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dimanche 7 janvier 2024

Retraite, chômage, RSA : cette guerre sociale qui s’amplifie

Dans le monde imaginaire de l’exécutif, nous nous serions rapprochés du plein emploi, et il faudrait poursuivre dans les réformes pour enfin revenir à un marché du travail équilibré. Par-delà le mensonge statistique ehonté de ce discours, cela justifie une déconstruction toujours plus extrême de notre modèle social, que l’on peut qualifier de véritable guerre sociale.

 


Les basses œuvres oligarchistes

 

jeudi 24 novembre 2016

Le succès incompris du Japon


Les statistiques de croissance du Japon animent le débat, tant le pays est engagé avec sa politique de relance budgétair financée par la planche à billets, à hauteur 10% du PIB par an. Même le très fin Romaric Godin, de la Tribune, un des journalistes les plus intéressants à lire, se fait un peu piégé dans la lecture des statistiques nippones. En effet, il y a quelques jours, il a écrit que « la croissance japonaise a accéléré fortement au troisième trimestre, mais les défis restent les mêmes pour Shinzo Abe, car la demande intérieure reste sans élan », notant que si le PIB a progressé de 2,2% en rythme annuel, cela vient des exportations, en hausse de 8,1%, quand la consommation n’a progressé que de 0,1%.


Mais quand on étudie les statistiques du Japon, il faut prendre en compte sa démographie, et sa population en baisse d’environ 0,2% tous les ans, contre une hausse de 0,5% en France. Du coup, toute hausse est plus élevée mesurée par habitant, alors qu’en France, sous les 0,5%, la croissance par habitant est en réalité une récession. C’est une analyse dont The Economist avait parlée il y a cinq ans, notant que les chiffres de croissance par habitant du Japon étaient plus importants que ceux des Etats-Unis et de l’Europe de 2001 à 2010, alors  que le pays était dernier en croissance absolue du PIB… D’ailleurs, The Economist et Joseph Stiglitz tombent pour une fois d’accord sur le sujet de ce pays

samedi 2 janvier 2016

Les Suisses voteront pour retirer aux banques le pouvoir de créer la monnaie

C’est un long et passionnant papier de Romaric Godin dans la Tribune qui en rend compte : les partisans de la monnaie pleine ont remporté une victoire importante en réunissant plus de 100 000 signatures de soutien à leur initiative : une votation devrait avoir lieu sur la question en Suisse.



Un débat absolument fondamental

Curieusement, c’est un débat qui reste marginal dans la plupart des pays, malgré la grave crise financière de 2008. Heureusement, les choses semblent progresser. En Islande, un parlementaire a remis un rapport au gouvernement il y a quelques mois et maintenant, en Suisse, c’est une initiative qui a rassemblé assez de signatures pour déclencher une votation. C’est un sujet que j’avais détaillé fin 2011, dans une introduction au « 100% monnaie », puis un papier sur « la réforme du 100% monnaie ». Puis, André-Jacques Holbecq, auteur d’un livre de référence sur la dette publique, a écrit trois papiers sur le blog sur le sujet : un premier pour rapporter la tribune de Martin Wolf sur le sujet, un second sur l’avancée du débat en Suisse, puis un troisième de synthèse sur les enjeux de ce débat fondamental.

En effet, comme l’avait bien expliqué Pierre-Noël Giraud dans un livre primé, aujourd’hui, l’essentiel de la monnaie n’est pas créé par la banque centrale, mais bien par les banques privées, à des fins mercantiles, jouant un rôle majeur dans la multiplication des bulles et crises financières. Bien sûr, il y a des règles qui encadrent (un peu) cette création, mais ces règles, que les banques « aident » à concevoir, leur laissent une grande latitude d’action, qui a permis à certaines d’avoir un bilan 20 à 30 fois supérieur à leurs fonds propres en 2008. Et il ne faut pas croire que les récentes règles ont véritablement changer la donne tant les lobbys bancaires parviennent à jouer sur les modalités de ces règles. Ainsi, la reprise du contrôle de la création de la monnaie est un débat fondamental pour la démocratie.

