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jeudi 5 janvier 2017

Quand le Monde se tire dans le pied sur Schengen


Voici un article à retenir tant il est révélateur de l’état d’esprit d’une certaine presse : le Monde nous dit que « l’espace Schengen (est le) bouc émissaire des europhobes après la cavale d’Anis Amri », le terroriste tunisien de Berlin abattu à Milan. Le quotidien vespéral rapporte les critiques des politiques « europhobes », qui soulignent que le terroriste a pu traverser les frontières, dont la nôtre, sans contrôle, en étant armé. Le Monde essaie de se défendre en notant que la convention de Schengen est suspendue depuis plusieurs mois pour permettre justement des contrôles systématiques et cite le directeur de l’institut Jacques Delors pour qui des moyens supérieurs permettraient de mieux lutter contre le terrorisme plutôt qu’en surveillant les frontières intérieures pour des coûts exorbitants.

Le Monde a un sacré culot de parler de moyens supplémentaires, lui qui appuie toutes les politiques de coupes des dépenses publiques. Et en quoi les contrôles aux frontières intérieures seraient moins efficaces que des moyens supplémentaires pour la police et la justice ? L’exemple même d’Anis Amri montre qu’un contrôle systématique aux frontières intérieures (à la manière de celui pratiqué par Londres ou Washington) aurait permis d’arrêter le terroriste. Bref, dans ce domaine, le Monde montre surtout que sa foi religieuse dans l’UE lui fait simplement perdre tout sens pratique et à se comporter comme la Pravda.

vendredi 20 novembre 2015

Attentats, migrants : ci-gît l’espace Schengen ?

Alors que Nicolas Sarkozy avait caressé l’idée quelques fois, c’est bien François Hollande qui a réinstallé les contrôles aux frontières suite aux attentats de vendredi. Mais sera-t-il possible de revenir un jour en arrière pour un bon bout de temps ? Et si l’espace Schengen avait vécu ?



La fin des frontières passoires ?


Il est très significatif que l’une des premières mesures annoncées par le président dès le vendredi soir soit le rétablissement des frontières. Parce que le djihadisme traverse les frontières, mieux vaut multiplier les filtres pour les arrêter avant qu’ils ne commettent l’irréparable. Pire encore pour les opposants à tout contrôle, il est vite apparu que la Belgique était un point névralgique du djihadisme en Europe, impliqué dans l’organisation des attentats en France. Bref, il apparaît aujourd’hui essentiel de remettre en place des filtres aux frontières avec ce pays pourtant apparemment si proche et si inoffensif. Et on peut croire que ce besoin n’est pas prêt de se dissiper : qui pourra prendre demain la responsabilité de supprimer les contrôles à la frontière belge et ainsi livrer la France aux djihadistes venus de Molenbeek ?

2015, l’année des frontières ?

jeudi 24 septembre 2015

Migrants : le problème, c’est l’Europe




Des méchants et des gentils

Depuis quelques semaines, nous avons droit à une critique de tous les Etats européens : la France, pour son inaction, l’Allemagne, pour son revirement spectaculaire, après avoir été portée au pinacle, les peuples, en général, pour leur égoïsme et leur manque d’ouverture, la Hongrie en particulier, parce qu’elle a le culot de mettre des barbelés à ses frontières, qui sont aussi celles de l’espace Schengen, et plus généralement, les pays d’Europe de l’Est qui refusaient les quotas obligatoires d’accueil de migrants. Le Monde fait d’Orban un « mauvais génie » et voit dans la Hongrie un « verrou de l’Europe ». La Grèce est critiquée pour ne pas tenir ses frontières, ou son mauvais accueil, après avoir vu ses budgets coupés à la hache par l’UE ! Enfin, la Commission a épinglé 19 pays pour non-respect du droit d’asile.

