Cela a été
une polémique du mois dernier : le renvoi d’Eric Zemmour d’Itélé suite à
des propos tenus sur les musulmans. Une
grande partie de la gauche a applaudi, quand la droite l’a soutenu avec le
renfort de figures de la gauche, comme
Jean-François Kahn, qui a dénoncé une « fatwa médiatique ».
Délit
d’opinion et totalitarisme intellectuel
Le cas
Zemmour est sans doute symptomatique de notre époque, de
la difficulté, ou du refus, de débattre, et de la crispation, pour ne pas dire
de la radicalisation, du débat. J’y reviendrai bientôt dans le compte-rendu
du « Suicide Français »,
que je suis en train de lire. Même si l’on peut comprendre qu’un média ait une
préférence idéologique et propose une lecture un peu partisane de l’actualité,
comment ne pas voir que sur de nombreux sujets, la grande majorité des médias
sont tous d’accord, qu’ils soient de gauche ou de droite ? Le comble a
sans doute été atteint en
1992 et en 2005 sur les référendums européens, avec un véritable divorce entre
l’opinion médiatique et celle de la population.
Dès lors,
dans ce cadre, même sans être d’accord avec une bonne partie de ce qu’avance
Zemmour, des personnes comme Jean-François
Kahn ou Michel
Onfray, ont pris position en faveur de l’éditorialiste auteur d’un succès
de l’année en librairie. Pour ce dernier, « en
France, on ne polémique plus : on assassine, on méprise, on tue, on
détruit, on calomnie, on attaque, on souille, on insinue ». Il
semble y avoir un refus du débat démocratique, auquel Zemmour participe en
apportant une voix différente de celle de la grande majorité de ceux qui sont
invités dans les grands média. En ce sens, le renvoi d’Eric Zemmour est plutôt
regrettable car il peut représenter un appauvrissement du débat.
Opinion
et responsabilité

