Voici un
article à retenir tant il est révélateur de l’état d’esprit d’une certaine
presse : le
Monde nous dit que « l’espace
Schengen (est le) bouc émissaire des europhobes après la cavale d’Anis
Amri », le terroriste
tunisien de Berlin abattu à Milan. Le quotidien vespéral rapporte les critiques
des politiques « europhobes »,
qui soulignent que le terroriste a pu traverser les frontières, dont la nôtre,
sans contrôle, en étant armé. Le
Monde essaie de se défendre en notant que la
convention de Schengen est suspendue depuis plusieurs mois pour permettre
justement des contrôles systématiques et cite le directeur de l’institut
Jacques Delors pour qui des moyens supérieurs permettraient de mieux lutter
contre le terrorisme plutôt qu’en surveillant les frontières intérieures pour
des coûts exorbitants.
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jeudi 5 janvier 2017
Quand le Monde se tire dans le pied sur Schengen
vendredi 4 mars 2016
La crise des migrants révèle l’impasse de l’UE
Cela fera
bientôt un an que
les pays de l’UE ne parviennent pas à gérer l’afflux de migrants. Non
seulement cette crise pose
le problème d’un espace sans frontières intérieures faisant reposer sur
quelques pays les frontières extérieures, mais également l’équation
impossible d’une politique migratoire unique pour des pays si divers. D’où une
nouvelle réponse dérisoire à la crise que traverse la Grèce.
L’espace
Shengen façon puzzle
vendredi 29 janvier 2016
Les migrants, invités bienvenus du Medef, d’UBS et de The Economist
L’année 2015
restera sans doute l’année des attentats et des migrants. L’envolée
du nombre de migrants arrivant sur le continent européen a provoqué un
début de démantèlement de l’espace Schengen et une forte évolution de l’opinion
publique. Le patronat est devenu leur premier avocat.
Des
soutiens extrêmement révélateurs
vendredi 20 novembre 2015
Attentats, migrants : ci-gît l’espace Schengen ?
Alors
que Nicolas Sarkozy avait caressé l’idée quelques fois, c’est bien François
Hollande qui a réinstallé les contrôles aux frontières suite aux attentats de
vendredi. Mais sera-t-il possible de revenir un jour en arrière pour un bon
bout de temps ? Et si l’espace Schengen avait vécu ?
La fin
des frontières passoires ?
Il faut dire
que les dernières semaines ont démontré jusqu’à l’horreur les conséquences de
la suppression des contrôles aux frontières. Des
centaines de milliers de migrants, dont une grande partie ne venant pas de
Syrie, qui rejoignent l’Union Européenne par ses points les plus faibles,
Grèce, Hongrie ou Italie, attirés par l’appel d’air Allemand, avant
que l’ampleur des flux ne finisse par pousser Angela Merkel à reprendre un peu
le contrôle des flux, et tous
les pays de la bordure Sud de l’espace Schengen à fermer un à un de manière de
plus en plus énergétique leurs frontières, malgré les menaces et les critiques.
Et malheureusement pour
les béni-oui-oui de l’immigration, un
des terroristes de vendredi dernier avait un faux passeport Syrien et avait suivi
les filières migratoires avant de venir en France.
Il est très
significatif que l’une des
premières mesures annoncées par le président dès le vendredi soir soit le
rétablissement des frontières. Parce que le djihadisme traverse les
frontières, mieux vaut multiplier les filtres pour les arrêter avant qu’ils ne
commettent l’irréparable. Pire encore pour les opposants à tout contrôle, il
est vite apparu que la Belgique était un point névralgique du djihadisme en
Europe, impliqué dans l’organisation des attentats en France. Bref, il
apparaît aujourd’hui essentiel de remettre en place des filtres aux frontières
avec ce pays pourtant apparemment si proche et si inoffensif. Et on peut croire
que ce besoin n’est pas prêt de se dissiper : qui pourra prendre demain la
responsabilité de supprimer les contrôles à la frontière belge et ainsi livrer
la France aux djihadistes
venus de Molenbeek ?
