 février 2015

Le rêve américain, enterré par la loi de l’argent

C’est l’un des intérêts de The Economist, la bible des élites globalisées, de montrer les problèmes de notre époque, comme il vient de le faire en dénonçant « la nouvelle aristocratie des Etats-Unis ». Mais s’il pointe justement le rôle du renchérissement de l’éducation, qu’il dénonce, il en oublie d’autres.



La mort du rêve étasunien








Une analyse partielle

samedi 7 février 2015

Grèce : pourquoi Obama appuie-t-il Syriza ?




Du bon sens économique

Comme le rapporte le Figaro, la troïka « demande à Athènes un surplus budgétaire (hors charge de la dette) allant jusqu’à 4,5% du PIB, au prix de lourds sacrifices sociaux ». Usant d’une belle image, Paul Krugman, « prix Nobel d’économie » 2008, dit que c’est vouloir « tirer du sang à une pierre ». Même le FMI dit que « maintenir un surplus de 4% du PIB pendant quelques années pourrait se révéler difficile ». Le 22 janvier, plusieurs économistes, dont Stiglitz et Pissarides, également « Nobel », ont demandé « une réduction de la dette, en particulier bilatérale, un moratoire sur le paiement des intérêts et un montant significatif d’argent » pour financer de grands investissements et d’importantes réformes.

Tout ceci montre peut être que la distance permet de mieux comprendre la folie des politiques menées en Grèce, que nous avions été plusieurs à dénoncer dès 2010, sans être écoutés malheureusement. Au final, ces politiques étaient aussi inhumaines que folles et il serait aberrant de les poursuivre. Le problème est que, pas illogiquement, les pays créditeurs renâclent à accepter une réduction de la dette grecque. Le système de la monnaie unique européenne dresse les pays les uns contre les autres. En conscience, je pense qu’il faudrait accorder une remise à la Grèce, d’autant plus que je crois que la banque centrale doit être sous le contrôle de l’Etat et pourrait donc éponger cette « perte ».

Un souci plus géopolitique ?

mardi 7 octobre 2014

La paradoxale avancée de l’agenda néolibéral


Depuis quelques mois, alors que l’agenda austéritaire et néolibéral a plongé le continent européen dans une récession prolongée, on pourrait penser que les idées alternatives ont un boulevard. Las, il semble que pour soigner le mal, plus de ce même mal s’impose pour le moment comme la solution !



Le retour des austéritaires

C’est un immense paradoxe. Entre la révolution copernicienne du FMI fin 2012, qui a remis en cause ses recommandations en partant du constat que les politiques austéritaires avaient un effet dépressif bien plus important que prévu, les rendant contre-productives, et le marasme dans lequel les économies européennes se sont enfermées en cherchant à réduire les déficits, l’agenda défendu par Paul Krugman devrait s’imposer. Mais non, même s’il faut reconnaître que l’Union Européenne accepte pour le moment que les objectifs de réduction des déficits ne soient pas atteints aussi vite que prévu, en Grèce, en Espagne ou en France, la tonalité actuelle du débat semble marquer un effarant retour en arrière. Il faut dire que la dramatisation ridicule du passage du cap des 2000 milliards de dette n’aide pas.

Même si le gouvernement a repoussé en deux temps l’objectif d’un déficit à 3% du PIB, de 2013 à 2015, puis 2017, la direction de la politique budgétaire reste désespéremment à l’austérité, même si elle n’est pas aussi brutale qu’à une époque ou ailleurs. Jacques Sapir décrypte de manière remarquable le paradoxe de cette époque, où l’échec des politiques d’austérité, qui, en cassant la croissance, ont même du mal à réduire les déficits en pénalisant les rentrées fiscales, donne du grain à moudre aux austéritaires qui appellent à plus d’austérité, comme on peut le voir à l’UMP, dont tous les candidats demandent une baisse d’au moins 100 milliards de la dépense publique, qui, selon les calculs du FMI, provoquerait une chute de 4,5 à 8% du PIB. Il est effarant d’oublier Keynes et les leçons du passé récent.

Toujours plus de laisser-faire

lundi 28 juillet 2014

L’échec patent de l’austérité


Certains (Sapir en France, Krugman aux Etats-Unis) avaient prévenu que l’austérité n’est pas la voie pour sortir de la crise, qu’elle casserait la croissance et donc n’aurait qu’une efficacité très limitée puisque ce qui serait gagné d’une main serait perdu d’une autre. Nouvelle illustration avec un rapport de l’Assemblée.



La France et l’Europe victimes de l’austérité

Valérie Rabaud prolonge le débat déjà lancé il y a près d’un an par le Monde, qui avait dénombré par moins de 84 impôts nouveaux créés par Nicolas Sarkozy et François Hollande de 2011 à 2013. Elle a chiffré la hausse des prélèvements depuis 2008 et atteint le chiffre colossal de 69 milliards d’euros entre 2011 et 2013, à mettre en regard avec une baisse du déficit de seulement 16 milliards sur la même période. Le rapport chiffre précisément la hausse des prélèvements : 18 milliards pour 2011, 22 pour 2012 et 29 pour 2013. Il n’est pas peu piquant de constater le montant colossal des hausses d’impôts décidées par François Hollande, lui qui s’était fait élire pour davantage soutenir la croissance.

