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lundi 17 février 2025

20 ans après : et si les souverainistes se réunissaient le 29 mai ?

Le 29 mai, ce sera l’anniversaire de notre victoire tonitruante contre le bloc central et la quasi-totalité des médias, contre le Traité Constitutionnel Européen, par une large majorité, après une campagne intense, qui avait fait honneur à la démocratie. Bien sûr, nous avons été trahis, avec le traité de Lisbonne trois ans après, mais cette victoire mérite célébration, et pourrait être l’occasion de tous se réunir, de Kuzmanovic à Philippot, en passant par Asselineau, Cheminade et Nikonoff et pourquoi pas d’autres...

 


Ne pas se résoudre à un 3ème débat Le Pen – Macron

 

samedi 5 juin 2021

Intervention au rassemblement de Génération Frexit du 29 mai

Mes chers compagnons,

 

En ce jour anniversaire de notre victoire au référendum sur le TCE, nous pourrions être résignés. Après tout, le traité est finalement passé. Et la sortie de l’UE ou de l’euro n’est plus à l’ordre du jour médiatique. Le combat que nous menons pourrait sembler perdu d’avance.

 


Pourtant, l’histoire nous dit tout le contraire. Souvenons-nous qu’en 2013, des sondages ne donnaient que 30% de soutien au Brexit. De même, 6 mois avant le référendum de 2005, des sondages ne donnaient que 31% au non. En dehors d’une campagne électorale, nous savons que le soutien à l’UE est largement surestimé. Le simple fait de se renseigner, et de réfléchir, fait s’effondrer le soutien à ce monstre institutionnel.

 

Mieux, pour le Frexit, nous partons de plus haut qu’il y a 16 ans ou que pour le Brexit. Début 2019, 40% des Français soutenaient une sortie de l’UE !

 

samedi 24 mai 2014

La schizophrénie européenne de Nicolas Sarkozy


Finalement, il s’est exprimé. Comme à la veille des élections municipales, l’ancien président de la République a sorti une tribune qui lui permet de continuer à exister médiatiquement. L’occasion de rappeller à nouveau les incohérences de sa pensée sur l’Europe.


Un coup pour les UE-sceptiques

Nicolas Sarkozy est un récidiviste dans la critique de l’UE. Déjà, lors de la campagne pour l’élection présidentielle de 2007, il critiquait l’euro cher et proposait un nouveau traité qui prendrait en compte le « non » des Français au TCE. En 2012, il remettait le couvert en critiquant la politique monétaire européenne. Dans cette tribune au Point, il dénonce « un échec sans appel de la politique migratoire européenne » et propose de suspendre Schengen ! Il dénonce également l’excès de pouvoir de la Commission qui « ne devrait plus avoir de compétences législatives puisqu’il y a un Parlement européen ». Enfin, il propose de « diminuer drastiquement l’étendue des compétences communautaires ». Ce faisant, les opposants de l’UE peuvent trouver des points de convergence.

Mais le problème avec Nicolas Sarkozy, comme souvent, c’est qu’il parle beaucoup mais n’agit pas. En effet, voici un ancien président de la République qui s’est retrouvé dans une position de force en 2007 pour négocier un nouveau traité européen après le rejet du TCE par référendum. Contre une ratification par la voie parlementaire, il pouvait demander beaucoup à nos partenaires : une réforme de la politique monétaire, une réforme de Schengen, dont cet ancien minstre de l’intérieur connaissait les failles. Mais il n’a absolument rien, faisant accepter à Lisbonne une copie conforme du TCE rejeté par les Français. Pour lui aussi, les promesses ne semblent engager que ceux qui les écoutent.

Un coup pour les fédéralistes

lundi 26 août 2013

François Lenglet, malgré tout, un peu trop bien pensant


Après avoir étudié en quoi les constats de François Lenglet sont étonnamment proches de ceux des milieux alternatifs sur l’analyse de la crise financière, de celle de la zone euro et de son traitement et ses critiques sur la monnaie unique, il faut bien souligner quelques points de désaccord.



Sur l’Europe, il reste au bord du Rubicon

C’est tout le paradoxe de ce livre, comme celui de Paul Krugman : il développe longuement ses arguments contre la monnaie unique et sur les problèmes qu’elle a créés mais finit malgré tout par conclure en plaidant pour plus d’intégration européenne. L’argumentation, très courte, est à la limite de l’indigence. Il soutient ainsi que l’euro nous apporterait une augmentation des échanges commerciaux, une solidité financière et monétaire et nous permettrait de peser plus dans le monde. Le premier argument est contestable puisque le taux d’intégration du commerce européen n’a pas vraiment progressé depuis la monnaie unique. L’évocation d’une plus grande solidité financière et monétaire semble une blague au regard des trois dernières années. Enfin, sur le fait de peser davantage, cela fait des décennies qu’on évoque cette tarte à la crème théorique sans pouvoir en faire la moindre démonstration sur un quelconque sujet.

