Une crise
de la demande
Pour lui,
comme dans les années 1930, nous souffrons d’un « sévère manque de demande ». Il souligne, que, contrairement
aux dires des néolibéraux, la baisse des dépenses publiques ne pourra pas
relancer la croissance, car, si elle s’ajoute à la baisse de la demande des
ménages (qui réduisent leur endettement), alors il n’y a aucune chance que les
entreprises compensent, car, au contraire, elles baisseront leurs
investissements du fait d’une demande trop faible. Il donne quelques exemples :
en 2006, on construisait 1,8 millions de maisons et 16,5 millions de voitures
étaient achetées aux Etats-Unis. Nous sommes tombés à 0,6 et 11,6
respectivement en 2010, même
si ces marchés repartent.
En effet, il
rappelle que : « vos dépenses sont
mes revenus and mes dépenses sont vos revenus » pour souligner qu’une
baisse des dépenses publiques provoquent aussi une baisse des revenus. Du coup,
si les consommateurs dépensent moins et le gouvernement aussi, l’économie
rentre en récession. Il souligne, à l’attention de l’Allemagne, que cela est
aussi vrai pour les pays et que les revenus d’un pays sont aussi les dépenses
des autres (outre la consommation intérieure).
Il revient
sur la sortie de la Grande Dépression, en deux temps, pour aussi souligner
qu’une fin trop rapide et brutale du soutien à l’économie, comme en 1937-1938,
peut faire replonger l’économie, que les dépenses (et les déficits) de la
guerre ont sorti de la crise. Il souligne en effet que la hausse des dépenses
militaires a fait progresser les revenus des ménages et donc la consommation,
ce qui a fait progresser l’investissement des entreprises, pour satisfaire la
demande. Il rappelle que la dépense publique soutient la demande et que la
guerre avait permis de faire taire les « austéritaires ».
Il développe
cette thèse en prenant l’exemple très parlant d’une coopérative de baby-sitting
(que je vous invite à découvrir dans le livre), qui démontre que dans une
situation où les acteurs économiques cherchent globalement à réduire leur dette
ou à augmenter leurs réserves, cela provoque une crise qui ne peut être résolue
que par des
politiques non conventionnelles de type monétisation.
Dynamiter
le discours des austéritaires