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jeudi 28 août 2014

Chômage, mise en chantiers, épargne : la triple faillite de l’équipe confirmée par Hollande


Ce n’est pas le moindre des paradoxes. Alors que François Hollande et Manuel Valls ont confirmé leur ligne en éjectant les quelques éléments un peu critiques du gouvernement, les derniers chiffres qui viennent de tomber sanctionnent la faillite complète de la politique menée depuis plus de 2 ans.



Une triple sanction dans les chiffres


Il faut dire que pas un secteur ne va bien, au premier rang desquels, l’immobilier, qui ne digère pas la loi Duflot, qui s’additionne au climat économique morose. Les mises en chantiers sont en recul de 10,8% sur un an, même si le nombre de permis de construire se stabilise. En 2013, 331 867 logements neufs ont été mis en chantier, en baisse de 4,2%, contre un objectif d’un demi-million, dans un secteur crucial pour l’emploi. Et assez logiquement, face à cette crise qui dure depuis 6 ans, les ménages épargnent davantage puisque le taux d’épargne est passé à 15,9% au premier semestre 2014 contre 14,7% au dernier trimestre 2013, selon les chiffres de la Banque de France. Mais cela pèse sur la croissance puisque qu’au manque de progression des salaires s’ajoute une augmentation de la part non dépensée…

L’impasse acclamée par le patronat

lundi 5 mai 2014

La bêtise des marchés n’a pas de limites



Du jugement des dettes souveraines

Le succès récent de la vente de bons du trésor grec illustre le nouveau changement d’humeur des marchés. Début 2009, tous les Etats de la zone euro pouvaient emprunter à peu près au même taux, une absurdité quand on examinait un tant soit peu les différences colossales entre Berlin, Madrid, Paris ou Athènes. La crise qui a suivi a démontré la faillite des marchés à produire des taux justes puisqu’ils ont nourri un excès de dettes (privé, plus encore que public) dans de nombreux pays (Espagne et Irlande notamment), qui ont mené à la crise de la zone euro. Bref, la main invisible était celle d’un dealer vendant sa marchandise à si bas coûts que cela a provoqué quelques overdoses...


Les marchés étant excessifs à la hausse comme à la baisse, début 2012, la dette à 10 ans d’Athènes s’échangeait avec un taux annuel théorique supérieur à 40%, la dette portugaise dépassant les 15% ! Là encore, on peut imaginer qu’un tel taux était absurde et était le pendant inverse des excès passés. De tels niveaux étaient assez ridicules par rapport à ceux des pays émergents. En deux ans, la situation s’est complètement renversée puisque la Grèce peut emprunter à 5% à 5 ans et que la dette à 10 ans de l’Italie et l’Espagne dépasse à peine le cap des 3% (contre près de 7% au pire de la crise de la zone euro). Difficile de ne pas croire que, là encore, la baisse des taux est excessive.

Où l’Etat entre en jeu

vendredi 7 février 2014

La Grande-Bretagne sous stéroïdes financiers


L’accélération de la croissance outre-Manche a fait de Londres le modèle qu’il faudrait suivre. Passons sur les leçons de l’histoire qui avaient déjà fait de ce pays un modèle avant qu’il ne s’effondre (comme d’autres), la simple lecture de The Economist montre que cela est totalement exagéré.



Une croissance totalement déséquilibrée

Le plus amusant est qu’il y a quelques jours, The Economist avait manipulé les chiffres pour montrer le plus grand dynamisme de la Grande-Bretagne par rapport à la France. Il faut dire que le pays affiche fièrement 1,9% de croissance sur l’année 2013, alors que la zone euro est en récession. Cependant, depuis un an, le même journal n’a cessé de nous alerter sur ses déséquilibres économiques : bulle immobilière, bulle de crédit, manque d’investissements, salaires en baisse, reprise par une consommation à crédit. Bref, même les britanniques reconnaissent que leur économie est déséquilibrée.


 En effet, il y a un grand paradoxe dans la reprise britannique. Elle repose sur la consommation des ménages alors même qu’ils perdent du pouvoir d’achat de manière continue depuis 2008 ! En effet, le moteur du crédit tourne de manière inquiétante : la croissance de la masse monétaire est revenue à 9% par an, le rythme d’avant la crise de 2008, qui a mené des banques à la faillite. Et cette masse de crédits finance notamment une nouvelle bulle immobilière, les prix étant repartis à la hausse, et faisant du pays un des pays les plus chers au monde. En effet, cette masse de crédit ne sert pas à financer des investissements, qui sont en recul de 20% par rapport à 2006, malgré la réussite de l’automobile.

