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mercredi 18 avril 2018

Que penser de l’intervention en Syrie ?

C’est malheureusement une question récurrente qui se pose à nous depuis près de trois décennies, avec l’intervention en Irak pour venir en aide au Koweit, en Afghanistan, à nouveau en Irak, puis en Libye, et en Syrie depuis quelques années. Etait-il véritablement légitime d’intervenir militairement, en essayant de sortir des raisonnements caricaturaux en noir et blanc ?


Comme un écho aux frappes en Irak de Clinton ?

lundi 12 octobre 2015

Du sens de la bavure des Etats-Unis en Afghanistan

Il y a huit jours, un raid des forces étasuniennes sur un hôpital de Médecins sans frontières à Kunduz, en Afghanistan, a fait pas moins de 22 victimes. Qu’aurait-on dit si c’étaient les forces Russes qui avaient fait cela en Syrie ? Mais ce triste raid est révélateur à bien d’autres titres.



Une triste bavure reconnue par Obama

Dans un monde où le moindre mot de travers, souvent plus ou moins sorti de son contexte, peut déclencher de gigantesques polémiques, il peut sembler paradoxale que la bavure des Etats-Unis en Afghanistan n’ait pas déclenché davantage de réactions, en France en tout cas. En revanche, un quotidien Ecossais, The Herald, s’est demandé en une s’il s’agissait d’un « crime de guerre ». Alors que dans un premier temps, le chef de mission de l’OTAN a affirmé que la frappe avait été réalisée « à la demande des forces afghanes », Médecins Sans Frontières, a dénoncé les contradictions des déclarations étasuniennes. L’ONU a jugé le raid « inexcusable » et même « potentiellement criminel », les bombardements ayant continué 45 ministres après que l’ONG ait averti les armées engagées qu’elle était touchée.


Ce que cela dit de notre époque

jeudi 3 septembre 2015

Les raisons des flux de migrants

La crise des migrants provoque un déluge de bons sentiments, qui en vient même à toucher l’UMP. Mais on oublie un peu trop souvent de se demander quelles sont les, nombreuses, raisons de ces flux avant de se poser la question de ce qu’il faut en faire aujourd’hui.



Mondialisation, interventions militaires et Europe

Bien sûr, les immenses écarts de richesse entre pays jouent un rôle majeur dans l’attraction qu’exercent les pays dits développés pour les populations des pays pauvres. L’idée d’un salaire minimum à plus de mille euros par mois représente forcément un rêve attirant pour qui gagne un ou deux euros par jour. En outre, la révolution technologique des dernières années a sans doute contribué à davantage répandre l’information et à rendre ce rêve plus proche pour les populations des pays les plus pauvres. En outre, comme l’a démontré Joseph Stiglitz dans « La grande désillusion », nous avons soumis ces populations à l’horreur des marchés, des fluctuations dérégulées du cours des matières premières, qui peuvent ruiner en un instant les paysans d’Afrique et d’ailleurs. Pas étonnant que nos pays les attirent.

Mais il y a un facteur un peu trop oublié par les commentateurs : le rôle joué par les interventions militaires  des dernières années, qui ont profondément déstabilisé le Moyen Orient et l’Afrique. La Libye est aujourd’hui un pays clé pour les passeurs, conséquence d’une intervention dont on comprend aujourd’hui qu’elle était une erreur car elle a semé un chaos sans doute encore plus cruel pour les populations locales que ne l’était Khadafi. Et les interventions des Etats-Unis en Afghanistan ou en Irak ont créé un terreau plus que favorable au développement de l’état islamiste et ses terreurs, qui poussent les populations à fuir leur pays. Nos pays (et en premier lieu Washington) portent donc une part de responsabilité dans les désordes de ces parties du monde, qui expliquent en partie les flux de migrants actuels.

Mais les pays européens ont également une grande part de responsabilité, à travers ce projet funeste qu’est l’UE. D’abord, la mise en place de l’espace Schengen porte sans doute une grande part de responsabilité dans ces flux. En supprimant toutes les frontières intérieures, les pays européens ont supprimé des filtres qui permettaient de gérer les mouvements de personne. Les migrants savent aujourd’hui qu’ils n’ont qu’une frontière à passer et qu’après, ils peuvent se déplacer assez librement. Ce faisant, cela pousse les migrants à viser les points faibles de cette frontière commune, créant une pression insoutenable pour la Grèce ou la Hongrie, dont la réaction est légitime. Enfin, les discours sur les quotas ou sur les besoins d’immigration ne sont qu’un encouragement officile à la venue des migrants.