2015,
l’année des frontières ?
jeudi 24 septembre 2015
Migrants : le problème, c’est l’Europe
Bien sûr, la
petite musique médiatique servie depuis un mois sur les migrants critique sans
cesse tout pays qui refuse de baisser le pavillon face aux demandes de l’Union
Européenne, Hongrie
en tête. Pourtant, sur la question des migrants, la cause du désordre
actuelle, c’est
bien l’Europe.
Des
méchants et des gentils
Depuis
quelques semaines, nous
avons droit à une critique de tous les Etats européens : la France,
pour son inaction, l’Allemagne,
pour son revirement spectaculaire, après avoir été portée au pinacle, les
peuples, en général, pour leur égoïsme et leur manque d’ouverture, la
Hongrie en particulier, parce
qu’elle a le culot de mettre des barbelés à ses frontières, qui sont aussi
celles de l’espace Schengen, et plus généralement, les pays d’Europe de l’Est
qui refusaient les quotas obligatoires d’accueil de migrants. Le Monde fait d’Orban un « mauvais
génie » et voit dans la Hongrie un « verrou
de l’Europe ». La
Grèce est critiquée pour ne pas tenir ses frontières, ou son
mauvais accueil, après avoir vu ses budgets coupés à la hache par
l’UE ! Enfin, la
Commission a épinglé 19 pays pour non-respect du droit d’asile.
L’UE veut se
présenter comme le gentil qui souhaite accueillir les réfugiés martyrisés par
les jihadistes en Syrie, dont
l’Europe aurait besoin du fait de sa démographie. Mais ceci
n’est qu’une propagande destinée à habiller une quête de pouvoir. L’UE est
la source de nos problèmes. D’abord, il
est fou d’avoir une politique migratoire unique pour des pays aux situations
démographiques et économiques aussi différentes. Ensuite, il faudrait
admettre que la majorité ne sont pas des réfugiés, mais bien des migrants
économiques, comme
le montrent les statistiques de Frontex. Ensuite, il
est bien évident que l’espace Schengen, en supprimant les frontières
intérieures, créé une pression disproportionnée sur des pays qui ont du mal à
la gérer (Grèce, Hongrie) et créé un formidable appel d’air avec la
position de Berlin.
La
solution, ce sont les Etats
mercredi 16 septembre 2015
Migrants : ce que dit la fermeture des frontières
En quelques
jours, la situation a radicalement changé. Il y a une semaine, l’Allemagne
ouvrait ses portes et on parlait de quotas obligatoires d’accueil de migrants.
Là, coup sur coup, l’Allemagne,
suivie par d’autres pays, a décidé de rétablir un contrôle aux frontières,
et les
ministres de l’intérieur ne sont pas parvenus à s’entendre. Une évolution
qui en dit long sur cette Europe.
Des
règles et de leur relativité
Il y a
quelques jours, on applaudissait la générosité de l’Allemagne, en
oubliant sans doute un peu les intérêts bien compris d’un pays au faible
taux de chômage, à la population déclinante, et qui peut trouver dans ces
migrants une main d’œuvre bon marché pour soutenir sa compétitivité. Mais devant
l’afflux des migrants, dépassant le cap des 10 000 sur une seule journée,
Berlin a fini par rétablir des contrôles aux frontières pour juguler un flux devenu
trop important. L’initiative allemande a été rapidement suivie par
l’Autriche, puis d’autres pays d’Europe centrale. Pour l’instant, cela se passe
encore dans le cadre des accords de Schengen, qui permettent une interruption
temporaire. La
Hongrie a annoncé qu’elle allait étendre sa clôture anti-migrant à la frontière
de la Roumanie.
Mais ce
faisant, la situation devient de plus en plus arbitraire. N’y-a-t-il pas un
paradoxe à ce que Berlin
s’exonère des règles de l’espace Schengen (même si cela n’enfreint pas les
traités), tout en menaçant de sanctions financières ceux qui refuseraient
d’accepter des
quotas obligatoires de migrants ? Cette Europe consacre la loi du plus
fort, qui ose même s’affranchir des règles tout en ne cessant de vouloir en
imposer à ses partenaires (que ce soit l’austérité, avec les « plans
d’aide » ou
le TSCG, et les
quotas obligatoires de migrants). Cela est d’autant plus choquant que
l’Allemagne avait été la première à ne pas respecter le pacte de stabilité de
l’euro qu’elle avait pourtant demandé de mettre en place après Maastricht.
