lundi 5 janvier 2015

De Zemmour et de la démocratie


Cela a été une polémique du mois dernier : le renvoi d’Eric Zemmour d’Itélé suite à des propos tenus sur les musulmans. Une grande partie de la gauche a applaudi, quand la droite l’a soutenu avec le renfort de figures de la gauche, comme Jean-François Kahn, qui a dénoncé une « fatwa médiatique ».



Délit d’opinion et totalitarisme intellectuel

Le cas Zemmour est sans doute symptomatique de notre époque, de la difficulté, ou du refus, de débattre, et de la crispation, pour ne pas dire de la radicalisation, du débat. J’y reviendrai bientôt dans le compte-rendu du « Suicide Français », que je suis en train de lire. Même si l’on peut comprendre qu’un média ait une préférence idéologique et propose une lecture un peu partisane de l’actualité, comment ne pas voir que sur de nombreux sujets, la grande majorité des médias sont tous d’accord, qu’ils soient de gauche ou de droite ? Le comble a sans doute été atteint en 1992 et en 2005 sur les référendums européens, avec un véritable divorce entre l’opinion médiatique et celle de la population.

Dès lors, dans ce cadre, même sans être d’accord avec une bonne partie de ce qu’avance Zemmour, des personnes comme Jean-François Kahn ou Michel Onfray, ont pris position en faveur de l’éditorialiste auteur d’un succès de l’année en librairie. Pour ce dernier, « en France, on ne polémique plus : on assassine, on méprise, on tue, on détruit, on calomnie, on attaque, on souille, on insinue ». Il semble y avoir un refus du débat démocratique, auquel Zemmour participe en apportant une voix différente de celle de la grande majorité de ceux qui sont invités dans les grands média. En ce sens, le renvoi d’Eric Zemmour est plutôt regrettable car il peut représenter un appauvrissement du débat.

Opinion et responsabilité

Malgré tout, cette vision des choses est peut-être insuffisante. D’abord, il ne perd qu’une de ses tribunes, puisqu’il officie toujours sur RTL et Le Figaro, qui offrent bien plus d’audience encore à ce qu’il dit. En outre, même si je peste moi aussi sur l’uniformité bien trop forte de nos grands médias depuis plus de vingt ans, il faut noter qu’avec Natacha Polony, la pensée alternative a gagné un relais d’influence. Au global, ce n’est quand même pas parce qu’Eric Zemmour n’officiera plus sur Itélé que la démocratie serait en danger dans notre pays. Ensuite, ce faisant, Itélé s’expose à la réaction de ceux qui l’apprécient, qui peuvent déserter son antenne, et ainsi la sanctionner, par la baisse de son audience.

Et on peut aussi se demander si cette décision n’est pas injustifiée. Après tout, ce n’est pas parce qu’un média accorde une tribune à une personne qu’il doit y avoir droit à vie, quel que que soit ce qu’il dit ou fait. Itélé a le droit de penser que les propos de Zemmour dépassent le cadre qu’elle souhaite donner à son antenne. L’éditorialiste doit aussi assumer ce qu’il dit ou écrit et en accepter les conséquences. La frontière avec l’irresponsabilité semble ténue ici. Et pour avoir lu un tiers de son livre, et même si je suis d’accord sur certaines analyses, une grande partie est très critiquable et on peut y voir une forme de radicalisation, en partie compréhensible, mais parfois un peu inquiétante.

Voilà pourquoi, même si je pense que le débat n’est pas assez ouvert dans nos média, je ne suis pas particulièrement choqué par la décision d’Itélé. Après tout, les propos de Zemmour sur une Allemagne trop métissée pour gagner la coupe du monde ont des relents bien désagréables.

37 commentaires:

  1. Ce qui est grave, ce n'est pas que Itélé se soit séparé de Zemmour, c'est son droit, mais c'est qu'elle l'ait fait sous la pression d'associations comme SOS racisme. C'est la preuve d'un manque d'indépendance des médias et du poids grandissant de forces sectaires qui étouffe le débat en posant des interdits dont ils sont les seuls juges.

