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vendredi 8 septembre 2017

lundi 9 janvier 2017

La descente aux enfers du Vénézuela




Mais cette descente aux enfers, qui pourrait s’arrêter avec la remontée du prix du pétrole a aussi des conséquences sur le débat public, dans la mesure où le Venézuela faisait partie des pays mis en avant par bien des alternatifs, pas toujours à bon escient. Malheureusement, le traitement de ce pays est trop souvent en noir et blanc, soit un enfer absolu, soit un exemple ne souffrant aucune critique. Il y a trois ans, avant la baisse du prix du pétrole, j’avais présenté un discours qui me semblait plus équilibré, soulignant les aspects positifs, comme négatifs, du pays, ainsi que d’autres références alternatives. Il faut bien admettre que la part négative semble l’emporter aujourd’hui, pour les habitants du pays, pour beaucoup retombés dans la pauvreté. Par une ironie de l’histoire, le chavisme a réussi à la fois à tirer un profit trop immodéré de la bulle pétrolière marchande, tout en niant excessivement l’économie de marché.

samedi 5 mars 2016

Dérives alternatives (1/2) : la crise économique du Vénézuela

La faillite du néolibéralisme, éclatante avec les crises de 2001 et 2008, et toutes les failles de notre modèle économique, n’a, pour l’instant, pas encore produit un véritable changement de direction politique, si ce n’est dans quelques pays d’Amérique latine. Et si un manque de distance avec les failles des politiques des pays dirigés par des alternatifs freinait le véritable changement que nous attendons ? En ne faisant pas toujours assez le tri entre le bon grain et l’ivraie, sans pour autant tomber dans les caricatures véhiculées par les tenants de la pensée dominante, le premier ne peut-il pas en être souillé politiquement ?



Premier exemple, le Vénézuela : même si on approuve certains aspects du chavisme, il faut reconnaître la grave crise économique que traverse le pays depuis quelques mois. L’effondrement du prix du pétrole a frappé une économie qui en était très dépendante, et qui camouflait les failles du régime.

Victime du marché et de mauvais choix

mardi 8 juillet 2014

Ordosouverainisme et autoritarisme


Face à l’eurolibéralisme défendu, avec quelques nuances, par le PS, l’UMP, les centristes et les écologistes, j’avais développé la notion d’ordosouverainisme, en soulignant néanmoins qu’il y avait deux sous-familles, les progressistes et les identitaires. On pourrait ajouter que certains ordosouverainistes semblent tentés par l’autoritarisme, ce qui ressort des modèles qu’ils se donnent.



Danger sur la liberté ?

La plupart des critiques de la mondialisation, qu’ils soient de gauche, de droite ou d’ailleurs, dénoncent le néolibéralisme et donc le primat absolu pris par la liberté sur toutes les autres valeurs de notre société. Un message particulièrement fort dans notre pays dont le triptique place deux autres valeurs sur le même plan, l’égalité et la fraternité, ce qui implique un équilibre entre les trois, l’un ne devant pas prendre le dessus sur les deux autres. Or il est évident qu’aujourd’hui, le néolibéralisme sacrifie l’égalité et la fraternité sur l’autel de la liberté absolue (sanctifiée dans les traités européens avec la liberté de circulation des capitaux, des biens et des personnes). Les inégalités ne cessent de progresser, comme soutiennent Piketty ou Stiglitz et la fraternité est remise en cause par la déconstruction des services publics.

Comme la plupart des critiques de cette anarchie néolibérale, qui revient à un retour de la loi de la jungle et du plus fort, je pointe le nécessaire retour à davantage d’ordre, m’opposant aux néolibéraux économiques comme sociétaux. Néanmoins, dans ce nécessaire rééquilibrage de nos sociétés, n’existe-t-il pas le risque de pousser le balancier dans un autre sens un peu trop fort et d’oublier que la liberté aussi est une valeur fondatrice de notre République, qui a permis l’émancipation des nouveaux citoyens d’un ordre ancien qui pouvait être oppressif et liberticide ? D’ailleurs, la sanctification de la liberté des néolibéraux finit par être contre-productive puisqu’elle aboutit à construire une société où finalement, seule une petite minorité est véritablement libre, l’argent finissant par devenir l’alpha et l’omega.

