Le
drame de la mort de centaines de migrants africains a suscité une grande
émotion mais le débat qu’il a suscité est, comme trop souvent, bien
superficiel. Alors
que l’on ergote sur le traitement des conséquences des problèmes, on oublie
largement de réfléchir à leurs causes.
Une exploitation
largement inégale
Jean-Louis
Borloo a bien raison d’insister sur la nécessité d’aider l’Afrique. Dans
une très large mesure, je souscris à son idée d’un plan
Marshall pour le continent, idée que nous aurions du appliquer à l’Europe de
l’Est il y a un quart de siècles au lieu de la plonger dans les eaux froides et
dangereuses du néolibéralisme. Cependant, son raisonnement n’est pas sans
limite. Comment financer ce plan dans les conditions actuelles entre
politiques de réduction des dépenses publiques et des déficits et avec une arme
monétaire sortie du cadre politique ? L’intention est louable, mais
aujourd’hui, il est difficile de ne pas voir qu’elle est bien vaine, d’autant
plus que les montants en jeu seraient sans doute colossaux.
En outre, se
pose aussi la question du bilan des politiques menées depuis des décennies. La
croissance semble enfin accélérer quelque peu en Afrique, mais on peut y voir
davantage l’effet de la hausse du prix des matières premières et du décalage
grandissant des coûts salariaux avec l’Asie, qui
a poussé H&M a délocalisé une partie de sa production en Afrique. Pire
encore, ce regain de croissance profite d’abord à une minorité, puisque
l’essentiel de la baisse de la pauvreté des dernières années a eu lieu en
Chine, et pas en Afrique. La majeure partie des profits va à des intérêts
étrangers ou à une petite minorité de la population et ignore la très grande
majorité de la population, poussée
à rêver d’ailleurs.
Permettre
le développement de l’Afrique



