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lundi 9 mars 2015

Inégalités, bénéfices, spéculation : alerte à la bulle !

Les bourses qui battent des records, les bénéfices du CAC 40 au plus haut, des riches toujours plus riches, la spéculation sur le marché de l’art : jour après jour, de plus en plus de symptômes classiques d’une bulle spéculative apparaissent. Combien de temps faudra-t-il pour qu’elle explose ?



Ces voyants qui passent au rouge

L’analyse de la crise de 1929 par John Galbraith est un exercice assez sidérant par l’immense proximité avec la séquence qui nous a mené au krach de 2008. Presque tous les mêmes symptômes s’y retrouvent : de la spéculation aux innovations financières, de l’explosion des inégalités à celle de l’endettement, le tout sur le fond d’un discours sur un nouveau monde, naturellement plus globalisé. Problème : depuis quelques mois, il semble que nombre de voyants qui avaient caractérisé l’avant krach de 1929 et 2008 passent à nouveau au rouge, dans une séquence qui semble rappeler étrangement à la période qui a précédé ces deux krachs majeurs de l’économie mondiale moderne.


A quand le krach : demain ou après ?

mercredi 12 juin 2013

La Chine sous la menace d’une bulle spéculative


Certains évoquent la menace d’une bulle immobilière en Chine, du fait de la forte hausse des prix. Mais non seulement il ne faut pas oublier que les revenus augmentent vite également, mais aussi que Pékin veille au grain sur le sujet. En revanche, on peut davantage s’inquiéter de la bulle financière globale.

La menace de The Economist

L’hebdomadaire néolibéral avait vu juste sur la bulle immobilière étasunienne, prévenant des années de le hausse totalement excessive des prix et du gros risque de krach. Au regard de ses travaux sur ce sujet, ils affirment qu’il n’y a pas vraiment de risque sur le marché immobilier chinois. En effet, les autorités du pays n’hésitent pas à intervenir pour casser les hausses de prix, en réduisant la part du financement par le crédit, en limitant les achats de plusieurs biens, ou en agissant directement à la source, à savoir en diminuant le montant des crédits bancaires dans ce secteur.



En avril, The Economist avait souligné l’envolée des crédits non conventionnels. En effet, le montant des prêts bancaires a progressé de 100 à 130% du PIB de 2008 à 2012, démontrant que la croissance chinoise se fait aussi à crédit… Mais alors que ce montant a fortement progressé en 2009, pour contrer les effets de la crise mondiale, depuis, sa progression est bien plus limitée. En revanche, le montant des autres crédits s’est envolé depuis 2008. Alors qu’ils pesaient un peu moins de 25% du PIB en 2008, ils approchent le cap des 70% du PIB quatre ans plus tard, signe d’une bulle spéculative.

C’est pour cette raison que l’agence de notation Fitch a décidé de baisser la note de la Chine d’un cran (à un bon niveau néanmoins), alors que l’Etat est endetté à hauteur de moins de 50% du PIB et que le niveau d’épargne est une forme de protection pour les banques et le pays (qui ne dépend pas des volatiles capitaux extérieurs, « l’argent chaud »). Néanmoins, un immense secteur financier non bancaire se développe et comme le souligne Charlene Chu, de Fitch : «  certains de ces secteurs sont tellement nouveaux que personne n’a vraiment une autorité régulatrice sur eux ».

Des parallèles avec la crise de 1929

mardi 1 janvier 2013

Pourquoi remettre de l’ordre dans la finance (1/2)


Courant 2010, j’avais fait une série de papier sur la réforme de la finance, qui avait aboutit à 18 propositions concrètes, issues pour une grande partie de mes lectures. J’ai pensé utile de résumer à nouveau ma pensée sur le sujet pour synthétiser la critique de la situation actuelle avant d’attaquer les principes de la réforme, puis les propositions que l’on peut faire et enfin les moyens de les mettre en place.

Anarchie et casino

C’est bien la libéralisation des marchés financiers mises en place à partir des années 1980 qui est la responsable des crises. Alors que les réglementations issues de la Grande Dépression avait produit une grande stabilité des marchés financiers pendant des décennies, depuis 1987, les crises se succèdent à un rythme qui rappelle celui d’avant 1929. On peut citer le krach d’octobre 1987, la crise des caisses d’épargne étasuniennes, la crise du SME de 1992-1993, l’effondrement du marché immobilier en France dans les années 1990, les différentes crises des pays émergents (Amérique du Sud, Asie du Sud-Est, Russie). Puis a succédé un nouveau krach boursier en 2001 suite à la bulle Internet / télécommunications. Enfin, le summum a été atteint en 2008 avec une crise financière digne de celle de 1929 et un effondrement du marché immobilier étasunien et de quelques pays européens.

Ce qui est assez stupéfiant c’est que les Etats se concentrent à ce point sur le traitement des conséquences de ces crises financières et insuffisamment sur les causes, comme le rappelle cruellement le plan d’union bancaire européenne signé en décembre 2012. Les Etats (et les banques centrales) agissent pour sauver le système et semblent oublier qu’il faut également le changer. Si quelques pays ont fait des efforts pour mettre en place des réglementations nationales plus contraignantes, le travail de réforme a été largement confié aux mêmes banquiers qui avaient failli, à travers les règles Bâle 3.

