Affichage des articles dont le libellé est Après la démocratie. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Après la démocratie. Afficher tous les articles

dimanche 19 octobre 2014

Quel avenir pour la Vème république ? - Partie1 (billet invité)


Billet invité d’Enfant de la patrie

Constat d’un affaiblissement


Un président qui a perdu le soutien de tout un peuple, de toute une nation. Une opposition minée par les affaires judiciaires, les querelles de coq de basse-cour, un désamour profond des Français envers la classe politique et vous obtenez une crise démocratique. Les Français sont las des belles paroles qui laissent rapidement place à la désillusion, et in fine, le retour de la petite musique néolibérale européiste en fond, qui semble ne plus s'arrêter. Nier que nos institutions n'aient pas joué un rôle dans toute cette mascarade démocratique serait une faute, et il ne s'agit en rien de remettre en cause la Ve République, mais d'en analyser les erreurs.



La Vème République devait protéger la France des instabilités gouvernementales, et sortir d'une république aux mains des appareils politiques. Le premier objectif a tenu sa promesse, mais nous a contraints aux aléas de gouvernements aux politiques inefficaces et de présidents qui n'en ont pas la stature. François Hollande serait certainement plus aux affaires sous les institutions de la IIIème République, éjecté par une majorité trop chancelante. Quant aux écuries politiques - qui servent plus les intérêts partisans et particuliers, que l'intérêt général - elles n'ont jamais été aussi fortes qu'aujourd'hui. Le suffrage universel direct aux législatives nous a enfermés dans un paysage politique bipolaire, qui certes à présent, connaît quelque remous avec l'arrivée d'un tripartisme, mais reste confiné, a une idéologie unique libérale européiste, et a un programme contestataire. Les petits partis se retrouvent bien souvent écrasés par les institutions de la Vème République, ignorés, écartés du débat politique, confisqué par les partis de gouvernement.

dimanche 25 septembre 2011

Emmanuel Todd, sociologue des démocraties


Le brillant chroniqueur politique laisse souvent la place au sociologue et à l’anthropologue pour étudier alors les conséquences de cette décomposition politique et envisager les scénarios qui se présentent pour la société Français, entre République ethnique, fin de la démocratie ou sursaut protectionniste européen.


De la place de l’égalité et de la liberté dans les nations


Emmanuel Todd développe dans ce livre une théorie passionnante mais forcément difficile à restituer, sur la nature profonde des nations dans le monde, à savoir si elles privilégient plutôt l’égalité ou l’inégalité ou si elles préfèrent la liberté ou l’autorité. Il utilise pour cela son analyse des modèles de famille pour brosser à grands traits l’histoire des derniers siècles, en Europe, comme aux Etats-Unis ou en Asie. Son explication donne une perspective assez formidable et une lecture particulièrement éclairante des différences entre les nations et de leur rapport à l’égalité et la liberté.


Emmanuel Todd, chroniqueur et analyste politique de talent


Emmanuel Todd est une de mes références les plus importantes, tant la qualité de ses livres révèle une analyse qui puise dans l’ensemble des sciences humaines pour remettre en perspective notre histoire. Je n’ai pas été déçu avec son dernier opus « Après la démocratie ».


Le rôle de l’élection présidentielle de 2007


Cette élection semble avoir été le déclencheur du livre. Elle permet à Emmanuel Todd de révéler un talent de chroniqueur politique dont la plume acide révèle un sacré brio. Il qualifie le second tour de « choc de deux vides » et en résume l’issue d’une manière très juste : « les électeurs qui avaient peur de l’incompétence de Ségolène Royal l’ont finalement emporté sur ceux qui avaient peur de la brutalité de Nicolas Sarkozy ». On pourra ajouter que certains avaient peur des deux et devaient arbitrer entre le moindre de deux maux… Il avance également que les quatre candidats principaux étaient de droite : d’extrême droite, de droite extrême, de centre-droit et « de droite loufoque socialo-traditionnaliste ».