Bref, en Europe, les règles allemandes s’appliquent surtout à ses partenaires.
Egoïsme
ou simple réalisme ?
jeudi 3 septembre 2015
Les raisons des flux de migrants
La crise des
migrants provoque un
déluge de bons sentiments, qui en vient même à toucher l’UMP. Mais on
oublie un peu trop souvent de se demander quelles sont les, nombreuses, raisons
de ces flux avant de se poser la question de ce qu’il faut en faire
aujourd’hui.
Mondialisation,
interventions militaires et Europe
Bien sûr, les
immenses écarts de richesse entre pays jouent un rôle majeur dans l’attraction
qu’exercent les pays dits développés pour les populations des pays pauvres.
L’idée d’un salaire minimum à plus de mille euros par mois représente forcément
un rêve attirant pour qui gagne un ou deux euros par jour. En outre, la
révolution technologique des dernières années a sans doute contribué à
davantage répandre l’information et à rendre ce rêve plus proche pour les
populations des pays les plus pauvres. En outre, comme
l’a démontré Joseph Stiglitz dans « La
grande désillusion », nous avons soumis ces populations à
l’horreur des marchés, des fluctuations dérégulées du cours des matières
premières, qui peuvent ruiner en un instant les paysans d’Afrique et d’ailleurs.
Pas étonnant que nos pays les attirent.
Mais il y a
un facteur un peu trop oublié par les commentateurs : le
rôle joué par les interventions militaires des dernières années, qui ont profondément déstabilisé le
Moyen Orient et l’Afrique. La Libye est aujourd’hui un pays clé pour les
passeurs, conséquence d’une intervention dont on comprend aujourd’hui qu’elle
était une erreur car
elle a semé un chaos sans doute encore plus cruel pour les populations locales
que ne l’était Khadafi. Et les interventions des Etats-Unis en Afghanistan
ou en Irak ont créé un terreau plus que favorable au développement de l’état
islamiste et ses terreurs, qui poussent les populations à fuir leur pays. Nos
pays (et en premier lieu Washington) portent donc une part de responsabilité
dans les désordes de ces parties du monde, qui expliquent en partie les flux de
migrants actuels.
Mais les
pays européens ont également une grande part de responsabilité, à travers ce
projet funeste qu’est l’UE. D’abord, la
mise en place de l’espace Schengen porte sans doute une grande part de
responsabilité dans ces flux. En supprimant toutes les frontières
intérieures, les pays européens ont supprimé des filtres qui permettaient de
gérer les mouvements de personne. Les migrants savent aujourd’hui qu’ils n’ont
qu’une frontière à passer et qu’après, ils peuvent se déplacer assez librement.
Ce
faisant, cela pousse les migrants à viser les points faibles de cette frontière
commune, créant une pression insoutenable pour la Grèce ou la Hongrie, dont
la réaction est légitime. Enfin, les
discours sur les quotas ou sur les besoins d’immigration ne sont qu’un
encouragement officile à la venue des migrants.
Que faire
de ces flux de migrants ?
mercredi 2 septembre 2015
L’indécente critique de la Hongrie
Dimanche, le
ministre des affaires étrangères Français, surfant
sur l’émotion des morts de migrants, Laurent Fabius, a critiqué la Hongrie,
qui « ne
respecte pas les valeurs communes de l’Europe » pour
avoir érigé une clôture à sa frontière avec la Serbie. Une critique
profondément indécente.
Communication
bien pensante à courte vue
Il est tout
de même effarant qu’un
ministre d’un pays l’UE critique un autre pays de l’UE pour simplement mettre
une séparation à sa frontière, d’autant
plus que ce pays est un des pays qui est une des frontières de l’espace
Schengen. D’abord, on peut penser qu’un ministre Français n’a pas à se
prononcer sur la façon dont un autre pays gère sa frontière. Que dirait-on si
un ministre Hongrois critiquait l’organisation de notre frontière avec la
Grande-Bretagne ou la Suisse ? En cela, le ministre Hongrois des affaires
étrangères a eu bien raison de répliquer : « au
lieu (de porter) des jugements choquants et infondés, on devrait plutôt se
concentrer sur la recherche de solutions communes pour l’Europe ».