Des modèles à la mode en économie

jeudi 21 novembre 2013

Immobilier : et si les conditions de crédit justifiaient les prix ?


C’est curieusement un angle mort de la réflexion. Pourtant, selon l’Observatoire du Crédit Logement, environ 75% du coût d’achat est financé par l’emprunt. Les prix de l’immobilier devraient donc être mesurés en coût complet, incluant le coût du crédit. Voilà qui donne une perspective différente.

Des conditions de crédit bien plus favorables


D’abord, je tiens à remercier Jacques Friggit et la CGEDD pour les données accumulées, et mises à disposition, ce qui m’a permis de faire une analyse remontant à 1984. Sans eux, il serait difficile de remonter aussi loin en ayant des données consistantes, nécessaires à toute analyse statistique. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que les conditions de crédit se sont grandement améliorées. En 1984, le taux d’emprunt était de 13,3% par an, contre 3,1% aujourd’hui. Jusqu’en 1993, il est resté supérieur à 8% par an. Il est tombé autour de 5% au tournant du siècle et encore plus bas après la crise, sous l’effet des politiques monétaires. Ceci a permis une remontée de la durée d’emprunt, passée de 14 ans à 17/18 ans depuis. Il faut noter que ce niveau n’est pas exceptionnel puisqu’en 1919, 50% des emprunts étaient à plus de 30 ans et 40% à 21-30 ans !



Mais si ces chiffres démontrent bien l’amélioration des conditions du crédit, un calcul, réalisé sur le site lafinancepourtous, permet d’en saisir plus concrètement l’impact en prenant l’exemple d’un crédit de 100 000 euros. En 1984, aux conditions moyennes de crédit (taux et durée), la mensualité pour le rembourser était de 1335 euros. Jusqu’en 1995, nous sommes restés autour de 1000 euros. Aux conditions actuelles, emprunter 100 000 euros revient à seulement 628 euros par mois. Si la durée est plus longue, il faut noter que le coût total du crédit a énormément baissé. Quand on empruntait 100 000 euros en 1990, les intérêts ajoutaient la bagatelle de 86 000 euros au coût total. Depuis la fin des années 1990, les intérêts n’ajoutent qu’environ 40% au coût d’un achat et même seulement 29% début 2013. Du coup, si le prix d’achat d’un bien immobilier a bien progressé de 106% par rapport aux revenus depuis 1984, en revanche, le coût complet pour un bien acheté 100% à crédit, n’a progressé que de 23% par rapport aux revenus, presque cinq fois moins ! Pour un crédit finançant 75% du prix du bien (la moyenne en 2013), alors, la progression est de 44%, certes importante, mais beaucoup moins inquiétante que les 106% initiaux.



Un niveau d’endettement à relativiser

mercredi 20 novembre 2013

Pourquoi le krach immobilier semble inévitable


Depuis l’effondrement des marchés immobiliers étasunien, espagnol et irlandais, plusieurs analystes, dont je fais partie, soutiennent qu’il y a un risque de krach du marché immobilier en France. Il est vrai que de nombreuses données indiquent que la situation est très dangereuse.

Des prix objectivement très élevés

Ici, il faut remercier Jacques Friggit, du CGEDD, qui a amassé et traité une quantité phénoménale de données, permettant d’analyser les prix de l’immobilier depuis 1200 ! Dans un dossier extrêmement complet, il fait un historique du marché immobilier dans notre pays qui donne une perspective de long terme aux prix de l’immobilier. Il est notamment connu pour ce que l’on appelle « Le tunnel de Friggit », une mesure du prix des logements, rapporté au revenu disponible par ménage. Avec cet indicateur, il montre qu’en France, depuis 1965, ce rapport a évolué dans un tunnel de plus ou moins 10% pendant près de 40 ans. Certes, Paris et l’Ile de France sont sorties de ce tunnel à la fin des années 1980, mais y sont revenus à la fin des années 1990.