Voici donc une nouvelle preuve du manque de l’inefficacité criante de ces politiques d’austérité, aux si mauvais rendements. En effet, le déficit n’a baissé que de 16 milliards de 2011 à 2013, pour plus de 50 milliards de prélèvements additionnels (sans même compter les restrictions de dépenses avec le gel des rémunérations de la fonction publique), soit un rendement dérisoire d’environ 30%. La raison de cet échec est simple : le multiplicateur budgétaire. Comme l’admet même le FMI aujourd’hui, les mesures de baisses de déficit provoquent une baisse du PIB (pour un rapport compris entre 0,9 et 1,7), ce qui réduit les recettes fiscales, et donc réduit fortement la baisse des déficits initialement prévue.

Une leçon qui n’est pas tirée

vendredi 11 juillet 2014

Arnaud Montebourg : rien que des mots, toujours des mots






Un constat très juste

Il est attendu que le ministre de l’économie développe son hostilité aux politiques d’austérité, ce qui représente un positionnement logique par rapport à tous les thèmes qu’il développe depuis plus de trois ans. Peu après sa nomination, il était assez logiquement passé de la démondialisation (emprunté à Jacques Sapir, avec une préface d’Emmanuel Todd) à la défense du « fabriqué en France » (en oubliant souvent de traduire « made in France »). Ce faisant, il défend une ligne protectionniste modérée, qui l’a poussé à réaliser une couverture fameuse où il pose en marinière et avec un appareil Moulinex.

Qu’un ministre soutienne une telle ligne démontre la progression de ces idées dans l’opinion, également défendue par des journalistes de l’Expansion, du Monde et l’Express dans le bon livre « Inévitable Protectionnisme ». Le constat est simple : l’Europe est l’idiot de la globalisation car tous les autres pays protègent leurs industries et il est temps d’être plus pragmatique et d’enfin appliquer ce qui est à la base du modèle de développement asiatique, comme même The Economist l’a reconnu alors qu’il a été fondé par opposition aux lois protectionnistes britanniques du 19ème siècle !

Le volet que devrait ajouter le ministre jeudi est totalement cohérent. De nombreux économistes progressistes dénoncent depuis des années les ravages des politiques d’austérité en Europe. On pense à Jacques Sapir, dont les calculs sur le budget 2013 à la rentrée 2012 prévoyaient la non atteinte des objectifs de baisse des déficits et une moindre croissance, ont été vérifiés par les faits. On peut aussi penser aux deux « Prix Nobel d’économie », Joseph Stiglitz et Paul Krugman, qui a consacré son dernier livre à la question. Mieux, même le FMI, pourtant l’avocat de la rigueur, a fini par reconnaître qu’elle pouvait devenir contre-productive du fait de la sous-estimation de son impact sur la croissance.

Ce faisant, Arnaud Montebourg poursuit la construction d’un discours économique alternatif cohérent en y apportant un volet budgétaire, dont il n’a pas la responsabilité, cependant, puisqu’elle a été confiée à Michel Sapin. Il pourrait même soutenir que ce discours est cohérent avec celui du président de la République, qui avait fait de la réorientation de l’Europe une de ses priorités, ce qui avait abouti à la signature d’un Pacte de Croissance au sein de l’UE peu après son arrivée à l’Elysée. En outre, son disours entretient l’espoir de l’aile gauche du PS, très tiède à l’égard du nouveau Premier Ministre.

Toujours des mots…

lundi 30 juin 2014

Le dangereux retour des austéritaires, au PS !


Paradoxe assez incroyable qui démontre à quel point la décomposition de la pensée économique, alors que les preuves des méfaits des politiques austéritaires ne cessent de s’accumuler et sont aujourd’hui admises par des intellectuels de tous les bords, le PS y cède de plus en plus, comme le montre le dernier rapport de la Cour des Comptes et le rapport de Jean Pisani-Ferry.



Quand un socialiste propose de faire du Sarkozy !

Le PS est vraiment dans une phase de décomposition intellectuelle avancée pour produire une intelligentsia qui embraye le pas à la pensée économique de la droite la plus bête, pour paraphraser Paul Krugman au sujet de la défense de la politique de l’offre de François Hollande. Didier Migaud, député « socialiste » nommé par Nicolas Sarkozy à la tête de la Cour des Comptes, a publié un rapport qui questionne la capacité du pays à tenir ses objectifs de réduction du déficit budgétaire et propose de réanimer la politique initiée par Nicolas Sarkozy, visant à supprimer 10 000 postes de fonctionnaires par an, mais en incluant les collectivités locales et la Sécurité Sociale au lieu de la limiter à l’Etat. Il avait déjà critiqué la promesse du président de créer 60 000 postes dans l’éducation, malgré un véritable besoin.

