vendredi 18 juillet 2014

BNP-Paribas : « proche d’un racket d’extorsion » pour The Economist !


Ce n’était pas un allié auquel je m’attendais, mais la lecture du compte-rendu de l’accord entre BNP Paribas et la justice étasunienne par The Economist, l’hebdomadaire des élites globalisées, pourtant très favorable par principe aux Etats-Unis, apporte de l’eau à mon moulin.



Un abus de pouvoir caractérisé

Quelle agréable surprise que la lecture des deux papiers de The Economist consacrés à l’accord passé par BNP Paribas avec la justice étasunienne dans son édition daté du 5 juillet. Le journal donne une importance particulière à cette affaire puisqu’il y consacre un papier dans sa première section, consacrée aux principaux évènements de la semaine « Pas une façon de traiter un criminel », qui donne le ton, suivi d’un autre article dans la section finance, intitulé « La punition capitale ». Cette prise de position me surprend en partie car The Economist a tendance à soutenir l’impéralisme étasunien et a plusieurs fois indiqué que Washington pouvait chercher à imposer ses vues à la planète, du moment qu’elles servent sa conception du monde. Du coup, le journal n’est guère sensible à l’argument d’extraterritorialité.

Mais il questionne la mesure de la justice étasunienne : « la banque française méritait une sanction, mais le système légal des Etats-Unis est proche d’un racket d’extorsion ». The Economist insiste sur le fait que BNP Paribas a aidé un régime monstrueux. Il soutient qu’il « est également vrai que les transactions en cause n’avaient rien à voir avec les Etats-Unis, mais parce qu’elles étaient en dollars, elles devaient être arbitrées à New York, ce qui a permis aux hommes de lois étasuniens de mettre un pied dans la porte ». Il poursuit « même si BNP Paribas mérite pleinement sa sanction, le système légal qui l’a produit est plus proche d’un racket d’extorsion que de la justice (…) Tout processus qui peut faire paraitre les affaires de la BNP avec le Soudan autrement qu’une honte, doit définitivement être très défectueux ».

Entre gris clair et gris foncé

Dans cette affaire, il semble que BNP Paribas s’est rendue coupable d’actes qui pouvaient être sanctionnés mais aussi que la justice étasunienne n’échappe pas à tout reproche, comme même The Economist l’admet. Même si on peut penser que son opinion anti-Etat et pro-entreprises peut l’influencer, cela montre que la vérité est dans les nuances de gris, ce qui me rend suspectes les opinions en noir et blanc, comme celle de l’anonyme qui défend mordicus la sanction sans vouloir admettre la moindre contestation. Pour l’instant, le déroulement du débat me pousse à conserver une opinion que je pourrais qualifier de gris foncé car les deux points qui me posent problème n’ont pas été pleinement remis en cause.

La question de l’extraterritorialité n’a pas été tranchée. En effet, on parle du fait que comme il s’agissait de transactions en dollar, alors, elles devaient passer par une chambre de compensation aux Etats-Unis, ce qui les ferait tomber sous le coup du droit étasunien. On évoque une chambre de compensation et non une chambre de transactions. Il ne me semble pas que toutes les transactions en dollars doivent passer par les Etats-Unis. Une chambre de compensation sert en général à rééquilibrer les soldes des organismes financiers, et seulement le solde. Et qui dit que ces transactions avaient un impact négatif sur le solde en dollar de la filiale suisse de BNP Paribas ? Enfin il ne me semble pas que si une banque chinoise échange avec Dubaï en euros, alors elle doive respecter le droit européen…

Merci à The Economist d’apporter de l’eau à mon moulin dans cette histoire abracadabrantesque. Si BNP Paribas est sans doute critiquable (sinon, ils n’auraient sans douté pas accepté de payer), les demandes et la façon de procéder de la justice étasunienne n’en reste pas moins extravagantes et ne lui sont permises que par le fait qu’ils sont la première puissance économique de la planète et qu’ils en abusent.