Que faire de ces flux de migrants ?

samedi 27 juin 2015

Les Etats-Unis : cow boys barbares et aristocratiques




Règne de l’arbitraire et de la barbarie

Dans la mythologie de l’Oncle Sam et de ses valeurs, le respect du droit est fondamental. Mais sa position de superpuissance a souvent fait oublier ses principes à Washington. Il y a les guerres arbitraires, qui foulaient au pied le droit international, en Irak, et qui n’ont laissé qu’un sanglant désordre. On peut aussi voir une chose similaire dans les 190 milliards de dollars d’amendes infligées aux banques depuis quelques années. Avant la crise de 2008, la justice étasunienne s’intéressait si peu à la finance qu’il est difficile de ne pas voir dans ces transactions une forme de racket, comme même The Economist avait fini par le dénoncer au sujet de l’amende contre BNP Paribas il y a un an.

Et le pays semble de plus en plus céder à une forme de barbarie, comme avec l’autorisation du port d’armes dans les universités du Texas. Parce que des fous surarmés, grâce au droit imprescriptible à avoir une arme, font des massacres dans les établissements scolaires, le Texas a jugé bon de permettre aux étudiants et aux professeurs de ses universités de venir armés pour pouvoir répliquer ! Bienvenue dans une société où l’Etat, abandonnant la sécurité de ses citoyens, leur offre comme issue une course à l’armement dont il est pourtant difficile de ne pas conclure qu’elle explique un taux d’homicide digne de la Palestine, 4 fois supérieur à l’Europe et 3 fois supérieur à l’Afrique du Nord.

Bienvenue au Moyen Age

dimanche 8 mars 2015

Le désastre libyen, quatre ans après

Il y a quatre ans, après beaucoup d’hésitations, et sans enthousiasme (au point que certains pensaient que je m’y opposais), j’avais soutenu l’intervention en Libye. Quatre ans après, la situation désastreuse du pays démontre que c’était une grave erreur, même si certaines motivations étaient nobles.



Le chaos libyen


Mais les années ont passé, et comme le rapporte encore une fois The Economist dans un dossier accablant, la situation du pays est absolument calamiteuse. La Libye n’est plus un pays uni, il a fait place, comme en Irak auparavant, à une guerre tribale entre factions, qui font régner un climat de terreur entre elles. Alors que 60% de la population avait voté lors des élections de 2012, seulement 18% se sont déplacés deux ans plus tard. L’alliance, dont font partie les islamistes, a pris le contrôle de l’Est du pays, faisant fuir le parlement à 1300 kilomètres, à Tobrouk. Aujourd’hui, le pays est coupé en deux entre l’Est qui avait porté la révolution de 2011 et l’Ouest, un retour à la situation des années 1960

Des paradoxes de l’ingérence

dimanche 14 septembre 2014

La faute d’Obama sur « l’état islamique »


Bien sûr, les jihadistes de « l’état islamique » ne sont pas à prendre à légère et comment ne pas condamner les horreurs qu’ils font en Syrie ou en Irak, leurs premières victimes sont les habitants de ces pays. Mais la réponse dessinée par le président étasunien et suivie par la France est une erreur.



Etats-Unis, Russie : même logique

Bien sûr, l’humanisme pousse à vouloir intervenir contre les monstres qui décapitent les journalistes, et martyrisent les populations qui refusent de se soumettre à eux. Néanmoins, comme le soulignait Jacques Sapir dans « Le nouveau 21ème siècle », le droit d’ingérence est trop souvent le cache-sexe de l’impéralisme arbitraire du fort sur le faible. C’est malheureusement exactement ce que Barack Obama a illustré dans son discours de la semaine, où il a affirmé « nous traquerons les terroristes qui menacent notre pays, où qu’ils soient (…) nous n’hésiterons pas à agir contre l’état islamique en Syrie, comme en Irak », même s’il va bien moins loin que Georges Bush, en se limitant à des frappes aériennes.

Le raisonnement est douteux. L’état islamique ne menace pas les Etats-Unis mais l’Irak et la Syrie, même s’ils ont exécuté deux citoyens étasuniens. A moins qu’Obama ne considère que s’attaquer aux citoyens étasuniens revient à s’attaquer aux Etats-Unis, dans un raisonnement qui ne serait pas sans rappeler celui de Poutine pour la sphère d’influence russe. Ensuite, les Etats-Unis sont quand même extrêmement mal placés pour jouer au gendarme de la planète, après une guerre injustifiée qui a fait un million de victimes en Irak, qui explique sans doute en partie l’essor des jihadistes aujourd’hui, et une redite plus respectueuse du droit international en Lybie, mais dont la conclusion n’est pas meilleure,

Un choc arbitraire des civilisations


lundi 11 août 2014

L’intervention militaire en Irak est une nouvelle faute des Etats-Unis


Devant la guerre civile qui déchire de manière horrible l’Irak, les Etats-Unis ont déclenché des frappes militaires contre les forces islamistes. Même s’il est impossible de ne pas être sensible au sort des irakiens persécutés pour leur foi ou leur choix politique, une telle intevention est une nouvelle faute.



