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mardi 10 novembre 2020

vendredi 30 décembre 2016

Obama, le comique de stand up de la Maison Blanche


Obama est extraordinairement populaire au sein des élites politico-médiatiques européennes : premier président métisse, beau parleur, au positionnement idéologique très convenable. Mais au final, n’est-il pas que pure forme, sans substance, comme l’indiquent ses dernières saillies, dignes d’une cour de récréation ? D’abord, il y a eu la sortie aussi mesquine que petite, qualifiant la Russie de « petit pays », qui « ne produit rien que quiconque veuille acheter ». Passons sur les valeurs implicites à une telle déclaration… Puis, le vote représailles contre Benjamin Netanyahou sur les colonies, qui ne changera rien à rien, mais qui est plus digne d’un auteur de stand up que d’un président.

Obama, ne serait-il pas qu’un Trump politiquement correct ? Car sur le fond, même sa réforme phare, celle de l’assurance de santé, est extraordinairement décevante. Seul un tiers des étasuniens non couverts le sont aujourd’hui. Et, pire, son coût explose, de 25% en 2017, à 450 dollars par mois pour un quinquagénaire (plus de 5000 dollars par an), un niveau rédibitoire pour beaucoup. Et rien n’a changé sur les inégalités (particulièrement visibles dans le domaine scolaire), sur la violence endémique du pays, ou la dégradation de la santé des citoyens. Bref, Obama aurait sans doute été un meilleur comique de stand up que président, sauf peut-être pour les élites argentées du pays.


mardi 25 octobre 2016

Obama, bonimenteur superficiel, snob et conservateur

Ce mois-ci, The Economist a ouvert ses colonnes de manière enthousiaste au président sortant des Etats-Unis, Barack Obama. Même si sa réforme de l’assurance maladie restera un progrès important pour le pays, cette tribune verbeuse, aussi partielle que partiale, révèle encore une fois un homme politique plus soucieux de sa communication que du fond des sujets, survolé pendant 8 ans.



Plus commentateur communiquant qu’acteur réfléchi

lundi 12 octobre 2015

Du sens de la bavure des Etats-Unis en Afghanistan

Il y a huit jours, un raid des forces étasuniennes sur un hôpital de Médecins sans frontières à Kunduz, en Afghanistan, a fait pas moins de 22 victimes. Qu’aurait-on dit si c’étaient les forces Russes qui avaient fait cela en Syrie ? Mais ce triste raid est révélateur à bien d’autres titres.



Une triste bavure reconnue par Obama

Dans un monde où le moindre mot de travers, souvent plus ou moins sorti de son contexte, peut déclencher de gigantesques polémiques, il peut sembler paradoxale que la bavure des Etats-Unis en Afghanistan n’ait pas déclenché davantage de réactions, en France en tout cas. En revanche, un quotidien Ecossais, The Herald, s’est demandé en une s’il s’agissait d’un « crime de guerre ». Alors que dans un premier temps, le chef de mission de l’OTAN a affirmé que la frappe avait été réalisée « à la demande des forces afghanes », Médecins Sans Frontières, a dénoncé les contradictions des déclarations étasuniennes. L’ONU a jugé le raid « inexcusable » et même « potentiellement criminel », les bombardements ayant continué 45 ministres après que l’ONG ait averti les armées engagées qu’elle était touchée.


Ce que cela dit de notre époque

dimanche 4 octobre 2015

Des Etats-Unis, de la liberté, de l’Etat et des tueries

« Permettre ces fusillades est un choix politique » : c’est par ce réumé bien senti que Obama a commenté une nouvelle turie. A défaut d’avoir agi pour proposer à son pays un nouveau choix politique, arrivera-t-il à recadrer le débat pour remettre en cause cet élément mortifère de l’idéntité étasunienne ?


Un massacre régulier et accepté ?

Vu d’Europe, il est sans doute un peu compliqué de comprendre la relation des Etats-Unis avec les 300 millions d’armes à feu de la population (plus d’une par adulte…). Le fait que ce soit le second amendement qui garantisse le droit d’en avoir en dit long dans la place que cela a pris dans la construction du pays, et à quel point les armes à feu font profondément partie de sa culture. Au point que le sujet n’a jamais vraiment été évoqué dans les campagnes présidentielles, tant il semble y avoir une solide majorité de la population qui soutient ce droit et que s’y opposer semblerait disqualificatoire pour tout candidat à la Maison Blanche. D’où le fait, sans doute, que Barack Obama ne se soit jamais aventuré plus loin sur ce sujet, même si, avec le temps, il se fait plus critique, comme il l’a indiqué dans cette phrase.



