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jeudi 7 avril 2022

Salvini, Tsipras ou Johnson : les 3 possibilités d’une présidence Zemmour (billet invité)

Billet invité de Mr Frexit

Eric Zemmour a récemment publié son programme pour l’élection présidentielle 2022. Sans surprise, son thème de prédilection à savoir, l’immigration est bien mis en avant. Fin du regroupement familial, expulsion des délinquants étrangers, déchéance de nationalité pour les délinquants bi-nationaux, restriction du droit d’asile à quelques centaines de cas par an… 



En revanche il préfère rester évasif sur d’autres sujets (Frexit, euro…) parce que selon lui cela
diviserait l’électorat alors que 70% de la population est d’accord avec lui sur l’immigration. On peut comprendre la stratégie électorale mais peut-on vraiment éluder la question de la souverainité  aussi facilement?


A quoi ressemblerait une présidence Zemmour ? 3 scenarios possibles :

1)     L’option Salvini

lundi 6 décembre 2021

Zemmour et Pécresse compliquent la tâche de Macron

La semaine dernière a permis une clarification du paysage politique en vue de l’élection présidentielle, entre l’annonce officielle et attendue de la candidature d’Eric Zemmour et la victoire de Valérie Pécresse lors des élections primaires de LR. Deux éléments qui viennent singulièrement compliquer la réélection d’Emmanuel Macron, qui est probablement le grand perdant de la séquence.

 


Un profond rejet des favoris

 

lundi 22 novembre 2021

Quand Zemmour donne à 2022 des airs de 2002

A première vue, l’idée peut sembler saugrenue, tant la percée de Zemmour a accentué l’avance de Macron au premier tour, et tant il a semblé affaiblir Marine Le Pen, qui a perdu son statut d’opposante inéluctable du président sortant. Mais bien plus que par l’incertitude sur la composition du second tour, par l’effet qu’il a eu sur les thématiques de campagnes, Zemmour affaiblit Macron.

 


Macron prend-il le chemin de Jospin ?

 

lundi 4 octobre 2021

LR entre l’enclume Macron, et le marteau Zemmour

L’ascension de Zemmour est peut-être encore plus dangereuse pour LR que pour Marine Le Pen. D’ailleurs, ce dernier vient de leur prendre la troisième place dans un sondage sur le premier tour des présidentielles. Dans le même temps, le processus de désignation du candidat LR à la présidentielle ressemble de plus en plus à un jeu où deux voitures foncent l’une vers l’autre, en comptant sur l’autre pour éviter le crash. Et si LR finissait la séquence électorale de 2022 dans l’état du PS en 2017 ?

 


Candidats à l’autodestruction

 

samedi 25 septembre 2021

Du succès actuel de Zemmour et de l’échec de Montebourg

Bien sûr, nous sommes encore loin de l’élection, et la campagne n’est pas au bout de ses surprises. Mais il est frappant de constater que les derniers sondages donnent Arnaud Montebourg entre 2 et 4%, et Eric Zemmour à 11%. L’ascension sondagière de rentrée du journaliste montre que les surprises sont probables dans cette élection. Que penser de son succès et de l’échec de Montebourg ?

 


Trump à la française et socialisme épuisé ?

 

jeudi 29 avril 2021

Toute la campagne des Verts doit être retirée !

Papier publié sur le FigaroVox hier

 

Imaginons que le RN ait fait une campagne appelant les jeunes à s’inscrire sur les listes électorales en soulignant que certains groupes, ou Daniel Cohn-Bendit, eux, ont prévu d’aller voter. La tempête médiatique aurait été considérable, et les écologistes n’auraient pas été les derniers à convoquer les heures les plus noires de notre histoire en dénonçant cette stigmatisation. Si la campagne des Verts en Ile de France a suscité la critique, le retrait d’un visuel est insuffisant : toute la campagne doit être retirée.

 


Une campagne digne de l’extrême-droite

 

mardi 28 février 2017

Quand le Canada, la Grande-Bretagne et la France font le jeu des islamistes

La semaine dernière nous a rappelé le danger des accommodements avec l’islamisme, typiques du monde anglo-saxon, de la Grande-Bretagne au Canada. Malheureusement, ils débordent de plus en plus dans notre pays, comme l’illustrent les dernières propositions de Terra Nova ou l’affaire du Bondy blog.