La tentation autoritaire

dimanche 11 mai 2014

Les indécences révélatrices de la rémunération de Pierre Gattaz


Nous arrivons sans doute à la fin d’une époque, ou d’un cycle, pour reprendre le pronostic intéressant de François Lenglet. Le patron du Medef a eu l’indécence de réclamer une baisse du SMIC tout en voyant sa rémunération de PDG de Radiall progresser de 30% et ses dividendes s’envoler.


Sans foi ni loi

Comment Pierre Gattaz peut-il demander de facto une baisse du SMIC, qui est de 17 340 euros bruts (13 610 euros nets) par an aujourd’hui, tout en ayant vu son salaire passer de 329 189 euros en 2012 à 426 092 euros bruts en 2013, une hausse de 29,4% sans avoir honte ? Celui qui juge que le SMIC est trop élevé trouve le culot de justifier le fait de toucher 5,59 SMIC de plus en une seule année ! Encore plus incroyable, il soutient qu’il ne dépasse pas la limite maximale des salaires des patrons des entreprises publiques, fixée à 450 000 euros. Il faut rappeler ici que le chiffre d’affaires de Radiall dépasse à peine 200 millions quand celui d’EDF dépasse 73 milliards, rendant la comparaison abusive, outre le fait de révéler l’égo démesuré de Pierre Gattaz, qui trouve bien sûr normal d’être proche du maximum.

Encore pire, le Figaro cite le Canard Enchaîné qui affirme que « la rémunération des cinq membres du conseil exécutif et stratégique du groupe a grimpé de 21% » en 2013, contre 3,3% pour les salariés, sachant que « les dividendes octroyés aux actionnaires ont grimpé de 76% ces quatre dernières années (…) une augmentation sensible qui aura surtout profité à la famille Gattaz, puisqu’elle détient 87% de l’entreprise ». Bref, il est complètement indécent de réclamer une baisse du salaire minimum en France, qui permet en général tout juste de vivre chichement, alors même que l’on trouve normal que, quand on gagne déjà près de 20 fois le SMIC, on puisse se faire augmenter de près de 30% !

Une société fracturée

dimanche 11 août 2013

En visant la 5ème République, le Front de Gauche se trompe de cible


Il faut sans doute y voir un reste de l’opposition originelle du PCF à la Cinquième République. C’est une marotte du Front de Gauche : pour changer de système, il faudrait passer à une 6ème République. Sur son blog, Clément Sénéchal affirme que « la 5ème République n’a jamais été ni républicaine ni compatible avec quelque visée socialiste que ce soit ». Une affirmation qui appelle réponse.



Un préalable nécessaire ?

Clément Sénéchal soutient qu’il est « illusoire » de coire qu’il n’y aurait « nul besoin en somme d’un changement de régime pour amorcer un virage social ». Nos institutions seraient « taillées pour maintenir en ordre un capitalisme autoritaire ». Cette vision des choses est totalement fausse. Passons sur l’incohérence qu’il y a à dénoncer dans la partie précédente la trop grande concentration des pouvoirs dans les mains du président de la République pour dire ensuite que nos institutions ne permettraient pas d’amorcer un virage social. A priori, c’est soit l’un, soit l’autre. Si le président de la République a beaucoup de pouvoirs, c’est justement pour pouvoir amorcer des changements importants.

D’ailleurs, l’histoire de la Cinquième République infirme complètement ce prétendu biais. Il n’y a pas besoin de remonter très loin pour le comprendre : en 1981, la France a connu un vrai coup de barre à gauche, qui démontre que nos institutions sont suffisamment plastiques (et neutres politiquement) pour permettre des changements importants dans la direction politique du pays. De même, quand Clément Sénéchal évoque le vote récent de l’ANI pour justfiier son point de vue, il fait un hors-sujet. Que je sache, l’ANI ne fait pas partie de la constitution. Le propre de bonnes institutions est justement de permettre des politiques très différentes, en fonction du souhait du peuple : c’est ce que permet la 5ème République. Il n’y a aucune démonstration solide du fait que nos Institutions freineraient le changement économique. Une autre preuve est que toutes les critiques que fait le FG du système économique actuel peuvent aussi s’appliquer aux autres pays européens, dont les institutions sont pourtant très différentes des nôtres. Le problème actuellement, c’est le système économique, pas nos institutions.

