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jeudi 2 février 2017

L’Union Européenne, toujours aussi fan des OGM


C’est un feuilleton dont je rend compte depuis au moins huit ans : toutes les tentatives d’autorisation d’OGM dans l’UE, appuyées par tous ses bureaucrates, malgré l’opposition des populations mais aussi d’une grande partie des Etats. La commission est prête à toutes les manœuvres pour permettre d’ouvrir le marché européen aux inventions de Monsanto, jusqu’à utiliser les procédures les plus byzantines et antidémocratiques, pour essayer d’interdire d’interdire les OGM. Vous trouverez à la fin de cette note un lien vers une dizaine de papiers sur le sujet, après ce nouvel épisode.

La semaine dernière, la commission essayait de prolonger l’autorisation du MON810, et d’autoriser deux nouveaux maîs de DuPont et Syngenta. Mais sur le premier, 12 Etats ont voté contre (et 10 pour), et sur le second 13 contre 8. Dans cette organisation rétive à la démocratie, bien sûr, un vote d’appel sera organisé au printemps, et la commission pourrait alors prendre la main. Bien évidemment, un autre vote n’aurait sans doute pas été organisé si les pro-OGM l’avaient emporté... Dans cette UE peu démocratique, les votes n’ont pas la même importance selon qu’ils vont ou non dans le sens voulu.

A lire :

mardi 26 mai 2015

OGM : ni excès d'honneurs, ni excès d'indignité (billet)

Billet invité de Jean-Louis Porry, complément au débat suscité par mon papier « A quand l’interdiction du Roundup de Monsanto ? »



Contrairement aux annonces récurrentes de nouvelles applications, la quasi totalité des plantes génétiquement modifiées -PGM- utilisées dans l'agriculture appartiennent à la même génération que celles qui ont été mises en marché à la fin du siècle dernier. Les gènes qui leur ont été transférés leur confèrent des propriétés insecticides ou leur permettent de résister à un herbicide. Il y a une confusion sur le terme de "générations" d'OGM. Pour certains, on doit parler de "deuxième, troisième... génération" dès que plus d'un caractère a été transféré, par exemple la capacité de produire deux sortes de protéines insecticides, ce qui leur confère un spectre de résistance plus large. Par exemple, le maïs TC 1507, qui a défrayé la chronique, relève de cette catégorie (une propriété herbicide et une propriété insecticide). En fait, de tels OGM ne présentent pas de différences significatives avec la première génération, que ce soit pour leur utilisation ou pour les méthodes de transgénèse utilisées. Il est préférable de réserver ce terme à des OGM où les caractères introduits, souvent avec des méthodes plus sophistiquées, modifient le comportement d'ensemble de la plante, par exemple en lui permettant de résister à la sécheresse.

dimanche 24 mai 2015

A quand l’interdiction du Roundup de Monsanto ?




L’histoire effarante de Monsanto

Monsanto, c’est un peu comme le chef des dealers après la dépénalisation des drogues. Ses produits sont hautement addictifs puisqu’il vend un herbicide (le Roundup) auquel résistent certaines de ses semences OGM, programmées pour ne pas donner de semences ensuite, imposant par conséquent de racheter année après année ses semences. Outre la privatisation du vivant, on rentre dans un système totalement fermé, et très profitable, puisque son chiffre d’affaire est passé de 5 à 16 milliards de dollars depuis 2003, et son résultat de 0,1 à 2,7 milliards. Le niveau de marge en dit long sur le modèle d’affaire de l’entreprise, et il est effarant que Monsanto espère aujourd’hui racheter Syngenta.

Outre cette position de prédateur capitaliste, qui devrait interroger aussi les vrais libéraux qui défendent un minimum de compétition, l’autre problème posé par Monsanto, ce sont les nombreux scandales sanitaires qui l’ont éclaboussé, comme le rapportait Le Monde dans un papier effarant il y a trois ans. Le professeur Séralini avait déclenché une énorme polémique en pointant le danger du Roundup. Il trouve ses travaux confirmés par l’avis de l’agence de l’Organisation Mondiale de la Santé le 20 mars qui a classé le Roundup comme « cancérogène probable ». Quand on pense que Monsanto faisait la publicité de ce désherbant en disant qu’il ne posait aucun problème pour l’os du chien !