S’il admet que l’euro est trop cher pour nous, il affirme que l’euro apporte à la France des taux d’intérêts faibles. Mais un regard outre-manche permet de contester cet argument puisqu’avec un déficit deux fois plus important, Londres emprunte au même taux que nous… Ses arguments pour dénoncer les exemples avancés par les opposants à la monnaie unique sont tout aussi fragiles. Il critique la monétisation de la Grande-Bretagne, des Etats-Unis et du Japon en évoquant l’inflation et une nouvelle bulle. Mais l’inflation n’a pas dérapé dans un seul de ces pays, malgré des programmes de monétisation massifs. Mieux, l’absence de monétisation ne garantit pas d’éviter les bulles, comme on l’a vu avant 2008… Il affirme que les cas suédois et danois (hors de l’euro, et qui ne semblent pas s’en plaindre) ne sont pas représentatifs car ces pays sont compétitifs, bien gérés, petits et avec un marché du travail flexible.

Un problème de monnaie et de compétitivité

mardi 4 juin 2013

Libération, le Monde : chronique d’une haine de la France ordinaire


Il y a deux ans, face à un journaliste du Monde qui ironisait sur « le protectionnisme dans un seul pays », Jacques Sapir lui avait répliqué que « la haine de la nation, c’est l’internationalisme des imbéciles ». Un propos malheureusement trop souvent applicable à certains journaux…

La passe de trois de Libération



A vrai dire, quand je l’avais entendu, j’avais trouvé qu’il y allait un peu fort, mais en prenant de recul, il faut bien constater à quel point il avait vu juste. On peut revenir à l’éditorial rageur de Serge July le lendemain du « non » au TCE, réduit à « des cris de douleur, de peur, d’angoisse et de colère que l’électorat de gauche a poussé dans les urnes », dénonçant la xénophobie contre le « malheureux plombier polonais ». Il assurait alors que « l’Europe est pourtant le seul espace social de la planète que la charte des droits sociaux devrait renforcer » : transmis à Athènes, Lisbonne et Madrid…

Libération s’était aussi illustré par un détestable appel publié peu après la victoire de François Hollande : « Jeunes de France, votre salut est ailleurs : barrez-vous ». Dans une resucée mal digérée de mai 1968, les « auteurs » appelaient la jeunesse à quitter un pays dirigé par « une gérontocratie, ultracentralisée et sclérosée », où la croissance est trop faible et le chômage trop haut, comme si cela n’était que le cas à Paris et pas à Londres, Tokyo ou Pékin. Ces analphabètes de la politique en venaient même à vanter Tbilissi, en oubliant toutes les limites de la démocratie géorgienne.

Bien évidemment, ces mercenaires mondialisés appellent à partir « pour améliorer votre niveau de vie ». Ce faisant, ils se ne rendent même pas compte de la vulgarité d’un tel appel, bien illusoire pour 90% des Français, qui n’ont pas les moyens d’aller tenter l’aventure en Chine ou au Brésil, contrairement à eux. Car leur appel n’est pas véritablement destiné à cette jeunesse des banlieues derrière laquelle ils s’abritent pour se donner bonne conscience, mais à leurs amis du show biz et du sport pour qui « ce n’est pas uniquement votre pays de naissance qui est vôtre mais le monde tout entier ».

Car il faut rappeler qu’un des signataires de l’appel, fondateur des dîners de l’Atlantique, dit ailleurs « se sentir américain en Europe et européen aux Etats-Unis ». Cette petite élite ne se sent plus aucun lien avec la nation qui a pourtant fait ce qu’ils sont. Pas étonnant que Libération ait pris une position aussi tranchée et caricaturale dans le débat sur la loi Fioraso, en faisant sa une en anglais. Tout le problème de Libération est qu’à force de détester la France, il n’y a plus beaucoup de français qui aiment le lire, comme le démontrent les chiffres de l’OJD sur sa diffusion.

Au Monde, la sainte Europe et la méchante France

mercredi 29 mai 2013

Huit ans après le TCE, le cancer européen progresse encore


Il y a huit ans, nous étions près de 55% des participants à refuser le projet de traité constitutionnel européen. Même si UMP, PS, Verts et Modem ont trouvé le moyen de le faire passer au Parlement, contre la volonté populaire, l’actualité nous donne tous les jours davantage raison.



