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vendredi 8 juin 2018

Merci à la Suisse de faire voter sur la monnaie pleine

Il est vraiment malheureux que l’on n’en parle pas plus, mais malheureusement, nos média malpensants et intolérants préfèrent trop souvent passer sous silence le référendum fondamental de dimanche en Suisse sur l’initiative dite de la monnaie pleine. Dans ce pays où les banques sont si importantes, les citoyens peuvent choisir de leur reprendre le contrôle de la création de la monnaie !


La monnaie : une question profondément démocratique

samedi 2 janvier 2016

Les Suisses voteront pour retirer aux banques le pouvoir de créer la monnaie

C’est un long et passionnant papier de Romaric Godin dans la Tribune qui en rend compte : les partisans de la monnaie pleine ont remporté une victoire importante en réunissant plus de 100 000 signatures de soutien à leur initiative : une votation devrait avoir lieu sur la question en Suisse.



Un débat absolument fondamental

Curieusement, c’est un débat qui reste marginal dans la plupart des pays, malgré la grave crise financière de 2008. Heureusement, les choses semblent progresser. En Islande, un parlementaire a remis un rapport au gouvernement il y a quelques mois et maintenant, en Suisse, c’est une initiative qui a rassemblé assez de signatures pour déclencher une votation. C’est un sujet que j’avais détaillé fin 2011, dans une introduction au « 100% monnaie », puis un papier sur « la réforme du 100% monnaie ». Puis, André-Jacques Holbecq, auteur d’un livre de référence sur la dette publique, a écrit trois papiers sur le blog sur le sujet : un premier pour rapporter la tribune de Martin Wolf sur le sujet, un second sur l’avancée du débat en Suisse, puis un troisième de synthèse sur les enjeux de ce débat fondamental.

En effet, comme l’avait bien expliqué Pierre-Noël Giraud dans un livre primé, aujourd’hui, l’essentiel de la monnaie n’est pas créé par la banque centrale, mais bien par les banques privées, à des fins mercantiles, jouant un rôle majeur dans la multiplication des bulles et crises financières. Bien sûr, il y a des règles qui encadrent (un peu) cette création, mais ces règles, que les banques « aident » à concevoir, leur laissent une grande latitude d’action, qui a permis à certaines d’avoir un bilan 20 à 30 fois supérieur à leurs fonds propres en 2008. Et il ne faut pas croire que les récentes règles ont véritablement changer la donne tant les lobbys bancaires parviennent à jouer sur les modalités de ces règles. Ainsi, la reprise du contrôle de la création de la monnaie est un débat fondamental pour la démocratie.

Un débat qui reste encore difficile

dimanche 19 avril 2015

Réserves fractionnaires et monnaie pleine : un rappel (billet invité)

Billet invité d’André Jacques Holbecq, auteur de « La dette publique, une affaire rentable » et du « Manifeste pour que l’argent serve au lieu d’asservir », avec Philippe Derudder


D’après l’enseignement universitaire [1] on note deux étapes. Vers 1655, à Londres et Amsterdam, les orfèvres qui avaient l’habitude d’attester les dépôts d’or des nobles et des riches marchands dans leurs coffres par des certificats de dépôts nominatifs, commencent à émettre ces certificats en valeurs rondes et « au porteur » en les rendant anonymes. Ces certificats purent donc servir de moyens de paiement en passant de main en main.

Mais très vite, vers 1670, les orfèvres s’aperçurent que les détenteurs de ces certificats, accordant une grande confiance aux orfèvres, ne demandent qu’assez rarement la transformation de leurs certificats en or. Les orfèvres commencent à émettre à des emprunteurs, contre intérêts, plus de certificats qu’ils ne détiennent d’or. Ces certificats tout à fait identiques, servent donc à payer les dettes, et deviennent de la « monnaie » crée sans contrepartie véritable. Les orfèvres deviennent des banquiers au sens moderne du terme, prêtant ce qu’ils ne disposent pas : ils « créent » littéralement la monnaie en « monétisant » des reconnaissances de dette ou des hypothèques. Leurs réserves (l’or dans leur coffre) sont fractionnaires par rapport au montant des certificats émis. C’est de là que vient le terme « réserves fractionnaires »

vendredi 10 avril 2015

L’Islande envisage une révolution monétaire

C’est une nouvelle qui devrait faire la une de toutes les rubriques économiques car elle pourrait représenter une véritable révolution monétaire : l’Islande, décidemment en pointe de grands débats démocratiques, envisage de reprendre le contrôle de la création de la monnaie aux banques !



