Aux
origines de la dette
Le plus
incroyable, c’est la proximité des évolutions entre les pratiques de l’Asie,
l’Afrique, l’Europe ou l’Amérique. L’auteur décrit aussi les liens entre la
dette et l’esclavage dans des sociétés primitives et note que « tous les mouvements révolutionnaires du
monde antique ont eu le même programme : annulation des dettes et
redistribution des terres ». Cela concerne la Grèce et la Mésopotamie,
où les mauvaises récoltes poussaient les paysans dans le métayage, quand ce
n’était pas l’esclavage d’une partie de leur famille. Il raconte que « un des actes couramment accomplis pendant
l’annulation des dettes était la destruction, en grande cérémonie, des
tablettes sur lesquelles on avait tenu les comptes ». La pierre de
Rosette, par exemple, annonçait une amnistie des débiteurs et des prisonniers.
Il note le
changement radical de la société mésopotamienne, assez égalitaire entre homme
et femme il y a 6000 ans et que l’explosion de la dette, vers 1200 avant J-C a
poussé les femmes dans la prostitution et les harems ou les a affublées d’un
voile, interdit aux prostituées. Il note que Rome était une société esclavagiste
où 30 à 40% de la population était esclave et que « la toute première législation romaine en matière de dette autorisait
les créanciers à exécuter les débiteurs insolvables ». C’était aussi
une société très libérale, où il n’y avait aucune restriction où tout le monde
pouvait devenir esclave et où le maître pouvait affranchir qui il souhaitait.
L’effondrement de l’Empire Romain provoqua une quasi-disparition de
l’esclavage, au moment même où il disparaissait également en Inde et en Chine.
Cette disparition
concomitante vient au moment où les pièces de monnaie, largement répandues
depuis près d’un millénaire, avaient fini par presque disparaître, avec un
retour du crédit, que l’on ne peut pas voler, comme des pièces. C’est ce qui
domina pendant le Moyen-âge, avant un retour des monnaies métalliques au
tournant du deuxième millénaire. En revanche, la pratique des intérêts varie,
Babylone les acceptant, au contraire de l’Egypte.
De l’âge
axial au Moyen-Age