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dimanche 29 octobre 2017

Le cauchemar étasunien, partie 6 : une démocratie malade

Parmi tous les travers des Etats-Unis, l’état de sa démocratie n’est pas le moins préoccupant. Outre l’effarante palinodie démocratique de l’élection de Georges Bush en 2000, on peut évoquer le poids trop important de l’argent, le rôle assez détestable des lobbys, mais aussi les pratiques profondément autocratiques de redécoupage des circonscriptions.


Une autocratie sous influence ?


lundi 2 juin 2014

Quand l’argentcratie efface la démocratie


Ce n’est pas l’Humanité qui nous alerte, mais The Economist, dans un papier intitulé « un dollar, un vote » basé sur le travail de deux économistes, Martin Gilens de Princeton et Benjamin Page, de Northwestern, qui ont étudié les décisions politiques prises aux Etats-Unis de 1981 à 2002.



L’argent, plus fort que le vote ?

Le résumé de The Economist, aussi choquant soit-il, est fort : « quand il s’agit de mettre en place une politique, les opinions des entreprises et des riches semblent davantage compter ». Et cette affirmation n’est pas gratuite puisqu’elle repose sur une étude statistique qui repose sur 1779 enquêtes de l’opinion des citoyens étasuniens sur des questions politiques, qui comprenaient le niveau de revenus des personnes interrogés ainsi que sur les prises de position des 25 lobbys les plus influents, recensés par le magazine Fortune. Pour les auteurs, ceux qui ont l’influence la plus importante sont l’élite économique (les 10% les plus riches) et les lobbys qui représentent les entreprises.

Les résultats sont assez stupéfiants : quand une décision politique n’est soutenue que par 20% des plus riches, elle n’a que 18% de chances d’être adoptée. En revanche, quand 80% des plus riches la soutiennent, elle est adoptée dans 45% des cas ! A contrario, il n’y a strictement aucun lien entre l’opinion de la majorité et la chance d’une mesure d’être adoptée. Et les lobbys des entreprises affichent des scores similaires à ceux des plus riches. Les économistes soulignent néanmoins qu’il y a une corrélation entre l’opinion des plus riches et celle de la moyenne. Mais The Economist rappelle que ce n’est pas le cas pour l’opinion des lobbys et que cela rejoint les débats sur l’inégalité.

L’aristocratie de l’argent

jeudi 30 mai 2013

Europe : mettre fin à l’intégration pour développer les coopérations


La construction européenne actuelle est un échec patent. Alors que l’on peine à remplir la colonne de ses avantages concrets, la liste de ses inconvénients est longue, entre règne des lobbys, régression sociale, récession, chômage ou remise en question de la démocratie. Que faire ?



Le problème, c’est l’intégration

La monnaie unique est sans doute le prisme par lequel analyser l’échec de cette construction bancale et artificielle qu’est l’UE. En effet, on constate qu’avoir une seule monnaie et une seule politique monétaire pour des pays aussi divers ne fonctionne pas parce que des pays différents doivent avoir des monnaies gérées différemment pour pouvoir s’adapter aux réalités nationales, différentes. Ce refus de voir que les réalités nationales sont différentes est au cœur de l’échec de l’UE.

S’il existe des nations distinctes, c’est parce que chaque peuple a son histoire, son identité, sa culture et souhaite donc y adapter son mode de vie, les règles de sa société. Le problème est qu’avoir fait adopter  aux Espagnols, aux Italiens, aux Portuguais et aux Grecs les a mené à la ruine. Ces pays s’ajustaient auparavant par des dévaluations, mécanisme qui fonctionnait bien. Maintenant, on leur impose des dévaluations internes, une baisse des salaires monstrueuse socialement et dont on peut douter qu’elles permettront de vraiment redresser leurs économies.

En outre, pour intégrer, ils ont supprimé toutes les frontières internes, mettant les pays dans une concurrence sauvage où c’est le moins-disant salarial, social et fiscal qui gagne. Pire, en supprimant toutes les frontières externes, l’Europe est balottée au gré des crises internationales et soumise à la pression des pays émergents qui attirent des délocalisations massives. Bref, par sa construction même, au lieu de nous tirer vers le haut, cette Europe nous tire vers le bas, sur tous les sujets, salariaux, sociaux, fiscaux ou normatifs. Où l’on redécouvre a posteriori que les frontières avaient du bien…

S’y ajoute le problème du pouvoir central. D’abord, comme il n’existe pas de démocratie européenne (et qu’il n’en existera pas : en quelle langue pourrait-on débattre tout de suite ?), cet espace particulièrement opaque est peu démocratique, un paradis pour lobbys, comme Monsanto. L’UE, c’est une forme de totalitarisme pseudo-éclairé des experts indépendants. Et à chaque crise, ils répètent qu’il faut leur donner plus de pouvoir et continuer à déshabiller les Etats-nations alors que plus l’intégration avance, plus le continent va mal. Leur pouvoir personnel est devenu leur seul objectif.

La solution, c’est la coopération