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lundi 27 avril 2015

Des migrants et du développement de l’Afrique

Le drame de la mort de centaines de migrants africains a suscité une grande émotion mais le débat qu’il a suscité est, comme trop souvent, bien superficiel. Alors que l’on ergote sur le traitement des conséquences des problèmes, on oublie largement de réfléchir à leurs causes.



Une exploitation largement inégale

Jean-Louis Borloo a bien raison d’insister sur la nécessité d’aider l’Afrique. Dans une très large mesure, je souscris à son idée d’un plan Marshall pour le continent, idée que nous aurions du appliquer à l’Europe de l’Est il y a un quart de siècles au lieu de la plonger dans les eaux froides et dangereuses du néolibéralisme. Cependant, son raisonnement n’est pas sans limite. Comment financer ce plan dans les conditions actuelles entre politiques de réduction des dépenses publiques et des déficits et avec une arme monétaire sortie du cadre politique ? L’intention est louable, mais aujourd’hui, il est difficile de ne pas voir qu’elle est bien vaine, d’autant plus que les montants en jeu seraient sans doute colossaux.

En outre, se pose aussi la question du bilan des politiques menées depuis des décennies. La croissance semble enfin accélérer quelque peu en Afrique, mais on peut y voir davantage l’effet de la hausse du prix des matières premières et du décalage grandissant des coûts salariaux avec l’Asie, qui a poussé H&M a délocalisé une partie de sa production en Afrique. Pire encore, ce regain de croissance profite d’abord à une minorité, puisque l’essentiel de la baisse de la pauvreté des dernières années a eu lieu en Chine, et pas en Afrique. La majeure partie des profits va à des intérêts étrangers ou à une petite minorité de la population et ignore la très grande majorité de la population, poussée à rêver d’ailleurs.

Permettre le développement de l’Afrique

dimanche 13 juillet 2014

Béziers : l’hommage révoltant à l’OAS de Robert Ménard


Lors des élections municipales, Robert Ménard a été l’une des attractions du scrutin puisqu’il a remporté la plus grande ville gagnée par une personne soutenue par le Front National. Adepte de la provocation, il s’est encore fait remarquer par un hommage qu’il a rendu le 5 juillet dans sa ville.



Souvenirs d’Algérie…

Bien sûr, le parcours de la famille de Robert Ménard, pied noir, explique sans doute en partie pourquoi il a choisi de rendre un tel hommage. Mais cela ne le rend pas pour le moins choquant, surtout de la part d’un élu de la République. En effet, il a prononcé un discours et s’est incliné sur un stèle du cimetierre de Béziers qui rend hommage à quatre morts de l’OAS, deux à l’origine de l’assassinat du commissaire d’Alger, le fondateur des commandos Delta et Jean-Marie Bastien-Thiry, organisateur de l’attentat manqué contre le Général de Gaulle au Petit-Clamart. Le maire de Béziers se défend : « ce n’est pas une stèle en l’honneur de l’OAS, mais de fusillés comme il y en a tant eu, avec un certain nombre de noms qui figurent sur cette plaque. Je suis né à Oran, mon père a failli être tué ce jour-là. Il y a un déni de réalité sur ce qui s’est passé… Les critiques ? Je m’en contrefiche ».

Sa ligne de défense est tout de même contradictoire puisqu’il commence par nier l’aspect politique tout en finissant par y retomber en parlant de « déni de réalité sur ce qui s’est passé ». Même s’il faut reconnaître que beaucoup ont souffert, de tous les côtés, il n’en reste pas moins effarant qu’un élu de la République rende un hommage à une organisation terroriste qui était alors en lutte contre la France, signe d’un profond mépris de notre histoire et de ce que nous sommes. C’est aussi une façon de mettre du sel sur les plaies de notre histoire mais aussi de raviver les tensions au sein de notre société, finalement une démarche assez peu surprenante de la part d’une personne qui a été élue avec le soutien de l’extrême-droite et qui a pris quelques proches plus extrêmes encore que le FN !

Un acte anti-gaulliste

mercredi 6 novembre 2013

Bayrou-Borloo : l’alternative en carton


Hier soir, François Bayrou et Jean-Louis Borloo ont scellé leur alliance sur le plateau du journal de TF1. L’UDI et le Modem ont signé un contrat de mariage mais pas de fusion, comme au temps de l’UDF, qui rassemblait divers partis. Une union totalement dans le débat public actuel.