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    1. Ce qui est manifestement exact. Eric Zemmour n'est qu'un provocateur médiatique qui aime et suscite les confrontations. Sur les plateaux télé qu'il écume, il assure le spectacle. Des joutes verbales rapides, un français châtié, une assurance à toute épreuve. Sur un plateau télé, le personnage en impose, et ses idées indisposent. Le parfait client pour des débats animés, des déclarations fortes, des "clash" en direct. Eric Zemmour développe des idées d'une droite décomplexée, régulièrement à la limite de l'islamophobie ou du racisme. Un exemple: l'émission "ça se dispute" sur iTélé le 5 juillet. Il y parle du Mondial de football, en affirmant que l'équipe allemande ne gagnera pas, en raison de son métissage ethnique (les Allemands finiront... champions du monde).
      https://www.youtube.com/watch?v=8SfIe3XZUVs

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    2. @Anonyme

      "Il y parle du Mondial de football, en affirmant que l'équipe allemande ne gagnera pas, en raison de son métissage ethnique"

      Et qui a introduit les critères ethniques dans le débat en parlant de la victoire "black-blanc-beur" à propos de la coupe du monde 1998?
      Pourtant là on n'a pas entendu grand monde venir dénoncer des propos intolérables.

      Alors que ces deux argument sont équivalents. Dire "on a gagné parce qu'il y avait un métissage ethnique" ou dire "on a perdu parce qu'il y avait un métissage ethnique", c'est pareil.

      Ou on accepte d'entendre ces 2 arguments (si on en juge un vrai) ou alors on les condamne de la même manière (si on en juge un faux).

      On peut aussi se demander qui a intérêt à jouer avec le feu pour ensuite venir faire des leçons de morale et se présenter comme le camp du bien, défenseur des opprimés.

      Ça fait juste 30 ans que le PS fait le coup pour masquer son ralliement aux "forces de l'argent" et pouvoir continuer à exploiter le filon du clivage droite/gauche qui permet d'occuper les places à tour de rôle.

      Mais bon, si le système actuel vous plaît, continuez à jouer leur jeu...

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  2. Quelle légitimité ont les Zemmour, Domenach et autres Quatremer à nous donner leur avis? Ils ne sont pas élus, ne président aucune association importante et n'ont rien produit intellectuellement. Ils représentent quelque chose qui ne va pas dans la société française.jard

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    1. @Jard,
      ce sont des prescripteurs d'opinions, et celles-ci n'engagent qu'eux!
      En revanche, je suis beaucoup plus inquiet du rôle de la société civile (associations, lobbies et autres "ONG"), qui se substituent à la volonté générale matérialisées par la loi et la démocratie!
      SOS racisme ne représente que ses membres, pas les électeurs ni le législateur: au nom de quoi se permet-elle de jeter des interdits sur les auteurs et autres journalistes pour opinion non-conforme? Pourquoi ce type d'association se substitue à la justice pour dire le droit? C'est un abus de pouvoir!
      Plus grave: on les entend jamais quand il faut les condamner pour des agressions ou crimes commis par des "immigrés" sur des Français parce qu'ils sont "Français": c'est le règne du "deux poids, deux mesures", signe que nous désormais dans le royaume de l'arbitraire et non plus dans un état de droit...


      CVT

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  3. La frontière avec l’irresponsabilité semble ténue ici.

    Irresponsabilité ? De quoi s'agit-il, devant qui ? S'il s'agit de responsabilité pénale, n'est-ce pas aux seuls juges d'en décider ? De quelle responsabilité parle t-on ? Responsabilité journalistique ?

    Et pour avoir lu un tiers de son livre, et même si je suis d’accord sur certaines analyses, une grande partie est très critiquable et on peut y voir une forme de radicalisation, en partie compréhensible, mais parfois un peu inquiétante.

