L’anglais
qui s’impose
Il est
sacrément paradoxal de constater que depuis le vote de la loi Toubon,
insidieusement, mais sûrement, notre
belle langue perd des parts de marché dans notre espace public national.
Tout le problème vient du fait que cette progression, aussi certaine soit-elle,
est lente, et donc peu spectaculaire. Pourtant, pour qui parvient à se souvenir
de la situation d’il y a 20 ou 30 ans, la situation s’est largement dégradée.
Nous allions faire nos courses dans des Atac ou des Champion, et non des Simply
Market ou des Carrefour Market. Le nom des films était presque toujours traduit
dans la langue de Molière. Relativement peu de produits avaient des noms aux
consonances anglo-saxonnes.
Mais le pire
est sans doute atteint dans la communication, où il semble qu’aujourd’hui une
communication sur trois comporte un mot d’anglais. On trouve « l’art de vivre, by Roche Bobois ».
On se demande bien quel est l’intérêt de mettre « by » au lieu de « par ».
Et on ne compte plus les marques qui adoptent des signatures en anglais, certes
traduites, mais le plus souvent de manière trop discrète. Schweppes demande
« what did you expect ? »,
Nespresso, « what else ? »,
Adidas affirme « get
ready ! », Sony soutient « this is for players » pour sa nouvelle console, Evian
promet « live young ».
On ne voit pas bien l’intérêt qu’il y a à ne pas traduire en français ses
slogans, qui ne sonnent pas moins bien qu’en anglais. Et passons sur le « motion and emotion » de Peugeot,
absolument incompréhensible.
De
l’économie et de la politique