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lundi 1 juin 2020

Medef, Montaigne, Ifrap : leur inquiétante stratégie du choc (2/2)


S’il y a quelque chose de surréaliste à voir les pires tenants du système faire des propositions aussi injustes socialement que dangereuses économiquement, il ne faut sous-estimer leur impact. Parce que ces mesures risquent d’être à l’agenda de Macron, il faut veiller à bien décrypter leurs arguments afin de mieux tenter de les mettre en échec en démontrant leur nocivité.




Un aller sans retour vers la situation étasunienne


lundi 25 mai 2020

Medef, Montaigne, Ifrap : leur inquiétante stratégie du choc (1/2)


Il ne faut pas croire que cette crise permettra d’améliorer le (mauvais) cours de nos sociétés, ni même certains choix (délocalisation, bas salaires du personnel soignant) aujourd’hui décriés. Car comme après la crise de 2008, si nos dirigeants font mine de se remettre en cause, les tenants du système actuel poussent leurs pions pour renforcer leurs projets et poursuivre dans la même voie.




Après-demain, austérité et régression sociale au carré



jeudi 25 mai 2017

mercredi 16 décembre 2015

SMIC, chômage : le PS persiste dans le côté obscur




Antisocial sur le pouvoir d’achat

Malheureusement, le choix du gouvernement sur le SMIC n’est pas une surprise. Juste après son élection, François Hollande s’était contenté d’un coup de pouce de 0,6% au-dessus du minimum légal. Pas cher payé pour une majorité qui se dit socialiste. Il faut rappeler, encore et encore, que le Jacques Chirac de la fracture sociale avait accordé 2% de coup de pouce à son élection en 1995. Quand la droite pourtant post-gaulliste parvient à être trois fois plus généreuse que le parti dit socialiste ! Et depuis, rien. Le gouvernement n’a pas accordé le moindre coup de pouce supplémentaire depuis trois ans et demi, un fait qui en dit long sur ses priorités et le choix destructeur de la compétitivité à tout prix. Pire, la rémunération des patrons du CAC40 a augmenté dix fois plus rapidement, soit +6% en un an.

Même si ce choix tient aussi à la structure de notre fiscalité, il faut rappeler que c’est le libre-échange non maitrisé avec des pays où les salaires sont 10 ou 20 fois plus bas qui met la pression sur le niveau des bas salaires. Mais parce qu’elle refuse de remettre en question le libre-échange anarchique, les « socialistes » en viennent à adopter l’agenda salarial du Medef d’un blocage du SMIC, alors même que les économistes soulignent que la hausse des bas salaires est un moteur pour la croissance (pour peu que l’on maîtrise les importations bien sûr). Et ce choix est encore plus effarant qu’un débat émerge sur le niveau du SMIC, en Allemagne, en Grande-Bretagne ou même aux Etats-Unis, avec la volonté de le revaloriser. Bref, Hollande continue à mener la politique de la droite la plus stupide.

La découverte du chômage de masse

jeudi 25 septembre 2014

Le Medef, vautour du néolibéralisme


Les propositions du patronat sur l’emploi sont enfin sorties. Initialement programmées pour les universités d’été d’août, puis mi-septembre, les évènements politiques et le souci de ne pas prendre la majorité de front ont poussé Pierre Gattaz a temporisé, sur la forme, mais pas le fond.



Laisser faire et moins disant

Comme le note bien le Monde, « au final, malgré les reports de présentation, le document sur le fond n’a connu que des changements mineurs ». Et même si Pierre Gattaz a tenu à faire préciser sur le compte Twitter du Medef que « nous ne remettons en cause ni le SMIC ni les 35 Heures », la réalité est toute autre. En effet, le Medef propose de donner la liberté aux entreprises de fixer le temps de travail, en accord avec les syndicats, sans dépasser néanmoins 48 heures par semaine, Pierre Gattaz ayant précisé qu’il ne voulait pas revenir à l’âge de pierre… Juste au 19ème siècle ? Car malgré tout, cela pourrait représenter plus de 30% de temps de travail supplémentaire, et il n’est pas totalement évident que dans leur esprit les salaires seraient ajustés de manière totalement proportionnelle.