    Inquiétant en quoi ? La parole libre inquiétante ?

    Je ne comprends pas pour ma part la notion de forme de radicalisation. Peut-on avoir une définition, dans un premier temps de la radicalisation, dans un second de cette forme de radicalisation, en exposant par suite la radicalité ou forme de radicalité énoncée ?

    Qui fixe ce qui est radical et ce qui ne l'est pas, en vertu de quelles éléments exprimés (lois...) ?

    Cordialement.

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  4. @ Laurent

    Qu'on le veuille ou non, le renvoi d'Eric Zemmour est un signe inquiétant pour le débat démocratique. Cela ne veut pas dire bien sûr que la France va se transformer en Corée du Nord, mais c'est indéniablement inquiétant.

    Car il faut quand même rappeler, ce que ton papier ne fait pas, qu'Eric Zemmour a été clairement mis à l'index non seulement par une certaine intelligentsia, mais surtout par le pouvoir en place. Rappelez-vous, Bernard Cazeneuve et surtout Manuel Valls, pour qui le livre ne devrait pas être lu! Si on va par là, il n'aurait pas dû être publié non plus...

    ITélé, malgré des audiences inégalées pour l'émission de "ça se dispute" avec Eric Zemmour (qui était, il faut le rappeler également, une émission de "débat" où Eric Zemmour se voyait opposer un contradicteur on ne peut plus politiquement correct en la personne de Nicolas Dommenach) a été la première à céder. Mais le débat existe également à RTL, où il est régulièrement question d'évincer Eric Zemmour.

    Comme je pense de nombreux souverainistes, j'apprécie beaucoup Eric Zemmour même si je ne suis pas d'accord avec tout et plus encore je n'aime pas sa manière de présenter les choses, beaucoup trop systématiques. D'un autre côté, c'est le propre des polémistes.

    Ceci étant dit, si certains des propos d'Eric Zemmour choquent (et parfois me choquent également), il faudrait aussi qu'on se rende compte que bon nombre des propos des habituels éditorialistes chantant la gloire de l'austérité ou fustigeant les menus "privilèges" dont bénéficient les salariés sont tout aussi choquants.

    Je crois également qu'il y a aussi dans les difficultés actuelles d'Eric Zemmour beaucoup de jalousie de la part de ses confrères qui supportent difficilement le succès qu'il rencontre (dont l'ampleur, même si j'y ai moi aussi participé en achetant ses livres, m'étonne un peu). Jalousie de la part de tout ses éditorialistes bien-pensants pour qui Eric Zemmour est bien entendu l'adversaire à abattre, mais aussi de tous ces journalistes qui au fond pensent comme lui (ou ont eu l'intuition que son discours pouvait porter) mais qui n'ont pas osé franchir le pas et se sont auto-censurés.

    Voilà, je termine sur le sujet qui a fait le plus polémique (le rôle de Vichy dans la shoah) en renvoyant au blog de l'historien Alain Michel (principale source d'Eric Zemmour avec Simon Epstein) et de celui de François Delpla, un de ses contradicteurs (les renvois sont donnés dans les articles).

    http://vichyetlashoah.blog.lemonde.fr/

    Pour moi, il n'y a pas photo, c'est Zemmour qui a raison même si sa présentation est sans doute volontairement provocatrice.

    Tythan

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    1. @Tythan,
      c'est une beau plaidoyer, je n'aurais pas pu dire mieux!

      Natacha Polony (qui milite chez DLF, paraît-il) a souvent signalé que, plus que le débat, c'est la nuance qui a disparu en France: c'est la raison pour laquelle les propos sur Vichy que tient E.Zemmour dans son livre sont très mal compris, et perçu comme provocateurs.


      CVT

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    2. Merci pour votre retour!

      Natacha Polony ne milite pas chez DLF à ma connaissance, meme si à l'évidence elle est favorable à NDA.

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    3. Vos propos sont excessifs. Nicolas Dupont-Aignan dans un autre registre ne vaut pas mieux. Votre haine des gens de droite frôle la caricature.