Pour une interdiction complète

samedi 25 avril 2015

L’UE, l’ami des OGMs et de Monsanto, suite, mais pas fin




Par la porte et la fenêtre


Dans ce nouvel épisode, « la Commission européenne a autorisé l’importation et la commercialisation de 17 OGM destinés à l’alimentation humaine ou animale (…) L’autorisation, qui prend effet immédiatement, vaudra pour dix ans ». Bien sûr, les Etats membres pourraient interdire malgré tout leur commercialisation, mais si et seulement si était adoptée une réforme présentée mercredi, permettant des interdctions pour « des motifs de politique agricole, d’aménagement du territoire ou des conséquences socio-économiques ». Outre le fait que cette possibilité soit encore totalement hypothétique, il faut noter que cela serait sans doute lié à l’interprétation de ces motifs par une Cour de Justice dont on connaît les penchants pro-OGM. Bref, à défaut de les produire, l’UE veut qu’on les consomme (à hauteur de 0,9% dans les produits Bio pour permettre l'utilisation de conteneurs ayant transporté des OGMs) !

Un immense scandale démocratique

mardi 20 mai 2014

Le totalitarisme des pro-OGMs



Après l’échec du référendum californien visant à imposer l’étiquetage des produits contenant des OGMs, c’est au tour du Vermont de travailler sur la mise en place d’un étiquetage. Un projet qui suscite une hostilité sans nuance de The Economist, ce qui en dit long sur certains défenseurs des OGMs.


OGM : le débat impossible ?

The Economist ne renonce à aucun argument, aussi malhonnête et exagéré soit-il, pour critiquer la probable décision du Vermont. Le dessin illustrant l’article représente des hippies aux cheveux longs qui mettent une énorme étiquette « danger : nourriture OGM » sur une carotte. Puis ils mettent un « éclairage » chiffré qui indique que chaque année, trois millions de personnes meurent de la malnutrition et pas une seule des OGMs. Monsanto et Syngenta n’auraient pas fait moins subtile. Après avoir dit que 90% des consommateurs sont favorables à l’étiquetage, The Economist conclut en déplorant que « les personnes du monde qui ont faim ne puissent pas voter au Vermont  ».

Pour The Economist, il n’y a pas de doute : les OGM seraient forcément un progrès, et il faut les défendre, au point même de refuser que les consommateurs puissent être informés de leur présence dans les produits qu’ils achètent ! Ici, l’attitude de The Economist, qui défend l’opacité, est profondément illibérale, au prétexte que si de telles lois passaient « les entreprises devraient séparer les ingrédients OGMs des non-OGMs, perturbant tout le circuit d’approvisionnement. Les prix devraient monter pour tout le monde ». Outre qu’il est n’est pas évident que les coûts augmentent tellement, il est tout de même fort de café et très révélateur d’y trouver un argument pour refuser toute transparence.

Le refus de la transparence

vendredi 14 février 2014

OGM : le nouveau coup d’Etat de Bruxelles


19 états (dont la France et l’Italie) qui sont contre, 5 qui sont pour (dont l’Espagne et le Royaume Uni) et 4 qui s’abstiennent (dont l’Allemagne). Que croyez-vous qui se passe dans l’Union Européenne : la commercialisation du maïs OGM Pioneer est autorisée dans toute l’UE !


Un immense scandale démocratique

Voilà un exemple qu’il va falloir répéter en boucle pour bien montrer le caractère anti-démocratique de cette construction européenne, qui s’est transformée en une monstrueuse organisation où la Commission peut imposer une décision avec le soutien de 5 états contre 19 ! Et même si l’Allemagne avait rejoint le camp des pays opposés, à 20 contre 5, l’autorisation de commercialisation du maïs OGM Pioneer serait quand même passée ! Mais comment a-t-on pu concevoir des règles aussi absurdes et contraires à la plus élémentaire démocratie ? Il est totalement ubuesque qu’un technocrate apatride et irresponsable puisse imposer sa volonté avec le soutien d’une petite minorité contre une large majorité.

