Affichage des articles dont le libellé est Lampedusa. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Lampedusa. Afficher tous les articles

jeudi 20 août 2015

L’Europe : directement responsable de l’afflux de clandestins en Grèce et à Lampedusa




La logique du maillon le plus faible

Sur le mois de juillet, sur les 107 500 migrants recensés, plus de 50 000 sont arrivés en Grèce par la mer. Même si l’origine des migrants, mais aussi la position géographique de la Grèce expliquent la concentration de près de 50% des flux de migrants illégaux dans ce pays, on peut aussi y voir la conséquence directe de Schengen. En effet, dans un espace européen où il n’y a plus le moindre contrôle aux frontières, plus besoin pour les migrants illégaux d’arriver dans le pays où ils souhaitent résider. Il suffit de choisir le plus simple d’accès, celui où il y a potentiellement le plus de chances de passer à travers les mailles du filet pour pouvoir ensuite voyager assez simplement dans toute l’Europe.

Car il est évident que s’il y avait toujours des contrôles sérieux aux frontières de chacun des pays de l’UE, alors, autant de migrants illégaux ne viendraient pas spécifiquement en Grèce, sachant que ce pays seul ne pourrait pas en accueillir autant. La suppression des contrôles aux frontières à l’intérieur de l’UE a un rôle direct dans l’accélération des flux de migrants illégaux dans les pays de la Méditerranée car chaque pays de l’espace Schengen est un peu une porte d’entrée sur tous les pays de l’espace… Ce traité est un immense appel d’air pour les habitants des pays environnants et porte donc une part de responsabilité dans tous les drames des dernières années à Lampedusa ou ailleurs.

Il faut mettre fin à Schengen

lundi 27 avril 2015

Des migrants et du développement de l’Afrique

Le drame de la mort de centaines de migrants africains a suscité une grande émotion mais le débat qu’il a suscité est, comme trop souvent, bien superficiel. Alors que l’on ergote sur le traitement des conséquences des problèmes, on oublie largement de réfléchir à leurs causes.



Une exploitation largement inégale

Jean-Louis Borloo a bien raison d’insister sur la nécessité d’aider l’Afrique. Dans une très large mesure, je souscris à son idée d’un plan Marshall pour le continent, idée que nous aurions du appliquer à l’Europe de l’Est il y a un quart de siècles au lieu de la plonger dans les eaux froides et dangereuses du néolibéralisme. Cependant, son raisonnement n’est pas sans limite. Comment financer ce plan dans les conditions actuelles entre politiques de réduction des dépenses publiques et des déficits et avec une arme monétaire sortie du cadre politique ? L’intention est louable, mais aujourd’hui, il est difficile de ne pas voir qu’elle est bien vaine, d’autant plus que les montants en jeu seraient sans doute colossaux.

En outre, se pose aussi la question du bilan des politiques menées depuis des décennies. La croissance semble enfin accélérer quelque peu en Afrique, mais on peut y voir davantage l’effet de la hausse du prix des matières premières et du décalage grandissant des coûts salariaux avec l’Asie, qui a poussé H&M a délocalisé une partie de sa production en Afrique. Pire encore, ce regain de croissance profite d’abord à une minorité, puisque l’essentiel de la baisse de la pauvreté des dernières années a eu lieu en Chine, et pas en Afrique. La majeure partie des profits va à des intérêts étrangers ou à une petite minorité de la population et ignore la très grande majorité de la population, poussée à rêver d’ailleurs.

Permettre le développement de l’Afrique

vendredi 15 août 2014

Schengen ou l'hypothétique Eldorado (billet invité)


Billet invité de Michel Colas


On a souvent l’occasion d’entendre dire que l’Italie est une des entrées privilégiées pour l’immigration clandestine sub- saharienne. En effet, il ne se passe pas une semaine sans que la presse ne se fasse l’écho d’immigrants arrivant sur l’ile de Lampedusa à bord de bateaux vétustes et surchargés et qui malheureusement, pour certains n’arrivent même pas à destination, coulant au large avec leurs cargaisons humaines.

Voilà, l’habitude aidant, nous ne prêtons plus qu’une oreille distraite à ces nouvelles, nous disant qu’après tout, c’est l’affaire des italiens.

Mais, erreur ! Ce n’est pas QUE l’affaire des italiens et ce, depuis les accords de Schengen.
Ah ! Les fameux accords de Schengen. Mais en quoi consistent-ils ?

jeudi 10 octobre 2013

Tirer les bonnes leçons du drame de Lampedusa


Mardi soir, j’étais invité par France 24 pour parler du drame de Lampedusa et des conséquences à en tirer. Un débat extrêmement révélateur de l’incompréhension qui existe entre certaines élites et le peuple, et où la fermeté des principes est essentielle pour ne pas être piégé par l’émotion.



Comment éviter de tels drames ?

Bien sûr, la mort de trois cent personnes qui cherchaient à rejoindre l’Europe en bateau est un drame et il aurait fallu pouvoir l’éviter. Il faut penser aux victimes et à ceux qui les ont perdus. Comment éviter de telles tragédies, sachant que la traversée de la Méditerranée aurait fait plus de vingt mille morts? Deux volets me semblent nécessaires. Il faut tout autant aider l’Afrique à se développer et lutter contre la pauvreté (les gains réalisés depuis vingt ans sont concentrés en Asie, et notamment en Chine), mais aussi, cela peut paraître paradoxal, mieux contrôler (et fermer) nos frontières.

D’abord, il faut aider l’Afrique à se développer. NDA a très justement parlé de faire un plan Marshall pour ce continent, comme les Etats-Unis l’avaient fait avec l’Europe. Il a raison. Aujourd’hui, nous la laissons se faire ballotter par la mondialisation et exploité par une Chine avide en matières premières, au point d’acheter les terres agricoles dont ellea pourtant bien besoin… Il faut aussi lui permettre de se protéger pour assurer le développement de son agriculture et de son industrie, comme le soutient Joseph Stiglitz dans « La grande désillusion » où il rapportait son expérience dans le domaine.

Le deuxième volet, que j’ai essayé d’expliquer, est un renforcement des contrôles aux frontières, y compris en mer. En effet, si nous surveillons mieux nos frontières, avec plus de gardes, outre leur mission de contrôle des frontières, ils pourront sauver la vie des victimes d’un tel accident. Mais surtout, en indiquant clairement que nous souhaitons accueillir moins d’immigrés (y compris en renvoyant plus systématiquement les immigrés clandestins) et que les frontières seront mieux contrôlées, alors, moins de personnes tenteront la traversée et il y aura donc moins de victimes (et moins d’immigrés).

Les angles morts du débat