Un débat qui reste encore difficile

mercredi 25 novembre 2015

Le démontage de l’euro avance en Finlande




Les raisons des doutes d’Helsinki

A priori, il est surprenant que la Finlande se demande s’il ne sera pas plus intéressant d’abandonner l’euro. En effet, voici un petit pays, voisin d’une Russie sensible à son aire d’influence, qui remet en question son appartenance à un club plus peuplé et plus riche que son encombrant voisin. Voilà qui en dit long sur tous les problèmes que pose cette union monétaire contre-nature. Comme l’avait résumé Romaric Godin il y a quelques semaines dans la Tribune, le pays expérimente une vague d’austérité drastique qui a provoqué une grève générale en septembre, la première depuis 1956. En effet, le gouvernement issu des dernières élections a annoncé vouloir baisser de 5% le coût du travail et toute une série de mesures de baisse des prestations sociales dans la lignée des potions de la troïka.

Il faut dire que la situation économique du pays est difficile, puisque son PIB a reculé de 0,3% depuis 2010 alors que celui de la zone euro a progressé de 2,9% sur la même période. La production industrielle recule de manière continue depuis deux ans et demi. Le chômage approche les 10% et affiche la plus forte hausse de la zone euro. Les capitaux quittent le pays. En cause : une progression du coût du travail de 8,9% en 5 ans, alors que la productivité a reculé, diminuant fortement la compétitivité du pays, d’autant plus que bien des pays de la zone euro ont pratiqué une dévaluation interne. La nouvelle majorité a proposé de mener la même politique, couplée à une austérité budgétaire. Mais la quatrième année de récession pourrait pousser le pays à remettre en cause sa participation à l’euro.

Le piège de la monnaie unique

mardi 1 septembre 2015

Avis de reprise illusoire en Europe du Sud

Au second trimestre, la croissance des pays d’Europe du Sud a été globalement supérieure à la moyenne de la zone euro, comme la France. Certains y verront une forme de réussite des plans européens. Mais, sous les statistiques un peu moins négatives, la réalité n’est guère riante.



Reprise purement conjoncturelle

Les statistiques du second trimestre sont assez impressionnantes. L’Espagne a enregistré une croissance d’1%, le Portugal de 0,4%. Plus étonnant encore, le PIB de la Grèce a progressé de 0,8% malgré le contexte de négociation entre le gouvernement Tsipras et les créanciers du pays, alors que la zone euro n’a cru que de 0,3%, l’Allemagne de 0,4%, et la France de 0. Pour les analystes, « la forte poussé du PIB au deuxième trimestre s’est appuyée sur de bonnes ventes de détail et sur le début solide de la saison touristique ». Tout ceci devrait permettre au pays de faire mieux que les dernières prévisions de croissance pour l’ensemble de l’année 2015. Il faut dire que le contexte géopolitique troublé en Afrique du Nord et au Moyen-Orient pousse les touristes amateurs de la Méditerranée en Europe du Sud.

Ce faisant, il faut bien comprendre ici que le regain de croissance est largement conjoncturel et mécanique. Car outre le tourisme, la conjoncture des pays d’Europe du Sud est aussi aidée par de puissants courants porteurs : la baisse du prix du pétrole qu’ils importent, la baisse des taux d’intérêt, qui réduit la facture de la dette (et par ricochet, allège la pression austéritaire), et enfin, la baisse de l’euro, qui leur profite davantage qu’à l’Allemagne du fait de leur spécialisation économique. En outre, comme après toute crise économique, on peut aussi conclure qu’il y a un rebond mécanique, facilité par les vents plus porteurs de la conjoncture, la violence de la crise finissant par semer les graines de la reprise, comme on peut le lire dans les ventes d’automobile en Espagne, après l’effondrement du passé.

Mais une reprise totalement illusoire

mercredi 12 août 2015

Grèce : 3ème plan, toujours la même impasse

Hier, la Grèce et ses créanciers sont parvenus à un accord pour un troisième mémorandum, portant sur le prêt de 85 milliards d’euros supplémentaires à Athènes. Mais pourquoi ce plan, qui ressemble beaucoup à ses prédécesseurs, pourrait réussir là où les précédents ont échoué ?