En outre, si le Medef ne demande pas une baisse du SMIC, il propose que l’Etat en prenne une partie à sa charge pour les chômeurs de longue durée et insiste encore sur la compétitivité, le mot au nom duquel on casse les salaires partout, y compris chez Air France. Suivent une multitude d’idées très néolibérales : suppression de deux jours fériés, facilitation du travail du dimanche, assouplissement du droit du travail, remise en cause de l’ISF, alors que les inégalités de patrimoine ne cessent d’augmenter. Bref, rien de nouveau sous le soleil: toujours plus de laisser faire, moins d’Etat et de règles et course au moins disant dans tous les domaines. Dommage qu’on ne lui fasse pas suffisamment remarquer que cela est exactement le chemin que l’on prend depuis 30 ans, avec le succès que l’on sait.

Surfer sur la vague néolibérale

mercredi 17 septembre 2014

Valls, l'équilibriste qui marche sur un fil qui mène vers le vide


Hier, le Premier Ministre a prononcé un nouveau discours de politique générale et a obtenu le soutien de 269 députés. Même si le fond reste le même, sur la forme, Manuel Valls modère un peu son enthousiasme eurolibéral, sans doute un hommage à la synthèse chère à son chef…



Quelques gages donnés à son aile gauche

Le discours d’hier aurait sans aucun doute pu être écrit ou dit par François Hollande, tant il représente son goût de la synthèse avec le maintien sans nuance du cap politique qui consiste à tout miser sur une illusoire baisse du prix du travail de 40 milliards, tout en donnant quelques gages à l’aile gauche du PS, qui doit aussi avaler la réduction des déficits publics, le blocage du SMIC et d’autres mesures antisociales. Manuel Valls a ainsi procédé à quelques annonces destinées à tempérer les ardeurs sécessionnistes des frondeurs. Après avoir baissé les impôts de 4 millions de ménages en 2014, 6 millions en profiteront en 2015. Le minimum vieillesse est revalorisé de… 1% et les 35 heures sont sanctifiées.

Encore mieux, après avoir été applaudi debout aux universités d’été du Medef, il lui a envoyé une mise en garde contre la « provocation » et la « surenchère ». Bourde de Pierre Gattaz qui, suite aux déclarations d’amour d’août s’est laissé emporter par son enthousiasme naissant, ou chorégraphie qui arrange l’un et l’autre ? Enfin, il a soutenu que « la France décidait elle seule de ce qu’elle devrait faire » en matière de budget, une contradiction totale avec le TSCG, cette camisole budgétaire signée en début de mandat. Bref, nous sommes dans la situation paradoxale où, alors qu’il donne quelques petits gages à son aile gauche, celle-ci s’abstient lors du vote de confiance au gouvernement.

Le néolibéralisme, version gauche

jeudi 28 août 2014

Chômage, mise en chantiers, épargne : la triple faillite de l’équipe confirmée par Hollande


Ce n’est pas le moindre des paradoxes. Alors que François Hollande et Manuel Valls ont confirmé leur ligne en éjectant les quelques éléments un peu critiques du gouvernement, les derniers chiffres qui viennent de tomber sanctionnent la faillite complète de la politique menée depuis plus de 2 ans.



Une triple sanction dans les chiffres


Il faut dire que pas un secteur ne va bien, au premier rang desquels, l’immobilier, qui ne digère pas la loi Duflot, qui s’additionne au climat économique morose. Les mises en chantiers sont en recul de 10,8% sur un an, même si le nombre de permis de construire se stabilise. En 2013, 331 867 logements neufs ont été mis en chantier, en baisse de 4,2%, contre un objectif d’un demi-million, dans un secteur crucial pour l’emploi. Et assez logiquement, face à cette crise qui dure depuis 6 ans, les ménages épargnent davantage puisque le taux d’épargne est passé à 15,9% au premier semestre 2014 contre 14,7% au dernier trimestre 2013, selon les chiffres de la Banque de France. Mais cela pèse sur la croissance puisque qu’au manque de progression des salaires s’ajoute une augmentation de la part non dépensée…

L’impasse acclamée par le patronat

samedi 3 mai 2014

Gagner la guerre des mots contre le néolibéralisme


Après avoir étudié la guerre des mots que nous devons mener pour s’opposer à la signature du traité transatlantique, il ressort également de ce traité tous les poncifs néolibéraux pour défendre le laisser-faire et le laisser-passer, auxquels il faut également faire un sort.



