Mon père,
ce héros abattu
Bien sûr, une partie
de la critique a mis en avant l’indulgence de Zemmour à l’égard de Vichy pour
dénoncer son livre. Mais il y a un aspect qui a sans doute été
insuffisamment souligné : la vision absolument effarante et misogyne de
notre société, « ces vagues de
féminisation (qui) brisèrent les digues d’une France encore patriarcale ».
Pour lui, « les publicitaires,
sociologues, psychologues s’allièrent aux femmes et aux enfants contre les
pères qui contenaient leurs pulsions consommatrices (…) La quête du
bonheur devint la grande affaire de tous. Le père en fut la victime
expiatoire (…) La destruction de la famille occidentale arrive à son
terme. Nous revenons peu à peu vers une humanité d’avant la loi qu’elle s’était
donnée en interdisant l’inceste : une humanité barbare, sauvage et
inhumaine ». Difficile de comprendre en quoi nous serions revenus à la
situation d’avant l’interdiction de l’inceste…
Il poursuit
en affirmant que « les femmes sont à
la pointe de la révolution » du développement du divorce : « on troqua la monogamie avec adultère pour
une polygamie séquencielle. Les femmes sommèrent les hommes de s’aligner sur ce
nouveau modèle ». Mais il va encore plus loin en affirmant que « dans les années 1930, l’amour avait subverti
le mariage arrangé ». Il évoque la nostalgie des années 1960, « quand le jeune chauffeur de bus glisse une
main concupiscente sur un charmant fessier féminin, la jeune femme ne porte pas
plainte pour harcèlement sexuel. La confiance règne »… En somme, il
regrette l’époque où, après des mariages arrangés, les maris avaient des
maîtresses et allaient au bordel, leurs femmes n’ayant ni accès à l’argent du
ménage, la contraception ou l’avortement.
Pour lui,
avec l’avortement : « la raison
cède le pas à l’émotion, l’intérêt national au désir des individus, le
collectif au personnel », mais il ne daigne pas expliquer ce jugement
hâtif. Il avance une curieuse théorie selon laquelle « le rejet haineux du père est sans doute le
point commun fondamental entre une homosexualité narcissique (…) et un
capitalisme qui détruit toutes les limites ». Pour lui, les « hommes sont transformés à la fois en enfants
et en femmes », citant le cas d’Hélène et les garçons, rebaptisé
« Hélène et les filles ». Dans
son monde, « les drag Queens furent
à la mode »…
Le
curieux éloge de la virilité