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samedi 3 mai 2014

Gagner la guerre des mots contre le néolibéralisme


Après avoir étudié la guerre des mots que nous devons mener pour s’opposer à la signature du traité transatlantique, il ressort également de ce traité tous les poncifs néolibéraux pour défendre le laisser-faire et le laisser-passer, auxquels il faut également faire un sort.



Maquiller la jungle

Libéralisation : c’est un des termes les plus employés pour défendre les politiques économiques menées depuis quarante ans. Mais derrière ce terme, se cache en réalité la promotion de la loi de la jungle, la loi du plus fort, une anarchie néolibérale, que les démocraties ne pourraient plus maîtriser. En réalité, il s’agit d’une forme de retour à l’état de nature, une déconstruction de ce qui fait l’humanité. Car il s’agit d’une vision extrême de la liberté, jamais encombrée par les principes d’égalité et de fraternité notamment.

Une plus grande ouverture : voici un mot utile pour les néolibéraux. Qui peut vouloir être pour la fermeture plutôt que l’ouverture ? Un bon moyen de biaiser les débats. Mais en réalité, dans le traité transatlantique, il s’agit en fait d’une moindre protection, et du règne de l’argent, du laisser-faire et du laisser-passer

Intégration économique : forcément, dire que l’on va autoriser la vente du bœuf aux hormones étasunien en Europe n’est pas très motivant. La normalisation des normes est un terme trop technique, un peu effrayant. Les néolibéraux ont donc trouvé le terme d’intégration, porteur de valeurs positives, pour maquiller les desseins du traité transatlantique. Et si on disait restriction de notre possibilité de choisir ce que nous mangeons et consommons ? L’intégration devient alors beaucoup moins souhaitable.

Sur les grands débats du moment

lundi 7 avril 2014

L’UE et l’euro, c’est l’Europe de la baisse des salaires


On ne cesse de parler du risque de déflation en Europe. En effet, l’inflation est tombée à 0,7% sur un an, deux fois moins qu’au Japon, qui semble sortir de ce mal. Mais il faut clarifier deux choses : ce terme est le mot politiquement correct pour dire baisse des salaires et c’est cette Europe qui la provoque.


La déflation, l’autre nom de la baisse des salaires

Même les tenants les plus eurobéats de l’UE commencent à s’en inquiéter, comme le montre cette note de l’institut Bruegel, qui s’alarme sur le risque de déflation dans la zone euro. Depuis début 2012, l’inflation ne cesse de baisser dans la zone euro, qui semble prise dans une course sans fin vers la baisse des prix. De manière révélatrice, le phénomène touche encore plus les pays « aidés » par l’UE, ce qui en dit long sur la qualité des potions infligées à ces pauvres pays. Pire, la zone euro se distingue du reste du monde, puisque le Japon, au contraire, semble sortir de la déflation, et si la hausse des prix a ralenti outre-Manche et outre-Atlantique, le phénomène n’est pas aussi marqué…


Mais surtout, derrière les discussions sur la déflation, cela signifie baisse des salaires. Certains néolibéraux diront que ce n’est pas grave car les prix baissent aussi. Mais cette vision froide des choses est réductrice, car tous les prix ne baissent pas : les mensualités d’un emprunt ne sont souvent pas concernées. En outre, une moyenne cache de gros écarts : quand les revenus augmentent en moyenne de 6% aux Etats-Unis, ils baissent 1,6% pour 90% de la population et montent de 31% pour 1%... Et si la déflation est redoutée par les économistes, c’est bien parce qu’elle est génératrice de graves déséquilibres, et, en général, d’un appauvrissement global. C’est pourquoi le Monde a fait un papier intéressant affirmant « pourquoi la baisse des prix en Espagne n’est pas une bonne nouvelle ».

Pourquoi les prix et les salaires baissent ?