vendredi 2 janvier 2015

100% monnaie (SMART) vs Monnaie Pleine (billet invité)


Billet invité d’André-Jacques Holbecq, qui vient de sortir la nouvelle édition de son livre « La dette publique : une affaire rentable »



Depuis longtemps j’ai défendu, dans la ligne d’Irving Fisher [1], de Maurice Allais [2] et de Christian Gomez [3] la proposition « 100% monnaie » que, pour des motifs communicationnels, j’ai préféré appeler « SMART » ( Système Monétaire À Réserves Totales) [4]

De quoi s’agit-il ? Simplement de scinder les banques en 2 ou 3 entités
-       les banques de dépôts (que Gomez appelle «  Compagnies de Sureté Monétaire »), ne seraient autorisées qu’à gérer les dépôts monétaires « liquides »[5] de leurs clients, en garantissant ceux-ci par des réserves obligatoires en garanties éligibles (donc de la « monnaie centrale ») déposées à la Banque Centrale
-       les banques de prêts qui ne seraient plus que des intermédiaires entre les épargnants et les emprunteurs, ayant l’interdiction de prêter les épargnes à des termes plus longs [6]
-       Éventuellement, les banques d’investissement.

La mise en place de ce système aurait deux conséquences principales [7]:
-       les banques commerciales seraient dans l’impossibilité de créer de la monnaie (leur monnaie de crédit) puisque le « multiplicateur monétaire » devient égal à zéro avec des réserves obligatoires de 100% des dépôts à vue.
-       les besoins d’augmentation de la masse monétaire du Pays pourraient n’être satisfaits QUE par l’émission monétaire de la Banque Centrale, soit en mettant la monnaie nouvelle à disposition des banques de prêts, soit, beaucoup plus intelligemment, en mettant cet argent à disposition directe du Trésor Public. C’est une manne monétaire qu’on peut prévoir – raisonnablement - de 100 milliards annuels, l’équivalent d’une recette fiscale, dont le Parlement déciderait de l’affectation première (la distribution dans l’économie de production diffusera ensuite auprès de toute la population, sans limite de temps puisqu’il s’agit non pas de « monnaie dette », mais de « monnaie permanente » qu’il n’est pas utile de rembourser, donc de détruire)

Mais nos amis Suisses et en particulier le Professeur  Joseph Huber et l’association MoMo, ont eu une idée qui, si elle aboutit au même résultat, me semble permettre d’éviter deux critiques importantes qui ont été faite au SMART : l’obligation pour les banques de dépôts des réserves de 100% et l’obligation de réformer de fond en comble le système bancaire.

Cette idée simplificatrice c’est de considérer TOUTE la monnaie en circulation comme de la monnaie de Banque Centrale et de la faire gérer « hors bilan » par les banques existantes, sans rien changer à leurs statuts. La monnaie sur les comptes bancaires à vue deviendrait instantanément de la monnaie de la Banque Centrale et garantie comme telle.

L’initiative « VOLLGELD » [8] tente de récupérer avant décembre 2015 les 100 000 signatures nécessaires pour pouvoir imposer une votation qui devrait avoir lieu en 2016 : ce chiffre sera très surement atteint (déjà 31000 signatures récoltées en 5 mois). Si cette proposition était ensuite acceptée en votation par le Peuple Suisse, ce serait une véritable révolution monétaire qui pourrait s’étendre au monde entier : soutenons-les ![9]



[1] Économiste américain (1867 - 1947), connu pour ses travaux sur les taux d'intérêt et la théorie du capital. Il est le premier à avoir proposé le 100% monnaie.
[2] Économiste français (1911-2010) ,  libéral mais protectionniste   Prix Nobel d’économie
[3]  Christian Gomez fut un des élèves d’Allais puis professeur d’économie avant de devenir ce qu’on appelle un « grand banquier ». Il est maintenant retraité. L’article de référence sur le 100% monnaie est sur cette adresse : http://monnaie.wikispaces.com/file/view/2v.2v.Gomez.pdf/122039665/2v.2v.Gomez.pdf
[5] « liquidité » ne signifie pas qu’il s’agisse d’espèces, mais seulement de monnaie immédiatement disponible pour les échanges commerciaux
[6] Par exemple, un engagement d’épargne à 24 h ne pourrait être prêté à plus de 24 heures, un engagement d’épargne à 1 ans ne pourrait être prêté à échéance de plus d’un an. 
[7] Pour le débat sur le avantages et les inconvénients d’un système 100% monnaie, voir l’article de référence de Ch. Gomez cité en note 3.
[9] Soutenons les en prévenant de cette initiative les citoyens Suisses avec lesquels nous pourrions avoir des contacts, et en signant cette pétition  de soutien  « rendez nous la monnaie » sur http://tinyurl.com/lx79h3p

5 commentaires:

  1. Par Unci- TOÏ-YEN

    La nature de la richesse nationale consiste en « toutes choses nécessaires, commodes et agréables à la vie », nous dit Adam SMITH.
    il suffit d'un porte monnaie électronique et une carte bleu pour pouvoir, acquérir «toutes ces choses....».
    Pas un centimes dans ce portefeuille électronique ou sur cette carte bleu ne peut avoir une autres que les deux origines.

