Affichage des articles dont le libellé est Irlande. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Irlande. Afficher tous les articles

lundi 9 mai 2016

lundi 19 août 2013

Grèce, Irelande, Portugal : l’échec complet des plans européens





Des dettes insoutenables

C’est The Economist qui émet ce jugement en plein cœur de l’été. Mais son jugement, que partage François Lenglet dans son dernier livre (bientôt en résumé) semble très réaliste. Le graphique de l’évolution de la dette de la Grèce, du Portugal et de l’Irelande est instructif. On connaît le cas grec, avec cette dette, passée de 100 à 170% du PIB. Un accord d’allègement lui a permis de baisser, mais l’effondrement économique du pays l’a fait remonter à 160%. Le Portugal, qui était sous 70% en 2008, vogue vers les 130% du PIB. Et l’Irlande est passée de 30 à 125% du PIB, un quadruplement !

L’Irlande est théoriquement le pays le plus solide, mais l’hebdomadaire britannique souligne que si l’on étudie le PNB (qui exclut les profits des multinationales qui passent par le pays, au contraire du PIB), la situation n’est pas si brillante, avec une dette qui atteint alors 150% du PNB. Pire, le déficit est encore de 7,5% du PIB… Le Portugal est secoué par une crise politique majeure et se pose la question du maintien dans l’euro. Enfin, la situation de la Grèce est toujours aussi dramatique : le pays ne tient toujours pas ses objectifs et aura besoin de toujours plus d’argent dès 2014.

Vers un nouveau défaut ?


samedi 4 mai 2013

Jean-Luc Gréau décrypte la crise de la zone euro


Outre son analyse de la crise globale, Jean-Luc Gréau accorde logiquement une part importante de son analyse aux spécificités de la crise de la zone euro et apporte son eau au moulin des analystes alternatifs comme Jacques Sapir, malgré des idées globalement plus libérales.



Pas une crise des dettes souveraines

Pour lui c’est la crise financière, qui, en provoquant une grave récession, couplée aux plans de sauvetage du système financier, a provoqué la crise des dettes publiques. Il souligne le rôle majeur joué par les déséquilibres dans les échanges entre les pays de la zone euro. Pour lui, notre dette est la conséquence de la réunification allemande (et de la politique de franc cher) et le krach du marché hypothécaire étasunien, deux épisodes qui ont provoqué une hausse de notre endettement de plus de 20% du PIB chacun ! Il souligne que « la dérive (actuelle) trouve son explication principale dans l’impact destructeur de la crise sur nos recettes fiscales et sociales ». Il rappelle aussi à ceux qui vantent le modèle allemand que tous les pays européens ne peuvent pas simultanément être en excédent commercial et qu’il est source d’une pression déflationniste qui explique en partie la crise actuelle.

Il souligne avec ironie que nous sommes passés d’un discours officiel où l’euro nous aurait sauvé à un « il faut sauver l’euro », en rappelant que l’embellie du tournant du siècle était le produit de 3 facteurs extérieurs à l’unification monétaire européenne : la forte demande étasunienne, la montée du dollar (et donc l’euro bon marché) et enfin la baisse des taux, constatée dans le monde entier. En outre, il note que la concurrence de la Chine était encore extrêmement limitée. Malheureusement, l’euro cher et le libre-échange anarchique ont pesé sur la croissance après le krach de la bulle Internet.

Il rappelle le rôle de la divergence des pays de la zone euro en matière d’évolution des salaires ou de croissance du crédit, avec la bulle espagnole (croissance de plus de 20% par an). Il souligne que la situation des PIIGS est totalement disparate : l’Italie, où les ménages sont très peu endettés, la Grèce, que les eurocrates ont laissé dans l’euro en fermant les yeux sur ses comptes, l’Espagne, qui souffre de l’éclatement de sa bulle immobilière, le Portugal, qui n’a plus de croissance depuis plus de 10 ans et l’Irlande, dont la croissance vient de son dumping fiscal, qui attire les multinationales.

L’impossible issue de la crise

samedi 30 mars 2013

Le scandaleux (et discret) 2ème plan d’aide à l’Irlande de la BCE



Quand la BCE refinance l’Irlande en douce

Je tiens à remercier Maguy Girerd pour m’avoir transmis cette information abracadabrantesque peu diffusée dans les médias. Comme le rapporte ce papier fouillé de la Tribune, la BCE et Dublin ont conclu un accord assez stupéfiant en urgence début février. Le point de départ est la procédure de liquidation de l’IRBC (Irish Bank Resolution Corporation), la « mauvaise banque », ou structure de défaisance de l’Anglo Irish Bank et de Nationwide, nationalisées pendant la crise.