Tout le problème est que l’instabilité des marchés financières a un impact de plus en plus grand sur l’économie productive. En effet, en 1987, le krach boursier avait été, dans un premier temps, aussi violent que celui de 1929 ou, celui, à venir de 2008. Cependant, cela n’avait pas empêché les économies développées de connaître une forte croissance l’année suivante et celle d’après. Celui de 2001, en revanche, a fait sensiblement baisser la croissance mondiale et celui de 2008 a provoqué un cataclysme économique jamais vu depuis 80 ans. Tout ceci est extrêmement inquiétant car on peut se demander quelles seront les conséquences du prochain krach financier…

Il faut rappeler ici que la crise économique est bien une conséquence de la crise financière, qui a ensuite provoqué une crise des dettes souveraines, et uniquement pour les pays qui ont renoncé à la monétisation de leur dette publique par leur banque centrale. A l’origine : une bulle immobilière aux Etats-Unis nourrie par les pratiques prédatrices des banques auprès de ménages qui n’avaient pas les moyens d’acheter leur logement. La courroie de transmission aux autres banques a été la titrisation et la mauvaise habitude du système bancaire de se financer à court terme, ce qui provoque une asphyxie immédiate en cas de crise de liquidités. Le gel des marchés financiers a alors provoqué une contraction violente de l’activité, et, in fine, une crise des finances publiques pour certains Etats.

Aléa moral et inégalités

vendredi 23 décembre 2011

Europe : le piège venu des années 1930


The Economist a consacré un dossier passionnant sur le parallèle entre la crise que nous traversons et la Grande Dépression des années 1930. L’occasion pour l’hebdomadaire libéral de porter un jugement très sévère sur les politiques menées en Europe.

Une première leçon retenue

Tes banques tu ne laisseras pas faire faillite. C’était pour beaucoup d’économistes une des leçons majeures de la Grande Dépression. Les autorités étasuniennes l’ont questionné en laissant Lehmann Brothers disparaître. Et il faut dire que la promesse implicite d’un sauvetage par l’Etat pose d’immenses problèmes d’aléa moral et de distorsions des marchés, en faveur des établissements systémiques, appelant une réglementation radicalement plus contraignante.

vendredi 30 septembre 2011

Morad El Hattab nous conte l’histoire des crises financières


Après l’analyse des causes de la crise, « La vérité sur la crise » de Morad el Hattab et Irving Silverschmidt consacre de longs développements aux expériences du passé, qui ont malheureusement été oubliées.


Le parallèle avec 1929


Les auteurs reviennent sur les crises bancaires de la deuxième moitié du 19ème siècle dans toute l’Europe. Ils prennent l’exemple de la spéculation sur le guano (excrément d’oiseau utilisé comme engrais) de 1889, qui avait abouti à des règles prudentielles très strictes en France : « 80% des dépôts à vue étaient affectés à des actifs réescomptables par la Banque de France », ce qui « explique en grande partie l’absence d’une faillite systémique bancaire française en 1931 ».


Morad El Hattab explique la crise


Le dernier livre coécrit par Morad El Hattab sur la crise financière se lit comme un gros polar de près de 400 pages qui recensent tous les excès proprement incroyables de la finance avec un détail qui surpasse les livres que j’avais déjà lus. Une somme foisonnante mais très instructive.


Une excellente synthèse de la crise


Ce livre commence par un citation d’Alan Greenspan qui place d’emblée le sujet : « quand une banque est trop grosse pour faire faillite, c’est qu’elle est trop grosse ». Pourtant rien n’a été fait pour changer cela. Au contraire, elles le sont davantage… Ils dénoncent l’effet de levier et mettent l’accent sur le « hasard moral » qui caractérise cette crise qui a imposé aux contribuables de renflouer la finance puis de subir des plans d’austérité pour restaurer l’équilibre des finances publiques.


dimanche 25 septembre 2011

1929 = 2001 + 2008 : l’équation de Galbraith ?


« La crise économique de 1929 » est assez incroyable à lire tant l’histoire ressemble à celle de la dernière décennie. En fait, elle semble conjuguer les caractéristiques de la bulle Internet et des subprimes.


Le rôle des inégalités


Galbraith donne cinq explications à la crise de 1929. Tout d’abord, il y voit une conséquence des inégalités dans la répartition des revenus. Ensuite, il incrimine la structure des entreprises, et notamment le levier utilisé par les sociétés financières. Puis, il met en cause le rôle des banques, la balance commerciale américaine et enfin les erreurs des économistes de l’époque.


1929 ou le retour vers le futur de Galbraith


« La crise économique de 1929, anatomie d’une catastrophe financière » de James Kenneth Galbraith est un des livres de référence sur la crise des années 30. Il est aujourd’hui forcément utile de s’y replonger.


L’avant crise


Il est proprement sidérant de constater à quel point on peut faire des parallèles entre la grande crise des années 30 et les récentes crises boursières du début du 21ème siècle. Dans ce livre, l’un des disciples les plus célèbres de Keynes propose son récit et son analyse de la Grande Dépression. Il se concentre sur le récit de la catastrophe financière, depuis la catastrophe de Floride jusqu’à l’automne 1929.