Pourtant, les chiffres parlent d’eux-même. Obama a évoqué la comparaison entre le nombre d’étasuniens tués dans des attaques terroristes et ceux tués avec des armes à feu. Avec plus de 10 000 décés par an, les chiffres font froid dans le dos par rapport aux pays européens (quelques centaines par an en France ou en Allemagne). Le taux d’homicide aux Etats-Unis est quatre fois supérieur à l’Europee. Et la comparaison est encore plus cruelle quand on note qu’il est équivalent à la Palestine, deux fois plus haut qu’en Israël et trois fois plus qu’en Afrique du Nord ! Pour Barack Obama, « nous ne sommes pas le seul pays sur Terre où il y a des gens qui sont malades et qui veulent faire du mal aux autres. Mais nous sommes le seul pays développé sur Terre où l’on voit aussi souvent de tels massacres ».

Révélateur de loi de la jungle ?

samedi 7 février 2015

Grèce : pourquoi Obama appuie-t-il Syriza ?




Du bon sens économique

Comme le rapporte le Figaro, la troïka « demande à Athènes un surplus budgétaire (hors charge de la dette) allant jusqu’à 4,5% du PIB, au prix de lourds sacrifices sociaux ». Usant d’une belle image, Paul Krugman, « prix Nobel d’économie » 2008, dit que c’est vouloir « tirer du sang à une pierre ». Même le FMI dit que « maintenir un surplus de 4% du PIB pendant quelques années pourrait se révéler difficile ». Le 22 janvier, plusieurs économistes, dont Stiglitz et Pissarides, également « Nobel », ont demandé « une réduction de la dette, en particulier bilatérale, un moratoire sur le paiement des intérêts et un montant significatif d’argent » pour financer de grands investissements et d’importantes réformes.

Tout ceci montre peut être que la distance permet de mieux comprendre la folie des politiques menées en Grèce, que nous avions été plusieurs à dénoncer dès 2010, sans être écoutés malheureusement. Au final, ces politiques étaient aussi inhumaines que folles et il serait aberrant de les poursuivre. Le problème est que, pas illogiquement, les pays créditeurs renâclent à accepter une réduction de la dette grecque. Le système de la monnaie unique européenne dresse les pays les uns contre les autres. En conscience, je pense qu’il faudrait accorder une remise à la Grèce, d’autant plus que je crois que la banque centrale doit être sous le contrôle de l’Etat et pourrait donc éponger cette « perte ».

Un souci plus géopolitique ?

dimanche 14 septembre 2014

La faute d’Obama sur « l’état islamique »


Bien sûr, les jihadistes de « l’état islamique » ne sont pas à prendre à légère et comment ne pas condamner les horreurs qu’ils font en Syrie ou en Irak, leurs premières victimes sont les habitants de ces pays. Mais la réponse dessinée par le président étasunien et suivie par la France est une erreur.



Etats-Unis, Russie : même logique

Bien sûr, l’humanisme pousse à vouloir intervenir contre les monstres qui décapitent les journalistes, et martyrisent les populations qui refusent de se soumettre à eux. Néanmoins, comme le soulignait Jacques Sapir dans « Le nouveau 21ème siècle », le droit d’ingérence est trop souvent le cache-sexe de l’impéralisme arbitraire du fort sur le faible. C’est malheureusement exactement ce que Barack Obama a illustré dans son discours de la semaine, où il a affirmé « nous traquerons les terroristes qui menacent notre pays, où qu’ils soient (…) nous n’hésiterons pas à agir contre l’état islamique en Syrie, comme en Irak », même s’il va bien moins loin que Georges Bush, en se limitant à des frappes aériennes.