Un exécutif fort pour une démocratie forte

mardi 9 juillet 2013

L’insupportable soumission à l’impéralisme étasunien


Le mois qui vient de passer a donné de nouveaux exemples criants de la soumission volontaire de l’Europe et de la France aux désidératas des Etats-Unis, donnant une actualité criante à la politique d’indépendance nationales voulue en son temps par le Général de Gaulle.



Le traité transatlantique, ou la victoire de Washington

Malgré les incidents diplomatiques récents, la négociation du traité commercial transatlantique a démarré lundi 8 juillet. Vous pourrez trouver le mandat de négociation de la Commission de Bruxelles sur le blog de Magali Pernin. Comme d’habitude, les défenseurs de ce traité font miroiter des dizaines de milliards d’euros de création de richesse, sans pour autant expliquer comment cela pourrait bien se réaliser ou sans pouvoir se référer à des exemples concrets passés. Ce traité sert les intérêts des multinationales, qui pourront alors faire circuler plus librement leurs produits des deux côtés de l’Atlantique.

En effet, les barrières douanières sont limitées. Ce qui subsiste aujourd’hui, ce sont principalement des barrières normatives, l’Europe interdisant par exemple la commercialisation du bœuf aux hormones, les standards moins exigeants étant la norme aux Etats-Unis. Alors que l’on nous serine que l’Europe est un vecteur de progrès, l’enjeu véritable de cette négociation est de savoir à quel point l’UE transigera sur nos standards de qualité et de protection des consommateurs, comme avec l’autorisation de vente de poulets lavés à l’acide venus d’outre-Atlantique par la Commission.

Le scandale Evo Morales

Mais la soumission de l’Europe et de la France aux intérêts de Washington et des mutlinationales ne s’arrête pas aux traités commerciaux. Comme on a pu le voir récemment, la France (et d’autres pays européens) ont commis le geste extrêmement grave de refuser le survol de notre territoire au président de la Bolivie, en violation avec toutes les règles de droit international. Evo Morales, de retour d’un voyage diplomatique à Moscou, avait dit qu’il pourrait peut-être accueillir l’ancien agent de la NSA, Edward Snowden. L’humiliation fut complète avec le contrôle de l’avion présidentiel à Vienne.

Alors que la France pourrait proposer un asile diplomatique à Edward Snowden et devrait, de toutes les façons, laisser circuler librement l’avion du président de la Bolivie, le gouvernement s’est comporté comme un valet des Etats-Unis. Cela est d’autant plus dommage que depuis 2003, les opinions publiques européennes ont pris une grande distance avec les souhaits souvent abusifs de Washington (avec l’aggression impérialiste de l’Irak) et que François Mitterrand avait, en son temps, refuser le survol de notre territoire lors d’un bombardement de la Libye décidé par Ronald Reagan.

Washington, caïd de la scène internationale

mercredi 29 mai 2013

Huit ans après le TCE, le cancer européen progresse encore


Il y a huit ans, nous étions près de 55% des participants à refuser le projet de traité constitutionnel européen. Même si UMP, PS, Verts et Modem ont trouvé le moyen de le faire passer au Parlement, contre la volonté populaire, l’actualité nous donne tous les jours davantage raison.



Faux semblants européens

Dans cette Europe, tout est faux. Tout est en toc. Cette construction monstrueuse organise une immense régression démocratique et sociale, sur tous les plans. Tout d’abord, en ce jour anniversaire du « non » français au Traité Constitutionnel Européen, nous devons constater qu’il a été imposé au peuple contre son avis. Il faut quand même rappeler ici que Hugo Chavez, que certains qualifiaient de dictateur, avait respecté, lui, l’avis du peuple vénézuélien quand il avait refusé un projet de modification de la constitution. Il n’était pas passé par le parlement pour défaire ce que le peuple avait fait…