Il fallait 21 pays, dont l’Allemagne, ou 22 sans elle – sur 28 – pour que la Commission ne l’emporte pas ! Malheureusement, ce n’est pas la première fois que l’Union Européenne a recourt à ces règles byzantines pour défendre la commercialisation d’OGM contre la très large majorité des opinions publiques européennes et même des gouvernements (renforçant sans doute l’opposition de la population). Déjà, la commission de Bruxelles avait tenté d’interdire aux Etats membres d’en interdire la culture. Il avait fallu l’opposition résolue de 80% des Etats pour mettre en échec les desseins délirants de Bruxelles. Pire, Monsanto et compagnie poursuivent leur offensive auprès des instances judiciaires.

L’Union Européenne, poison de l’Europe

vendredi 22 novembre 2013

OGM : The Economist plus féodal que libéral


Après la Californie, les partisans d’un étiquetage des produits contenant des OGM ont perdu une nouvelle bataille dans l’Etat de Washington. Malheureusement, les lobbys de soutien des OGM ont beaucoup plus d’argent. L’occasion pour The Economist de montrer qu’il est plus féodal que libéral.



La victoire de l’opacité

Il est tout de même incroyable que le pays qui se veut celui de la liberté résiste à la simple information des consommateurs. S’il est légitime d’indiquer les ingrédients ou la composition nutritionnelle des produits, on ne voit pas bien pourquoi il faudrait leur cacher la présence d’OGM, d’autant plus qu’il y a des polémiques scientifiques sur leur innocuité. Après tout, si les consommateurs ne veulent pas en consommer, c’est leur choix. Jusqu’à présent, les Etats-Unis résistent. Après la Californie l’an dernier, un nouveau référendum a été perdu par les soutiens d’un étiquetage, dans l’Etat de Washington.



Il faut dire que les lobbys OGMs n’y sont pas allés avec le dos de la cuillère, dépensant la bagatelle de 25 millions de dollars en campagnes publicitaires, trois fois plus que les soutiens de l’étiquetage. Monsanto était logiquement le premier contributeur… De manière habile, ils n’ont pas cherché à faire la promotion des OGMs mais ont plutôt soutenu que la mesure n’était pas nécessaire, qu’elle risquait d’augmenter le coût de la nourriture et qu’il y avait trop d’exemptions, comme le rapporte The Economist. L’autre camp insistait logiquement sur le simple besoin d’information du consommateur.

Défenseur des oligarques plus que libéral

lundi 5 août 2013

L’interminable feuilleton du MON 810 de Monsanto


Cela fait maintenant plus de cinq ans que l’interminable feuilleton politico-judiciaire de l’interdiction du maïs OGM MON 810 de Monsanto agite l’actualité. Après un demi-recul de l’entreprise en Europe annoncé il y a quelques semaines, le Conseil d’Etat vient à nouveau de lui donner raison en France.



Un mauvais feuilleton

Mais quand cela prendra-t-il fin ? L’interdiction de la commercialisation du MON 810 en France suit un scénario qu’aucun cinéaste n’aurait pu imaginer tant il comporte de rebondissements. Après l’échec de la Commission Européenne, qui avait tenté il y a quelques années d’interdire l’interdiction aux Etats-membres en passant par une scandaleuse procédure de majorité inversée, le semencier étasunien tente de passer par la Cour de Justice européenne. En France, après l’interdiction décrétée par la précédente équipe au pouvoir, le Conseil d’Etat a confirmé le précédent avis de 2012.

Cela suit une déclaration ambiguë du semancier étasunien mi-juillet annonçant qu’il retirait toutes ses demandes d’homologations d’OGM pour l’Union Européenne, du fait de « l’absence de perspectives commerciales ». Mais il ne faut pas trop se réjouir car les importations d’OGM continuent à progresser puisque si seulement 3 variétés sont autorisées à la culture, 41 le sont à la vente par les eurocrates délirants de Bruxelles. Et 26 attendent une autorisation, comme le notait le Monde. Pire, ce n’est pas l’accord commercial transatlantique qui risque d’améliorer les choses.