Cette liquidation se serait faite dans l’urgence, en quelques heures à peine, pour mettre Dublin en position de force face à la BCE. En effet, l’IRBC avait levé 30 milliards d’euros auprès de la BCE grâce à une reconnaissance de dettes équivalente de l’Etat Irlandais auprès de l’IRBC. Chaque année, Dublin reversait 3 milliards à l’IRBC, qui permettait à cette dernière de rembourser sa créance à la BCE. Mais la liquiditation d’IRBC a cassé ce schéma et imposé une renégociation.

En contre-partie, comme le rapporte la Tribune, l’accord a été remplacé par « le versement direct à la BCE d’une obligation de 40 ans de maturité et portant intérêt à 3% ». Cette substitution devrait permettre au pays d’économiser un milliard d’euros par an au budget en intérêt, soit 0,6% du PIB. Cette obligation représente près de 20% du PIB de l’Irlande (400 milliards à l’échelle de la France). En clair, la BCE vient de monétiser en toute discrétion près d’un cinquième de la dette du pays…

L’arbitraire le dispute au despotisme dans l’UE

jeudi 21 mars 2013

Chypre cèdera-t-il au blocus de la BCE ?


Comme le rapporte Jacques Sapir, un événement grave a eu lieu hier. Le blocus est un acte qui peut s’assimiler à un acte de guerre et la BCE vient de décider de mettre le couteau sous la gorge de Chypre après le vote négatif du Parlement. Un bras de fer révélateur et dangereux.

Le diktat tyrannique de la BCE

La décision de la Banque Centrale Européenne est sans précédent. Certains pensaient que les chypriotes avaient gagné la partie de poker menteur lundi soir et que Mario Draghi n’oserait jamais couper les fonds aux banques de l’île, au risque d’asphyxier son économie. Mais non, le président de la BCE a décidé de réagir vivement au refus du « plan de sauvetage » concocté par les eurocrates et le gouvernement en posant un ultimatum aux dirigeants de l’île pour qu’ils se soumettent.

Il faut dire que les eurocrates ont toujours pu imposer leur volonté. La France et les Pays-Bas disent non au TCE ? Les parlements votent la copie conforme. L’Irlande le refuse ? Elle doit revoter. Le premier ministre grec veut faire un référendum sur le plan ? Il est démis de ces fonctions et remplacé par un pion bien docile. Berlusconi se fait trop remuant ? Lui-aussi est démis et remplacé par un autre pion. Bref, les eurocrates ont l’habitude de passer outre la volonté des peuples, des élus ou des dirigeants. Cela est encore plus choquant avec la BCE car elle n’est responsable devant personne.

Ce faisant, cela montre que quand elle le veut vraiment, l’UE peut taper du poing sur la table. Alors pourquoi ne l’a-elle pas fait pour mettre fin au dumping fiscal de l’Irlande lors de la négociation du plan de soutien ? Et pourquoi ne le fait-elle pas avec Chypre aujourd’hui, qui doit monter son impôt sur les entreprises de 10 à seulement 12,5% ? En réalité, cela montre que l’UE tolère, voir même accepte complètement l’existence de parasites fiscaux sur son territoire.

L’euro, enjeu d’une partie de poker

mardi 5 février 2013

Pourquoi Goldman Sachs veut baisser les salaires de 30% en France


Après The Economist il y a deux mois, c’est au tour d’un économiste de Goldman Sachs de recommander à la France de baisser les salaires de 30%. Par-delà l’inhumanité et l’absurdité d’un tel propos, il est très révélateur des disfonctionnements de la zone euro.

Inhumain et stupide !

Bien sûr, certains trouveront cela démagogue, mais tant pis. Pour le coup, on aimerait que ces partisans d’une baisse des salaires de 30% en France aillent vivre en région parisienne avec 800 euros par mois (leur recommandation de nouveau SMIC), en louant leur logement. Cela leur ferait sans doute prendre un peu plus conscience de la monstruosité de ce qu’ils demandent aux populations européennes, alors que les dirigeants de cette banque se partagent 100 millions de bonus.

En outre, comme l’explique Jacques Sapir dans un de ses derniers papiers, le problème de ces baisses de salaire, c’est que leur effet est encore plus brutal qu’elles ne le suggèrent déjà. En effet, les salariés à qui on réduit leurs revenus de 30% ont des dépenses contraintes qu’ils ne peuvent pas réduire (loyer, emprunt immobilier, certaines dépenses de base comme l’électricité, les transports). Bref, cela signifie que l’effort réalisé sur les autres dépenses est encore bien plus important !