39 commentaires:

  1. Gilbert Perrin
    À l’instant ·

    CRASH du 777 .... d'Ecoeurement en Ecoeurement !!!!

    INADMISSIBLE, que 15 heures après le CRASH, personne ne puisse nous donner l'identité des passagers ? je trouve BIZARRE ???

    QUELQU'UN peut il me renseigner, avec franchise, ??? avec les moyens de transmissions actuels, la liste d'embarquement c'est possible NON ?
    Si NON, POURQUOI ?

    A MOINS QUE ? on a embarqué un suspect ????

    Ne nous cache t'on pas quelquechose ????

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    1. C'est une affaire qui pue !

      Le profil twitter de l'aiguilleur du ciel espagnol qui a témoigné @spainbuca n'existe plus...

      Crash MH17 : « deux chasseurs ukrainiens » derrière l’avion abattu ?
      http://www.7lameslamer.net/crash-deux-chasseurs-ukrainiens-1020.html

      Kiev a communiqué trop vite que le Boeing s'était écrasé (aiguilleur du ciel espagnol)
      http://french.ruvr.ru/2014_07_18/Kiev-a-communique-trop-vite-que-le-Boeing-setait-ecrase-aiguilleur-du-ciel-espagnol-9533/

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    2. Voir aussi l'excellente (comme d'habitude) contribution de Jacques Sapir au débat :

      http://russeurope.hypotheses.org/2547#_ftn1

      http://russeurope.hypotheses.org/2550#_ftn1

      Ivan

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  2. Ce qui est abracadabrantesque ce sont ces "il me semble ceci", "il ne me semble pas cela" et patati patata. Quand on en sait aussi peu sur les chambres de compensation...

    "toute transaction effectuée en dollars doit passer par une chambre de compensation sur le sol américain, laquelle prend un risque en assurant que la transaction soit réalisée."

    "Dans la zone euro, les règles sont données par l'Esma, l'Autorité européenne des marchés financiers. Cette dernière a refusé de répondre à nos questions sur le fonctionnement des chambres de compensation."

    http://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2014/06/03/la-chambre-de-compensation-la-cle-de-l-amende-bnp_4430185_4355770.html

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  3. Si on resume, Laurent, dans cette affaire vous etes aux cotés de The Economist, et contre Berruyer et Lordon.
    N'y connaissant rien sur le fond, je trouve quand meme ca bizarre pour un critique assumé du liberalisme économique.

    Talisker.

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    1. Les uns choisissent de mettre en cause les dérives d'un affairisme bancaire irresponsable, parce que la critique du capitalisme financier est leur centre d'intérêt essentiel ; les autres préfèrent développer une critique souverainiste de l'unilatéralisme américain, parce qu'ils s'inscrivent dans une approche gaullienne des relations internationales. Les deux démarches se complètent à mon sens plus qu'elles ne s'excluent.

      YPB

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    2. Bien vu.

      Donc si je carictaure en quelques lignes :

      -> c'est plutot une bonne chose qu'un Etat puisse taper sur les doigts d'une grande banque, cela montre que lorsqu'il le veut vraiment un Etat peut se defendre contre la finance (Berruyer, Lordon)

      -> Mais c'est dur à avaler que les USA utilisent cette puissance pour s'immiscer dans les affaires d'une banque francaise alors qu'elles ne les regardent pas tant que ca, c'est un exemple de la conception imperialiste qu'à ce pays des relations geopolitiques (Laurent, The Economist)

      Bon, on a donc la these et l'anti-these, à nous de faire la synthese ? ^^

      Talisker.