Jean Pisani-Ferry, ancien conseiller économique des ministres de l’économie de Lionel Jospin de 1997 à 2002, pousse encore plus loin la logique austéritaire. Il dénonce le poids des dépenses publiques « 12 points supérieur à l’Allemagne », en feignant d’ignorer qu’il compare des choux et des carottes et que la réalité est beaucoup plus équilibrée, notre service public étant beaucoup plus étendu que vos voisins. Il propose de diminuer les dépenses publiques de 54,8 à 48,8% d’ici à 2025, soit un effort de 0,6 point de PIB tous les ans. On suppose qu’il ne prend pas en compte le fait que la baisse des dépenses réduit le PIB, d’un coefficient de 0,9 à 1,7 selon la dernière étude du FMI. Une telle baisse réduirait le PIB de 5 à 10% sur 10 ans, ce qui contredit complètement l’objectif de réduction du poids de la dette, qui serait augmenté d’autant, comme cela se passe dans une partie des pays de la zone euro.

L’austérité est contre productive

samedi 10 mai 2014

Europe : les balivernes de François Hollande


Jeudi 8 mai, le président s’est fendu d’une longue tribune dans le Monde pour lancer sa campagne pour les élections européennes. Un tissus d’arguments plus faux les uns que les autres pour essayer de justifier le fait de voter socialiste le 25 mai. Un attrape-gogo qui ne convaincra pas grand monde.



Propagande mensongère

Déjà, attendre qu’on soit à 17 jours du vote montre qu’il essaie d’escamoter tout débat. Puis, il utilise l’anniversaire de la fin de la Seconde Guerre Mondiale pour reprendre l’argument éculé selon lequel, l’Europe, ce serait la paix et que « le nationalisme, c’est la guerre ». Déjà, cela ne signifie pas non plus que n’importe quelle Europe, c’est la paix. Ensuite, on serait curieux que quelqu’un parvienne à montrer qu’en absence de CEE, les pays européens ce seraient faits la guerre. La paix de la 2ème moitié du 20ème siècle doit bien plus à l’arme atomique, la guerre froide, et un refus viscéral des instincts guerriers dans tous les pays du continent. Enfin, on pourra lui rappeler que d’autres pays hors UE (Suisse ou Norvège en Europe, mais aussi le Japon ou l’Australie) ne sont pas particulièrement belliqueux...

Ensuite, nous avons droit à l’histoire qu’il n’y aurait pas qu’une Europe possible, dénonçant une Europe qui ne serait « qu’un marché (…) à l’austérité aveugle ». Rappelons ici que Mitterrand disait en 1971 que « s’il est interdit d’envisager une Europe socialiste à court terme, à partir d’une France socialiste, l’évolution s’accélérera » et que l’on doit au PS la privatisation des services publics et une libéralisation destructrice pour les emplois et les salaires. Pour ceux qui n’auraient pas compris, ce serait la différence entre l’Europe de l’UMP et l’Europe du PS. Mais ceci est grotesque. Les deux ont voté tous les traités.  Et qui a signé le TSCG contre un plan de relance tellement dérisoire que l’UE est retombée en récession ? Hollande, que Paul Krugman critique pour adopter les politiques de droite les plus bêtes.

Le mythe de l’Europe socialiste

mercredi 7 mai 2014

Hollande 2 ans après : le delorien qui espère un retournement


Hier matin, le président de la République a essayé de frapper les esprits pour fêter les deux ans de sa victoire contre Nicolas Sarkozy en étant invité par Jean-Jacques Bourdin sur RMC. La déception des Français était finalement assez prévisible et tout retournement semble très hypothétique.


Delorien sans surprise

Il y a deux ans et demi, le premier tour des primaires socialistes avaient tranché : le représentant du PS serait un deloro-jospiniste. Dès lors, il n’y avait aucun espoir à avoir, comme l’avait montré le double langage ridicule de l’ennemi de la finance quand il avait été interviewé par le Guardian… Voilà pourquoi j’avais décidé de ne pas choisir entre lui et Nicolas Sarkozy au second tour, malgré une très forte aversion pour le président sortant (qui m’avait poussé à voter contre lui en 2007). Au final, la ligne suivie depuis 2012 s’inscrit dans une continuité sans faille avec l’ancien président de la Commission Européenne, entre politique d’austérité et de l’offre, le tout dans le cadre contraignant de l’UE.

Depuis le début, Hollande poursuit la politique d’austérité engagée par Sarkozy. Mais, logiquement, menée à l’échelle continentale, cela a plongé l’UE dans une seconde récession, remettant à sa place le misérable plan de croissance européen, raillé par Paul Krugman, et négocié pour signer le TSCG Merkozy. Et même si les objectifs de baisse des déficits sont moins déraisonnables, ils restent un mauvais choix quand on voit les conséquences de ces plans ailleurs, comme le note aussi Paul Krugman. Enfin, la baisse du coût du travail, mise en place en trois temps (CICE, annonce de 20 milliards de plus, annonce du pacte de responsabilité) est une priorité ubuesque dans une UE où le coût du travail bulgare ou roumain est prêt de 90% inférieur et où la hausse de l’euro depuis 2 ans annule tout effort en dehors…

Le communiquant en attente d’un vent porteur