Mais par-delà la cruelle inhumanité de cette proposition, elle est totalement absurde économiquement. On voit bien en Grèce qu’une telle cure ne permet pas de sortir de la crise. Bien au contraire, cela l’accentue, provoque un effondrement du PIB (de l’ordre de 25% à Athènes à la fin 2013) et un alourdissement colossal de la dette (qui, elle, ne baisse pas). Bref, cela revient à appliquer les saignées des médecins du Moyen âge alors que tout le monde sait que cela ne marche pas.

Dévaluer la monnaie ou les salaires

mardi 15 janvier 2013

Le côté obscur du « modèle » irlandais


C’est un article passionnant de The Economist qui revient sur les failles du modèle de développement irlandais, même s’il accorde globalement un satisfecit au plan d’ajustement, tout en appelant à un effort de la part de l’Union Européenne pour alléger le fardeau de sa dette.

Une crise du « laisser faire »

Le tigre irlandais a connu une très forte croissance dans les années 1990 et 2000 grâce à la conjonction de plusieurs facteurs. Tout d’abord, un taux d’imposition des bénéfices des entreprises, à 12,5%, contre plus de 30% sur le continent, qui a poussé de nombreuses multinationales (notamment dans l’informatique et la pharmacie) à s’implanter. Cela a été favorisé par l’intégration européenne, qui garantissait un marché de 500 millions de consommateurs et des taux d’intérêts faibles.

Mieux, l’Irlande a longtemps bénéficié des subsides européennes pour financer son développement. Enfin, le « laisser-faire » du pays a également permis le développement d’une sphère financière importante. Le problème est que cela a abouti à une bulle immobilière et financière colossale (les actifs des banques finissant par représenter 10 fois le PIB, contre 4 en France et 3 en Allemagne). L’explosion de cette bulle a logiquement provoqué une immense crise économique.

Contrairement à l’Islande, l’Irlande a sauvé ses banques, quitte à engager des sommes colossales pour les recapitaliser et faire exploser la dette publique. Résultat, le pays se retrouve aujourd’hui avec un niveau de dette publique parmi les plus élevés de la zone euro, alors qu’il faisait partie des trois pays les moins endettés (avec la Grande-Bretagne et l’Espagne) en 2007. En 2013, la dette publique devrait atteindre 120% du PIB, dont au moins un quart vient du sauvetage des banques.

Une richesse bien mal partagée

samedi 2 juin 2012

Irlande, Grèce, France : l’UE contre-attaque

La crise bien spécifique de la zone euro (qui épargne la plupart des pays qui lui sont extérieurs) provoque une profonde remise en cause de l’Union Européenne. Pourtant, même si les idées alternatives progressent, elles peinent encore à rassembler une majorité, devant les offensives répétées de l’UE.

L’UE gagne une bataille

Jeudi, la rétive Irlande était appelée à se prononcer par référendum sur le dernier traité européen. Tout d’abord, il faut saluer la vitalité de la seule démocratie qui soumet systématiquement ces traités au vote. Et là, surprise, le pays l’a ratifié par 60% des voix malgré les limites très fortes posées à la souveraineté du pays, d’habitude très sourcilleux sur le sujet, au point d’avoir rejeté une première fois le traité de Lisbonne en 2008. L’Irlande avait sans doute trop à perdre et ne voulait pas rejeter une Europe qui lui a tant apporté.

Au sujet de la Grèce, j’avais évoqué il y a quelques jours la possible « victoire de la gauche radicale », n’ayant vu que des sondages mettant SYRIZA en tête. Mais un commentateur du blog m’a fait remarquer que la situation avait évolué puisque Nouvelle Démocratie serait désormais en tête. Les Grecs sont tiraillés entre leur désir de mettre fin à l’austérité monstrueuse qu’ils ont accepté et la peur de quitter l’euro. Il y a malheureusement une chance forte que la seconde l’emporte sur la première…

En France, le gouvernement de Jean-Marc Ayrault a reçu une forme d’avertissement de la Commission Européenne lui intimant de respecter l’objectif de 3% de déficit public pour 2013 et lui pressant d’annoncer des mesures lui permettant d’atteindre cet objectif. Pire, ces technocrates européens ont appelé à la modération salariale alors que le gouvernement envisage un modeste coup de pouce au SMIC, démontrant, s’il en était encore besoin, le biais néolibéral et antisocial de cette Europe.

La guerre continue