Le recul des libertés, au nom de la liberté !

samedi 17 septembre 2016

Ultralibéraux et identitaires : les meilleurs ennemis

Nous vivons décidément une drôle d’époque. Non seulement nos dirigeants cèdent toujours plus aux sirènes ultralibérales mais le fond de l’air vire aussi de plus en plus identitaire. Les circonstances peuvent expliquer cette évolution, mais on peut aussi voir un lien dans l’ascension de l’un et l’autre.



Cercle vicieux ou alliance inconsciente ?

mercredi 30 décembre 2015

Todd et Charlie (6ème partie et conclusion)

« Qui est Charlie ? » est le livre auquel j’ai consacré le plus de papiers, parce que je suis largement critique à son égard, mais aussi parce surnagent des analyses et réflexions intéressantes. Et même si Todd fait bien des raccourcis abusifs, un peu de débat ne fait jamais de mal.



Un Zemmour de gauche ?

Todd tacle un Zemmour endogame : « par le biais d’un mariage mixte, une moitié des jeunes d’origine algérienne étaient plus avancés dans l’assimilation que certains théoriciens de l’échec de l’intégration ». Mais l’impression que donne ce livre, c’est qu’il tombe dans les mêmes excès que l’auteur du « Suicide Français », mélangeant essai et roman, tant il fait de raccourcis et cède à des excès. Car pour les deux auteurs, finalement, la France se meurt, même s’il s’agit de deux France différentes. Zemmour pleure une France caricaturale, presque aussi machiste que l’Arabie Saoudite, décrivant sans nuance quarante ans d’histoire. Avec ce livre, Todd pleure une France intégratrice et tolérante avec autant de nuances que l’auteur du « Suicide Français », à travers sa vision de Charlie.

Comment écrire que « Charlie pourrait être un phénomène dynamique qui révèle avec le temps, de plus en plus fortement, ses vraies valeurs de référence : l’autorité et l’inégalité (…) Socialistes, sarkozystes et mélenchonistes ont défilé ensemble, affirmant un même socle de valeurs fondamentales (…) La domination est acceptée, l’inégalité a une base de masse ». Il est tout de même effarant de lire dans les manifestations de janvier un attachement à l’autorité et à l’inégalité, alors qu’il s’agissait d’une défense de la liberté et de la démocratie. Todd confond ici corrélation et causation, sans même s’embarrasser d’une analyse vraiment rigoureuse de la corrélation (en comparant avec d’autres manifestations). Pourquoi « le choc émotionnel résultant de l’horreur du 7 janvier (aurait) offert la possibilité d’une réaffirmation de l’idéologie qui domine la France : libre-échange, Etat social, européisme et austérité » ?

Non seulement le raisonnement de Todd n’est pas logique, mais il finit par faire un procès à cette France qu’il ne reconnaît pas, et dont on devine, même s’il ne l’écrit jamais, qu’il craint qu’elle prenne des traits de l’Allemagne des années 1930 ou que nous aboutissions à une forme de guerre de religion. Comme me l’a signalé un commentateur du blog, dans une interview au Guardian, il dit que « la France est une société malade (…) Il y a une partie de la société Français qui est pourrie, et rien n’est fait ». Encore une fois, et malgré certains développements récents consécutifs aux nouveaux attentats, je persiste à penser que la société Française tient bon, et que la réaction globale reste largement positive. Je ne vois pas poindre un sentiment islamophobe, si ce n’est de manière marginale.

Le mauvais procès fait à la France

mardi 6 octobre 2015

Libération, ni bien, ni pensant

C’était la une de Libération hier, « Contre Zemmour, Finkielkraut, Onfray… Oui on est ‘bien pensants’ et alors ? », suivie par un pseudo décryptage de la « Réac Academy » par Laurent Joffrin. Mais ce faisant, Libé en dit sans doute bien plus sur sa propre nature que sur celle de ceux qu’il dénonce.