Une troisième faute

Bien évidemment, les partisans d’une intervention ne manqueront d’ironiser sur ces souverainistes qui se réclament du Général de Gaulle et seraient si frileux. Mais je ne suis pas un pacifiste irréductible. Je pense qu’en 1938 ou en 1939, devant les avancées de l’Allemagne nazie, il aurait fallu respecter nos engagements et prendre les armes, ce qui aurait sans doute éviter la piteuse défaite de 1940. Mais pour la troisième fois en Irak, les Etats-Unis interviennent militairement et il s’agit à nouveau d’une grave faute. Bien sûr, il faut apporter du soutien aux réfugiés qui sont en Turquie et l’action de la France dans ce domaine est positive, mais c’est une erreur de soutenir les interventions des Etats-Unis.

En effet, il me semble que Washington intervient en dehors de tout cadre international, en fonction de son bon vouloir. Les Etats-Unis continuent à agir comme s’ils étaient les maîtres du monde, qui n’auraient pas à se soumettre aux règles internationales qu’ils imposent pourtant aux autres pays. Comme on le voit en Irak, ceci est complètement contre-productif. La situation dans ce pays que les Etats-Unis ont envahi en 1991 et en 2003 (sans la moindre raison valable la deuxième fois) est sans doute en partie la conséquence directe de ces agressions. Quelle meilleure publicité pour les islamistes que ces frappes qui les permettent ensuite de présenter les autorités du pays comme les poupées de Washington !

La chienlit au carré

mercredi 25 juin 2014

Irak, Libye : les interventions militaires laissent un champ de ruines


La brutale dégradation de la situation en Irak, où les djihadistes sunnites ont pris le contrôle du Nord-Ouest du pays, nous rappelle utilement que les interventions militaires ont tendance à être des désastres qui se paient pendant des années, comme le rapporte The Economist qui étudie la situation en Irak et en Syrie.



L’horreur en Irak et en Libye

Heureusement, notre pays avait pris la tête de l’opposition à l’agression de l’Irak par les Etats-Unis avec le discours de Dominique de Villepin aux Nations Unies. D’abord, Washington a agi sans le moindre mandat international (au contraire de l’intervention en Afghanistan, pas mieux inspirée néanmoins). Ensuite, le motif de l’intervention (la présence d’armes de destruction massive) était bidon. Mais pire, le bilan humain est absolument effroyable puisque les estimations du nombre de victimes varient entre 180 000 et 1,44 millions d’irakiens sur une dizaine d’années. Encore plus effarant, la situation est tellement mauvaise que les Etats-Unis apportent leur soutien à un régime de plus en plus autoritaire et critiquable et pourraient même demander l’aide de l’Iran pour contenir les djihadistes de l’EIIL.

Et la situation de Libye n’est guère plus réjouissante. En effet, dans ce pays, contrairement à ce qui s’était passé en Irak, l’intervention avait été limitée, reposait sur un accord de la communauté internationale (incluant la ligue arabe) et s’appuyait sur une opposition interne. En outre, elle avait pour but d’éviter un bain de sang dans le cadre d’une guerre civile que le régime de Kadhafi semblait sur le point de gagner. D’où le fait, qu’après des hésitations, je l’avais soutenue. Mais la situation est aujourd’hui très mauvaise avec un gouvernement qui ne parvient pas à tenir en respect des groupes qui font régner la terreur dans le pays. Du coup, je pense aujourd’hui que j’ai eu tort de soutenir cette intervention, comme je l’avais dit lors des débats sur une intervention en Syrie, à laquelle je m’étais donc alors opposée.

La frontière ténue entre internationalisme et impérialisme

lundi 16 septembre 2013

François Hollande : quantité diplomatique inconséquente et négligeable


Hier soir, le président de la République était invité par TF1. Le moyen pour lui d’essayer de reprendre la main après une gestion totalement désastreuse de la crise syrienne, qui a fini par voir les Etats-Unis et la Russie se mettre d’accord pour un plan d’élimination des armes chimiques.



Erreurs sur erreurs

Depuis trois semaines, la diplomatie française s’est totalement ridiculisée, faisant oublier les acquis positifs de l’opposition légitime à la guerre en Irak en 2003, ou, dans une moindre mesure, de l’expédition décisive et juste au Mali. Du début à la fin, François Hollande s’est trompé. Bien sûr, le gouvernement s’accroche à une histoire assez habile, à savoir que la solution pacifique n’aurait été trouvée que grâce à la détermination de la France et des Etats-Unis. Mais ceci est une présentation extrêmement superficielle et biaisée, qui ne vise qu’à camoufler les graves fautes de l’équipe au pouvoir.

On reste stupéfait devant le bellicisme béachélien du président, déclarant qu’il fallait punir le régime syrien, le non respect des règles internationales alors qu’elles étaient évoquées pour justifier l’intervention, la mise sous tutelle de facto de notre diplomatie vis-à-vis des Etats-Unis ou l’oubli des leçons du passé en Irak ou en Libye. Mais avec l’accord russo-étasunien, cela aboutir à un véritable désastre diplomatique pour la France. Il est assez stupéfiant que notre pays n’ait pas été associé à l’accord entre Washington et Moscou. François Hollande a été balotté par les évènements, faute d’avoir su les anticiper.

Quelques leçons