La
monnaie, fille de la dette
Si le livre
est centré sur la dette, il apporte un éclairage passionnant sur les origines
de la monnaie. En effet, la
monnaie descend directement de la dette. Pour l’auteur, « la monnaie virtuelle n’a rien d’une
nouveauté. Il s’agit en fait de la forme initiale de la monnaie : systèmes
de crédit, ‘ardoises’, notes de frais même, tout cela existait longtemps avant
l’argent liquide. Ces choses-là sont vieilles comme la civilisation ».
D’ailleurs, parmi les tous premiers écrits se retrouvent des tablettes
mésopotamiennes enregistrant des crédits et des débits mesurés en grains et en
argent métal.
Ce faisant,
David Graeber tord le cou au mythe véhiculé par les néolibéraux, qu’il résume
ainsi : « autrefois, on faisait
du troc. C’était difficile. Donc on a inventé la monnaie. Et plus tard il y a
eu le développement de la banque et du crédit ». En 1776, Adam Smith
reprend cette idée, suivant un récit imaginaire d’Aristote. David Graeber
révèle également que « bien des
raisonnements les plus célèbres d’Adam Smith (sont) empruntés, semble-t-il, aus
œuvres de théoriciens du marché libre de la Perse médiévale ». Mais pour
Smith, l’idée
était surtout de combattre l’idée que la monnaie était une création de l’Etat.
Le problème
est qu’en réalité, cette théorie n’a jamais été vérifiée. Et dans les périodes
d’effondrement, comme après la chute de l’Empire Romain, cela ne provoque pas
un retour au troc, car « les gens
ont continué à tenir des comptes dans la vieille monnaie impériale, même s’ils
n’utilisaient plus les pièces ». Elle est restée l’unité de compte et
permet le crédit.
L’organisation
de notre système monétaire