Schéma de Ponzi austéritaire

Quand on prend un peu de recul, comment de ne pas être choqué par ce nouveau plan ? La Grèce ne parvient pas à rembourser 320 milliards de dettes : pas de problème, ses créanciers européens décident de lui en prêter 85 milliards de plus, sans la moindre restructuration. Mais ainsi, Athènes et ses créanciers se sont mis d’accord pour alourdir de plus de 25% une dette déjà trop lourde ! Comment croire que la Grèce pourra rembourser ? Déjà, en 2010, comme en 2012, comme de nombreux autres commentateurs, j’avais écrit qu’Athènes ne pourrait pas rembourser sa dette, que les hypothèses des plans étaient irréalistes et que nous aboutirions soit à un nouveau plan, soit à un défaut.

Nous restons exactement dans la même logique. On empile toujours plus de dettes sur le dos des Grecs alors que les montants actuels sont déjà trop lourds pour eux. Pire, la logique austéritaire subsiste puisque le solde budgétaire primaire doit passer de -0,25% du PIB cette année, avec la prise en compte d’un recul du PIB supérieur à 2%, à 3,5% en 2018 ! En trois ans, la Grèce, qui a déjà réalisé l’ajustement budgétaire le plus important de l’UE avec le Portugal, doit encore faire des efforts de près de 4 points du PIB, ce qui, selon le FMI, devrait provoquer un recul du PIB compris entre 4 et 6 points. Et pour un pays dont la dette pèsera 200% du PIB, cela représente un alourdissement de 10 points !

Sauvetage des créanciers et pas d’Athènes

vendredi 17 juillet 2015

L’euro-sado-masochisme vain de la Grèce

Mercredi, 229 députés ont soutenu les dures et humiliantes mesures de lundi, 64 seulement s’y opposant. Il est assez désespérant de voir les premières victimes des plans de la troïka continuer dans cette impasse, même si on peut le comprendre. Pourtant, si l’issue tarde, elle n’en est pas moins inéluctable.



Un court et douloureux répit

Outre tous les facteurs psychologiques qui jouent sans doute une part négligée dans les choix des dirigeants Grecs, il ne faut pas oublier le rôle joué par le nœud coulant européen placé sur le système financier Grec, bien décrypté par Romaric Godin. La fermeture des banques et les limitations des retraits, conséquence des fuites de capitaux et des limites mises par la BCE au financement des banques Grecques, a sans doué créé une angoisse dans la population du pays et de ses dirigeants, les poussant encore à préférer la capitulation pour revenir à une situation plus normale. Pourtant, comme même Le Monde finit par le souligner, les prêts nouveaux obtenus serviront essentiellement à rembourser les anciens prêts, démontrant que ces plans ont pour premier but de sauver les créanciers, et non la Grèce.

En fait, la situation devrait revenir à la normale, car, comme le souligne encore le Monde, bien étonnament taquin sur le sujet, ce plan d’austérité sera le 8ème depuis 2009 ! En bref, les Grecs ont vu d’autres hausses d’impôt ou coupes dans les pensions et dépenses publiques, ou même la tutelle de la troïka, qui n’est que restaurée, même si ici, la mise en place de la camisole budgétaire la rendra encore plus mordante. Donc, même si ce ne sera pas riant, et si la récession risque de revenir, la situation ne sera pas nouvelle, ce qui est sans doute plus rassurant qu’une sortie de la zone euro, d’autant plus qu’il ne semble pas que les études sur les nombreux rassurants précédents du passé aient atteint le débat public du pays et que les premiers mois de la sortie seraient plus remuants que le maintien.