Faux semblants européens

Dans cette Europe, tout est faux. Tout est en toc. Cette construction monstrueuse organise une immense régression démocratique et sociale, sur tous les plans. Tout d’abord, en ce jour anniversaire du « non » français au Traité Constitutionnel Européen, nous devons constater qu’il a été imposé au peuple contre son avis. Il faut quand même rappeler ici que Hugo Chavez, que certains qualifiaient de dictateur, avait respecté, lui, l’avis du peuple vénézuélien quand il avait refusé un projet de modification de la constitution. Il n’était pas passé par le parlement pour défaire ce que le peuple avait fait…

Comme le soutient Lordon dans son dernier papier : « en matière économique, l’UE n’a pas de politique, au sens très précis d’une possibilité discrétionnaire d’initiative. L’UE n’a pas de politique ‘conjoncturelle’, c’est-à-dire de la politique dont les orientations sont déterminées par les partis ‘conjoncturellement’ au pouvoir, car toute la politique économique européenne a été irrévocablement fixée dans des textes à valeur quasi-constitutionnelle ». Bref, la démocratie pour cette Europe, c’est avoir la liberté d’opinion, de parole et de choix des dirigeants, du moment où ils continuent la même politique

Dans ce cauchemar post-démocratique, nos dirigeants se comportent de plus en plus comme ceux de 1984 de Georges Orwell, disant une chose mais faisant le contraire, au mépris du sens des mots. On croit rêver quand le gouvernement ose parler d’un New Deal pour réduire le mal endémique du chômage des jeunes (qui dépasse les 20%). Quel rapport entre la politique d’un volontarisme farouche de Franklin Roosevelt et les mesurettes dérisoires annoncées. On parle de 6 milliards d’euros d’ici à 2020, soit moins d’un milliard par an pour une zone dont le PIB dépasse 10 000 milliards.

L’horreur à Madrid et Athènes

vendredi 24 mai 2013

Les dangers du traité transatlantique UE-USA


Jeudi, le parlement européen a voté les amendements sur le projet déposé par la Commission Européenne pour négocier un accord de libre-échange transatlantique. Un accord qui révèle tout ce qui ne va pas dans cette Union Européenne, dogmatiquement néolibérale et sous influence étasunienne.



La course au moins-disant

Il faut remercier l’Humanité pour avoir publié le texte du projet de mandat de négociation de la Commission Européenne et sensibiliser l’opinion à cet accord dont on ne parle pas suffisamment, ainsi que Magali Pernin, qui a publié sa traduction en français. Vous pouvez également trouver de nombreuses informations sur la genèse et l’avancée de ce traité sur le site La théorie du tout, de Liior Chamla. Même l’ultra-fédéraliste Jean Quatremer s’est inquiété sur son blog de l’avancée de ce texte, qui donne du grain à moudre à ceux qui dénoncent « l’Europe pro-étasunienne et ultralibérale ».

Et il faut dire que c’est bien le cas. Comme d’habitude, la Commission annonce des bénéfices colossaux pour l’Europe : 119 milliards de dollars de PIB additionnel, sans que l’on comprenne bien comment, d’autant plus que les précédents traités ne semblent pas vraiment avoir soutenu notre croissance. Mais en plus, ce genre de pronostic est totalement ridicule sachant que l’euro est au moins surévalué de 15% par rapport au dollar. A quoi bon réduire des droits de douane, qui tournent entre 3 et 4%, si c’est pour être pénalisé de quatre fois plus du fait de la sous-évaluation chronique du billet vert ?

Ensuite, se pose aussi la question des normes. Cet accord représente aussi pour les Etats-Unis le moyen d’imposer à l’Europe de démanteler ses barrières contre les bovins aux hormones ou les poulets aux antibiotiques, après avoir déjà réussi à nous imposer les volailles lavées à l’acide. Mais pourquoi libéraliser le commerce si c’est pour faire reculer les normes sanitaires de notre continent ? On comprend l’intérêt mercantile des Etats-Unis, mais on ne voit pas bien l’intérêt pour les peuples européens, qui vont à la fois perdre des emplois et des ventes, mais aussi sur notre sécurité !

L’Europe étasunienne

jeudi 21 mars 2013

Chypre cèdera-t-il au blocus de la BCE ?


Comme le rapporte Jacques Sapir, un événement grave a eu lieu hier. Le blocus est un acte qui peut s’assimiler à un acte de guerre et la BCE vient de décider de mettre le couteau sous la gorge de Chypre après le vote négatif du Parlement. Un bras de fer révélateur et dangereux.

Le diktat tyrannique de la BCE

La décision de la Banque Centrale Européenne est sans précédent. Certains pensaient que les chypriotes avaient gagné la partie de poker menteur lundi soir et que Mario Draghi n’oserait jamais couper les fonds aux banques de l’île, au risque d’asphyxier son économie. Mais non, le président de la BCE a décidé de réagir vivement au refus du « plan de sauvetage » concocté par les eurocrates et le gouvernement en posant un ultimatum aux dirigeants de l’île pour qu’ils se soumettent.