Mauvaise foi superficielle

Déjà, cela commence mal avec le titre, davantage digne d’une cour de récréation que du journal de Sartre. Il ne manquerait plus qu’un « nanananère ! » pour couronner cette apostrophe enfantine. Mais le gloubiboulga qui constitue la suite n’est guère mieux. Déjà, Joffrin commence par mélanger Finkielkraut, Onfray, Debray et Polony avec Ménard, Morano, Elisabeth Lévy et Zemmour, comme s’ils formaient un tout homogène sans la moindre nuance… Pourtant, qu’on les aime ou pas (et dans mon cas, j’en apprécie certains et en rejette d’autres), il faut être sacrément ignorant ou de mauvaise foi pour amalguer des personnes aussi différentes. Ce faisant, Joffrin et Libération révèlent la superficialité crasse de leurs raisonnement : ils ne peuvent pas être bien pensants puisqu’ils ne pensent pas !

Il y a un autre aspect détestable dans ce pseudo décryptage qui n’est que la forme outrancière et dérisoire d’une police de la pensée en difficulté. Outre l’oubli de la diversité de la « réac academy » Il est totalement ridicule d’écrire « s’il y a une pensée unique, c’est la leur ». Comme si, dans les débats sur la construction européenne, l’immense majorité des éditorialistes ou des journalistes n’avaient pas fait une campagne sans nuance pour défendre ce projet délétère ? Il est également risible de dénoncer la dénonciation de son camp en procédant exactement à la même chose, d’une manière aussi nuancée qu’Eric Zemmour quand il parle des femmes. La suite du texte est une forme de Disney sans nuance de la pensée, avec des méchants très méchants corrigés par les gentils de Libé. Risible.

Snobisme criard et totalitaire

mardi 11 août 2015

Bernard Maris développe sa vision du patriotisme

Outre sa déclaration d’amour à une France qu’il regrette d’avoir un peu négligée, avec son ouverture d’esprit et sa culture, Bernard Maris développe sa vision d’un patriotisme, progressiste, ouvert et tolérant, revisitant l’histoire de notre pays, à mille lieues du souverainisme identitaire et décliniste.



Sa vision du génie français

A rebours de Zemmour, pour lui, un aspect de notre génie national est l’amour courtois. Il voit notre pays, qui a réalisé la première transition démographique, comme un éclaireur de l’humanité, démographique, mais aussi dans la condition du couple, de la femme et des enfants. Il y voit « le souhait d’une vie équilibrée, dans une population stable ». Le chapitre sur la galanterie est une réflexion intéressante sur la condition féminine et ce qu’elle dit de la société : « la galanterie est une soumission du (présumé) fort au (présumé) faible. Le ‘respect’, c’est la pratique cruelle de l’ordre mafieux (…) La galanterie est donc, il faut le reconnaître, une des formes de la démocratie (…) Dans tous les cas, c’est une preuve de civilisation. La civilisation commence avec la politesse, la politesse avec la discrétion, la retenue, le silence et le sourire sur le visage ». Il dénonce le communautarisme ou la mise en avant des origines.

Il vante l’équilibre de notre pays, sa diversité (géographique, climatique, humaine – il n’y a pas de français physiquement typique – ou familiale, s’appuyant sur Todd). Il retient de Todd et Le Bras la force du passé et de son héritage, en positif : « du fait de sa diversité, la France est condamné à la tolérance », lui donnant une place à part dans le monde « habitant le centre du monde, dans ce cadeau des dieux entre le monde de la Méditerranée et celui des Barbares, comment les Français n’auraient-ils pas été condamnés à l’exceptionnel et à l’universel ? ». Pour lui, « s’il existe un génie national, il est dans la résolution de cet oxymore : un pays anthropologiquement des plus divers, géographiquement divers, climatiquement divers, tout entier tourné vers l’unité. Citant Todd et Le Bras : « il existe une vie humaine et sociale des profondeurs, indépendante de l’actualité économique et politique mise en scène par les médias (qui échappe) à la perception du monde rétrécie qui sert d’évangile à l’instruction des élites ».