    -- d’être la monétisation d'un effort de production lors d’une période d’activité d’une de « toutes ces choses ...»

    -- ou d’être un revenu accordé pour une de nos périodes d’inactivités permettant, à un ayant droit, d’acquérir ces choses que les actifs ont produit et que par solidarité, ils destinent en partie, aux inactifs. C’est une monétisation de l’effort de solidarité de l’ACTIF.
    il n’y a pas que ces deux monétisations mais aussi d’autre monétisations qui ne vont pas directement chez l’actif ou chez l’inactif, mais dans les caisses du financement de nos usages mutuels ou collectifs gérer par nos institutions nationales.

    Il n’existe pas d’autres monétisations que celles qui consiste à donner une valeur à « toutes ces choses...» puis ; par la distribution de ces valeurs directement aux citoyens ACTIFS ou INACTIFS ou indirectement, par l’intermédiaire d’institutions nationales : ces citoyens satisfont, familialement , collectivement ou mutuellement leurs besoins.

    Chacun comprend aussi que le crédit porté à son compte est une monétisation et le débit sur son compte une démonétisation. Mais aussi :
    LES BESOINS DES CITOYENS D’UNE NATION NE SONT SATISFAITS QU’A HAUTEUR DE LA PRODUCTION DES CITOYENS ACTIFS, DONC DE LEURS NOMBRE ET DE LEURS TEMPS PASSÉS A PRODUIRE.

    Notre richesse nationale c’est l’ensemble des biens et des services produits par les ACTIFS de notre Nation. Certaines de ces productions sont plus importantes que nos besoins nous les exportons ; d’autres productions ne sont pas suffisamment produites pour satisfaire nos besoins nationaux nous les importons.
    En conclusions les nations échangent les productions élaborées par leurs ACTIFS respectifs. Si ces échanges sont équilibrés : nos citoyens ont autant de biens ou de services à se partager que les biens et La dette et le déficit du budget, le déficit de notre balance commerciale n’a pas d’services qui composent notre richesse nationale produite par nos ACTIFS.
    Certains ne dépensent pas tous leurs revenus d’actifs ou d’inactifs : ils épargnent. D’autres dépenses plus que leurs revenus disponibles : ils empruntent. Si les emprunts des uns dépassent l’épargne des autres ? Que peut-on faire du surplus d’emprunts ?

    Qu'il soit fait par un citoyen ou de l’Etat au nom de tous les citoyens : ils ne peut être acquis une production nationale mais uniquement un surplus d’importation et c’est un déficit de la balance commerciale.

    C’est alors que nos économistes parlent d’emprunt pour investissement, un autre modèle de monétisation selon eux.

    Les citoyens comprennent que l’investissement n’est que l’usage de biens ou de services qui ne viennent pas directement une de « toutes ces choses ...» mais qui néanmoins ont une valeur déterminée (monétisation) comme les consommations et usages des citoyens redistribuée puisque produit par des actifs qui monétisent leur efforts de production et leur effort de solidarité envers les inactifs, puis il y aura la monétisation des amortissement des investissements ( compris dans le prix des choses) que les actifs et les inactifs rendront lors de l’achat de « toutes ces choses ... » produites par l’industriel qui a investi et avec lequel il rembourse son emprunt.

    Quel changement y a-t-il s’il s’agit d’investissement public ?
    Aucun si ce n’est que dans la recette publique il n’y a pas l’équivalent de l’amortissement de l’investissement pratiqué par nos entreprises et non plus la totalité des valeurs des biens et services vendus (fiscalisation) aux citoyens qui profitent de « toutes ces choses ...»



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  2. Par Unci- TOÏ-YEN

    La nature de la richesse nationale consiste en « toutes choses nécessaires, commodes et agréables à la vie », nous dit Adam SMITH.
    il suffit d'un porte monnaie électronique et une carte bleu pour pouvoir, acquérir «toutes ces choses....».
    Pas un centimes dans ce portefeuille électronique ou sur cette carte bleu ne peut avoir une autres que les deux origines.

    -- d’être la monétisation d'un effort de production lors d’une période d’activité d’une de « toutes ces choses ...»

    -- ou d’être un revenu accordé pour une de nos périodes d’inactivités permettant, à un ayant droit, d’acquérir ces choses que les actifs ont produit et que par solidarité, ils destinent en partie, aux inactifs. C’est une monétisation de l’effort de solidarité de l’ACTIF.
    il n’y a pas que ces deux monétisations mais aussi d’autre monétisations qui ne vont pas directement chez l’actif ou chez l’inactif, mais dans les caisses du financement de nos usages mutuels ou collectifs gérer par nos institutions nationales.