Maquiller la jungle

Libéralisation : c’est un des termes les plus employés pour défendre les politiques économiques menées depuis quarante ans. Mais derrière ce terme, se cache en réalité la promotion de la loi de la jungle, la loi du plus fort, une anarchie néolibérale, que les démocraties ne pourraient plus maîtriser. En réalité, il s’agit d’une forme de retour à l’état de nature, une déconstruction de ce qui fait l’humanité. Car il s’agit d’une vision extrême de la liberté, jamais encombrée par les principes d’égalité et de fraternité notamment.

Une plus grande ouverture : voici un mot utile pour les néolibéraux. Qui peut vouloir être pour la fermeture plutôt que l’ouverture ? Un bon moyen de biaiser les débats. Mais en réalité, dans le traité transatlantique, il s’agit en fait d’une moindre protection, et du règne de l’argent, du laisser-faire et du laisser-passer

Intégration économique : forcément, dire que l’on va autoriser la vente du bœuf aux hormones étasunien en Europe n’est pas très motivant. La normalisation des normes est un terme trop technique, un peu effrayant. Les néolibéraux ont donc trouvé le terme d’intégration, porteur de valeurs positives, pour maquiller les desseins du traité transatlantique. Et si on disait restriction de notre possibilité de choisir ce que nous mangeons et consommons ? L’intégration devient alors beaucoup moins souhaitable.

Sur les grands débats du moment

jeudi 17 avril 2014

L’attaque révoltante et rétrograde du Medef sur le niveau du SMIC


Par une sinistre ironie de l’histoire, alors même que l’ancienne SEITA vient de décider de fermer une usine française pour délocaliser sa production en Pologne (où les salaires sont cinq fois plus bas), Pierre Gattaz, patron du Medef, prend la suite de Pascal Lamy pour réclamer la création d’emplois payés moins que le SMIC. Une attitude révélatrice de notre époque.


De l’ultra-libéralisme culturel, ou le règne du chacun pour soi

Il est tout de même totalement incroyable que le patron du Medef, Pierre Gataz, ne se soit pas rendu compte qu’il est profondément indécent de demander une baisse du SMIC, d’autant plus que les déclarations dans ce sens du « camarade socialiste » Pascal Lamy il y a quelques jours avaient déclenché une forte colère dans le pays. Comment peut-il demander cela alors que le pouvoir d’achat de la population (et notamment des classes populaires) baisse et que les revenus et la richesse des plus grandes fortunes ne cessent d’augmenter ? Alors que tout le monde commence à comprendre que la montée des inégalités menace notre société, voilà qu’il propose de les augmenter plus encore !

En fait, cette déclaration est un nouvel exemple de tous les travers du néolibéralisme, selon lequel la somme des égoïsmes pourrait produire de l’intérêt général ! Par-delà l’inhumanité profonde de cette idée, même si la marge des entreprises françaises n’est pas au plus haut, la baisse des salaires n’est pas une solution, car, en baissant le pouvoir d’achat des salariés, cela reviendrait à réduire leur consommation et donc le chiffre d’affaire des entreprises. Cela marque un retour aux idées du patronat  le plus rétrograde du 19ème siècle, d’avant Henry Ford, qui avait compris, lui, qu’une bonne rémunération de ses employés était bénéfique à son entreprise, en augmentant in fine la demande pour ses produits.

De l’euro et du libre-échange et leurs conséquences

mardi 30 avril 2013

Copé et Parisot : les barbares de la mondialisation


L’inexorable progression du chômage et le record atteint la semaine dernière ont provoqué un cortège de réactions. Mais tant l’UMP que le Medef proposent d’aller plus loin encore dans une politique qui a pourtant échoué, comme le montrent l’interview de Laurence Parisot et les propositions de Jean-François Copé.