Des réponses insuffisantes

mercredi 26 juin 2013

Les critiques légitimes mais incohérentes du PS contre Barroso



C’est déjà le 3ème épisode de cette mauvaise comédie où l’équipe aux affaires en France et la Commission Européenne échangent des amabilités. Une critique qui n’est pas injuste, mais qui pose problème dans la mesure où c’est bien le PS (entre autres) qui lui a donné ses pouvoirs, comme j'en ai débattu hier sur France 24 : partie 1 et partie 2.



Une tragi-comédie en trois actes

Sur le fond, François Hollande et son gouvernement n’ont pas tort quand ils critiquent les prises de parole de la Commission Européenne, qui s’était illustrée sur les propos de Nicolas Sarkozy sur les roms. Le premier épisode, fin mai, a eu lieu quand les eurocrates avaient publié un rapport qui donnait une feuille de route détaillée pour le gouvernement français, s’attirant la colère de François Hollande qui avait alors déclaré que « la Commission n’a pas à nous dicter ce que nous avons à faire », étant donné son bilan désastreux dans la zone euro, comme le reconnaît même le peu progressiste FMI.

Puis, nous avons eu droit à la déclaration totalement hallucinante de José Manuel Barroso dénonçant le caractère réactionnaire de la position française consistant à défendre notre exception culturelle. François Hollande a décidé de pratiquer la politique de l’autruche devant cette provocation inexcusable de la part de celui qui doit négocier en notre nom de le très dangereux traité transatlantique de libre-échange entre les Etats-Unis et l’Union Européenne, au sujet duquel Jean Quatremer a souligné le danger « d’abandonner le modèle européen au profit du modèle du tout marché ».

Cette fois-ci, c’est Arnaud Montebourg qui a déclenché les hostilités en faisant de Barroso « le carburant du Front National » et de la « façon dont l’UE exerce une pression considérable sur les gouvernements (…) la principale cause de la montée du Front National ». Le président de la Commission Européenne a répliqué en disant que « quand il s’agit de réformes économiques, d’ouverture, de mondialisation, de l’Europe et de ses institutions, certains souverainistes de gauche ont exactement le même discours que l’extrême-droite », s’attirant à nouveau des critiques de la gauche comme de la droite.

Incohérence à Paris, tyrannie à Bruxelles

mardi 28 mai 2013

Quand Monsanto gouverne le monde


Cela fait plus de cinq ans que je rapporte la lutte d’influence qu’exerce Monsanto, avec l’aide de la Cour de Justice et la Commission Européenne. Mais ce combat n’a pas uniquement lieu en Europe puisque les intérêts des semenciers sont également bien défendus aux Etats-Unis.



Washington au service de Monsanto

Il y a un peu plus d’un mois, j’avais déjà évoqué le Monsanto Protection Act, un « amendement discret glissé dans une loi budgétaire pour l’agriculture aux Etats-Unis » selon lequel « la justice américaine ne pourra plus s’opposer aux mises en culture de plantes génétiquement modifiées, même si leur homologation est contestée devant un tribunal ». Entre temps, la Cour Suprême des Etats-Unis a donné raison à Monsanto dans un procès contre un agriculteur de 75 ans, le condamnant à verser 85 000 dollars à la multinationale à la réputation sulfureuse pour avoir planté des semences.

Et c’est un article sidérant du Monde qui révèle à quel point Washington est au service de la multinationale. Le quotidien verspéral rapporte les travaux de l’ONG Food and Water Watch, basés sur mémos issus du scandale Wikileaks. Les révélations sont stupéfiantes. En effet, les Etats-Unis ont organisé pas moins de 28 voyages tous frais payés pour les officiels décidant de l’autorisation ou non des produits OGM, organisant également une véritable campagne de presse pro-OGM.

La pression s’exerce aussi de manière plus que douteuse : « en 2005, l’Ambassade d’Afrique du Sud informait ainsi Monsanto et Pioneer de deux postes vacants au sein de l’agence gouvernementale de régulation des biotechnologies, leur suggérant de proposer des ‘candidats qualifiés’ ». Les Etats-Unis font également tout pour empêcher l’étiquetage des produits contenant des OGM et ainsi de empêcher aux consommateurs de savoir ce qu’ils achètent pour protéger les céréales OGM : les intérêts de Monsanto passent avant l’élémentaire transparence démocratique.