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    4. Pensez-vous que les théses zemmouriennes sont en partie fallacieuses et nostalgiques des anneés soixante ? Qu'il n'y a pas pas d'initiatives constructives, juste un déballage paranoïaque et décliniste ? Quelles sont ses solutions ? Celles du FN qui consiste à mettre tous les immigrés,les homos,les soixante-huitards dans un bateau pour quelle destination ? A attiser la haine, celle-ci finit par vous dévorer ?

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  5. La décision de I-télé est du au soucis du groupe Canal + de se développer dans le marché africain. Risque de boycott et tout cela. Pour le reste de toute façon pour pouvoir débattre de Zemmour on devrait encore avoir des chiffres sérieuses. Or vous et tout ceux qui servent la soupe à Emmanuel Todd et Lebras deux propagandistes qui mentent comme ils respirent empêchent d'avoir un débat sérieux.

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    1. @Fiorino,

      quel rapport entre Zemmour, Canal+ et le marché africain?
      Par définition, les Africains vivent...En Afrique :-).
      Zemmour ne fait que parler de la France depuis le décès de Mongéneral, soit quelques années après la décolonisation, et donc les indépendances des ex-colonies, désormais états libres et souverains (au franc CFA près...).

      Concernant Todd, il pèche par optimisme à propos de l'immigration et de l'assimilation, notamment quand il s'agit des Maghrébins et des Africains du Sahel: pour moi, il a raison concernant l'affaiblissement de l'islam à long terme, mais comme disait jadis JM Keynes, "à long terme, je serai mort"!
      En attendant, l'islam agit comme une bête blessée, et paraît féroce, et selon moi, son prosélytisme participe à son rejet.
      Les propos de Todd sont argumentés, mais pour moi, il sous-estime le rejet des Français par rapport au refus d'une partie grandissante de l'immigration d'accepter la culture, l'histoire et les usages de notre pays. Noter que ce rejet a été favorisé en grande partie par une gauche libérale-libertaire anti-française car méprisant les classes populaires...

      CVT

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  6. @ Moi

    Zemmour ne devient-il pas lui aussi de plus en plus sectaire ?

    @ Jard

    Ce sont des journalistes.

    @ CVT

    Il y a toujours eu des lobbys, même si beaucoup disent des âneries.

    C’est sûr, la nuance se perd et Zemmour en est une démonstration.

    @ Anonyme

    Quand je parle de responsabilité, c’est de la responsabilité de Zemmour par rapport à ses propos dans le cadre de son emploi à Itélé. Il n’est pas anormal qu’il ne puisse pas dire n’importe quoi sans prendre le risque qu’Itélé le renvoie.

    Inquiétant : ses propos sur l’Allemagne pour la coupe du monde l’étaient. Je développerai sur son livre quand j’en ferai le résumé dans quelques semaines. Dans une démocratie, chacun peut avoir sa définition de la radicalisation

    @ Tythan

    Non, car il ne perd qu’Itélé. Bien sûr qu’il a été critiqué par le pouvoir en place, mais cela est normal en démocratie et dans le cadre du débat public. On verra ce qui se passe sur les audiences. Bien d’accord sur son systématisme.

    Pas sûr que ce soit seulement de la jalousie. Certains de ses propos sont gratinés…

    @ Fiorino

    Les chiffres sérieux, Todd en produit, en prenant en compte certaines critiques, je n’en ai pas vu de votre part ou de celle de Zemmour.

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    1. @LP,

      Vous écrivez :

      Dans une démocratie, chacun peut avoir sa définition de la radicalisation.

      J'ai toujours pensé que dans une démocratie il n'y avait pas autant de définition des mots que de locuteurs, mais je dois probablement faire erreur. Cela étant j'avoue naïvement n'avoir pas de définition personnelle du mot démocratie. Vous m'indiquerez si je fais erreur.

      Cordialement.