    Il n’existe pas d’autres monétisations que celles qui consiste à donner une valeur à « toutes ces choses...» puis ; par la distribution de ces valeurs directement aux citoyens ACTIFS ou INACTIFS ou indirectement, par l’intermédiaire d’institutions nationales : ces citoyens satisfont, familialement , collectivement ou mutuellement leurs besoins.

    Chacun comprend aussi que le crédit porté à son compte est une monétisation et le débit sur son compte une démonétisation. Mais aussi :
    LES BESOINS DES CITOYENS D’UNE NATION NE SONT SATISFAITS QU’A HAUTEUR DE LA PRODUCTION DES CITOYENS ACTIFS, DONC DE LEURS NOMBRE ET DE LEURS TEMPS PASSÉS A PRODUIRE.

    Notre richesse nationale c’est l’ensemble des biens et des services produits par les ACTIFS de notre Nation. Certaines de ces productions sont plus importantes que nos besoins nous les exportons ; d’autres productions ne sont pas suffisamment produites pour satisfaire nos besoins nationaux nous les importons.
    En conclusions les nations échangent les productions élaborées par leurs ACTIFS respectifs. Si ces échanges sont équilibrés : nos citoyens ont autant de biens ou de services à se partager que les biens et services qui composent notre richesse nationale produite par nos ACTIFS.
    Certains ne dépensent pas tous leurs revenus d’actifs ou d’inactifs : ils épargnent. D’autres dépenses plus que leurs revenus disponibles : ils empruntent. Si les emprunts des uns dépassent l’épargne des autres ? Que peut-on faire du surplus d’emprunts ?

    Qu'il soit fait par un citoyen ou de l’Etat au nom de tous les citoyens : ils ne peut être acquis une production nationale mais uniquement un surplus d’importation et c’est un déficit de la balance commerciale.

    C’est alors que nos économistes parlent d’emprunt pour investissement, un autre modèle de monétisation selon eux.

    Les citoyens comprennent que l’investissement n’est que l’usage de biens ou de services qui ne viennent pas directement une de « toutes ces choses ...» mais qui néanmoins ont une valeur déterminée (monétisation) comme les consommations et usages des citoyens redistribuée puisque produit par des actifs qui monétisent leur efforts de production et leur effort de solidarité envers les inactifs, puis il y aura la monétisation des amortissement des investissements ( compris dans le prix des choses) que les actifs et les inactifs rendront lors de l’achat de « toutes ces choses ... » produites par l’industriel qui a investi et avec lequel il rembourse son emprunt.

    Quel changement y a-t-il s’il s’agit d’investissement public ?
    Aucun si ce n’est que dans la recette publique il n’y a pas l’équivalent de l’amortissement de l’investissement pratiqué par nos entreprises et non plus la totalité des valeurs des biens et services vendus (fiscalisation) aux citoyens qui profitent de « toutes ces choses ...»

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  3. Dans son dernier ouvrage, Le capital au XXIe siècle, Thomas Piketty dit que la rente du capital (intérêts, dividendes, loyers, plus-values…) rapporte, en net, près de 5% par an, et dépasse durablement la croissance économique, qui, dans les pays avancés, plafonne autour d'1% l'an. Résultat : les patrimoines, issus des revenus du passé, grossissent plus rapidement que la progression, lente, des nouveaux revenus, et les héritiers s'enrichissent de manière exponentielle par rapport aux travailleurs. Pour corriger ces excès, il ne voit qu'un moyen : instaurer un impôt progressif sur le capital… mondial. L'idée paraît irréaliste à l'heure où la France est quasi seule dans le monde à prélever encore un ISF, et où les nations font assaut de concur­rence fiscale pour attirer les super-riches, plutôt que les surtaxer. A quand un ISF Mondial ?

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  4. ujourd'hui les changements passent par l'économie et non par la politique. La démocratisation de la musique, c'est Itunes et pas une loi. Celle des informations planétaires c'est Facebook, Twitter, Instagram et pas une loi. Demain celle du film c'est Netflix et pas une loi. La lutte contre les grands monopoles d'informations, c'est Google : la liste est longue des réformes de fond portées par le marché et non plus par les institutions publiques. Demain, il en sera de même pour le système bancaire. Square, Wealthfront ... vont faire exploser l'actuel système bancaire.

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  5. Une correction à mon article : si les 100 000 signatures sont obtenues avant décembre 2015, il est néanmoins peu probable que la votation intervienne avant 2018 (et non pas 2016)


    @Anonyme: seul un Etat (la collectivité dans son ensemble) est capable de garantir une monnaie ... il y aura beaucoup plus de "baisés" dans des système de monnaie libre .

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