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  4. L’établissement d’un lien entre l’utilisation du dollar dans des transactions internationales et le respect d’embargos commerciaux décidés par le gouvernement des États-Unis reflète non pas le désir des cours américaines d’imposer le principe d’extraterritorialité de leur juridiction mais la volonté de la diplomatie américaine, via le législateur, d’imposer ses choix de politique internationale. Si j’en crois l’article de William S. Dodge, « Extraterritoriality and Conflicts-of-Laws Theory : An Argument for Judicial Unilateralism », Harvard International Law Journal , vol. 39, 1, 1998 (http://repository.uchastings.edu/cgi/viewcontent.cgi?article=1118&context=faculty_scholarship), la réflexion juridique américaine sur la question des « conflicts of laws » s’efforce de distinguer l’unilatéralisme juridique et l’unilatéralisme politique. Si le second peut paraître contestable, comme expression de la suprématie politique d’un État, le premier est perçu comme un facteur de progrès, dans la mesure où il contraint les partenaires à la négociation tout en prévenant le risque de la dérégulation qui pourrait découler du souci excessif d’éviter tout conflit. La gestion des désaccords relatifs au commerce international ne devrait pas être du ressort des cours de justice, mais de l’autorité politique, dans le cadre de négociations multilatérales.

    Cette approche laisse entière la question des rapports de forces sous-jacents au règlement des conflits d’intérêts entre puissances inégales. Dans la réalité des relations internationales, une telle conception de la dynamique du droit ne peut être que favorable à la principale puissance mondiale face à des partenaires qui n’osent pas contester sa suprématie. On a vu, a contrario, que les États-Unis nuançaient considérablement la portée de leurs prétentions relatives au champ d’intervention de leurs cours de justice dès lors que leurs partenaires faisaient l’effort de défendre avec vigueur leurs propres intérêts (j’ai rappelé ailleurs le recul de l’administration Clinton sur l’application de la loi Helms-Burton, ou encore la décision nuancée de la cour Suprême dans l’affaire Morrison vs National Australia Bank).

    En définitive, ce qui ressort de la lecture de la littérature américaine spécialisée ne ressemble en rien à un consensus en faveur d’une application sans nuance du principe d’extraterritorialité en faveur des juridictions américaines, du fait de l’ampleur des problèmes que cet élargissement est susceptible de poser. Voir à cet égard les conclusions d’Anthony J. Colangelo, « A Unified Approch to Extraterritoriality », Virginia Law Review, Vol. 97, 2011 (https://www.law.stanford.edu/sites/default/files/event/265497/media/slspublic/A_Unified_Approach_to-Extraterritoriality_1.pdf). La doctrine juridique américaine n’est pas figée et reste dépendante d’une jurisprudence mouvante et de la nature des interactions avec les autres acteurs des échanges internationaux. La résilience des partenaires des États-Unis, la continuité et la vigueur de leurs efforts à défendre leur propre point de vue dans des négociations réellement multilatérales sont donc de nature à infléchir de manière importante la jurisprudence et la réflexion théorique sur ce point.

    YPB

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  5. Talisker

    La synthèse Pinsolle c'est qu'on peut taper sur les banques, mais seulement si c'est l'état français qui tape, et si une banque française se fait taper par un autre état, alors c'est pas bien.

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  6. BNP a négocié, car sinon :

    La banque ne sera donc pas exposée à l’infamie d’un tribunal examinant sa culpabilité et surtout aux peines auxquelles elle pourrait devoir faire face, à savoir : faux et usages de faux, blanchiment, atteinte à un système de traitement de données automatique, recel, …

    Tous délits qui font encourir des peines de prison ferme pour les personnes physiques reconnues coupables de ceux-ci mais aussi des peines extrêmement lourdes pour des personnes morales qui seraient reconnues coupables de ces délits : dissolution, confiscation, interdiction, …

    http://www.pauljorion.com/blog/?p=67030

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  7. Et on fait quoi maintenant qu'on a découvert ou fait le constat que c'étaient les forts qui en politique et dans les relations internationales faisaient la loi ?

    On reste tributaire du bon vouloir des Américains, on continue de s'en remettre de manière aléatoire à leur magnanimité et à leur tempérance, en croisant les doigts pour qu'à l'avenir ils veuillent bien faire plus de cas de la morale et du droit que seuls on trouvera à leur opposer, on continue de se dresser sur ses ergots de coq gaulois atteint dans son orgueil national, de crier au scandale et de s'étrangler d'indignation impuissante sur les insupportables entorses au droit et violations de souveraineté qu'on aura cru déceler ?