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    2. "Zemmour ne devient-il pas lui aussi de plus en plus sectaire ?"
      Il l'a toujours été, il ne l'est pas davantage. Mais ce que je critique, c'est un système qui interdit certains débats, je ne défends pas toutes les idées de Zemmour.

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    3. @ Laurent

      Il est manifeste que tu cherchesdes prétextes pour nier l'évidence: l'éviction d'Eric Zemmour d'ITélé est un signe inquiétant pour la vitalité du débat démocratique.

      Tu écris : "Non, car il ne perd qu’Itélé"

      Sauf que, je l'ai rappelé, de plus en plus de voix se font entendre pour barrer Eric Zemmour de RTL et même du Figaro. L'ampleur de la polémique autour de son éviction d'Itélé pourrait dissuader les censeurs d'agir, mais il est clair qu'Eric Zemmour est en sursis, que sa position est menacée.

      En soi, c'est grave pour Eric Zemmour, qui pourrait se voir barrer l'accès aux médias. Mais c'est aussi très inquiétant pour l'ensemble des Français en particulier qui se reconnaissent dans les idées souverainistes et assimilationnistes : si Eric Zemmour, figure très connue et manifestement talentueux, peut être réduit au silence, quel journaliste débutant va oser défendre ces idées?

      La légèreté avec laquelle tu abordes cette affaire est vraiment inquiétante. Aujourd'hui, on fait taire Eric Zemmour. Mais comment ne comprends-tu pas que demain cela pourrait être toi?

      "Bien sûr qu’il a été critiqué par le pouvoir en place, mais cela est normal en démocratie et dans le cadre du débat public"

      La critique ad hominem n'est pas normale, surtout venant de la part d'un pouvoir représentant l'ensemble des français. Mais à la limite admettons.

      Ce qui est inadmissible en revanche, ce sont les appels à la censure en provenance du gouvernement. Et c'est ce qui s'est passé avec les propos de Manuel Valls ou de Bernard Cazeneuve. Il faut quand même, au bout d'un moment, que tu arrêtes de te voiler la face!

      "On verra ce qui se passe sur les audiences"

      A mon avis, c'est tout vu: ITélé ne dépassait BFM TV qu'à l'occasion de ça se dispute: cela ne sera plus le cas, tout simplement.

      "Bien d’accord sur son systématisme."

      Je crois pour ma part qu'Eric Zemmour, qui est un polémiste avant tout, adopte volontairement une position extrêmement tranchée et refuse toute nuance afin d'assurer un maximum de cohérence à son discours, réduit à un "idéal-type". Mais, si enfin il trouvait des adversaires à sa mesure (ce qu'il n'a pas encore, à l'évidence, trouvé), il gagnera en nuance.

      "Pas sûr que ce soit seulement de la jalousie"

      Je n'ai pas dit que c'était seulement de la jalousie. Mais cela joue, et de manière évidente. Cela transparaît très clairement des propos de Bruce Toussaint (je crois), qui expliquait que la rédaction d'ITélé ne souhaitait pas qu'Eric Zemmour soit payé pour polémiquer, mais pourrait être invité à s'exprimer. Bizarre, tous les autres polémistes sont payés par les médias, mais Eric Zemmour ne le serait pas...

      "Certains de ses propos sont gratinés…"

      Une expression que je ne juge pas digne de toi, pas de la réalité des discours d'Eric Zemmour.

      Certains propos d'Eric Zemmour sont provocants. D'autres, prononcés dans le cadre de débats animés où Eric Zemmour se fait littéralement insulté et calomnié, sont violents et maladroits. Mais ils s'expliquent le plus souvent par le contexte.

      Qu'on ait condamné Eric Zemmour pour avoir osé dire que certains immigrés ou enfants d'immigrés sont surreprésentés dans la commission des crimes et délits est ahurissant. Il suffit de faire un tour dans les prisons ou dans les prêtoires pour se rendre compte de cette triste vérité. Et bien entendu, on fabrique du racisme à vouloir nier cette évidence.