Une issue toujours inévitable

mardi 14 juillet 2015

Grèce : le Munich diplomatique et social d’Alexis Tsipras




L’impasse prolongée, et aggravée

Le plan qui a été signé est une triple abomination. Abomination démocratique, car même si Alexis Tsipras a fait voter les Grecs puis le Parlement, le signer semble tellement contradictoire avec le mandat donné par le peuple grec le 25 janvier, puis le 5 juillet. Abomination humaine, car les précédents plans ont provoqué une casse sociale absolument effroyable, qui se lit dans les taux de chômage et de pauvreté, et même dans les statistiques de la mortalité infantile et des taux de suicide. Abomination de la raison, tant ce plan semble un décalque des plans des années passées, qui ont pourtant tous échoué puisqu’il a fallu à chaque fois un autre plan, après les échecs de ceux de 2010 et 2012.

Ce plan est peut-être encore plus absurde que les plans précédents. Car au même cocktail dépressioniste de hausses d’impôt et de coupes des dépenses, qui ont fait plonger le PIB Grec de 25%, les dirigeants de la zone euro n’ont même pas eu le bon sens de restructurer la dette, au contraire des plans de 2010 et 2012. Résultat, alors que la Grèce ne parvenait plus à rembourser sa dette de près de 180% du PIB, on va ajouter la bagatelle de 80 milliards de dettes, soit 40% de PIB de plus, le tout, sachant que le coktail austéritaire va probablement faire baisser le PIB. Certes, il y a une promesse de « reprofilage » de la dette, mais cela sera fait plus tard et ne fera que prolonger la tutelle de la Grèce.

Pourquoi la Grèce accepte cela ?

dimanche 12 juillet 2015

Mon carnet de bord de la crise Grecque

Cela fait maintenant 5 ans et 7 mois que la zone euro « gère » la crise Grecque, sans doute une preuve éclatante de son vice de construction structurelle. Plutôt que de discuter plus avant des propositions faites par Tsipras jeudi soir, qui pourraient être la preuve d’une tentation de persister dans l’impasse, comme une tactique de négociation originale, j’ai préféré me pencher sur l’histoire de cette crise en en excluant la dernière année et demie et vous en rappeler une partie des étapes, telles que je les ai couvertes sur le blog. La sélection n’est pas exhaustive loin de là et je n’ai conservé que les papiers qui me semblaient avoir le plus de sens aujourd’hui.



Vous pouvez également également vous pencher sur les archives du blog de Jacques Sapir, de Coralie Delaume, les papiers de Romaric Godin dans la Tribune, ou le blog Greek crisis de Panagiotis Grigoriou.

Sur ce blog :

« Grèce : le désastre aurait pu être évité »


Sur mon premier blog :

samedi 11 juillet 2015

Grèce : que penser de la proposition d’Alexis Tsipras ?




La drôle de capitulation ?

Bien sûr, à première vue, on peut penser qu’Alexis Tsipras a renié les résultats du référendum, acceptant les objectifs de la troïka, 1% d’excédent primaire cette année, 2% en 2016, 3% en 2017 et 3,5% en 2018, dans une poursuite (certes moins brutale) des politiques d’austérité qui ont mis son pays à genoux. Les retraites seront réduites, la TVA augmentée, les impôts des entreprises au niveau souhaité par le FMI, et comble du comble, on rajouterait encore une tranche de dette de 53 milliards. Pire, il est étonnant de ne proposer une renégociation de la dette qu’en octobre, même si le texte prévoit un « engagement contraignant ». On peut y voir une poursuite de la logique des plans du passé. Jacques Sapir note qu’il « faut bien reconnaître qu’il s’est (…) largement aligné sur les demandes de l’Eurogroupe ».

Mais, à ceux qui évoquent une capitulation, Sapir souligne que « la réponse est pourtant moins simple que ce qu’il paraît », sur une ligne proche de celle de Romaric Godin ou Coralie Delaume. Et l’étude à froid de ces propositions peut aller dans ce sens : marché du travail et petites retraites en partie protégés, demande d’un plan de financement de 3 ans, pour éviter la négociation permanente, ou levée de 35 milliards de fonds structurels pour relancer la croissance. Mais, comme le soutient Sapir, « ces propositions (…) correspondent très probablement à une erreur de stratégie (…) L’austérité restera la politique de la zone euro. Il n’y aura pas d’autre euro ». D’ailleurs, une partie de sa majorité râle.