L’UE veut se présenter comme le gentil qui souhaite accueillir les réfugiés martyrisés par les jihadistes en Syrie, dont l’Europe aurait besoin du fait de sa démographie. Mais ceci n’est qu’une propagande destinée à habiller une quête de pouvoir. L’UE est la source de nos problèmes. D’abord, il est fou d’avoir une politique migratoire unique pour des pays aux situations démographiques et économiques aussi différentes. Ensuite, il faudrait admettre que la majorité ne sont pas des réfugiés, mais bien des migrants économiques, comme le montrent les statistiques de Frontex. Ensuite, il est bien évident que l’espace Schengen, en supprimant les frontières intérieures, créé une pression disproportionnée sur des pays qui ont du mal à la gérer (Grèce, Hongrie) et créé un formidable appel d’air avec la position de Berlin.

La solution, ce sont les Etats

mercredi 16 septembre 2015

Migrants : ce que dit la fermeture des frontières



Des règles et de leur relativité

Il y a quelques jours, on applaudissait la générosité de l’Allemagne, en oubliant sans doute un peu les intérêts bien compris d’un pays au faible taux de chômage, à la population déclinante, et qui peut trouver dans ces migrants une main d’œuvre bon marché pour soutenir sa compétitivité. Mais devant l’afflux des migrants, dépassant le cap des 10 000 sur une seule journée, Berlin a fini par rétablir des contrôles aux frontières pour juguler un flux devenu trop important. L’initiative allemande a été rapidement suivie par l’Autriche, puis d’autres pays d’Europe centrale. Pour l’instant, cela se passe encore dans le cadre des accords de Schengen, qui permettent une interruption temporaire. La Hongrie a annoncé qu’elle allait étendre sa clôture anti-migrant à la frontière de la Roumanie.

Mais ce faisant, la situation devient de plus en plus arbitraire. N’y-a-t-il pas un paradoxe à ce que Berlin s’exonère des règles de l’espace Schengen (même si cela n’enfreint pas les traités), tout en menaçant de sanctions financières ceux qui refuseraient d’accepter des quotas obligatoires de migrants ? Cette Europe consacre la loi du plus fort, qui ose même s’affranchir des règles tout en ne cessant de vouloir en imposer à ses partenaires (que ce soit l’austérité, avec les « plans d’aide » ou le TSCG, et les quotas obligatoires de migrants). Cela est d’autant plus choquant que l’Allemagne avait été la première à ne pas respecter le pacte de stabilité de l’euro qu’elle avait pourtant demandé de mettre en place après Maastricht. Bref, en Europe, les règles allemandes s’appliquent surtout à ses partenaires.

Egoïsme ou simple réalisme ?

jeudi 3 septembre 2015

Les raisons des flux de migrants

La crise des migrants provoque un déluge de bons sentiments, qui en vient même à toucher l’UMP. Mais on oublie un peu trop souvent de se demander quelles sont les, nombreuses, raisons de ces flux avant de se poser la question de ce qu’il faut en faire aujourd’hui.



Mondialisation, interventions militaires et Europe

Bien sûr, les immenses écarts de richesse entre pays jouent un rôle majeur dans l’attraction qu’exercent les pays dits développés pour les populations des pays pauvres. L’idée d’un salaire minimum à plus de mille euros par mois représente forcément un rêve attirant pour qui gagne un ou deux euros par jour. En outre, la révolution technologique des dernières années a sans doute contribué à davantage répandre l’information et à rendre ce rêve plus proche pour les populations des pays les plus pauvres. En outre, comme l’a démontré Joseph Stiglitz dans « La grande désillusion », nous avons soumis ces populations à l’horreur des marchés, des fluctuations dérégulées du cours des matières premières, qui peuvent ruiner en un instant les paysans d’Afrique et d’ailleurs. Pas étonnant que nos pays les attirent.

Mais il y a un facteur un peu trop oublié par les commentateurs : le rôle joué par les interventions militaires  des dernières années, qui ont profondément déstabilisé le Moyen Orient et l’Afrique. La Libye est aujourd’hui un pays clé pour les passeurs, conséquence d’une intervention dont on comprend aujourd’hui qu’elle était une erreur car elle a semé un chaos sans doute encore plus cruel pour les populations locales que ne l’était Khadafi. Et les interventions des Etats-Unis en Afghanistan ou en Irak ont créé un terreau plus que favorable au développement de l’état islamiste et ses terreurs, qui poussent les populations à fuir leur pays. Nos pays (et en premier lieu Washington) portent donc une part de responsabilité dans les désordes de ces parties du monde, qui expliquent en partie les flux de migrants actuels.