La France est sortie du tunnel au début des années 2000. Alors que l’indice évoluait entre 0,9 et 1,1 (1 étant la base de 1965), il a atteint 1,8 en 2007. Et s’il a chuté pendant la crise, il est revenu à ces niveaux dès 2011. Il est aujourd’hui à 1,76. La situation est encore plus préoccupante au niveau de l’Ile de France, à 2,06, et à Paris, à 2,46. Au plus haut de la précédente bulle immobilière, au début des années 1990, l’Ile de France avait dépassé 1,4 et Paris 1,5. L’analyse du tunnel de Friggit implique que le marché français devrait baisser de 37,5% pour retrouver un niveau cohérent avec la tendance de long terme, de près de 47% en Ile de France et de 55% à Paris ! Il faut rappeler ici que dans les années 1990, les prix avaient baissé de 35% à Paris.

D’autres facteurs d’inquiétude

mercredi 12 juin 2013

La Chine sous la menace d’une bulle spéculative


Certains évoquent la menace d’une bulle immobilière en Chine, du fait de la forte hausse des prix. Mais non seulement il ne faut pas oublier que les revenus augmentent vite également, mais aussi que Pékin veille au grain sur le sujet. En revanche, on peut davantage s’inquiéter de la bulle financière globale.

La menace de The Economist

L’hebdomadaire néolibéral avait vu juste sur la bulle immobilière étasunienne, prévenant des années de le hausse totalement excessive des prix et du gros risque de krach. Au regard de ses travaux sur ce sujet, ils affirment qu’il n’y a pas vraiment de risque sur le marché immobilier chinois. En effet, les autorités du pays n’hésitent pas à intervenir pour casser les hausses de prix, en réduisant la part du financement par le crédit, en limitant les achats de plusieurs biens, ou en agissant directement à la source, à savoir en diminuant le montant des crédits bancaires dans ce secteur.



En avril, The Economist avait souligné l’envolée des crédits non conventionnels. En effet, le montant des prêts bancaires a progressé de 100 à 130% du PIB de 2008 à 2012, démontrant que la croissance chinoise se fait aussi à crédit… Mais alors que ce montant a fortement progressé en 2009, pour contrer les effets de la crise mondiale, depuis, sa progression est bien plus limitée. En revanche, le montant des autres crédits s’est envolé depuis 2008. Alors qu’ils pesaient un peu moins de 25% du PIB en 2008, ils approchent le cap des 70% du PIB quatre ans plus tard, signe d’une bulle spéculative.

C’est pour cette raison que l’agence de notation Fitch a décidé de baisser la note de la Chine d’un cran (à un bon niveau néanmoins), alors que l’Etat est endetté à hauteur de moins de 50% du PIB et que le niveau d’épargne est une forme de protection pour les banques et le pays (qui ne dépend pas des volatiles capitaux extérieurs, « l’argent chaud »). Néanmoins, un immense secteur financier non bancaire se développe et comme le souligne Charlene Chu, de Fitch : «  certains de ces secteurs sont tellement nouveaux que personne n’a vraiment une autorité régulatrice sur eux ».

Des parallèles avec la crise de 1929

samedi 25 mai 2013

Le krach de l’immobilier en France a-t-il commencé ?


Cela fait bientôt trois ans que  la question se pose : la France va-t-elle subir un krach immobilier comparable à celui des Etats-Unis, de la Grande-Bretagne et de l’Espagne ? Entre le niveau très élevé des prix et le début de baisse des derniers mois, on peut être tenté d’y croire.

Pourquoi on peut croire à un krach

C’est The Economist qui alerte depuis plusieurs années sur le niveau trop élevé des prix de l’immobilier en France. Selon leur dernière enquête, les prix seraient surévalusés de 39% par rapport aux loyers et de 34% par rapport aux salaires, ce qui marque une légère décrue néanmoins (il y a six mois, nous étions à 49% et 38% respectivement), du fait de la baisse des prix de 1,7% depuis l’an dernier. Le marché français est aujourd’hui d’assez loin le marché le plus cher d’Europe.



Les statistiques de l’hebdomadaire britannique sont inquiétantes. L’Espagne, où les prix ont baissé de 7,7% depuis un an (et 26,5% depuis 2007), apparaît encore surévaluée de 15% environ. L’Italie, où ils ont baissé de 4% depuis un an (et 11% depuis 2007) est encore légèrement surévaluée. Le marché britannique, stable depuis un an, mais en recul de 11% depuis 2007), est surévalué d’environ 15%. Enfin, l’Allemagne, où les prix ont progressé de 3,4% depuis un an, reste sous-évaluée de 17%. A noter que les prix décollent de 9% aux Etats-Unis mais qu’ils restent sous-évalués de 15%.