La
réaction de Laurent Fabius est d’autant plus effarante que la Hongrie, comme
la Grèce, est en première ligne pour les mouvements migratoires
qu’affrontent les pays du continent. Voici donc un
autre pays de 10 millions d’habitants qui est une des frontières stratégiques
d’un espace de 400 millions d’habitants. Car
la configuration si particulière de l’espace Schengen, sans frontières à
l’intérieur, créé un poids disproportionné sur les pays qui forment sa
frontière, surtout quand ils sont placés aux endroits les plus faciles d’accès
pour les immigrés illégaux, et qu’en plus, ils sont petits et manquent de
moyens pour gérer ces flux. Comment la Hongrie ou la
Grèce peuvent aujourd’hui assumer le rôle de point de passage de centaines
de milliers de clandestins qui veulent aller dans les autres pays de
l’espace ?
Peut-on
encore débattre d’immigration ?
jeudi 20 août 2015
L’Europe : directement responsable de l’afflux de clandestins en Grèce et à Lampedusa
En juillet, le
nombre de migrants recensés aux frontières européennes a pour la première fois
dépassé le cap des 100 000 en un mois (340 000 depuis janvier). Et en août,
pas
mois de 20 000 sont arrivés sur les seules côtes Grecques en une seule semaine.
Une conséquence directe de Schengen.
La
logique du maillon le plus faible
Sur le mois
de juillet, sur
les 107 500 migrants recensés, plus
de 50 000 sont arrivés en Grèce par la mer. Même si l’origine des migrants,
mais aussi la position géographique de la Grèce expliquent la
concentration de près de 50% des flux de migrants illégaux dans ce pays, on
peut aussi y voir la conséquence directe de Schengen. En effet, dans un espace
européen où il n’y a plus le moindre contrôle aux frontières, plus
besoin pour les migrants illégaux d’arriver dans le pays où ils souhaitent
résider. Il suffit de choisir le plus simple d’accès, celui où il y a
potentiellement le plus de chances de passer à travers les mailles du filet
pour pouvoir ensuite voyager assez simplement dans toute l’Europe.
Car il est
évident que s’il y avait toujours des contrôles sérieux aux frontières de
chacun des pays de l’UE, alors, autant
de migrants illégaux ne viendraient pas spécifiquement en Grèce, sachant
que ce pays seul ne pourrait pas en accueillir autant. La suppression des
contrôles aux frontières à l’intérieur de l’UE a un rôle direct dans
l’accélération des flux de migrants illégaux dans les pays de la Méditerranée
car chaque
pays de l’espace Schengen est un peu une porte d’entrée sur tous les pays de
l’espace… Ce traité est un immense appel d’air pour les habitants des pays
environnants et porte donc une part de responsabilité dans tous les
drames des dernières années à Lampedusa ou ailleurs.
Il faut
mettre fin à Schengen
samedi 17 janvier 2015
Après #JeSuisCharlie
Une semaine
après des
rassemblements historiques par leur taille et après avoir respecté un temps de
rassemblement pour honorer les victimes de cette barbarie, il est important
de se réfléchir pour tirer les leçons de ce terrible drame. Voici une première
contribution.
Une
multitude de questions
Les
drames des derniers jours, même sans oublier la responsabilité individuelle
des assassins, amènent à se poser des questions sur ce qui, dans notre société,
a pu les permettre. La première question qui se pose est naturellement celle de
notre sécurité. Peut-on y voir une conséquence de la réduction des moyens des
dernières années ? L’ouverture
des frontières dans le cadre de Schengen ne le facilite-t-elle pas aussi ?
On peut également se demander s’il ne faut pas davantage surveiller ce qui se
passe sur Internet ainsi que les personnes qui vont faire le jihad à l’étranger
ou en France, sans tomber pour autant dans les excès des Etats-Unis de
l’administration Bush avec le Patriot Act.