Quand les semenciers étendent leurs droits

dimanche 12 mai 2013

Le scandale du poisson transgénique


Fin avril, la FDA a ouvert une consultation publique pour la commercialisation d’un saumon doublement modifié génétiquement. Cela a déclenché une énorme polémique et une forte opposition des citoyens. Encore une fois, l’appât du gain amène à prendre des décisions plus que contestables.

Le saumon Frankenstein ?



La consultation ouverte par l’agence de régulation de l’alimentation aux Etats-Unis concerne un poisson qui a subi deux modifications génétiques. La société AquaBounty Technologies lui a adjoint un « premier code pour une hormone de croissance normalement présente chez le saumon royal de l’océan Pacifique ; le second, issu d’une anguille, doit faire grandir le saumon tout au long de l’année, même lors de la saison froide alors que la croissance se met d’ordinaire en pause ». En clair, ils « deviennent adultes en deux fois moins de temps (…), dix-huit mois au lieu de trois ans ».

C’est bien la quête de profit qui anime Aquabounty. En soit, ce n’est pas forcément un mal. C’est aussi un des moteurs qui a permis bien des progrès. Néanmoins, il ne faut jamais oublier que cette quête de profits peut aussi faire oublier la plus élémentaire prudence, comme on a pu voir avec les farines animales (à nouveau autorisées par l’UE) ou les OGM. Deuxième problème : les consommateurs ne seront pas informés de l’origine du poisson, à savoir qu’il ne sera pas obligatoire d’indiquer si les saumons vendus sont modifiés génétiquement ou pas, ce qui est totalement anormal.

Ensuite, pour éviter d’affecter les populations sauvages, il ne doit être élevé que dans des bassins sur terre et ne comporter que des femelles stériles. Mais « la FDA indique que seulement 95% des saumons pourraient être stériles, le reste étant fertile », créant un risque de dissémination. Et, comme le rapporte le Monde, « les tests ont conclu à des taux d’hormones de croissance 40% supérieurs et un potentiel allergénique 20 à 50% plus importants que les saumons normaux ». Enfin, la plupart des tests évoqués semblent bien trop courts pour assurer l’innocuité à moyen terme.

Du besoin d’un débat public

lundi 15 avril 2013

Monsanto achète-t-il nos gouvernants ?


Monsanto est une entreprise particulièrement performante en matière d’influence des législations, comme je le soulignais déjà en 2008. Après l’interminable feuilleton du MON 810 en Europe, une nouvelle loi passée aux Etats-Unis créé une grosse polémique, comme le rapporte le Monde.

Le « Monsanto Protection Act »

Ainsi que le rapporte le quotidien, « c’est un amendement discret glissé dans une loi budgétaire pour l’agriculture aux Etats-Unis (…) : la justice américaine ne pourra plus s’opposer aux mises en culture de plantes génétiquement modifiées, même si leur homologation est contestée devant un tribunal. Une disposition perçue comme un cadeau aux géants de l’agrochimie, Monsanto en tête ». De nombreuses associations ont protesté et soupçonnent un élu républicain du Missouri d’avoir poussé cet amendement, dénoncé par plusieurs élus démocrates.



Ce nouvel épisode pose d’autant plus problème que Monsanto a démontré une capacité assez incroyable à influencer les législations de nos pays. L’exemple le plus choquant est bien sûr la saga abracadabrantesque de la commercialisation du MON 810 en Europe. En 2009, la Commission avait tenté d’interdire l’interdiction de sa culture aux Etats membres en passant par une procédure de majorité inversée (où seule une majorité des deux tiers des Etats peut la bloquer) mais elle avait perdu.

Malgré tout, l’UE continue à pousser ses intérêts puisque c’est la Cour de Justice, qui, depuis 2011, essaie de faire passer par la fenêtre ce qui avait été refusé. Un vrai scandale démocratique ! Il est révoltant de constater que les institutions européennes permettent à une telle multinationale de passer outre l’avis d’une immense majorité de dirigeants démocratiquement élus, d’autant plus que l’histoire de Monsanto est jonchée d’épisodes très troublants, comme le rapporte ce papier du Monde.