Il faut dire que les eurocrates ont toujours pu imposer leur volonté. La France et les Pays-Bas disent non au TCE ? Les parlements votent la copie conforme. L’Irlande le refuse ? Elle doit revoter. Le premier ministre grec veut faire un référendum sur le plan ? Il est démis de ces fonctions et remplacé par un pion bien docile. Berlusconi se fait trop remuant ? Lui-aussi est démis et remplacé par un autre pion. Bref, les eurocrates ont l’habitude de passer outre la volonté des peuples, des élus ou des dirigeants. Cela est encore plus choquant avec la BCE car elle n’est responsable devant personne.

Ce faisant, cela montre que quand elle le veut vraiment, l’UE peut taper du poing sur la table. Alors pourquoi ne l’a-elle pas fait pour mettre fin au dumping fiscal de l’Irlande lors de la négociation du plan de soutien ? Et pourquoi ne le fait-elle pas avec Chypre aujourd’hui, qui doit monter son impôt sur les entreprises de 10 à seulement 12,5% ? En réalité, cela montre que l’UE tolère, voir même accepte complètement l’existence de parasites fiscaux sur son territoire.

L’euro, enjeu d’une partie de poker

mardi 13 mars 2012

L’imposture européenne de Nicolas Sarkozy


Dimanche, le président sortant a fait un grand meeting à Villepinte. Devant la persistance de sondages négatifs, il a décidé de changer de braquet sur les propositions en s’adressant aux Français qui avaient voté « non » en 2005. Mais quelle crédibilité donner à de telles propositions ?

Des propositions alter européennes

Nicolas Sarkozy a fait un véritable festival de critiques contre l’Europe. Il a attaqué le traité de Schengen, qui ferait de notre continent une « passoire ». Il s’en est pris aux frontières orientales de l’Union Européenne qui ne protègent pas bien le reste du continent. Puis nous avons eu droit à un festival protectionniste où le président a dénoncé le fait que l’Europe soit ouverte à tous les vents et ne nous protège pas. Pourtant, il a récusé et même critiqué le terme de protectionniste !

Il a également proposé une protection des marchés publics sur le modèle du Buy American Act. Pour lui, l’Europe doit « nous protéger, pas nous exposer ». Lundi soir sur TF1, il a eu le culot de dire qu’il avait obtenu la fin du dumping fiscal en Europe alors que l’Irlande n’a pas touché à son taux d’imposition sur les sociétés malgré le plan européen de l’automne 2010. Il a même eu le culot de demander aux journalistes s’il était normal de ne pas tenir compte du « non » !!!

Le précédent de 2007

vendredi 20 janvier 2012

OGM : le problème, c’est l’UE


Il y a quelques jours, l’émission Dimanche Plus de Canal Plus a fait un nouveau reportage sur le mauvais feuilleton de l’interdiction des OGM puisqu’il semblerait que Monsanto pourrait bien lancer la culture de son maïs transgénique MON 810 malgré l’opposition du gouvernement.

Un mauvais feuilleton interminable

Cela fait maintenant près de quatre ans que je parle de cette interminable affaire de la commercialisation du maïs Monsanto. Le gouvernement s’y est opposé. Puis, la Commission a cherché à interdire l’interdiction de quelques semences en ayant recours aux procédures ubuesques de Bruxelles, qui lui permettent de faire passer des décisions à moins qu’une majorité qualifiée ne s’y oppose (ce qui signifie qu’elle l’emporte sur une simple majorité, une monstruosité démocratique).

dimanche 25 septembre 2011

Emmanuel Todd, sociologue des démocraties


Le brillant chroniqueur politique laisse souvent la place au sociologue et à l’anthropologue pour étudier alors les conséquences de cette décomposition politique et envisager les scénarios qui se présentent pour la société Français, entre République ethnique, fin de la démocratie ou sursaut protectionniste européen.


De la place de l’égalité et de la liberté dans les nations


Emmanuel Todd développe dans ce livre une théorie passionnante mais forcément difficile à restituer, sur la nature profonde des nations dans le monde, à savoir si elles privilégient plutôt l’égalité ou l’inégalité ou si elles préfèrent la liberté ou l’autorité. Il utilise pour cela son analyse des modèles de famille pour brosser à grands traits l’histoire des derniers siècles, en Europe, comme aux Etats-Unis ou en Asie. Son explication donne une perspective assez formidable et une lecture particulièrement éclairante des différences entre les nations et de leur rapport à l’égalité et la liberté.