L’UDF 2.0, petit filet d’eau tiède

Bien sûr, il y a une opportunité tactique, du fait du profond désamour des Français, tant pour la majorité actuelle que pour l’UMP, qui ne s’est pas remise de la tragi-comédie de l’élection de son président. Mais c’est une chose de surfer sur un mécontentement, cela en est une autre de rassembler des suffrages aux élections. Car quelle politique cette « Alternative » va bien pouvoir porter ? Quelle serait la différence en matière d’Europe, de mondialisation, d’immigration, de sécurité, d’éducation entre les centristes et les politiques menées sous Nicolas Sarkozy et François Hollande ? Ce n’est pas l’indigent filet d’eau tiède qui leur sert de charte qui va nous éclairer sur la question.

Les centristes ont voté tous les traités européens, accepté la camisole budgétaire, soutiennent le traité transatlantique, l’indépendance des banques centrales et la privatisation de la création de la monnaie, le libre-échange dérégulée, la course à la compétitivité. Pire, en 2012, alors que le candidat PS voulait équilibrer le budget en 2017, que le président sortant annonçait 2016, François Bayrou annonçait 2015. Aurait-il alors pratiqué une politique d’austérité sauvage pour y arriver, coupant plus encore les dépenses et augmentant plus encore les impôts qu’aujourd’hui ?

Quel espace politique ?

lundi 3 juin 2013

Tapie-Adidas : et si la vérité éclatait sur la procédure d’arbitrage ?


Avec la mise en examen du juge Estoup pour escroquerie en bande organisée et le placement sous statut de témoin assisté de Christine Lagarde, une nouvelle étape a été franchie dans l’affaire Tapie-Adidas. Les soupçons sur la procédure d’aribtrage débouchent enfin sur une procédure judiciaire, comme le souligne Médiapart, ce qui pourrait peut-être enfin faire émerger la vérité…



Soupçons sur la procédure d’arbitrage

En 2008, après une procédure judiciaire débutée en 1995, et contrairement au jugement antérieur de la cour de Cassation, une cour arbitrale de la République conclut largement en faveur de l’homme d’affaire et lui permet d’encaisser plus de 400 millions d’euros, dont 45 au titre de dommages et intérêts. Très rapidement, le jugement et la procédure sont contestés, que ce soit par certains parlementaires et certains médias. En effet, la procédure choisie favorisait clairement Bernard Tapie puisqu’elle permettait de mettre fin rapidement aux poursuites tout en interdisant théoriquement l’appel.

Beaucoup de soupçons pèsent sur cet arrangement. En effet, Bernard Tapie a soutenu Nicolas Sarkozy en 2007, en ayant des mots très durs contre Ségolène Royal. Le Monde évoque plusieurs entrevues entre les deux hommes dès le début 2007. Du coup, certains se demandent à juste titre s’il n’y a pas eu un arrangement entre eux, d’autant plus que, comme le rappelle Laurent Neumann, les acteurs du dossier (Crédit Lyonnais, APE, Caisse des Dépôts, Bercy) étaient contre cette procédure. Pire, la composition de la cour arbitrale peut être contestée du fait des liens de deux de ses trois membres avec l’homme d’affaire. Du coup, en août 2011, une instruction a été ouverte par la Cour de Justice de la République pour « complicité de détournement de biens publics » et « complicité de faux » à l’égard de Christine Lagarde, qui avait accepté l’arbitrage privé et refusé tout recours.

Le procureur général accusait alors l’ancienne ministre d’avoir « constamment exercé ses pouvoirs ministériels pour aboutir à la solution favorable à Bernard Tapie ». Et une note blanche, qui avait été remise à François Bayrou, accusait directement Jean-Louis Borloo (ancien avocat de l’homme d’affaire) et Nicolas Sarkozy qui auraient imposé la décision. C’est dans ce cadre là que se sont faites les perquisitions aux domiciles de Bernard Tapie et de l’ex directeur de cabinet de la ministre. Tout ceci a abouti au placement de Christine Lagarde sous le statut de témoin assisté, mais surtout à la mise en examen d’un des trois juges de la cour arbitrale peu après la révélation qu’il connaissait sans doute l’homme d’affaires par une dédicace de livre, contrairement à ce que ce dernier avait affirmé.

Une triple affaire d’Etat ?

mardi 4 octobre 2011

Merci Jean-Louis Borloo !


C’est le coup de théâtre du dimanche soir : Jean-Louis Borloo a annoncé que finalement, il ne serait pas candidat à la présidence de la République en 2012. Une décision que j’avais anticipée en avril dernier et qui rebat les cartes, plutôt dans le bon sens.

L’ami du président

Dimanche soir, l’ancien numéro 2 du gouvernement, qui réalisait pourtant des scores encourageants dans les sondages, autour de 7%, a donc décidé de ne pas y aller. « La dynamique des centres n’est pas suffisante pour atteindre le second tour ». Une telle justification est extrêmement douteuse. Après tout, Nicolas Sarkozy, à nouveau en baisse après un petit sursaut, ne dispose que d’un petit matelas d’une vingtaine de pourcents et la campagne n’était pas commencée.