Les prémices de la révolution ?

Il faut remercier les médias belges, qui couvrent cette nouvelle ignorée en France. Le Premier ministre a commandé un rapport intitulé « Un meilleur système monétaire pour l’Islande », recommandant au parti au pouvoir de confier l’intégralité de la création de monnaie à la banque centrale. Cette étude souligne que « l’île a connu plus de 20 crises financières depuis 1875, avec six crises graves qui se produisent environ tous les 15 ans ». Elle note que « les banques centrales n’ont pas le pouvoir de restreindre cet emballement du crédit, ce qui fait grimper l’inflation, favorise les prises de risque excessives et la spéculation, fragilise les banques et mènes à des interventions coûteuses de l’Etat ».


Le retour d’un vieux débat

Contrairement à ce que souhaiteraient croire quelques néolibéraux monétaristes, qui ont inventé la théorie commode du voile monétaire, qui justifie l’indépendance des banques centrales (en fait, leur sortie du champ démocratique pour les confier à des bureaucrates généralement trop prompts à défendre les intérêts des banques et du secteur financier), la monnaie relève du champ démocratique. Car la monnaie a souvent été un sujet de débat politique opposant des camps différents, comme le rappelle David Graeber dans son livre ou Jean-Claude Werrebrouck. Aux Etats-Unis, cela a été un sujet majeur il y a plus d’un siècle. Au Japon, cela a fait partie du programme politique de Shinzo Abe.

Bref, il est bon de constater dans notre zone euro, qui a sorti la question monétaire du cadre démocratique, affaiblissant ce faisant la démocratie, que cela est en réalité une anomalie et qu’il est parfaitement possible de reprendre le contrôle de la monnaie. Les théories chartalistes, ou du 100% monnaie, sont sans doute à la base de la réforme aujourd’hui envisagée en Islande. Il faut remercier ce petit pays aux grandes idées pour sa vibrante démocratie qui remet en cause des choses qui semblent malheureusement impossibles à une majorité des citoyens, alors qu’elles ne le sont pas. L’Islande est, à date, le seul pays qui a pleinement tiré les leçons de la crise financière, aussi dures soient-elles.


Il sera donc essentiel de suivre l’avancée de cette possible réforme monétaire. L’Islande pourrait encore éclairer l’Europe de sa vigueur démocratique. En attendant, je vous invite à suivre les écrits de Jean-Baptiste Bersac, un promoteur des théories chartalistes dont je dois lire le livre.

vendredi 2 janvier 2015

100% monnaie (SMART) vs Monnaie Pleine (billet invité)


Billet invité d’André-Jacques Holbecq, qui vient de sortir la nouvelle édition de son livre « La dette publique : une affaire rentable »



Depuis longtemps j’ai défendu, dans la ligne d’Irving Fisher [1], de Maurice Allais [2] et de Christian Gomez [3] la proposition « 100% monnaie » que, pour des motifs communicationnels, j’ai préféré appeler « SMART » ( Système Monétaire À Réserves Totales) [4]

De quoi s’agit-il ? Simplement de scinder les banques en 2 ou 3 entités
-       les banques de dépôts (que Gomez appelle «  Compagnies de Sureté Monétaire »), ne seraient autorisées qu’à gérer les dépôts monétaires « liquides »[5] de leurs clients, en garantissant ceux-ci par des réserves obligatoires en garanties éligibles (donc de la « monnaie centrale ») déposées à la Banque Centrale
-       les banques de prêts qui ne seraient plus que des intermédiaires entre les épargnants et les emprunteurs, ayant l’interdiction de prêter les épargnes à des termes plus longs [6]
-       Éventuellement, les banques d’investissement.