Le raisonnement est douteux. L’état islamique ne menace pas les Etats-Unis mais l’Irak et la Syrie, même s’ils ont exécuté deux citoyens étasuniens. A moins qu’Obama ne considère que s’attaquer aux citoyens étasuniens revient à s’attaquer aux Etats-Unis, dans un raisonnement qui ne serait pas sans rappeler celui de Poutine pour la sphère d’influence russe. Ensuite, les Etats-Unis sont quand même extrêmement mal placés pour jouer au gendarme de la planète, après une guerre injustifiée qui a fait un million de victimes en Irak, qui explique sans doute en partie l’essor des jihadistes aujourd’hui, et une redite plus respectueuse du droit international en Lybie, mais dont la conclusion n’est pas meilleure,

Un choc arbitraire des civilisations


mercredi 22 janvier 2014

L’Etat solde PSA à Dongfeng


Beaucoup se réjouissent de l’accord entre PSA, l’Etat et Dongfeng, qui devrait fournir les 3 milliards d’euros dont le groupe automobile a besoin. Mais quand on prend un peu de recul, on se rend compte que la France laisse faire un accord qui est une aubaine assez injuste pour la Chine.



Le beurre et l’argent du beurre pour la Chine

Ici, il faut rappeller comment la Chine a fait pour construire son industrie automobile. Dans les années 1990, elle a mis en place des droits de douanes d’environ 100% sur les véhicules importés, imposant aux grands constructeurs de construire une usine sur place en partenariat avec une entreprise chinoise (Dongfeng faisant partie des heureux élus), qui pourrait ainsi apprendre à fabriquer des voitures et bénéficier de transferts technologiques. Ce faisant, la Chine réplique le modèle de développement asiatique, initié par le Japon, puis suivi par la Corée, entre protectionnisme et dirigisme étatique.

Ce faisant, la France et la Chine luttent de manière totalement déloyale, comme l’illustre l’écart entre nos exportations vers la Chine (15 milliards) et nos importations (41 milliards). L’Empire du milieu accumule de l’argent en protégeant son marché intérieur et en bénéficiant de l’ouverture du marché des autres. Pire, Dongfeng, qui est une entreprise publique, s’est enrichie grâce aux partenariats imposés par l’Etat chinois aux constructeurs étrangers, le tout sans fabriquer le moindre véhicule seul. Et quand on sait que la Chine est championne de la copie et la contrefaçon industrielles…

La trahison du gouvernement

jeudi 3 octobre 2013

Etats-Unis : l’Etat et le budget pris en otage


Dix-sept ans après le précédent épisode, qui avait remis en selle Bill Clinton face à la vague conservatrice de 1994, les Etats-Unis se retrouvent contraints de fermer à nouveau une partie de l’administration fédérale, faute de vote sur le budget. Un épisode très instructif sur les questions institutionnelles.



Un nouveau psycho-drame

Ce qui se passe aux Etats-Unis est très étrange pour des yeux européens, tant il n’existe pas de précédents sur notre continent. Même quand un pays n’a plus de gouvernements, l’Etat continue de fonctionner, comme cela a pu se passer en Belgique. De l’autre côté de l’Atlantique, les républicains, attisés par leurs éléments les plus radicaux, veulent retirer le financement de l’Obamacare, le projet d’assurance-maladie porté par le président Obama, qui avait eu tant de mal à être voté, alors même qu’il est entré en fonction le 1er octobre. Curieuse conception de la démocratie que ce bras de fer.

Il est difficile de savoir ce qui va se passer. Près d’un million de fonctionnaires ont été mis en chômage technique pour protéger les fonctions régaliennes de l’Etat. Il est probable que la gravité de la situation, qui pourrait remettre en question la reprise de l’économie, devrait imposer aux républicains et aux démocrates de trouver un accord. Mais le degré de polarisation de la vie politique étasunienne complique la donne. En outre, le plafond de la dette sera atteint dans deux semaines et en l’absence (improbable) d’accord, le pays pourrait finir par se retrouver en défaut de paiement.

Une démocratie malade

mercredi 4 septembre 2013

Syrie : les 5 fautes graves de François Hollande


Aujourd’hui a lieu un débat au parlement sur une possible intervention militaire en Syrie. Mais contrairement aux parlements britannique et étasunien, il n’y aura pas de vote. Une grave faute de François Hollande, qui gère le dossier syrien en dépit du bon sens, donnant un sentiment d’amateurisme confondant.