Et cela amène aussi à se poser la
question des interventions inappropriées de la France à l’étranger.
L’autre
question que pose bien Perico Légasse dans Marianne,
c’est celle de la laïcité. On ne peut pas ignorer que les meurtres commis l’ont
été au nom de l’Islam, même s’il s’agit d’une vision extrémiste et marginale.
Quand Daniel Cohn-Bendit, en appelle à aller plus loin dans le communautarisme,
qui grignote la loi de 1905, il faut au contraire remettre à leur place ces
religions qui sont des prétextes à la guerre civile. On peut également se poser
la question du rôle de l’école, comme
Jean-Paul Brighelli dans Figarovox,
entre laxisme grandissant et oubli de la mission de transmission de notre
culture. On ne peut pas oublier non plus la responsabilité de politiques
économiques qui laissent un quart de la jeunesse au chômage, dans une situation
propice aux dérives les plus extrémistes.
Le piège
de l’union nationale
lundi 1 décembre 2014
Avec Sarkozy et Juppé, l’UMP se trompe de siècle
Samedi, Nicolas
Sarkozy a été élu président de l’UMP par les militants, avec 64% des suffrages,
bien moins que les scores imaginés en début de campagne. Mais les
querelles intestines de l’ancienne majorité sont aussi révélatrices de
l’impasse actuelle de notre débat public.
Une
victoire et un avertissement
Il y a dix
ans, Nicolas Sarkozy avait été élu à la présidence du mouvement avec 84% des
voix. Du coup, en
se lançant dans la campagne, lui et ses supporters imaginaient rééditer une
telle victoire, face à des rivaux jugés bien légers, en l’absence d’Alain
Juppé, François Fillon ou Jean-François Copé. Las, Bruno
Le Maire a réalisé une belle campagne qui lui a permis de rassembler 29% des
votants derrière son nom, à peine deux fois moins que l’ancien président de
la République, une défait qui ressemble à une victoire et lui a permis de
s’imposer en quelques mois comme l’une des figures principales de son
mouvement, signe
que les militants ne souhaitaient pas donner une carte blanche à Nicolas
Sarkozy.
Bref, même
s’il gagne le plein contrôle de l’appareil, ce qui n’est pas neutre pour des
primaires, comme on a pu le voir au Parti Socialiste il y a quelques années, ou
à l’UMP en 2012, l’ancien président de la République ne s’est pas imposé
comme le candidat de son camp pour 2017. Que
Bruno Le Maire rassemble 29% des voix des militants indique sans doute
qu’Alain Juppé n’est pas en mauvaise position pour gagner la place de candidat
à la présidentielle dans deux ans, à moins que les deux ne s’affrontent et ne
divisent le camp des opposants à Nicolas Sarkozy. Cela est d’autant plus vrai
que le
chemin du retour à l’Elysée est encombré d’affaires embarassantes pour son
ancien locataire : Bygmalion, Tapie…
Une
absence criante de réflexion
vendredi 14 novembre 2014
Que penser du coup de frein européen au tourisme social ?
C’est une
décision qui a fait beaucoup de bruit : la
Cour de Justice de l’UE vient d’autoriser les Etats membres à exclure du
bénéfice de certaines prestations les immigrés européens sans travail, venus
faire du « tourisme social ». Une décision extrêmement ambivalente.
Une
faille dans Schengen ?
Sur le fond,
on peut se dire qu’il s’agit d’une victoire du bon sens. Il était bien évident
que la liberté anarchique de mouvements des personnes au sein d’une Union
Européenne présentant de telles différences de niveau de protection sociale ne
pouvait que logiquement provoquer des
phénomènes d’abus où des personnes issues des pays les plus pauvres pouvaient
partir dans les pays les plus protecteurs et réclamer les avantages sociaux de
ces pays sans même vouloir s’intégrer. Il semble que ce soit le cas de la
migrante roumaine qui résidait en Allemagne au
sujet de laquelle la Cour de Justice européenne a décidé de permettre une
différenciation de traitement de certains immigrés.