Refus du déclinisme moisi

lundi 4 mai 2015

Eric Zemmour, enfant, et meilleur ennemi du néolibéralisme

On peut comprendre le succès du « Suicide français ». Facile à lire, critiquant la pensée dominante actuelle, proposant une vue cohérente à 360 degrés de ces dernières années, on peut y voir un signe bienvenu de la vitalité intellectuelle de notre débat. Mais les excès et les inexactitudes du livre en font aussi probablement une impasse, pour le plus grand service du néolibéralisme qu’il dit combattre.



Caricatural, fermé et repoussant

Encore une fois, il faut bien reconnaître que Natacha Polony a vu juste dans son analyse du livre à succès d’Eric Zemmour. Bien sûr, on peut le critiquer sur sa présentation complaisante du régime de Vichy. On peut également rejeter sa vision de la femme et de la « féminisation de la société ». D’abord, on peut souligner que la place de la femme dans la société a évolué dans le temps et qu’elle a déjà été importante et à relative égalité avec les hommes dans certaines sociétés, y compris dans la Perse antique, comme l’explique David Graeber. En fait, sa vision des rapports hommes-femmes (et plus encore mari-femme) dépasse le traditionalisme ou la nostalgie d’un passé récent pour tomber dans le souhait d’une société profondément inégalitaire, où les femmes ne seraient plus qu’au service de leurs hommes, qui les « tiendraient ». Ainsi, il se rapproche de facto de la vision des islamistes les plus radicaux.

Natacha Polony a sans doute raison d’évoquer « la psychanalyse » sur la question de la féminisation de la société. On peut y ajouter l’étrange éloge de la « virilité » des uns et des autres, des soldats allemands aux jeunes des banlieues. Mais ce faisant, l’alternative qu’il esquisse à la société qui se construit devient vite repoussante pour une grande majorité, qui ne peut pas se reconnaître dans une société où les parents marient leurs enfants, où le mari va au bordel et a des maîtresses et où il n’y aurait pas de pillule. En outre, Zemmour manque singulièrement de nuance pour un passionné d’histoire, quand il ne l’arrange pas pour aider son récit. Comme le dit Natacha Polony, il ignore la dialectique et tombe dans une présentation caricaturale des choses qui discrédite son propos : la France n’est pas finie et si nous prenons une mauvaise direction, ce n’est pas sur tout et pas toujours en accéléré.

L’enfant du néolibéralisme

dimanche 3 mai 2015

Eric Zemmour se raconte un roman

Après avoir étudié les aspects intéressants de l’analyse d’Eric Zemmour, puis rapporté sa misogynie, qui verse parfois dans une vision de la société plus proche de la Préhistoire que de l’après-guerre, il faut noter un autre aspect étonnant chez ce féru d’histoire, ces nombreux arrangements avec la vérité.



Entre progressisme et Tea Party

Bien sûr, une partie de l’analyse économique du Suicide Français rejoint les analyses des alternatifs. Il met en parallèle Jean-Claude Trichet à sa nomination à la tête de la BCE « I am not French » avec Christopher Soames, ancien commissaire britannique, pour qui : « dans une organisation internationale, il faut toujours mettre un Français car ils sont les seuls à ne pas défendre les intérêts de leur pays ». Il note que le patron de la BCE est 15% mieux payé que le président de la Commission et les commissaires 25% mieux payés que le chancellier Allemand ou le président Français. Enfin, pour lui « les consommateurs français profitaient à plein des baisses de prix ; ils ne se rendaient pas compte que les satisfactions qu’ils tiraient en tant que consommateur plombaient la feuille de paie du salarié, et menaçaient l’emploi du chômeur en puissance qu’ils étaient ».

Mais il dit aussi que « la France a laissé filé les coûts salariaux », ce qui n’a de sens que si la politique de régression sociale est une norme. Il récidive en disant qu’« en France, le SMIC fut revalorisé massivement, de coup de pouce en coup de pouce, à l’occasion de chaque élection présidentielle ». Pour rappel, Jacques Chirac avait accordé un coup de pouce de 2% en 1995 et François Hollande, de 0,6% en 2014, ce qui est d’autant moins fort qu’il faudrait prendre en compte les gains de productivité. Enfin, il dénonce un système social « aux couches épaisses, étouffantes, financées à coup d’endettement public » avec l’accent des Tea Party qui contraste avec des tonalités parfois plus sociales. C’est d’autant plus étrange que nous ne sommes pas si endettés et que nous ne dépensons pas tant que cela.