Bref, à part des pays émergents (Hong Kong ou Singapour) ou des pays dits développés mais riches en matières premières (Canada, Austraiie), la France semble en première ligne pour subir elle-aussi un krach immobilier significatif. Et le début de la décrue des prix pourrait bien indiquer le début de la fin. En outre, le nombre de transactions a baissé de plus de 20% en 2012, et le montant des crédits immobiliers s’est effondré de 26%. Ce sont typiquement les signes avant-coureur traditionnels d’un retournement de marché, comme le souligne Wolf Richter sur Atlantico.

Le krach est-il inévitable ?

lundi 14 janvier 2013

Immobilier : la menace d’un krach se précise


En octobre dernier, j’avais écrit un papier qui s’interrogeait sur la possibilité d’un krach immobilier en 2013-2014. Depuis trois mois, de nouveaux éléments confirment le risque d’un ajustement sévère sur le marché français, qui reste encore protégé par le faible niveau des taux d’intérêts.

Le seuil d’alerte est franchi

Il ne faut pas oublier ici que le marché immobilier français avait connu un très fort ajustement à la baisse, de 1991 à 1998, perdant alors un tiers de sa valeur. Depuis, les prix se sont envolés, notamment à Paris, où le mètre carré est passé de 2400 à 8500 euros, une progression de 250% ! En outre, comme le rappelle The Economist, la France est un des pays où les prix de l’immobilier sont les plus surévalués, de 50% au regard du niveau des loyers et de 35% par rapport aux revenus.

Pire, et c’est un signe avant-coureur traditionnel de retournement de marché, « le nombre de transactions de logements anciens en France s’est élevé à 650 000 en 2012 » selon le président du réseau Century 21, cité par le Huffington Post, soit une baisse de 25% par rapport à 2011. En effet, en général, avant une baisse des prix, le nombre de transactions baisse, à la fois par une baisse de la demande et une restriction volontaire de l’offre, pour éviter de faire baisser les prix.

Mais en général, cela ne dure pas du fait des ventes dites « forcées », qui finissent par provoquer un déséquilibre entre l’offre et la demande. D’ailleurs, au global, les prix ont baissé de 1,6% en 2012. Encore pire, le gouvernement semble avoir pris conscience des problèmes posés par des prix de l’immobilier trop élevés, qui pénalisent la compétitivité de la France (en Allemagne, les loyers sont nettement plus faibles) et a indiqué son souhait d’une baisse des prix.

Le krach est-il certain ?

vendredi 28 décembre 2012

Quand Sapir et le FMI se rejoignent pour critiquer le gouvernement


Il n’est pas fréquent que Jacques Sapir et le FMI soient d’accord. Mais quand ils le sont pour dénoncer la politique menée par le gouvernement socialiste, cela confirme clairement qu’il pratique bien « la méthode Coué » pour sa politique économique, décidemment calamiteuse.

Croissance en berne

Cela fait des mois que Jacques Sapir critique les hypothèses de croissance prises par le gouvernement et qu’il avertit qu’il sera impossible de tenir tant les objectifs de croissance (0.8%) que les objectifs de déficit (3% du PIB), à moins de mettre en place des plans d’austérité qui nous plongeraient dans la dépression. De manière étonnante, le FMI vient d’apporter de l’eau à son moulin et recommande au gouvernement de revoir à la baisse ses ambitions de baisse des déficits.

Et il faut dire que ce double objectif semble très improbable. En effet, il semble totalement illusoire de prévoir une accélération de la croissance en 2013. Tout va pousser, au contraire, à un ralentissement de l’activité : la plupart de nos voisins seront en récession, la hausse du chômage pénalise la consommation, l’immobilier s’effondre depuis quelques mois (les mises en chantier baissent de plus de 20%) et l’ajustement budgétaire de 30 milliards va, lui aussi, largement peser sur la croissance.

Bref, éviter la récession serait déjà une belle réussite, même si on peut espérer du mieux dans la croissance aux Etats-Unis (du fait de l’immobilier, si les républicains et les démocrates s’entendent pour repousser le plafond de la dette) et en Chine (où les signes de reprise économique se multiplient). Le problème est que la France ne profitera pas de cette reprise du fait de l’euro cher et du niveau du coût du travail qui condamne la plupart des implantations industrielles dans l’hexagone.

