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lundi 15 mars 2021

L’effacement des dettes a déjà commencé (mais il ne faut pas le dire)

Billet publié sur le site de Marianne

 

C’est un des sujets qui a dominé les débats économiques ces dernières semaines : faudrait-il effacer une partie des dettes issues de la crise sanitaire ? Thomas Piketty mène le combat, au point de subir un tir de barrage assez féroce. Mais, finalement, puisque les banques centrales mènent depuis un peu plus de dix ans des politiques de monétisation importantes, un effacement des dettes publiques, certes temporaire et sans le moindre cadre démocratique, n’a-t-il pas, en fait, déjà commencé ?

 


Les angles morts du statut des banques centrales

 

jeudi 5 février 2015

Grèce : entre épreuve de force et ouverture au compromis

Depuis quelques jours, la situation semble se tendre en Grèce, entre un Juncker qui dénie le principe même de démocratie et Alexis Tsipras qui multiplie les déclarations chocs. Mais au bout, je persiste à croire qu’un compromis devrait finir par être trouvé entre les dirigeants européens et Athènes.



La tension qui monte

Le nouveau gouvernement grec maintient la pression sur ses créanciers tortionnaires. D’abord, il a mis un coup d’arrêt aux privatisations qui faisaient pourtant partie du plan de la troïka, alors même que les ventes restent minimes par rapport à ce qui était prévu. Plus fort encore, la Grèce s’est dite prête à se passer des 7 milliards d’euros que l’UE doit verser dans quelques semaines et le nouveau ministre des finances a déclaré qu’il ne souhaitait pas négocier « avec une commission branlante, la (délégation de la) troïka ». Quand on sait en plus qu’Alexis Tsipras semble pouvoir compter sur la Russie s’il ne trouve pas d’accord avec l’UE et qu’une option argentine reste possible, la pression est sur l’Europe.

Et elle monte doublement. D’abord, l’équation grecque divise les créanciers de la Grèce, entre Berlin qui semble rester intransigeant, et Paris plus ouvert aux demandes de Tsipras, pas à une incohérence près, mais qui y voit un gain politique potentiel. Mais en plus, le séisme grec se répercute sur tout le continent. En Espagne, c’est un encouragement formidable pour Podemos, qui semble en mesure de prendre le pouvoir dans quelques mois et a organisé une grande marche il y a quelques jours. Mieux, la renégociation en cours pose problème en Irlande, où le gouvernement a appliqué les potions amères de la troïka, ce qui amène les citoyens à se demander s’ils n’auraient pas pu être plus durs avec l’UE.

L’accord reste probable

lundi 5 mai 2014

La bêtise des marchés n’a pas de limites



Du jugement des dettes souveraines

Le succès récent de la vente de bons du trésor grec illustre le nouveau changement d’humeur des marchés. Début 2009, tous les Etats de la zone euro pouvaient emprunter à peu près au même taux, une absurdité quand on examinait un tant soit peu les différences colossales entre Berlin, Madrid, Paris ou Athènes. La crise qui a suivi a démontré la faillite des marchés à produire des taux justes puisqu’ils ont nourri un excès de dettes (privé, plus encore que public) dans de nombreux pays (Espagne et Irlande notamment), qui ont mené à la crise de la zone euro. Bref, la main invisible était celle d’un dealer vendant sa marchandise à si bas coûts que cela a provoqué quelques overdoses...


Les marchés étant excessifs à la hausse comme à la baisse, début 2012, la dette à 10 ans d’Athènes s’échangeait avec un taux annuel théorique supérieur à 40%, la dette portugaise dépassant les 15% ! Là encore, on peut imaginer qu’un tel taux était absurde et était le pendant inverse des excès passés. De tels niveaux étaient assez ridicules par rapport à ceux des pays émergents. En deux ans, la situation s’est complètement renversée puisque la Grèce peut emprunter à 5% à 5 ans et que la dette à 10 ans de l’Italie et l’Espagne dépasse à peine le cap des 3% (contre près de 7% au pire de la crise de la zone euro). Difficile de ne pas croire que, là encore, la baisse des taux est excessive.

Où l’Etat entre en jeu