Il faut
qu’en ces temps de disettes budgétaires, il était particulièrement révoltant
pour une majorité de la population, qui se serre la ceinture depuis près de 6
ans, de constater des cas comme ceux de cette roumaine, qui
n’est pas sans rappeler l’affaire Léonarda en France. Ici, le
terme de tourisme social semble parfaitement s’appliquer et la liberté
anarchique de circulation des personnes au sein de l’UE est un véritable
pousse-au-crime qui peut coûter cher aux pays qui ont le modèle social le plus
protecteur. Du coup, toute limite mise à ces comportements abusifs, cette
protection gratuite offerte à certains migrants qui ne contribuent pas à la
solidarité nationale, est bienvenue.
La goutte
d’eau d’un mauvais tuyau
jeudi 23 octobre 2014
Calais ( ou le cul-de-sac de l’Union Européenne) (billet invité)
Billet invité de Michel Colas
Une fois n’est pas coutume, lundi 13 octobre, c'est ensemble que des policiers, agriculteurs, commerçants ou simples citoyens ont manifesté à Calais.
Le motif de leur mécontentement : Le manque de moyens pour faire face à l’afflux, toujours plus important de migrants sur le secteur.
En effet, depuis quelque temps, Calais donne l’impression d’être une zone de non- droit dans laquelle les problèmes quotidiens supportés par les Calaisiens et les forces de l’ordre sont en constante augmentation. Toutefois, la présence accrue de migrants sur un territoire non préparé et les gênes subies ne doivent pas cacher la véritable cause du problème, à savoir les accords de Schengen.
Comme, je l’avais décrit dans un billet précédent Schengen ou l’Hypothétique eldorado , le traité de Schengen et ses incohérences sont bien à l’origine du problème, et la situation de Calais découle directement de la permissivité de nos frontières.
vendredi 15 août 2014
Schengen ou l'hypothétique Eldorado (billet invité)
Billet invité de Michel Colas
On
a souvent l’occasion d’entendre dire que l’Italie est une des entrées
privilégiées pour l’immigration clandestine sub- saharienne. En effet, il ne se
passe pas une semaine sans que la presse ne se fasse l’écho d’immigrants
arrivant sur l’ile de Lampedusa à bord de bateaux vétustes et surchargés et qui
malheureusement, pour certains n’arrivent même pas à destination, coulant au
large avec leurs cargaisons humaines.
Voilà,
l’habitude aidant, nous ne prêtons plus qu’une oreille distraite à ces
nouvelles, nous disant qu’après tout, c’est l’affaire des italiens.
Mais,
erreur ! Ce n’est pas QUE l’affaire des italiens et ce, depuis les accords de
Schengen.
Ah
! Les fameux accords de Schengen. Mais en quoi consistent-ils ?
samedi 24 mai 2014
La schizophrénie européenne de Nicolas Sarkozy
Finalement,
il s’est exprimé. Comme à la veille des élections municipales, l’ancien
président de la République a sorti une tribune qui lui permet de continuer à
exister médiatiquement. L’occasion de rappeller à nouveau les
incohérences de sa pensée sur l’Europe.
Un coup
pour les UE-sceptiques
Nicolas
Sarkozy est un récidiviste dans la critique de l’UE. Déjà, lors de
la campagne pour l’élection présidentielle de 2007, il critiquait l’euro cher
et proposait un nouveau traité qui prendrait en compte le « non » des
Français au TCE. En 2012, il remettait le couvert en critiquant la politique
monétaire européenne. Dans cette tribune au Point,
il dénonce « un
échec sans appel de la politique migratoire européenne » et
propose de suspendre Schengen ! Il dénonce également l’excès de pouvoir de
la Commission qui « ne
devrait plus avoir de compétences législatives puisqu’il y a un Parlement
européen ». Enfin, il propose de « diminuer
drastiquement l’étendue des compétences communautaires ». Ce
faisant, les opposants de l’UE peuvent trouver des points de convergence.
Mais le
problème avec Nicolas Sarkozy, comme souvent, c’est
qu’il parle beaucoup mais n’agit pas. En effet, voici un ancien président
de la République qui s’est retrouvé dans une position de force en 2007 pour
négocier un nouveau traité européen après le rejet du TCE par référendum.