L’absence de vote au Parlement

Bien sûr, la constitution n’impose pas que le président de la République consulte les parlementaires. Mais étant donné que les deux autres principaux pays de la coalition putative le font et qu’il y a un vrai débat sur la question, il semble très cavalier de ne pas vouloir consulter les parlementaires, d’autant plus que notre pays n’est pas menacé par le régime syrien. Si on pourrait comprendre qu’en cas d’aggression, il faut que le Chef de l’Etat puisse réagir au plus vite, ici, nous sommes sur un autre contexte où la consultation semble nécessaire, comme l’a souligné Nicolas Dupont-Aignan avant même le vote britannique. Pire, François Hollande avait tenu le même discours en 2003 et en 2008. Du coup, les justifications des socialistes sont assez emberlificotées, Claude Bartolone évoquant les mensonges de 2003 de Londres et Washington pour soutenir que Paris, qui en est exonérée, peut alors ne pas voter !

Les contradictions sur le droit international

lundi 2 septembre 2013

Syrie : Barack Obama, prix Nobel d’impérialisme





L’impérialisme, version 2013

La déclaration de Barack Obama ridiculise plus encore les membres du comité Nobel, qui lui avait donné le prix Nobel de la paix à peine élu. En effet, si on peut saluer le principe de demander un vote des parlementaires avant d’engager une intervention, en revanche, pas grand monde n’a souligné que cette déclaration est totalement unilatérale. En effet, Barack Obama n’a pas conditionné l’intervention des Etats-Unis à un vote positif des Nations Unies. Voici donc un pays qui décide tout seul d’intervenir ou non dans un conflit, sans même demander à la communauté internationale !

Pour cette raison, son discours est extrêmement choquant. Même dans le cas où le régime de Bachar El-Hassad aurait utilisé des armes chimiques (et les preuves que l’on évoque resteront toujours suspectes après le précédent irakien), on ne peut pas évoquer les règles internationales (sur ce type d’armes) comme motif d’interventation tout en refusant de respecter le droit international pour intervenir ! Ce faisant, les Etats-Unis agissent comme un gendarme du monde qui n’en a ni le statut, ni le droit. Ce faisant, il est difficile de ne pas voir que Washington ne fait qu’imposer la volonté du plus fort, comme l’explique bien Jacques Sapir, et cherche sans doute essentiellement à défendre ses intérêts.

François Hollande, pris à son propre piège

vendredi 21 décembre 2012

Newton : les Etats-Unis malades de leur amour des armes


La monstrueuse tuerie de Newton vient à nouveau de placer les Etats-Unis devant les conséquences de leur amour immodéré des armes à feu. Pire, malgré les faits, il est probable que les conséquences seront limitées, du fait d’un attachement viscéral à cette liberté.



Plus d’armes, plus de morts

Les statistiques sont formelles. Le taux d’homicides volontaires pour 100 000 habitants est de 4,2 aux Etats-Unis, le taux le plus élevé des pays riches. Le Canada suit, avec 1,6. Les pays européens varient entre 1,2 (Grande-Bretagne) et 0,8 (Espagne, Allemagne) en passant par 1,1 (France), 1 (Suède), 0,9 (Italie). L’Australie affiche un taux de 1 et le Japon 0,4. Les Etats-Unis sont au niveau de la Palestine, deux fois plus haut qu’Israël ou trois fois plus haut qu’en Afrique du Nord.

Ce sont 12 996 personnes qui ont perdues la vie de la sorte lors d’homicides volontaires, contre un peu moins de 700 en France ou en Allemagne. Même si tous ces homicides ne sont pas forcément liés aux armes à feu, il est difficile de ne pas s’interroger sur les conséquences d’une législation aussi laxiste quand les Etats-Unis affichent un taux d’homicide volontaire quatre fois supérieur à celui des grands pays d’Europe occidentale. Cette tuerie le rappelle cruellement.



Pire, ce n’est pas faute de mettre les personnes dangereuses en prison puisqu’il ne faut pas oublier que les Etats-Unis sont le pays qui a le taux d’emprisonnement le plus élevé au monde (au niveau de la Corée du Nord…) avec 730 personnes pour 100 000 habitants, plus que la Russie (609) ou l’Iran (276). En Grande-Bretagne, ce chiffre atteint 153, en Espagne 152, en Italie 112, en France 100, en Allemagne 88, et en Suède 78. Bref, les Etats-Unis sont une société très violente.

Des politiques sur la réserve

mardi 11 décembre 2012

L’UE, prix Nobel du ridicule


Hier, le prix Nobel de la paix a été remis à l’UE. Mais par-delà les ridicules contorsions protocolaires entre les différents présidents de l’UE, le comité Nobel s’est lourdement discrédité au moment où l’intégration européenne ne cesse de renforcer les tensions entre peuples européens.