Mais les pays européens ont également une grande part de responsabilité, à travers ce projet funeste qu’est l’UE. D’abord, la mise en place de l’espace Schengen porte sans doute une grande part de responsabilité dans ces flux. En supprimant toutes les frontières intérieures, les pays européens ont supprimé des filtres qui permettaient de gérer les mouvements de personne. Les migrants savent aujourd’hui qu’ils n’ont qu’une frontière à passer et qu’après, ils peuvent se déplacer assez librement. Ce faisant, cela pousse les migrants à viser les points faibles de cette frontière commune, créant une pression insoutenable pour la Grèce ou la Hongrie, dont la réaction est légitime. Enfin, les discours sur les quotas ou sur les besoins d’immigration ne sont qu’un encouragement officile à la venue des migrants.

Que faire de ces flux de migrants ?

mercredi 2 septembre 2015

L’indécente critique de la Hongrie

Dimanche, le ministre des affaires étrangères Français, surfant sur l’émotion des morts de migrants, Laurent Fabius, a critiqué la Hongrie, qui « ne respecte pas les valeurs communes de l’Europe » pour avoir érigé une clôture à sa frontière avec la Serbie. Une critique profondément indécente.



Communication bien pensante à courte vue

Il est tout de même effarant qu’un ministre d’un pays l’UE critique un autre pays de l’UE pour simplement mettre une séparation à sa frontière, d’autant plus que ce pays est un des pays qui est une des frontières de l’espace Schengen. D’abord, on peut penser qu’un ministre Français n’a pas à se prononcer sur la façon dont un autre pays gère sa frontière. Que dirait-on si un ministre Hongrois critiquait l’organisation de notre frontière avec la Grande-Bretagne ou la Suisse ? En cela, le ministre Hongrois des affaires étrangères a eu bien raison de répliquer : « au lieu (de porter) des jugements choquants et infondés, on devrait plutôt se concentrer sur la recherche de solutions communes pour l’Europe ».


Peut-on encore débattre d’immigration ?

jeudi 20 août 2015

L’Europe : directement responsable de l’afflux de clandestins en Grèce et à Lampedusa




La logique du maillon le plus faible

Sur le mois de juillet, sur les 107 500 migrants recensés, plus de 50 000 sont arrivés en Grèce par la mer. Même si l’origine des migrants, mais aussi la position géographique de la Grèce expliquent la concentration de près de 50% des flux de migrants illégaux dans ce pays, on peut aussi y voir la conséquence directe de Schengen. En effet, dans un espace européen où il n’y a plus le moindre contrôle aux frontières, plus besoin pour les migrants illégaux d’arriver dans le pays où ils souhaitent résider. Il suffit de choisir le plus simple d’accès, celui où il y a potentiellement le plus de chances de passer à travers les mailles du filet pour pouvoir ensuite voyager assez simplement dans toute l’Europe.

Car il est évident que s’il y avait toujours des contrôles sérieux aux frontières de chacun des pays de l’UE, alors, autant de migrants illégaux ne viendraient pas spécifiquement en Grèce, sachant que ce pays seul ne pourrait pas en accueillir autant. La suppression des contrôles aux frontières à l’intérieur de l’UE a un rôle direct dans l’accélération des flux de migrants illégaux dans les pays de la Méditerranée car chaque pays de l’espace Schengen est un peu une porte d’entrée sur tous les pays de l’espace… Ce traité est un immense appel d’air pour les habitants des pays environnants et porte donc une part de responsabilité dans tous les drames des dernières années à Lampedusa ou ailleurs.

