Au second
trimestre, la
croissance des pays d’Europe du Sud a été globalement supérieure à la moyenne
de la zone euro, comme la France. Certains y verront une forme de réussite
des plans européens. Mais, sous les statistiques un peu moins négatives, la
réalité n’est guère riante.
Reprise
purement conjoncturelle
Les
statistiques du second trimestre sont assez impressionnantes. L’Espagne a
enregistré une croissance d’1%, le Portugal de 0,4%. Plus étonnant encore, le
PIB de la Grèce a progressé de 0,8% malgré le contexte de négociation entre le
gouvernement Tsipras et les créanciers du pays, alors que la zone euro n’a
cru que de 0,3%, l’Allemagne de 0,4%, et
la France de 0. Pour les analystes, « la
forte poussé du PIB au deuxième trimestre s’est appuyée sur de bonnes ventes de
détail et sur le début solide de la saison touristique ». Tout
ceci devrait permettre au pays de faire mieux que les dernières prévisions de
croissance pour l’ensemble de l’année 2015. Il faut dire que le contexte
géopolitique troublé en Afrique du Nord et au Moyen-Orient pousse les touristes
amateurs de la Méditerranée en Europe du Sud.
Ce faisant,
il faut bien comprendre ici que le
regain de croissance est largement conjoncturel et mécanique. Car outre le
tourisme, la conjoncture des pays d’Europe du Sud est aussi aidée par de
puissants courants porteurs : la
baisse du prix du pétrole qu’ils importent, la baisse des taux d’intérêt,
qui réduit la facture de la dette (et par ricochet, allège la pression
austéritaire), et enfin, la
baisse de l’euro, qui leur profite davantage qu’à l’Allemagne du fait de
leur spécialisation économique. En outre, comme après toute crise économique, on
peut aussi conclure qu’il y a un rebond mécanique, facilité par les vents
plus porteurs de la conjoncture, la violence de la crise finissant par semer
les graines de la reprise, comme
on peut le lire dans les ventes d’automobile en Espagne, après
l’effondrement du passé.
Mais une
reprise totalement illusoire