Faut-il respecter les 3% de déficit ?

jeudi 13 décembre 2012

L’Espagne, l’autre bombe de la zone euro


Si l’incendie grec est aujourd’hui temporairement contenu, fût-ce au prix de la torture de la population locale, d’autres fronts sont ouverts au sein de la zone euro. Outre la tension en Italie avec la démission de Mario Monti, la situation des banques espagnoles devient de plus en plus préoccupante.

La crise financière s’aggrave

Les chiffres avancés par The Economist sont extrêmement spectaculaires. En effet, le pourcentage de prêts en retard de paiement ne cesse de progresser dans la péninsule ibérique. Alors que ce taux était inférieur à 1% avant la crise, il est monté à 4% en 2009 pour les prêts aux ménages, avant de baisser à 3% fin 2011. Mais cette année, il est remonté à près de 4%. En outre la situation est encore plus préoccupante pour les prêts aux entreprises, où la situation se dégrade rapidement.



Le pourcentage de prêts en retard de paiement est d’abord monté de moins de 1% à 7% mi-2010 mais depuis 2011, la situation empire rapidement trimestre après trimestre, au point qu’aujourd’hui pas moins de 15% des prêts aux entreprises sont dans cette situation. Cette dégradation rapide est extrêmement problématique car elle signifie que l’on ne sait pas aujourd’hui quels sont les besoins réels des banques et que la situation n’est en aucun cas stabilisée.

Pire, l’Espagne est rentrée dans un cercle vicieux où la récession nourrit la récession, en affaiblissant la situation de nombreuses entreprises. Le tout est renforcé par une politique d’austérité complètement contre-productive où les coupes massives de dépenses dépriment plus encore la demande, et donc la production, faisant reculer PIB et recettes fiscales. Ce faisant, l’Espagne ne parvient pas à réduire son déficit budgétaire plus rapidement que les Etats-Unis, qui n’ont pas d’austérité eux.

Une crise des subprimes au ralenti

samedi 6 octobre 2012

Immobilier : vers un krach en 2013-2014 ?


Bien sûr, il est impossible de prévoir avec certitude quand le marché français, et notamment parisien, va se retourner. Mais les circonstances et plusieurs faits indiquent que ce moment pourrait bien approcher, alors même qu’aux Etats-Unis, la reprise se confirme, avec une hausse des prix de 5,9% en 2012.

Une bulle qui gonfle, qui gonfle

Cela fait déjà depuis plus de deux ans que je parle de la bulle immobilière de notre pays, qui n’a été que très temporairement et très légèrement dégonflée lors du pic de la crise financière en 2008-2009. En effet, les prix sont repartis rapidement à la hausse, notamment à Paris, où ils ont progressé de plus de 25%. Mais depuis quelques mois, la situation commence à se tendre sur le marché français, avec de nombreux signes avant-coureurs d’un retournement qui pourrait être douloureux.

Tout d’abord, même si les prix viennent de battre un nouveau record à Paris, à 8410 euros le mètre carré, les prix commencent à baisser dans certains arrondissements et plus encore dans un certain nombre de villes. Et il y a deux indices annonciateurs d’un retournement. Tout d’abord, comme le rapporte Challenges, les transactions ont baissé de 20%. Ensuite, malgré des taux en baisse, le volume de crédits a baissé de 29% au troisième trimestre ce phénomène s’accélère

Pour l’instant, les prix résistent à Paris, mais cela s’explique principalement par le fait que les propriétaires ne mettent pas en vente leur logement pour éviter de déséquilibrer le marché et pousser les prix à la baisse. Mais cela pourra-t-il durer ? En outre, comme l’a rappelé The Economist dans son dernier indice des prix, la France est, en Europe, après la Belgique, le pays où les prix sont les plus surévalués, de 43% en moyenne (49% par rapport aux loyers et 38% par rapport aux revenus).

Un marché au bord du précipice

mercredi 15 août 2012

Aux Etats-Unis, l’immobilier pourrait porter la reprise


Cela fait quelques temps que je pointe cette hypothèse et les premiers signes tendant à la valider apparaissent aux Etats-Unis, comme le rapporte The Economist. Si le krach immobilier a été violent, la force de l’effondrement porte en elle un redressement à terme.

Le paradoxe du krach immobilier

De même que les arbres ne montent pas jusqu’au ciel, un marché ne peut pas rester déprimé indéfiniment, quand il s’agit du marché immobilier aux Etats-Unis, pays dont la population augmente sensiblement. La crise de l’immobilier a été extrêmement violente puisque les prix, qui étaient passés d’un indice 80 à 130 en dix par rapport aux revenus, se sont de 34% d'augmentation des prix de 2007 à 2011. Et les mises en chantier, qui avaient dépassé le cap des deux millions ont baissé de 75% en 3 ans !