Recalé en histoire économique

samedi 2 mai 2015

Eric Zemmour, misogyne des cavernes

S’il faut respecter le succès du « Suicide Français » et s’il faut reconnaître que par certains aspects, son analyse est intéressante, en revanche, le livre d’Eric Zemmour révèle une conception de la société et de la condition féminine assez effarante, qui va même au-delà de la nostalgie.



Mon père, ce héros abattu

Bien sûr, une partie de la critique a mis en avant l’indulgence de Zemmour à l’égard de Vichy pour dénoncer son livre. Mais il y a un aspect qui a sans doute été insuffisamment souligné : la vision absolument effarante et misogyne de notre société, « ces vagues de féminisation (qui) brisèrent les digues d’une France encore patriarcale ». Pour lui, « les publicitaires, sociologues, psychologues s’allièrent aux femmes et aux enfants contre les pères qui contenaient leurs pulsions consommatrices (…) La quête du bonheur devint la grande affaire de tous. Le père en fut la victime expiatoire (…) La destruction de la famille occidentale arrive à son terme. Nous revenons peu à peu vers une humanité d’avant la loi qu’elle s’était donnée en interdisant l’inceste : une humanité barbare, sauvage et inhumaine ». Difficile de comprendre en quoi nous serions revenus à la situation d’avant l’interdiction de l’inceste…

Il poursuit en affirmant que « les femmes sont à la pointe de la révolution » du développement du divorce : « on troqua la monogamie avec adultère pour une polygamie séquencielle. Les femmes sommèrent les hommes de s’aligner sur ce nouveau modèle ». Mais il va encore plus loin en affirmant que « dans les années 1930, l’amour avait subverti le mariage arrangé ». Il évoque la nostalgie des années 1960, « quand le jeune chauffeur de bus glisse une main concupiscente sur un charmant fessier féminin, la jeune femme ne porte pas plainte pour harcèlement sexuel. La confiance règne »… En somme, il regrette l’époque où, après des mariages arrangés, les maris avaient des maîtresses et allaient au bordel, leurs femmes n’ayant ni accès à l’argent du ménage, la contraception ou l’avortement.

Pour lui, avec l’avortement : « la raison cède le pas à l’émotion, l’intérêt national au désir des individus, le collectif au personnel », mais il ne daigne pas expliquer ce jugement hâtif. Il avance une curieuse théorie selon laquelle « le rejet haineux du père est sans doute le point commun fondamental entre une homosexualité narcissique (…) et un capitalisme qui détruit toutes les limites ». Pour lui, les « hommes sont transformés à la fois en enfants et en femmes », citant le cas d’Hélène et les garçons, rebaptisé « Hélène et les filles ». Dans son monde, « les drag Queens furent à la mode »…

Le curieux éloge de la virilité

vendredi 1 mai 2015

Eric Zemmour, pourfendeur des libéraux-libertaires

Avec « Le suicide français », il a signé un grand succès littéraire, qui a fait couler beaucoup d’encre. Si on peut saluer le succès d’un livre qui va contre la pensée dominante, son analyse est forcément bien plus complexe que ne le suggère la plupart de ses critiques, comme de ses amateurs.



L’étonnant surmoi marxiste de Zemmour

Natacha Polony, qui a sans doute signé une des meilleures critiques de ce livre, note que que ce livre est plus complexe qu’il n’y paraît. En effet, Eric Zemmour se fait parfois, à la grande surprise, quasi marxiste. Le voici qui soutient que « la machine idéologique infernale ne se grippera plus : toute réduction - même la moins justifiée même la moins légitime – des avantages sociaux se parera des atours de la réforme tandis que la défense des acquis sociaux par ses bénéficiaires sera diabolisé sous le terme de conservatisme » ! Il dénonce les entreprises du CAC 40, dont la moitié des capitaux, trois quarts du chiffre d’affaire et 85% de la croissance sont étrangers. Il souligne que PSA a paradoxalement moins délocalisé que Renault, dont les effectifs en France ont fondu de moitié de 1986 à 2005.