Reprendre le contrôle de notre alimentation

dimanche 7 avril 2013

L’UE défend ses intérêts et ceux de ses amis, pas ceux des peuples


Dans la mythologie fédéraliste, l’intégration européenne serait le meilleur moyen pour défendre nos intérêts car cela nous permettrait d’avoir du poids face aux Etats-Unis ou la Chine. Outre le fait que de petits Etats parviennent à tirer leur épingle du jeu, tout dépend des intérêts alors défendus…

Quand l’UE se défend elle-même

C’est un point qui est insuffisant compris. Les institutions européennes ne cherchent pas à protéger les peuples dans cette crise : elles cherchent à se protéger elles-même. Il y a un énorme vice de forme dans cette construction artificielle, à savoir que si la solution à la crise est un démantèlement de l’euro, il est bien évident que la Commission Européenne et la BCE refuseront une telle issue, qui équivaut à une forme de suicide politique. Elles préféreront essayer de faire de fonctionner par tous les moyens possibles cette construction baroque pour se sauver eux-même.



C’est bien pour cette raison que l’action des institutions européennes est aussi désordonnée et incohérente, comme on a pu le voir à Chypre. Elles cherchent simplement à sauver leur peau et sont prêtes à tout pour le faire. D’où l’incroyable proposition de taxer à 6,75% tous les dépôts des petits épargnants, ce qui remettait en cause la garantie des dépôts de moins de 100 000 euros. D’où la création ad nauseam de 1000 milliards d’euros pour refinancer les banques, en contravention complète avec le mandat de prudence monétaire des statuts de la BCE. D’où le discret plan d’aide à l’Irlande

Alors, bien sûr, tous les gouvernements au monde font cela et cherchent à être réélus. Mais, il y a une grande différence entre eux et les eurocrates : la responsabilité démocratique. Les politiques répondent de leurs actes devant les électeurs et subissent la pression de l’opinion. Les eurocrates indépendants et irresponsables n’ont pas à se soucier de son opinion de la même manière, particulièrement la BCE, enfermée dans sa tour d’ivoire. D’où un problème de responsabilité quand ils utilisent leurs immenses moyens pour se sauver eux-mêmes, quitte à torturer les peuples.

Pire, quand on en vient aux solutions à la crise, elles consistent invariablement en un renforcement des pouvoirs centraux européens. Pourtant, plus le processus d’intégration avance, plus la situation se déteriore. Mais quelque soit le sujet, les eurocrates proposent toujours d’augmenter leur pouvoir. On peut soupçonner qu’il s’agit plus d’une simple quête de pouvoir personnel qu’un vrai désir de résoudre des problèmes qui seraient mieux gérés à leur échelle qu’à leur échelle nationale. Et ce mélange des genres est profondément malsain : tout le monde oublie que l’eurocratie est juge et partie ici.

La finance plutôt que les peuples

samedi 20 octobre 2012

Faut-il croire l’étude choc sur les OGMs du docteur Séralini ?


Il y a quelques semaines, l’étude du docteur Séralini qui établissait la dangerosité d’une souche de maïs OGM Monsanto utilisée avec du Round Up a déclenché une sacrée polémique. Depuis, des avis contradictoires s’expriment, brouillant sévèrement le débat.

Une remise en cause sévère

Dans tous les médias ont fleuri des critiques sévères de l’étude du docteur Séralini, y compris des papiers cosignés par des dizaines de scientifiques. Tout est remis en cause dans cette étude. Certains évoquent tout d’abord une démarche plus médiatique et engagée que véritablement scientifique, accréditée par un plan média très professionnel. Ensuite, le choix des rats est contesté puisque la souche retenue est une souche qui développe naturellement beaucoup de tumeurs.

En outre, certains scientifiques demandent à avoir des précisions sur le reste de l’alimentation des rats pour pouvoir étudier plus précisément les résultats. Certains soulignent aussi que le niveau de mortalité et la présence de tumeurs n’est pas proportionnelle à la quantitié de maïs OGM consommée. Mais Le Monde avait indiqué dans son premier papier que cela n’était pas anormal car les perturbateurs endocriniens n’ont pas d’effet proportionnel à la dose d’exposition.