Laurence Parisot, l’Attila de l’austérité

Il faut écouter l’interview de Laurence Parisot par Jean-Michel Aphatie. La future ex-présidente du MEDEF s’y fait une avocate inflexible de l’austérité budgétaire, usant de sophisme pour essayer de démontrer ce que presque plus personne n’admet aujourd’hui : qu’il faut poursuivre dans une réducation mortifère et suicidaire des déficits publics. Alors que même le FMI a admis l’évidence sur la base d’études scientifiques, elle refuse l’évidence soulevée par les trois dernières années.

Ainsi, alors que le journaliste évoquait le débat actuel sur le changement de politique, sur la nécessité de desserrer la rigueur, elle lui a répondu qu’il « fallait au contraire tout faire pour réduire les déficits ». Elle a justifié cela en disant que les déficits poussaient les impôts à la hausse ce qui pèse à la fois sur le pouvoir d’achat des ménages et la compétitivité des entreprises. Sauf que si on faisait une pause dans la baisse des déficits, il n’y aurait pas besoin de monter les impôts. CQFD.

Mais Laurence Parisot n’a pas seulement nié l’évidence de l’échec des politiques d’austérité, démontré par Jacques Sapir ou Paul Krugman, elle a également justifié de manière très maladroite l’accord entre quelques syndicats de salariés en soulignant qu’il « permet aux entreprises de s’adapter à la conjoncture et au carnet de commande ». En clair, cela facilitera les licenciements dans les périodes de récession comme aujourd’hui et cela va donc accentuer la progression du chômage !

Jean-François Copé, Attila du droit du travail

mercredi 17 avril 2013

Pour Frédéric Lordon, le PS, c’est la droite complexée, les collabos du capital


Il faut lire Frédéric Lordon, un des meilleurs analystes de la crise que nous traversons, alliant rigueur de l’analyse, propositions (volontiers collectivistes) et un style très enlevé. Son sens de la formule en fait un éditoraliste particulièrement saignant, qui, dans sa dernière livrée, éreinte le PS comme jamais.

La contre-révolution du Parti Socialiste



Frédéric Lordon n’a jamais été tendre avec les « socialistes ». Dans un de ses précédents ouvrages, il montrait que le PS avait davantage contribué à la libéralisation de notre économie que la droite. Mais dans ce nouveau papier « Le balai comme la moindre des choses », il cogne dur, finalement bien plus encore que Jean-Luc Mélenchon sur le fond. Et le plus terrible pour l’équipe au pouvoir est que sa démonstration est cruellement bien argumentée et difficilement réfutable.

Il soutient que « c’est bien l’impressionnante continuité de la politique économique qui frappe n’importe quel regard, à commencer bien sûr par la reconduction telle quelle des grandes contraintes européennes – objectif insane des 3% en pleine récession et pacte budgétaire européen (TSCG) négocié-Sarkozy ratifié-Hollande, mais complétée par le déploiement intégral du modèle compétitivité-flexibilité, simplement rêvé par le prédécesseur, enfin réalisé par le successeur ». Pour lui « sans doute l’issue d’une trajectoire historique de long terme qui l’aura vu se déporter tendanciellement, et irréversiblement, vers la droite, le socialisme de gouvernement, après avoir abandonné la classe ouvrière pour se vouer aux dites ‘classes moyennes’, puis ‘moyennes-supérieures’, mais formellement, toujours ‘dans le salariat’, a maintenant fait, un cran plus loin, le choix de l’alliance… avec le capital ».

Frédéric Lordon s’appuie sur le discours de Jean-Marc Ayrault aux universités du Medef, l’ANI (Accord National Interprofessionnel), signé par le Medef (encore…) et la CFDT, l’affaire des Pigeons et le rapport Gallois pour appuyer son propos. Plus globalement, c’est l’agenda compétitivité du gouvernement, sur lequel je suis revenu plusieurs fois, qu’il met en cause. Pour lui, le PS est passé du service indirect des intérêts du capital (désinflation compétitive, monnaie unique, banque centrale indépendante) à des « politiques désormais très ouvertement passées du côté du capital ». Il va jusqu’à les comparer aux munichois, reprenant la phrase de Churchill pour dire que « le socialisme de collaboration – vrai nom du ‘socialisme de l’offre’ – aura l’échec en plus de la honte ».

Le contre-sens du « socialisme de l’offre »