Pour lui, « c’est en fait le summum de la lutte des classes. Après avoir dépouillé de leur outil de travail les prolétaires made in France, on les traite de ‘racistes’ s’ils osent défendre leur mode de vie boulversé par la destruction de leur cadre, de leurs repères, de leurs références, jusqu’à leur modeste tranquillité ». Citant Martin Hirsch qui rapporte un dialogue avec Louis Schweitzer sur les raisons pour lesquelles les riches ne donnaient pas plus, l’ancien patron avait répondu : « Et bien, mon cher ami, je vais vous expliquer quelque chose. Les biens qui nous intéressent augmentent encore plus vite. Drouot, cela augmente, les montres de collection, cela prend de la valeur, l’immobilier aussi. En fait, on ne se rend pas compte quand on n’y est pas confronté, mais les biens qui intéressent les gens fortunés connaissent une forte inflation ». Il cite aussi Larry Summers qui dénonce ces « élites sans patrie qui ont fait allégeance à la mondialisation économique et à leur propre prospérité plutôt qu’aux intérêts de la nation où elles vivent ».

Et dans un curieux écho à la polémique sur la proximité entre le FN et le PCF des années 1970, il cite Georges Marchais, en janvier 1981 : « Quand aux patrons et au gouvernement français, ils recourent à l’immigration massive comme on pratiquait autrefois la traite des Noirs pour se procurer une main d’œuvre d’esclaves modernes, surexploitée et sous-payée (…) C’est pourquoi nous disons : il faut arrêter l’immigration sous peine de jeter de nouveau travailleurs au chômage ». Il rappelle qu’ « en 1846, Auguste Mimerel, filateur à Roubaix, fondait la première organisation patronale française. Il posait deux grands principes : 1, il faut qu’une permanente menace de chômage pèse sur l’ouvrier pour contenir ses revendications 2, il faut laisser entrer la main d’œuvre étrangère pour contenir les salaires » et dénonce l’alliance entre les patrons libéraux et les associations libertaires.

Une critique intéressante de la société

lundi 5 janvier 2015

De Zemmour et de la démocratie


Cela a été une polémique du mois dernier : le renvoi d’Eric Zemmour d’Itélé suite à des propos tenus sur les musulmans. Une grande partie de la gauche a applaudi, quand la droite l’a soutenu avec le renfort de figures de la gauche, comme Jean-François Kahn, qui a dénoncé une « fatwa médiatique ».



Délit d’opinion et totalitarisme intellectuel

Le cas Zemmour est sans doute symptomatique de notre époque, de la difficulté, ou du refus, de débattre, et de la crispation, pour ne pas dire de la radicalisation, du débat. J’y reviendrai bientôt dans le compte-rendu du « Suicide Français », que je suis en train de lire. Même si l’on peut comprendre qu’un média ait une préférence idéologique et propose une lecture un peu partisane de l’actualité, comment ne pas voir que sur de nombreux sujets, la grande majorité des médias sont tous d’accord, qu’ils soient de gauche ou de droite ? Le comble a sans doute été atteint en 1992 et en 2005 sur les référendums européens, avec un véritable divorce entre l’opinion médiatique et celle de la population.

Dès lors, dans ce cadre, même sans être d’accord avec une bonne partie de ce qu’avance Zemmour, des personnes comme Jean-François Kahn ou Michel Onfray, ont pris position en faveur de l’éditorialiste auteur d’un succès de l’année en librairie. Pour ce dernier, « en France, on ne polémique plus : on assassine, on méprise, on tue, on détruit, on calomnie, on attaque, on souille, on insinue ». Il semble y avoir un refus du débat démocratique, auquel Zemmour participe en apportant une voix différente de celle de la grande majorité de ceux qui sont invités dans les grands média. En ce sens, le renvoi d’Eric Zemmour est plutôt regrettable car il peut représenter un appauvrissement du débat.

Opinion et responsabilité