      Tythan

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    4. Dois-je vous rappeler que le président de «Debout la France» a affirmé avoir proposé au journaliste la tête de liste du mouvement souverainiste en Ile-de-France aux dernières élections européennes ? C'était le 3 novembre 2014 sur l'antenne de Sud Radio. Eric Zemmour a «préféré garder sa liberté journalistique», «il ne voulait pas»... Je n adhère pas a tout ce type de proposition de la part de Nicolas Dupont-Aignan mais force est de constater qu'il était encore il n'y a pas si longtemps votre ami.

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  7. Ce néoconservatisme a deux têtes : Alain Soral, pour le pôle antisémite à l’aura de « rebelle » dans l’underground d’internet, et Éric Zemmour, pour le pôle aux dérapages islamophobes et négrophobes à l’aura de « rebelle » dans les médias dominants. Le confusionnisme néoconservateur brouille l’espace idéologique et l’extrême droite aimante le champ politique, parallèlement et en interaction.

    http://confusionnisme.info/2014/12/27/philippe-corcuff-le-confusionnisme-neoconservateur-brouille-lespace-ideologique/

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    1. Vous ne savez pas ce qu'est le néoconservatisme : l'association d'un faux progressisme sociétal avec le néolibéralisme ; sur le plan géopolitique, l'adhésion aux thèses de Huntington doublée d'une servilité atlantiste est sioniste. Estrosi, Raoult, Sarkozy et Valls sont des néocons ; en journaloperie, le pire c'est l'ignoble Ivan Rioufol.

      Soral - et dans une moindre mesure Zemmour - dénoncent au contraire l'imposture néolibérale, la gauche euro-béate, l'arnaque de l'art contemporain, la récupération par le fric des valeurs de 68 : ils sont donc l'exact opposé du néoconservatisme.

      Inverser le sens des mots comme vous le faites fait d'ailleurs partie de la stratégie néoconservatrice.

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    2. @anonyme

      http://blogs.mediapart.fr/edition/les-invites-de-mediapart/article/020813/en-reponse-corcuff





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    3. @ Rodolphe DUMOUCH
      Pardon mais je ne vois pas pourquoi vous associez néo conservatisme/néolibéralisme et sionisme. Celui-ci n’est que la volonté du peuple juif de fonder une nation sur la terre qui fût celles des hébreux, afin comme tous les autres peuples de pouvoir disposer d’eux-mêmes. Parmi les sionistes, qui pour moi, sont essentiellement les juifs Israéliens, il y a des libéraux, des ultralibéraux, des anti-libéraux, des socialistes, des communistes…
      Regardez cette Elizabeth Guigou, qui défend à la fois BDS et le TAFTA. On contraire Michel Onfray (que j’aime bien) est un anti-libéral souverainiste de gauche, favorable à la sortie de l’Euro et rejette l’antisionisme.

      EB.

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    4. J'ai un camarade de lycée qui a, en effet, cette conception sioniste de gauche et s'est expatrié dans un Kibboutz... Sauf qu'en France, la très large majorité des journalopes, soi-disant de gauche, sont complaisants et complices de Bibi Netanyahu. Sans compter les réseaux sur Internet, où les gauchistes de la pire espèce - genre Yael Mellul - se retrouvent sans complexe copains d'Ivan Rioufol.

      Cette nouvelle extrême-droite est à dénoncer.

      Quant à Chauprade, c'est un imposteur de la pire espèce : il a utilisé les réseaux de banlieue et les sympathie musulmanes pour se faire élire. Une fois élu, il a retourné immédiatement son discours pour tenir celui qui est décrit dans les commentaires. A vomir.

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  8. En ce moment, les bien-pensant s'agitent et fliquent les réseaux sociaux, ça devient irrespirable.

    Moi aussi, j'ai une association de pleurniche sur le dos qui me menace d'une plainte qui a fort peu de chance d'être recevable. Je conterai en détail cette histoire quand je serai sûr qu'elle sera terminée.