Mais, comme pour le marché automobile, la violence de la crise est un prélude à une reprise, comme je l’avais écrit à l’été 2009. Certes, il reste des millions de ménages qui risquent de perdre leur maison, du fait de la crise des subprimes, dont toutes les conséquences ne sont pas passées. Mais, aujourd’hui, le prix de l’immobilier aux Etats-Unis est bas selon les évaluations internationales, que ce soit par rapport au niveau des revenus (-22% par rapport à la moyenne historique) ou même aux loyers.

Du coup, on assiste à un début de reprise du marché immobilier. Les prix sont désormais en hausse dans une majorité de grandes villes. Le taux de vacance a baissé, passant de près de 3% à un peu plus de 2%, contre un taux compris entre 1,5 et 2% avant la crise. Et surtout, le nombre de mises en chantier se reprend pour pour la première fois depuis 2006 puisqu’il approche les 700 000 après avoir stagné à 500 000 pendant presque trois ans, chiffre extrêmement bas.

Un puissant facteur de reprise

jeudi 22 mars 2012

Le vent de la reprise souffle outre-Atlantique


Petit à petit, les signes s’accumulent. Les clignotants passent progressivement tous au vert. L’économie étasunienne semble être entrée dans une vraie phase de reprise, comme le rapporte The Economist dans son numéro du 17 mars.

La reprise se confirme

L’an dernier, on se posait la question du risque d’une rechute de l’économie. La crise financière de la zone euro avait accru les risques d’une récession en ajoutant une instabilité des marchés pendant le second semestre. Mais depuis trois mois, la crise financière a pris (temporairement) fin et surtout, les signes de reprise s’accumulent outre-Atlantique. Tout d’abord, alors que l’Union Européenne a vu son PIB reculer au 4ème trimestre, celui des Etats-Unis a progressé de 3%.

Mieux, le rythme de création des emplois s’accélère puisque le taux de chômage officiel est tombé à 8,3%, le niveau le plus bas depuis trois ans et 0,7 point de moins qu’en septembre. Mieux, quand on prend une mesure plus large qui inclut également les personnes découragées de chercher du travail ou qui travaillent à temps partiel mais souhaitent un temps plein, elle baisse encore plus. Enfin, le rythme trimestriel de création d’emplois est au plus haut depuis le printemps 2006.

Deux moteurs majeurs

Le marché automobile est depuis 2009 un moteur de la relance de l’économie. Paradoxalement, c’est l’ampleur de l’effondrement du marché sur 2008 qui explique cela. En 2007, les ventes annuelles atteignaient 16 millions de véhicules. En 2008, elles sont tombées à moins de 10. Début 2012, nous sommes déjà remontés à près de 15 millions, soutenu par une croissance du crédit à la consommation de 5% en rythme annuel, après deux ans de baisse.

Le deuxième moteur de la reprise, qui redémarre tout juste, c’est l’immobilier. Contrairement à l’automobile, ce marché n’est pas encore reparti à la hausse et après être descendu si bas, s’il redémarre, il sera un puissant facteur de croissance pour au moins deux ou trois ans, sauf grave choc extérieur. Or, le stock de maisons invendues vient de tomber au plus bas depuis 2006 et l’indice de confiance du secteur a fortement rebondi depuis l’automne, au plus haut depuis mi-2007.

Une reprise en partie illusoire

mercredi 7 décembre 2011

La bulle immobilière française va-t-elle exploser ?


Le baromètre trimestriel de The Economist, rénové à l’occasion, révèle une fois de plus à quel point les prix de l’immobilier en France sont extrêmement élevés. Tout semble indiquer que nous sommes sur le point de voir éclater une nouvelle bulle immobilière, comme dans les années 1990.

Des prix beaucoup trop élevés

L’opinion de l’hebdomadaire britannique n’est pas à prendre à la légère car il avait largement souligné la surévaluation des marchés étasunien, britannique et irlandais dans les années 2000, parlant de bulle bien avant la plupart des économistes et des commentateurs. Leur papier du 26 novembre est à ce titre extrêmement inquiétant pour notre pays. En effet, la France est particulièrement mise en avant parmi les pays dont les marchés sont surévalués.