Enfin, il est évoqué des échantillons de taille trop limitée pour être véritablement significatif puisque s’il y avait 200 rats, ils étaient répartis en une dizaine de groupes, soit des lots de dix femelles et dix mâles qui seraient trop petits pour donner des résultats scientifiquement justes. Tout ceci peut alors expliquer que malgré la publication de cette étude dans une revue avec comité de lecture, l’agence européenne de la santé ait décidé de ne pas donner suite, comme l’Allemagne.

Qui croire ?

vendredi 21 septembre 2012

Et si les OGM étaient dangereux ?


Cela fait bientôt quatre ans et demi que Monsanto essaie d’imposer la commercialisation de ses maïs transgéniques en France. Devant l’opposition des gouvernements, la multinationale utilise toutes les ficelles mises à disposition par l’Europe. Mais une récente étude pourrait bien lui couper les ailes.

Une étude extrêmement inquiétante

Il faut être honnête : il est difficile d’y voir clair parmi les études contradictoires sur la toxicité supposée des OGM Monsanto quand on n’est pas scientifique. Cela est d’autant plus compliqué que celles qui concluent à l’absence de danger sont souvent financées par les entreprises qui commercialisent les semences, ce qui pose un évident problème de confit d’intérêts. Du coup, la publication d’une étude conduite par un biologiste de l’université de Caen a fait l’effet d’une bombe.

Comme le souligne Le Monde, le protocole de cette étude est très ambitieux puisqu’il concerne plus de 200 rats sur deux ans (bien plus que les autres études) avec un budget de 3 millions d’euros, financé par plusieurs organismes (Etat, association de distributeurs, mais aussi une association qui milite contre les biotechnologies). Les rats ont reçus un régime alimentaire composé de trois doses différentes d’un maïs transgénique Monsanto, associé ou non avec l’usage du Round Up.

Alors que « 30% des mâles et 20% des femelles du groupe témoin sont morts spontanément (une fois la période moyenne de survie écoulée), jusqu’à 50% des mâles et 70% des femelles sont morts dans des groupes nourris avec l’OGM ». Il n’y a pas de différence en fonction de la part d’OGM dans le régime alimentaire. En fait, les OGM auraient perturbé le système hormonal des animaux et entrainé la modification d’une enzyme impliquée dans la protection contre le cancer.

L’urgence du principe de précaution

vendredi 20 janvier 2012

OGM : le problème, c’est l’UE


Il y a quelques jours, l’émission Dimanche Plus de Canal Plus a fait un nouveau reportage sur le mauvais feuilleton de l’interdiction des OGM puisqu’il semblerait que Monsanto pourrait bien lancer la culture de son maïs transgénique MON 810 malgré l’opposition du gouvernement.

Un mauvais feuilleton interminable

Cela fait maintenant près de quatre ans que je parle de cette interminable affaire de la commercialisation du maïs Monsanto. Le gouvernement s’y est opposé. Puis, la Commission a cherché à interdire l’interdiction de quelques semences en ayant recours aux procédures ubuesques de Bruxelles, qui lui permettent de faire passer des décisions à moins qu’une majorité qualifiée ne s’y oppose (ce qui signifie qu’elle l’emporte sur une simple majorité, une monstruosité démocratique).

mardi 6 décembre 2011

Farines animales et semences : l’horreur agricole


Il y a quelque chose de pourri dans la gestion de notre agriculture. Après l’autorisation du Conseil d’Etat à la commercialisation des OGM Monsanto, l’UMP veut interdire aux agriculteurs de ressemer les graines issues de leur culture et la Commission Européenne veut autoriser à nouveau les farines animales.

La privatisation du vivant

Cela m’a été signalé par un commentateur, et le blog économique et social, associé sur Marianne 2, a fait un excellent papier sur le sujet. Aujourd’hui, les espèces végétales créées par les laboratoires sont protégées par un COV, Certificat d’Obtention Végétale. Ce « brevet européen » interdit de ressemer les graines issues de la culture des agriculteurs pour garantir leurs revenus. Mais aujourd’hui, 50% des semences restent issues de la culture, ce que cette loi veut interdire.