Ne pas être celui qui refuse ?

dimanche 28 juin 2015

Grèce : la belle révolte démocratique d’Alexis Tsipras




Belle réponse à proposition indécente

Mais qu’a-t-il pu passer dans la tête de la troïka pour pousser aussi loin l’humiliation de la Grèce avec les propositions indécentes signifiées en rouge jeudi ? Comment pouvaient-ils imaginer une seconde que le gouvernement Grec pourrait accepter un tel reniement de son programme de début d’année ? On pourrait penser qu’ils ont agi sciemment pour aller à la rupture, mais je ne crois pas que ce soit le cas. On peut penser qu’ils ont à la fois trop pris l’habitude de pouvoir imposer les politiques qu’ils souhaitent sans que les gouvernements en place refusent et que les concessions du gouvernement Grec depuis cinq mois les ont poussé à coire qu’ils pouvaient obtenir toujours plus.

Bien sûr, les créanciers proposaient 15 milliards d’euros de refinancement pour 5 mois. Mais la proposition était une arnaque. D’abord, la somme proposée provient d’enveloppes existantes, il n’y a rien de nouveau. Et pour l’obtenir, Athènes devait signer une reddition en bonne et due forme sans rien obtenir sur le montant de la dette, tout en ne couvrant son financement que pour cinq mois, restant donc à la merci d’une nouvelle négociation à la fin de cette nouvelle échéance… Samedi, Alexis Tsipras a répondu ainsi : « Après 5 mois de négociations, nos partenaires en sont venus à nous poser un ultimatum (…) Leur but est l’humiliation de tout un peuple, et elles manifestent avant tout l’obsession du FMI pour une politique d’extrême austérité (…) Notre responsabilité dans l’affirmation de la démocratie et de la souveraineté (…) nous oblige à répondre à l’ultimatum en nous fondant sur la volonté du peuple Grec ».

Le vrai visage de cette Europe

vendredi 26 juin 2015

Lettre ouverte à Syriza : la rupture est possible et nécessaire

Depuis cinq mois, la situation est tendue entre vous et vos créanciers. Votre gouvernement alterne les chauds et froids au point qu’il est difficile de savoir quelle pourrait être l’issue de cette nouvelle crise. A quelques jours de la fin de ce chapitre, j’espère que les intérêts du peuple Grec vont prévaloir.


De l’indécence des créanciers

Sans doute encouragée par ce que vous avez semblé céder dernièrement, l’ex-Troïka a cru bon renvoyer vos propositions corrigées en rouge, façon professeur, comme le révèle Marianne. On peut comprendre des discussions sur les objectifs, le phasage attendu, ou la crédibilité des mesures proposées. Mais ici, non seulement la troïka prétend fixer les objectifs mais aussi la manière dont ils sont atteints. Et cette manière a un sens, entre protection des entreprises (réduction de la hausse de l’impôt sur les sociétés, suppression de la taxe exceptionnelle sur les profits et protection des labos pharmaceutiques), et ménages qui règleront la nouvelle hausse de la TVA et subiront la baisse des retraites.

Bien sûr, certaines réformes ne sont peut-être pas inutiles. Mais la plupart de ceux qui pointent le coût trop élevé des retraites (16% du PIB), oublient que les plans inhumains et inefficaces ont réduit le PIB de votre pays de 25%, augmentant le poids relatif des retraites. Et puis, il est totalement indécent et infantilsant de traiter votre pays comme un il est depuis 5 ans, comme vous l’aviez dit dans votre campagne gagnante en janvier. Le document de la troïka est un nouvel exemple de ce qui doit être refusé, autant pour le fond que pour la forme. La crise de votre pays est le fruit des plans conçus par ces cerveaux malades et inhumains, malgré les avertissements donnés par beaucoup d’entre nous.