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    1. Les bien pensants, méfiez vous de ne pas en être, si sûr de vos certitudes...

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    2. Ne pas confondre un homme des médias avec un acteur politique, entre la parole et les actes il y a un grand fossé. Eric Zemmour est bon dans son job, qu'il y reste !

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  9. Rodolphe DUMOUCH5 janvier 2015 21:40

    Zemmour est dans la ligne binaire de Huntington, tout comme R Camus, Chauprade, le choc des civilisations, tous sont des néoconservateurs, tout comme Bush. Ils simplifient les conflits, des cons tout simplement :

    Mais qu’importe l’Histoire pour Aymeric Chauprade. Son but n’est pas de rendre intelligible une réalité complexe, mais de transmettre à ses lecteurs ses obsessions. Celles-ci sont rapidement identifiables :

    L’intérêt de leur civilisation […] devrait pousser les Européens à réfléchir face aux trois grands défis qu’ils affrontent : le réveil violent de l’islam, l’utopie mondialiste américaine, la volonté de revanche de l’Asie. (p. 11)

    Derrière ces menaces plurielles, une prend rapidement le dessus : l’islam, qui, sous la plume d’Aymeric Chauprade, est rapidement désigné comme l’ennemi principal, ne serait-ce que dans les partis pris iconographiques de la Chronique du choc des civilisations. Dans la seule introduction, on est frappé de constater que les trois images n’illustrent que des moments d’affrontement entre un Occident et un Orient essentialisés : la bataille d’Issos opposant Alexandre le Grand à Darius III (333 avant notre ère), celle de Poitiers opposant Charles Martel à Abd El-Rahman (732), et Barack Obama rendant hommage, à Ground Zero, aux victimes du 11-septembre.

    http://www.leshistoriensdegarde.fr/etrange-m-chauprade/

    https://www.youtube.com/watch?v=iFI6waG_HE8

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    1. @Anonyme5 janvier 2015 22:40

      Vous dites :

      Zemmour est dans la ligne binaire de Huntington, tout comme R Camus, Chauprade, le choc des civilisations, tous sont des néoconservateurs, tout comme Bush.

      Vous pourriez expliciter, préciser. Je ne vois pas quel est le rapport entre ceux que vous citez, et sur quelles bases vous pouvez indiquer qu'ils sont néo-conservateurs. Je ne sais par ailleurs ce que vous appelez néo-conservateurs ; de quoi s'agit-il, cela recouvre quelle philosophie politique et quel programme précis ? Zemmour peut-être dit conservateur, mais par référence au modèle français, et il me semble qu'il l'a dit lui-même, mais je ne vois pas le rapport avec le néo-conservatisme façon Bush. N'êtes-vous pas en train de confondre tout et son contraire ?

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  10. @ Anonyme

    Sur la radicalisation de Zemmour, j’y reviendrai quand je ferai le compte-rendu de son livre. Le terme est tout de même clair, même si je veux bien admettre que selon son système de valeur, tout le monde ne met pas le curseur au même endroit, même s’il n’y a pas une définition par citoyen.

    Cordialement,

    @ Anonyme 21:31

    Interprétation intéressante, qui rejoint pour partie la façon dont j’analyse son livre, même si je ne pense pas que le terme néoconservatisme soit le bon terme, pour les points avancés par Rodolphe qui souligne bien que ce terme s’applique en général à des néolibéraux, ce que les deux ne sont pas. On pourrait les qualifier de réactionnaires car ils existent pour beaucoup en réaction au système actuel.

    @ Rodolphe

    D’accord sur le néoconservatisme, à part sur la partie sioniste, qui ne me semble pas automatique. C’est parce que les Etats-Unis sont en pointe sur le néoconservatisme et qu’ils ont toujours soutenu Israël que l’on peut le penser, mais je crois qu’ici corrélation n’est pas causalité.