Comme le soutient Lordon dans son dernier papier : « en matière économique, l’UE n’a pas de politique, au sens très précis d’une possibilité discrétionnaire d’initiative. L’UE n’a pas de politique ‘conjoncturelle’, c’est-à-dire de la politique dont les orientations sont déterminées par les partis ‘conjoncturellement’ au pouvoir, car toute la politique économique européenne a été irrévocablement fixée dans des textes à valeur quasi-constitutionnelle ». Bref, la démocratie pour cette Europe, c’est avoir la liberté d’opinion, de parole et de choix des dirigeants, du moment où ils continuent la même politique

Dans ce cauchemar post-démocratique, nos dirigeants se comportent de plus en plus comme ceux de 1984 de Georges Orwell, disant une chose mais faisant le contraire, au mépris du sens des mots. On croit rêver quand le gouvernement ose parler d’un New Deal pour réduire le mal endémique du chômage des jeunes (qui dépasse les 20%). Quel rapport entre la politique d’un volontarisme farouche de Franklin Roosevelt et les mesurettes dérisoires annoncées. On parle de 6 milliards d’euros d’ici à 2020, soit moins d’un milliard par an pour une zone dont le PIB dépasse 10 000 milliards.

L’horreur à Madrid et Athènes

jeudi 18 avril 2013

Vénézuela : la révoltante ingérence des Etats-Unis





Mais qui sont les vrais démocrates ?

La présidence d’Hugo Chavez est un sujet clivant. D’une part, les manières autocratiques de l’ancien dirigeant du pays peuvent choquer à raison les partisans sincères de la démocratie. Mais de l’autre, il faut bien constater que l’ancien président Carter avait jugé que la démocratie vénézuélienne fonctionnait mieux que celle de son pays. Que lorsqu’il a perdu un référendum, il a suivi l’avis du peuple (contrairement à nos dirigeants en France après 2005). Du coup, il est essentiel de diversifier ses sources d’information : le blog d’Alexis Martinez sur Ragemag en est une très recommandable.

Alors que la plupart des sondages lui promettaient une victoire large, comme pour Hugo Chavez, Nicolas Maduro a rassemblée 50,7% des suffrages, contre 48,9% à son adversaire, avec une participation proche de 80%. Bref, des scores qui ne souffrent pas de contestation en principe, d’autant plus que le processus électoral est particulièrement bien encadré au Vénézuela avec de nombreux observateurs des deux camps assurant le respect de la volonté du peuple.

Malheureusement, Henrique Capriles, comme José Luis Obrador au Mexique, n’a pas reconnu le résultat et demande un recomptage, provoquant de graves tensions. Des manifestations se sont malheureusement soldées par plusieurs morts et blessés, les deux camps s’accusant mutuellement des troubles. Les Etats-Unis ont plaidé pour un recompte des voix, le porte-parole de la Maison Blanche estimant qu’il s’agissait d’une étape « importante, prudente et nécessaire ».

Comme le rapporte Jean Ortiz, cette ingérence des Etats-Unis est proprement scandaleuse. Qu’auraient-ils dit si nous nous étions officiellement mêlés de l’élection qui avait vu Georges Bush Junior l’emporter sur Al Gore de manière très contestable ? Non seulement Washington est mal placé pour donner des leçons de démocratie, entre l’épisode de 2000, les découpages délirants ou les manœuvres pour éviter de faire voter certains électeurs, mais l’organisation de putschs militaires en Amérique du Sud et le soutien mené contre Hugo Chavez en 2002 devrait plutôt l’inciter à faire profil bas ici.

Le chavisme survit (pour l’instant) à Chavez

mardi 12 mars 2013

Hugo Chavez meurt, mais pas le chavisme


Le président tout juste réélu du Vénézuela s’est éteint. Si certaines critiques dénoncent son autoritarisme et le rôle du pétrole dans son succès, il est resté dans un cadre démocratique et a mené une politique dans le sens de l’intérêt général. Du coup, son message devrait continuer à porter.