Il faut mettre fin à Schengen

samedi 17 janvier 2015

Après #JeSuisCharlie


Une semaine après des rassemblements historiques par leur taille et après avoir respecté un temps de rassemblement pour honorer les victimes de cette barbarie, il est important de se réfléchir pour tirer les leçons de ce terrible drame. Voici une première contribution.



Une multitude de questions

Les drames des derniers jours, même sans oublier la responsabilité individuelle des assassins, amènent à se poser des questions sur ce qui, dans notre société, a pu les permettre. La première question qui se pose est naturellement celle de notre sécurité. Peut-on y voir une conséquence de la réduction des moyens des dernières années ? L’ouverture des frontières dans le cadre de Schengen ne le facilite-t-elle pas aussi ? On peut également se demander s’il ne faut pas davantage surveiller ce qui se passe sur Internet ainsi que les personnes qui vont faire le jihad à l’étranger ou en France, sans tomber pour autant dans les excès des Etats-Unis de l’administration Bush avec le Patriot Act. Et cela amène aussi à se poser la question des interventions inappropriées de la France à l’étranger.

L’autre question que pose bien Perico Légasse dans Marianne, c’est celle de la laïcité. On ne peut pas ignorer que les meurtres commis l’ont été au nom de l’Islam, même s’il s’agit d’une vision extrémiste et marginale. Quand Daniel Cohn-Bendit, en appelle à aller plus loin dans le communautarisme, qui grignote la loi de 1905, il faut au contraire remettre à leur place ces religions qui sont des prétextes à la guerre civile. On peut également se poser la question du rôle de l’école, comme Jean-Paul Brighelli dans Figarovox, entre laxisme grandissant et oubli de la mission de transmission de notre culture. On ne peut pas oublier non plus la responsabilité de politiques économiques qui laissent un quart de la jeunesse au chômage, dans une situation propice aux dérives les plus extrémistes.

Le piège de l’union nationale

lundi 1 décembre 2014

Avec Sarkozy et Juppé, l’UMP se trompe de siècle





Une victoire et un avertissement

Il y a dix ans, Nicolas Sarkozy avait été élu à la présidence du mouvement avec 84% des voix. Du coup, en se lançant dans la campagne, lui et ses supporters imaginaient rééditer une telle victoire, face à des rivaux jugés bien légers, en l’absence d’Alain Juppé, François Fillon ou Jean-François Copé. Las, Bruno Le Maire a réalisé une belle campagne qui lui a permis de rassembler 29% des votants derrière son nom, à peine deux fois moins que l’ancien président de la République, une défait qui ressemble à une victoire et lui a permis de s’imposer en quelques mois comme l’une des figures principales de son mouvement, signe que les militants ne souhaitaient pas donner une carte blanche à Nicolas Sarkozy.

Bref, même s’il gagne le plein contrôle de l’appareil, ce qui n’est pas neutre pour des primaires, comme on a pu le voir au Parti Socialiste il y a quelques années, ou à l’UMP en 2012, l’ancien président de la République ne s’est pas imposé comme le candidat de son camp pour 2017. Que Bruno Le Maire rassemble 29% des voix des militants indique sans doute qu’Alain Juppé n’est pas en mauvaise position pour gagner la place de candidat à la présidentielle dans deux ans, à moins que les deux ne s’affrontent et ne divisent le camp des opposants à Nicolas Sarkozy. Cela est d’autant plus vrai que le chemin du retour à l’Elysée est encombré d’affaires embarassantes pour son ancien locataire : Bygmalion, Tapie…

Une absence criante de réflexion

vendredi 14 novembre 2014

Que penser du coup de frein européen au tourisme social ?





Une faille dans Schengen ?

Sur le fond, on peut se dire qu’il s’agit d’une victoire du bon sens. Il était bien évident que la liberté anarchique de mouvements des personnes au sein d’une Union Européenne présentant de telles différences de niveau de protection sociale ne pouvait que logiquement provoquer des phénomènes d’abus où des personnes issues des pays les plus pauvres pouvaient partir dans les pays les plus protecteurs et réclamer les avantages sociaux de ces pays sans même vouloir s’intégrer. Il semble que ce soit le cas de la migrante roumaine qui résidait en Allemagne au sujet de laquelle la Cour de Justice européenne a décidé de permettre une différenciation de traitement de certains immigrés.