Contre une ratification par la voie parlementaire, il pouvait demander beaucoup
à nos partenaires : une réforme de la politique monétaire, une réforme de
Schengen, dont cet ancien minstre de l’intérieur connaissait les failles. Mais
il n’a absolument rien, faisant
accepter à Lisbonne une copie conforme du TCE rejeté par les Français. Pour
lui aussi, les promesses ne semblent engager que ceux qui les écoutent.
Un coup
pour les fédéralistes
lundi 28 avril 2014
L’UMP se moque du monde sur Schengen !
L’approche
des élections européennes fait redécouvrir à l’UMP la question de l’immigration
et le fait qu’elle est liée aux traités européens. Le
parti fait donc des propositions pour permettre à l’Europe de reprendre le
contrôle de sa politique migratoire. Une énorme escroquerie
intellectuelle !
Faites ce
que je dis, pas ce que je fais
Tout
d’abord, il faut rappeler ici que le traité de Schengen, comme tous les autres
traités européens, a été accepté par l’UMP, comme le PS. L’opposition est donc
co-responsable des dérives que provoque ce mauvais accord. Pire, il faut quand
même rappeler que l’UMP a été au pouvoir de 2002 à 2012, et a donc eu dix
longues années pour essayer de changer ce qui n’allait pas en Europe. Et elle a
eu deux occasions majeures, puisqu’elle pouvait chercher à inscrire les
modifications qu’elle jugeait nécessaires dans le TCE rejeté par les Français
en 2005, et suite à ce « non », elle pouvait chercher à obtenir des
compensations lors de la négociation du traité de Lisbonne, avant de le
ratifier.
Bref, on ne
peut pas dire que l’UMP n’a pas eu l’occasion d’améliorer la politique
européenne d’immigration. La seule chose qui a été faite, en 2008, était un
« Pacte sur l’immigration et l’asile »,
pendant la présidence française de l’UE. Cela signifie de facto que ce pacte
n’était que du vent, qui ne réglait aucun problème. La faillite de la politique
européenne de l’immigration est aussi et surtout la faillite des politiques
menées par l’UMP et le PS qui ont accepté des traités nous privant des moyens
de contrôler nos frontières. Il est quand même effarant de lire dans le
programme de l’UMP que « nous
souhaitons également rendre possible l’expulsion dans leur pays, hors Schengen,
des délinquants récidivistes et des criminels ». Parce que cela
n’était pas possible avant et qu’ils n’ont rien fait pour changer cela ?
Ici
encore, le problème, c’est l’Europe
vendredi 27 septembre 2013
Roms : à quand la démission de Vivianne Reding ?
Les
propos de Manuel Valls n’ont pas seulement déclenché une polémique en France,
mais également avec l’Union Européenne, puisque la multi-récidiviste Viviane
Reding, qui
s’était déjà illustrée en 2010 avec Nicolas Sarkozy, a de
nouveau critiqué le gouvernement français sur la question.
Une
mauvaise polémique
Bien sûr, les
propos de Manuel Valls sont durs, mais il y a un moment où il faudrait
admettre que l’on peut dire autre chose que bienvenue à tous les immigrés de la
planète et reconnaître qu’il y a des problèmes d’intégration et que la France
doit pouvoir choisir ou non si des personnes peuvent séjourner sur son
territoire. En outre, il ne faut pas oublier que la Roumanie et la Bulgarie
n’ont pas encore rejoint l’espace Schengen. L’UE devrait par conséquent assurer
la sécurité le contrôle aux frontières orientales de cet espace et ne pas
permettre à tant de roms de passer la frontière.
Du coup, la
France est parfaitement dans son droit d’expulser les personnes qui n’ont pas
le droit d’être sur son territoire. En ce sens, après
12 000 personnes expulsées en 2012, plus de 10 000 l’ont été au premier
semestre, soit une augmentation d’environ 70%. Et on ne voit pas pourquoi
Viviane Reding s’immisce à nouveau dans les affaires de notre pays et menace
d’ouvrir une procédure d’infraction si elle estime que nous ne suivons pas les
règles de l’Union Européenne. Ici encore, il est malheureux que le
gouvernement ne réagisse pas pas plus fermement à cette déclaration.
Reding
démission !
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