Courage d’Achille, ruse d’Ulysse ?

lundi 22 juin 2015

Pourquoi accepter le nouveau défaut Grec à venir

Le papier de samedi sur les trois scénarii de sortie de la Grèce de la zone euro a déclenché un débat dans les commentaires sur le nouveau défaut que cela impliquerait pour Athènes, et sur le caractère étonnant qu’un souverainiste soutienne une issue qui coûterait cher aux contribuables. Explications.



Retour sur les premiers défauts

D’abord, comme l’a souligné un autre commentateur, un prêt implique deux parties et un créancier porte une part de responsabilité dans la capacité de l’emprunteur de pouvoir rembourser ou pas les sommes qu’il lui a prêtées. Sans nier certains dysfonctionnements, auxquels Alexis Tsipras semble s’attaquer, il ne faut pas oublier plusieurs faits. D’abord, l’entrée d’Athènes dans la zone euro a été obtenue par le maquillage de ses comptes par Goldman Sachs et l’œil complaisant de toute l’Europe. Ensuite, l’entrée dans l’euro a provoqué un effondrement des taux auxquels la Grèce empruntait, générant une manne contre-productive : après tout, si les marchés prêtaient à bas coût, pourquoi changer ?

Ensuite, même si les taux payés par la Grèce avaient beaucoup baissé, ils restaient supérieurs aux taux que rapportait la dette allemande. En absence théorique de risque de change, ce décalage était une forme de prime de risque. Et on ne peut pas avoir le beurre (des taux plus élevés) et l’argent du beurre (aucun risque de défaut). En somme, les pertes qu’ont essuyées les banques privées étaient justifiées. Et on peut penser qu’elles auraient perdu encore plus si les Etats européens et le FMI n’avaient pas pris le relais pour refinancer la dette grecque. Enfin, il faut rappeler que nous étions nombreux à dire que le plan de 2012 n’était en aucun tenable et qu’Athènes ne pourrait pas rembourser.

Un autre défaut inévitable

samedi 13 juin 2015

La Grèce au bord de la rupture avec la zone euro




Les négociations dans l’impasse

En arrivant au pouvoir, Alexis Tsipras a beaucoup cédé, au point d’inquiéter. Mais, depuis quelques jours, comme l’a noté Romaric Godin, de la Tribune, le gouvernement semble aborder les négociations dans un état d’esprit beaucoup plus combatif. La troïka demandait de nouvelles coupes sombres dans les retraites, d’1,8 milliard d’euros, soit près d’1% du PIB. Non seulement Tsipras refuse cette demande, mais il avait promis de revaloriser les petites retraites. Et en plus, le Conseil d’Etat a invalidé mercredi une partie des baisses de retraite décidées fin 2012. Cela devrait provoquer une revalorisation de 5 à 15% des retraites de plus de 1000 euros par mois, soit 1 à 1,5 milliards d’euros.


Refuser une saignée inhumaine

jeudi 19 mars 2015

Grèce : Tsipras passera-t-il des mots aux actes ?

En Grèce, la situation se tend à nouveau, verbalement au moins, entre le ministre grec qui menace de saisir les avoirs allemands et l’Allemagne, vent debout contre Athènes. Ce sera la priorité du sommet européen qui se tient à partir d’aujourd’hui. Mais jusqu’à présent, Tsipras parle beaucoup, mais agit peu.



Athènes aboie, la troïka passe

L’élection de Syriza fin janvier a suscité un grand espoir : la fin de la tutelle humiliante de la troïka, la fin de cette austérité inhumaine qui a plongé le pays dans une situation sociale et sanitaire honteuse. Et pendant la campagne et depuis qu’il a été élu, Alexis Tsipras et son équipe tiennent un discours dur. Il y a une semaine, le ministre grec de la Justice a menacé de faire une « saisie des avoirs allemands en compensation des dédommagements de la guerre par les nazis ». En 2014, le montant des réparations avait été estimé à 162 milliards d’euros ! Et la situation reste tendue en Allemagne, où la presse populaire est encore plus dure contre Athènes que Wolfgang Schaüble, le ministre des finances.


Tsipras dans une impasse