La nouvelle erreur du comité Nobel

Mais que se passe-t-il au sein du comité Nobel ? Ont-ils perdu la tête ? On pouvait déjà le croire quand il avait accordé à Barack Obama le prix Nobel de la paix, peu après son élection, et alors qu’il n’avait pas fait grand chose. Et avec le recul, même s’il est vrai qu’il a mis en œuvre le départ d’Irak et qu’il a entamé celui d’Afghanistan, cette distinction est pour le moins paradoxal pour un homme qui n’a pas fermé Guantanamo ni particulièrement œuvré pour la paix dans le monde.

Mais après ce premier couac très critiqué, le comité Nobel a décerné à l’Union Européenne le prix Nobel de la paix cet automne, déclenchant à nouveau une polémique. Même si je trouve totalement abusif un tel prix, le comité Nobel s’est en plus trompé d’époque. Autant avant la crise de la zone euro, un tel prix était davantage défendable, autant aujourd’hui cela est définitivement ridicule, quand les Grecs accueillent Angela Merkel avec des pancartes « Quatrième Reich »…



Aujourd’hui, les peuples européens se déchirent, embourbés qu’ils sont dans une construction européenne qui emmène leur économie vers le fond, qui sape leurs démocraties et sert les grands lobbys. La Grande Bretagne se rapproche chaque jour de la sortie, comme le rapporte le dernier dossier de The Economist. Les pays créditeurs suggèrent aux pays créanciers une vente de leur patrimoine. Et ces derniers dénoncent la mainmise de l’Allemagne, comme Il Giornale en Italie.



Quand l’Union Européenne est nue

mercredi 7 novembre 2012

Obama : la victoire désenchantée


Hier, les électeurs étasuniens se sont exprimés. Après une campagne où l’enthousiasme des démocrates était bien moindre qu’en 2008 et où les républicains ne l’étaient guère plus, c’est finalement Barack Obama qui l’emporte, de justesse en nombre de voix, plus largement en nombre de délégués.

Gueule de bois politique

Nous sommes bien loin de la vague d’enthousiasme de 2008, qui avait porté Obama au pouvoir, ou même de la réélection de Ronald Reagan en 1984. La faute à une crise qui a fait beaucoup de mal au pays, qui a envoyé des millions de personnes au chômage, dont, nouveauté, une grande partie le reste, et où des millions d’autres ont perdu leur maison, symbole du rêve national. Parallèlement, l’ascension de la Chine questionne l’actuelle première puissance du monde.

Face à cela, les Etats-Unis hésitent. D’une part, certains poussent à un modèle plus égalitaire, plus solidaire. Les « prix Nobel d’économie », Paul Krugman et Joseph Stiglitz, poussent dans cette direction. C’est le courant qui a porté Obama au pouvoir en 2008 avec son projet d’assurance santé pour tous alors que le néolibéralisme semblait mortellement blessé par sa crise. Mais depuis, les néolibéraux utilisent la montée des déficits et de la dette pour attaquer l’Etat.

Cette vague a été puissante en 2010, au point d’arracher le Parlement aux démocrates. Cette Amérique-là s’oppose aux aides de l’Etat aux banques (en partie à juste titre) mais le cas des constructeurs automobiles, en partie sauvés par l’Etat, démontre que le dogmatisme est mauvais conseiller. Cette frange radicale des Etats-Unis a été enthousiasmée par le discours de Ron Paul qui appelle à un repli massif de l’intervention de l’Etat et une déconstruction de l’héritage rooseveltien.

Deux candidats par défaut ?


vendredi 26 octobre 2012

Obama-Romney : la campagne passe, les électeurs trinquent





Victimes de la crise

Les Etats-Unis sont dans une position paradoxale. Contrairement à 1984 (Reagan) ou 1936 (Roosevelt), la reprise n’est pas suffisamment forte pour assurer la réélection automatique du président sortant. Mais de l’autre, elle est tout de même suffisamment forte pour éviter une défaite similaire à celles de 1980 (Carter) ou 1992 (Bush Sr). Même si tout n’est pas brillant, le taux de chômage est tombé sous le cap des 8% (moins que quand Obama est arrivé) après avoir flirté avec les 10%.