Il faut qu’en ces temps de disettes budgétaires, il était particulièrement révoltant pour une majorité de la population, qui se serre la ceinture depuis près de 6 ans, de constater des cas comme ceux de cette roumaine, qui n’est pas sans rappeler l’affaire Léonarda en France. Ici, le terme de tourisme social semble parfaitement s’appliquer et la liberté anarchique de circulation des personnes au sein de l’UE est un véritable pousse-au-crime qui peut coûter cher aux pays qui ont le modèle social le plus protecteur. Du coup, toute limite mise à ces comportements abusifs, cette protection gratuite offerte à certains migrants qui ne contribuent pas à la solidarité nationale, est bienvenue.

La goutte d’eau d’un mauvais tuyau

jeudi 23 octobre 2014

Calais ( ou le cul-de-sac de l’Union Européenne) (billet invité)


Billet invité de Michel Colas


Une fois n’est pas coutume, lundi 13 octobre, c'est ensemble que des policiers, agriculteurs, commerçants ou simples citoyens ont manifesté à Calais.

Le motif de leur mécontentement : Le manque de moyens pour faire face à l’afflux, toujours plus important de migrants sur le secteur.

En effet, depuis quelque temps, Calais donne l’impression d’être une zone de non- droit dans laquelle les problèmes quotidiens supportés par les Calaisiens et les forces de l’ordre sont en constante augmentation. Toutefois, la présence accrue de migrants sur un territoire non préparé et les gênes subies ne doivent pas cacher la véritable cause du problème, à savoir les accords de Schengen.
Comme, je l’avais décrit dans un billet précédent Schengen ou l’Hypothétique eldorado , le traité de Schengen et ses incohérences sont bien à l’origine du problème, et la situation de Calais découle directement de la permissivité de nos frontières.


vendredi 15 août 2014

Schengen ou l'hypothétique Eldorado (billet invité)


Billet invité de Michel Colas


On a souvent l’occasion d’entendre dire que l’Italie est une des entrées privilégiées pour l’immigration clandestine sub- saharienne. En effet, il ne se passe pas une semaine sans que la presse ne se fasse l’écho d’immigrants arrivant sur l’ile de Lampedusa à bord de bateaux vétustes et surchargés et qui malheureusement, pour certains n’arrivent même pas à destination, coulant au large avec leurs cargaisons humaines.

Voilà, l’habitude aidant, nous ne prêtons plus qu’une oreille distraite à ces nouvelles, nous disant qu’après tout, c’est l’affaire des italiens.

Mais, erreur ! Ce n’est pas QUE l’affaire des italiens et ce, depuis les accords de Schengen.
Ah ! Les fameux accords de Schengen. Mais en quoi consistent-ils ?

samedi 24 mai 2014

La schizophrénie européenne de Nicolas Sarkozy


Finalement, il s’est exprimé. Comme à la veille des élections municipales, l’ancien président de la République a sorti une tribune qui lui permet de continuer à exister médiatiquement. L’occasion de rappeller à nouveau les incohérences de sa pensée sur l’Europe.


Un coup pour les UE-sceptiques

Nicolas Sarkozy est un récidiviste dans la critique de l’UE. Déjà, lors de la campagne pour l’élection présidentielle de 2007, il critiquait l’euro cher et proposait un nouveau traité qui prendrait en compte le « non » des Français au TCE. En 2012, il remettait le couvert en critiquant la politique monétaire européenne. Dans cette tribune au Point, il dénonce « un échec sans appel de la politique migratoire européenne » et propose de suspendre Schengen ! Il dénonce également l’excès de pouvoir de la Commission qui « ne devrait plus avoir de compétences législatives puisqu’il y a un Parlement européen ». Enfin, il propose de « diminuer drastiquement l’étendue des compétences communautaires ». Ce faisant, les opposants de l’UE peuvent trouver des points de convergence.