    @ EB

    Bien d’accord

    @ Anonyme 22:40

    Bien d’accord sur la simplification et le côté binaire. Le monde peint par Zemmour est en blanc ou noir. Il semble n’y avoir aucune nuance de gris. C’est peut-être vendeur, mais cela contribue plus encore à pourrir le débat et peut être la bouée de sauvetage du système. Une alternative trop radicalisée est la plus grande aubaine pour le PS et l’UMP, comme on le constate avec le FN depuis 30 ans.

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    1. @LP,

      Bien d’accord sur la simplification et le côté binaire. Le monde peint par Zemmour est en blanc ou noir.

      A quelle(s) page(s) de son ouvrage faites-vous référence quand vous parlez, à propos de Zemmour, de simplification ou de côté binaire.

      La question essentielle n'est-elle pas de savoir s'il dit vrai ou non ? Pour ma part je ne connais aucun ouvrage parfait qui ait su capter toute la vérité et ait su la retranscrire dans sa perfection.

      Cordialement.

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    2. L'immense majorité des pages que j'ai lues. Comme dit précédemment, j'y reviendrai précisément quand je ferai le compte-rendu.

      Justement, je ne pense pas qu'il dise toujours vrai. Je pense qu'il exagère ou est souvent excessif car la réalité me semble bien plus nuancée que son propos.

      Il est bien évident que la perfection n'est pas de ce monde, mais certains s'en éloignent plus que d'autres.

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    3. @LP,

      Sauf erreur de ma part il décrit dans son livre un mouvement de fond. Un changement de paradigme politique, la conversion à l'idéologie du marché selon les modalités politiques, économique et sociétales. Clouscard a avant lui magnifiquement expliquer l'avènement de ce capitalisme de la séduction. Michéa en a donné une excellente analyse en interrogeant les sources du libéralisme et sa marche dans le monde depuis plus de deux siècles. Ce dont il s'agit de savoir au final c'est s'il se trompe sur le constat sociologique, social, "sociétal", économique et politique, sachant que tout cela relève de la même "philosophie" globale. Des erreurs ponctuelles et éventuelle - je ne sais pas ce qu'il en est - entament-elles la ligne de fond de l'ouvrage, là est la question. A mon sens non.

      Cordialement.

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    4. J'ai lu 2 livres de Michéa sans que j'y trouve grand chose à redire. Ici, ce n'est pas pareil. L'exaltation de la virilité et le misogynie de Zemmour posent problème, outre de nombreuses erreurs factuelles, notamment sur la loi de 1973, malgré de nombreux travaux qui l'ont remise à sa place.

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  11. @LP,

    Le terme est tout de même clair, même si je veux bien admettre que selon son système de valeur, tout le monde ne met pas le curseur au même endroit, même s’il n’y a pas une définition par citoyen.

    Si la notion de radicalisation est à géométrie variable - pas le même curseur au même endroit - quelle peut-être son sens véritable ? Si les contours d'une notion ne sont pas définis, que peut-on conclure à propos de celle-ci ? Quelle est sa valeur "performative" sur le plan du sens ?

    Cordialement.

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    1. Vous tombez dans le syllogisme. Nous parlons de sciences humaines et non de sciences "dures". La notion de radicalisation a une définition précise, que vous pouvez trouver dans un dictionnaire. Mais il est bien naturel qu'il y ait une interprétation qui puisse varier selon les uns et les autres, et nos systèmes de valeur.

      Cordialement,

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    2. @LP,

      Vous voulez dire que ce qui est radical pour l'un ne l'est pas nécessairement pour l'autre ? Pour ma part Zemmour, son ouvrage, ne semble pas hors du système de valeur républicain.


      Cordialement.

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    3. Bien évidemment, le FN est vu comme radical par la quasi totalité de ceux qui ne votent pas pour lui, mais je ne pense pas que ce soit autant le cas pour ses électeurs.

      Je reviendrai sur Zemmour quand je résumerai son livre

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