La croissance devrait atteindre 2% en 2012. Mieux, la forte reprise du marché immobilier, depuis cette année, pourrait bien soutenir l’économie étasunienne pour quelques années puisque le nombre de mises en chantier, extrêmement faibles depuis quatre ans, se redressent fortement (+35% en septembre). Cependant, tout n’est pas rose outre-Atlantique, comme le rappelle utilement ce graphique de The Economist. En effet, la baisse du taux de chômage est en bonne partie artificielle.

La part de la population employée a en effet baissé de plus de 4 points depuis 2007 et n’a absolument pas progressé depuis. En effet, l’économie étasunienne a perdu 9 millions d’emplois pendant la récession et n’en a créé que 4,3 millions depuis 2010, soit une perte qui reste encore supérieure à 4 millions, aggravée par la croissance de la population. Pire, le revenu réel moyen des ménages a baissé de plus de 8% depuis 2007, tombant au niveau du milieu des années 1990.

Une très mauvaise campagne


dimanche 26 août 2012

Paul Krugman tord le cou aux politiques d’austérité


Si Paul Krugman remet bien à leurs places les politiques néolibérales, qui ont provoqué la crise, le cœur de son nouveau livre reste la dénonciation toute keynésienne des politiques d’austérité, notamment menées en Europe. Ce livre devrait être envoyé à tous les dirigeants du continent !

Une crise de la demande

Pour lui, comme dans les années 1930, nous souffrons d’un « sévère manque de demande ». Il souligne, que, contrairement aux dires des néolibéraux, la baisse des dépenses publiques ne pourra pas relancer la croissance, car, si elle s’ajoute à la baisse de la demande des ménages (qui réduisent leur endettement), alors il n’y a aucune chance que les entreprises compensent, car, au contraire, elles baisseront leurs investissements du fait d’une demande trop faible. Il donne quelques exemples : en 2006, on construisait 1,8 millions de maisons et 16,5 millions de voitures étaient achetées aux Etats-Unis. Nous sommes tombés à 0,6 et 11,6 respectivement en 2010, même si ces marchés repartent.

En effet, il rappelle que : « vos dépenses sont mes revenus and mes dépenses sont vos revenus » pour souligner qu’une baisse des dépenses publiques provoquent aussi une baisse des revenus. Du coup, si les consommateurs dépensent moins et le gouvernement aussi, l’économie rentre en récession. Il souligne, à l’attention de l’Allemagne, que cela est aussi vrai pour les pays et que les revenus d’un pays sont aussi les dépenses des autres (outre la consommation intérieure).

Il revient sur la sortie de la Grande Dépression, en deux temps, pour aussi souligner qu’une fin trop rapide et brutale du soutien à l’économie, comme en 1937-1938, peut faire replonger l’économie, que les dépenses (et les déficits) de la guerre ont sorti de la crise. Il souligne en effet que la hausse des dépenses militaires a fait progresser les revenus des ménages et donc la consommation, ce qui a fait progresser l’investissement des entreprises, pour satisfaire la demande. Il rappelle que la dépense publique soutient la demande et que la guerre avait permis de faire taire les « austéritaires ».

Il développe cette thèse en prenant l’exemple très parlant d’une coopérative de baby-sitting (que je vous invite à découvrir dans le livre), qui démontre que dans une situation où les acteurs économiques cherchent globalement à réduire leur dette ou à augmenter leurs réserves, cela provoque une crise qui ne peut être résolue que par des politiques non conventionnelles de type monétisation.

Dynamiter le discours des austéritaires

samedi 28 janvier 2012

Quand les inégalités s’invitent dans le débat à Londres et Washington

Depuis 40 ans, les inégalités salariales ont explosé. D’une part, les hauts salaires des grands patrons, de la finance ou des sportifs se sont envolés. De l’autre, les bas salaires stagnent ou même baissent en termes réels. Assez naturellement, les inégalités s’invitent dans le débat politique.

De la croissance partagée à la croissance inégale

Il y a quelques décennies, les patrons gagnaient 20 à 30 fois plus que leurs salariés. Maintenant, les écarts peuvent aller de 300 à plus de mille. Raymond Lévy, gagnait cent cinquante mille euros (un million de francs) à la tête de la Régie. Carlos Ghosn, gagne soixante fois plus. Le salaire de Jacques Calvet à la tête de PSA (deux millions de francs, soit trois cent mille euros) avait déclenché une sacrée polémique alors que cela restait dans la limite d’un rapport de un à trente.