Mais le problème avec Nicolas Sarkozy, comme souvent, c’est qu’il parle beaucoup mais n’agit pas. En effet, voici un ancien président de la République qui s’est retrouvé dans une position de force en 2007 pour négocier un nouveau traité européen après le rejet du TCE par référendum. Contre une ratification par la voie parlementaire, il pouvait demander beaucoup à nos partenaires : une réforme de la politique monétaire, une réforme de Schengen, dont cet ancien minstre de l’intérieur connaissait les failles. Mais il n’a absolument rien, faisant accepter à Lisbonne une copie conforme du TCE rejeté par les Français. Pour lui aussi, les promesses ne semblent engager que ceux qui les écoutent.

Un coup pour les fédéralistes

lundi 28 avril 2014

L’UMP se moque du monde sur Schengen !



L’approche des élections européennes fait redécouvrir à l’UMP la question de l’immigration et le fait qu’elle est liée aux traités européens. Le parti fait donc des propositions pour permettre à l’Europe de reprendre le contrôle de sa politique migratoire. Une énorme escroquerie intellectuelle !


Faites ce que je dis, pas ce que je fais

Tout d’abord, il faut rappeler ici que le traité de Schengen, comme tous les autres traités européens, a été accepté par l’UMP, comme le PS. L’opposition est donc co-responsable des dérives que provoque ce mauvais accord. Pire, il faut quand même rappeler que l’UMP a été au pouvoir de 2002 à 2012, et a donc eu dix longues années pour essayer de changer ce qui n’allait pas en Europe. Et elle a eu deux occasions majeures, puisqu’elle pouvait chercher à inscrire les modifications qu’elle jugeait nécessaires dans le TCE rejeté par les Français en 2005, et suite à ce « non », elle pouvait chercher à obtenir des compensations lors de la négociation du traité de Lisbonne, avant de le ratifier.

Bref, on ne peut pas dire que l’UMP n’a pas eu l’occasion d’améliorer la politique européenne d’immigration. La seule chose qui a été faite, en 2008, était un « Pacte sur l’immigration et l’asile », pendant la présidence française de l’UE. Cela signifie de facto que ce pacte n’était que du vent, qui ne réglait aucun problème. La faillite de la politique européenne de l’immigration est aussi et surtout la faillite des politiques menées par l’UMP et le PS qui ont accepté des traités nous privant des moyens de contrôler nos frontières. Il est quand même effarant de lire dans le programme de l’UMP que « nous souhaitons également rendre possible l’expulsion dans leur pays, hors Schengen, des délinquants récidivistes et des criminels ». Parce que cela n’était pas possible avant et qu’ils n’ont rien fait pour changer cela ?

Ici encore, le problème, c’est l’Europe

vendredi 27 septembre 2013

Roms : à quand la démission de Vivianne Reding ?





Une mauvaise polémique

Bien sûr, les propos de Manuel Valls sont durs, mais il y a un moment où il faudrait admettre que l’on peut dire autre chose que bienvenue à tous les immigrés de la planète et reconnaître qu’il y a des problèmes d’intégration et que la France doit pouvoir choisir ou non si des personnes peuvent séjourner sur son territoire. En outre, il ne faut pas oublier que la Roumanie et la Bulgarie n’ont pas encore rejoint l’espace Schengen. L’UE devrait par conséquent assurer la sécurité le contrôle aux frontières orientales de cet espace et ne pas permettre à tant de roms de passer la frontière.

Du coup, la France est parfaitement dans son droit d’expulser les personnes qui n’ont pas le droit d’être sur son territoire. En ce sens, après 12 000 personnes expulsées en 2012, plus de 10 000 l’ont été au premier semestre, soit une augmentation d’environ 70%. Et on ne voit pas pourquoi Viviane Reding s’immisce à nouveau dans les affaires de notre pays et menace d’ouvrir une procédure d’infraction si elle estime que nous ne suivons pas les règles de l’Union Européenne. Ici encore, il est malheureux que le gouvernement ne réagisse pas pas plus fermement à cette déclaration.

Reding démission !