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mercredi 28 mars 2018

Le Guépard (billet invité)

Billet invité de JL Porry

On se souvient, ceux de ma génération en tout cas, du roman de G. di Lampedusa adapté à l'écran par L. Visconti avec C. Cardinale, A. Delon et B. Lancaster. C'est la chronique d'une grande famille sicilienne (portant un guépard dans ses armoiries) confrontée aux désordres de la réunification italienne. Pour survivre, elle adopte comme ligne de conduite " tout doit changer afin que rien ne change ".

La réforme constitutionnelle que l'on nous annonce répond à la même finalité : sous la fumée de réformes spectaculaires, maintenir l'essentiel, c'est à dire que le peuple n'ait pas droit à la parole et n'ait pas les moyens de contrôler les gouvernants.

vendredi 26 décembre 2014

Jacques Julliard a raison sur le suffrage universel, pas sur la suppression du Premier ministre





En défense de l’idée même de démocratie

Certains n’ont pas digéré le référendum de 1962, lors duquel le général de Gaulle avait transféré le choix du président de la République d’une assemblée d’élus au peuple. Cet élément fondamental de l’architecture institutionnelle de notre pays est parfois critiqué mais l’attachement des Français y est si fort qu’il sera bien difficile de revenir dessus. Il est heureux que Jacques Julliard le soutienne, d’autant plus que le malaise a une autre raison. Les pouvoirs de nos gouvernements ont été considérablement réduits : plus de contrôle de la monnaie, un magma de traités qui fixent un cadre politique pré-déterminé dans lequel les marges de manœuvre sont toujours plus restreintes, oblitérant de facto la démocratie.

Certains disent que le peuple serait perméable à la démagogie, comme si eux ne l’étaient pas… Ils veulent éloigner toute décision importante du suffrage universel, d’où les banques centrales indépendantes, ou les accords qui placent les multinationales sur le même plan que les Etats. Jacques Julliard leur répond en notant que le parlementarisme aboutit à la même personnalisation et que le problème est ailleurs : « ceux qui nous gouvernent sont dans une voiture dans laquelle ni les freins, ni l’accélérateur ne répondent. Et l’on voudrait résoudre le problème en supprimant l’élection présidentielle, c’est-à-dire le lien direct entre les électeurs et le pouvoir ? Cela ne ferait qu’aggraver la situation ».

Pourquoi nous avons besoin de Matignon

lundi 20 octobre 2014

Quel avenir pour la Vème république ? – Partie 2 (billet invité)


Billet invité d’Enfant de la patrie

Des améliorations possibles

Des voix se font de plus en plus entendre pour proclamer leurs désamours de nos institutions politiques en pannent. L'ancien coprésident du front de gauche, Jean-Luc Mélenchon, souhaite créer un mouvement pour la sixième république, quand d'autres, comme Étienne Chouard, propose l'organisation d'un tirage au sort, pour désigner les représentants du peuple. Mais un constat demeure celui d'une démocratie française désuète et inefficace, où les élites politiques ne se renouvellent plus.


dimanche 19 octobre 2014

En défense de la Cinquième République


Enfant de la Patrie défend aujourd’hui une réforme profonde de la Cinquième République sur le blog et pose des questions sur le mode de scrutin. Etant données mes convictions personnelles, je ne peux pas ne pas répondre à ce papier, même si je reconnais que des réformes pourraient être utiles.



Se tromper de coupable

Fondamentalement, je pense que ceux qui réclament un changement profond de nos institutions, réforme de la Cinquième République, ou même passage à une Sixième République, se trompent de bataille. La crise économique et politique actuelle n’est pas spécifique à notre pays. Tous les grands pays développés sont dans une position difficile, ne parvenant pas à retrouver une croissance soutenue, ce qui maintient une part importante de la population dans la difficulté, entre chômage et baisse du pouvoir d’achat, alors même que la situation des multinationales et des plus riches n’a jamais été aussi bonne depuis des décennies. Partout le constat est le même et cela aboutit en général à des tensions politiques, un affaiblissement des partis traditionnels et le succès de partis protestataires et / ou extrémistes.

Cette généralisation de la crise dans des pays qui ont des institutions très différentes de la nôtre, tend à disculper la Cinquième République. Le débat sur la proportionnelle est un peu stérile, ceux qui la demandent étant souvent ceux qui y gagneraient des sièges, ceux qui s’y opposant ceux qui y perdraient… Et je ne vois pas en quoi couper le Parlement en deux types de députés améliorerait quoique ce soit à la situation actuelle. La moindre clarté des résultats redonnerait inévitablement plus de pouvoir aux partis qui pourraient alors négocier chèrement leur soutien. L’idée du tirage au sort, même si elle est bien documentée et peut faire envie étant donné le niveau de nos politiques, me révulse car cela revient à passer d’un choix collectif et conscient à l’arbitraire du hasard, comme une renonciation à la démocratie.

Quelques pistes de réflexion

Quel avenir pour la Vème république ? - Partie1 (billet invité)


Billet invité d’Enfant de la patrie

Constat d’un affaiblissement


Un président qui a perdu le soutien de tout un peuple, de toute une nation. Une opposition minée par les affaires judiciaires, les querelles de coq de basse-cour, un désamour profond des Français envers la classe politique et vous obtenez une crise démocratique. Les Français sont las des belles paroles qui laissent rapidement place à la désillusion, et in fine, le retour de la petite musique néolibérale européiste en fond, qui semble ne plus s'arrêter. Nier que nos institutions n'aient pas joué un rôle dans toute cette mascarade démocratique serait une faute, et il ne s'agit en rien de remettre en cause la Ve République, mais d'en analyser les erreurs.



La Vème République devait protéger la France des instabilités gouvernementales, et sortir d'une république aux mains des appareils politiques. Le premier objectif a tenu sa promesse, mais nous a contraints aux aléas de gouvernements aux politiques inefficaces et de présidents qui n'en ont pas la stature. François Hollande serait certainement plus aux affaires sous les institutions de la IIIème République, éjecté par une majorité trop chancelante. Quant aux écuries politiques - qui servent plus les intérêts partisans et particuliers, que l'intérêt général - elles n'ont jamais été aussi fortes qu'aujourd'hui. Le suffrage universel direct aux législatives nous a enfermés dans un paysage politique bipolaire, qui certes à présent, connaît quelque remous avec l'arrivée d'un tripartisme, mais reste confiné, a une idéologie unique libérale européiste, et a un programme contestataire. Les petits partis se retrouvent bien souvent écrasés par les institutions de la Vème République, ignorés, écartés du débat politique, confisqué par les partis de gouvernement.