Un bilan globalement positif

Hugo Chavez aura été un président très contesté dans nos médias, qui tendent majoritairement à souligner les côtés obscurs de ses 14 années de pouvoir. Cependant, un examen plus impartial nuance fortement ces critiques, comme le résume très bien Melclalex sur son blog. Si certains soulignent à raison son autoritarisme et les conditions pas toujours parfaitement démocratiques des campagnes électorales au Vénézuela, l’ancien président Jimmy Carter a jugé que « le processus électoral (y) était le meilleur du monde et celui des Etats Unis probablement un des pires ! ».

Il ne faut pas oublier que les Vénézueliens ont souvent voté sous sa présidence Chavez et que personne n’a sérieusement remis en question les résultats en faveur de l’ancien président. Qui plus est, quand il a perdu, il l’a accepté, ce qui ridiculise ceux qui lui font un procès en dictature. Mais c’est surtout le bilan social du chavisme qui est positif. En effet, sous son mandat, l’alphabétisation a progressé, la pauvreté a été divisée par deux, l’accès au soin et à l’éducation s’est développé.

Bien sûr, cela a été rendu possible par l’immense manne pétrolière, mais au moins cette manne a profité à la grande majorité, ce qui est loin d’être toujours le cas dans les pays qui ont de grandes richesses naturelles. L’indice de Gini est passé 0,46 à 0,39, signe d’une baisse des inégalités peu commune de nos jours. Alors, bien sûr, on peut pointer le niveau élevé de violence, l’inflation ou l’anémie de l’économie privée et de l’agriculture, qui fait que le pays dépend des importations pour se nourrir. Néanmoins, au global, le bilan des 14 années de chavisme pour le pays est globalement positif.

Un message pour l’Europe

lundi 8 octobre 2012

Hugo Chavez : l’avenir de l’Europe d’après le néolibéralisme ?


Hier, Hugo Chavez a été réélu président du Vénézuela, près de 14 ans après sa première élection. Son image est assez sulfureuse en Europe, où il est souvent abusivement assimilé à un dictateur. Faut-il voir dans son parcours une bande-annonce de ce qui pourrait arriver chez nous ?

Un président populaire et social

The Economist et Le Monde ont consacré chacun un long dossier au chef de la révolution bolivarienne. S’ils ont un net biais négatif à l’égard d’Hugo Chavez, quelques arguments de la défense sont retenus, comme la tribune « Hugo Chavez, un homme diffamé » co-signée par Jean-Luc Mélenchon. Ce papier met en avant le recul de la pauvreté et des inégalités, reconnu par l’ONU : « la mortalité infantile a été divisée par deux, l’analphabétisme éradiqué ». Il dénonce ceux qui évoquent un « régime dictatorial » en soulignant que les vénézuéliens ont voté 14 fois en 13 ans et que les organisations internationales reconnaissent que les scrutins se passent dans de bonnes conditions.

Quand on compare avec d’autres pays qui bénéficient d’une manne de matières premières, on constate que l’ensemble de la population en bénéficie bien plus largement qu’ailleurs. En outre, le fait de vouloir garder le contrôle de l’exploitation des ressources du sous-sol du pays est parfaitement légitime car il s’agit d’un bien public. En fait, les deux auteurs soulignent la mauvaise  foi d’une partie des médias, qui viendrait en partie de la remise en cause des dogmes néolibéraux par le régime chaviste.

De vrais angles morts

Néanmoins, il ne faut pas idéaliser l’expérience chaviste, de même que celle de l’Argentine, comme je l’avais étudié cet été. La tribune de Marc Saint-Upéry souligne les carences du modèle chaviste : l’inflation, la stagnation économique ou les difficultés du secteur privé, parfois malmené. L’économie du pays est extrêmement dépendante de la rente pétrolière et même si elle a le mérite d’être assez justement répartie, le Vénézuela en dépend à 80% pour ses exportations.

En outre, comme le souligne Marc Saint-Upéry, si le pays est une démocratie, il souffre d’un manque de dialogue social et de tolérance à l’égard des opinions différentes. Sur les médias, le sujet reste compliqué puisque d’une part, Mélenchon affirme que la liberté d’expression n’est pas bridée, alors que The Economist souligne la criante inégalité de couverture de la campagne ou la publication des noms de ceux qui avaient soutenu le référendum de destitution de 2004.

Le futur de l’Europe ?