    Ou on se donne les moyens de dire merde aux Américains, de sortir unilatéralement du système financier international et de résister à des sanctions internationales, en devenant au moins aussi fort et puissant qu'eux ?

    Laurent Pinsolle me surprendra toujours par sa naïveté et sa capacité à redécouvrir tous les jours l'eau chaude : à travers ce cas il peut enfin toucher concrètement du doigt que la souveraineté sans la puissance c'est du vent : la France n’a rien pu faire face aux Etats-Unis dès lors qu’ils avaient décidé de la punir et de lui faire payer la vente des frégates à la Russie.

    La France seule de Maurras et grand-papa, ça n’est plus possible aujourd’hui, pour des raisons évidentes de masse critique mais aussi de cohérence ethnique interne.

    Laurent Pinsolle a malgré lui magistralement démontré dans sa conclusion la nécessité d'une Europe politique dotée d'un Etat européen unitaire, pour se donner les moyens de pouvoir dire merde au monde entier, et aux Etats-Unis en particulier.

    Encore un effort Laurent pour être européiste !

    Charles

    PS : C'est trop dur de dire américain comme tout le monde ?

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    1. « Une Europe politique dotée d'un Etat européen unitaire, pour se donner les moyens de pouvoir dire merde au monde entier, et aux Etats-Unis en particulier ». Il n’y a qu’à voir ce que fait l’Union européenne, qui suit toujours avec servilité ce que décident les Etats-Unis, pour être convaincu de la nécessité de ne pas créer une Union politique. L’armée française n’est pas intervenue en Irak et on n’a pu voir ce que cela donnait comme résultats. Une intégration ne nous laissera pas d’autre choix que de nous plier à la décision de la majorité des pays européens, dont nombre d’entre eux s’alignent toujours sur Washington.
      Nous sommes très nombreux à en avoir plus qu’assez de ces discours de propagande, qui nous promettent monts et merveilles grâce à l’Union européenne, alors que nous avons au quotidien sous les yeux la démonstration que l’UE, c’est l’inverse : la fin de notre souveraineté et la mise sous tutelle libérale de notre pays sur les plans politique, économique, social, culturel. Baste !

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    2. Que nous ne sachions pas dire non aux Américains est un fait. Mais ce n'est pas l'Europe qui nous apprendra à le faire, parce que ce n'est pas une conséquence de notre faiblesse matérielle, de notre isolement dans le concert des nations. C'est même exactement le contraire qui est vrai. Nous sommes faibles, nous apparaissons à nos propres yeux comme une petite nation, justement parce que nous avons perdu la capacité de dire non.

      YPB

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    3. @Charles,

      Mélange à tous crins, qui ne m'étonne pas, entre Maurras et les nationaux républicains, et que sais-je d'autre encore.

      Il serait utile Charles de verser dans la démonstration. Je ne doute pas que vous puissiez être un Oracle pour votre entourage proche, mais pour ma part je ne sais pas vraiment ce qu'entend révéler de concret et d'établi votre post.

      Vous avez une fascination pour la puissance dominante manifestement, et ce en ce qu'elle est puissance et domination, non ? Vous avez une fascination pour les USA en tant que puissance première, non ? Envisagez-vous de vous installer dans ce beau pays que sont les USA, et de demander la nationalité américaine ?

      Mais surtout, vous faites glorieusement l'impasse sur la multipolarité, qui permet de se déterminer par soi-même, au milieu des autres, sans avoir à être ou subir la puissance dominante - unipolaire.

      Votre vision des relations internationales n'est plus du goût du jour à mon sens.

      L'UE n'est qu'un machin administratif tendu vers la dérégulation totale et la société de marché, doublée de mon point de vue d'un matérialisme d'acier allant de paire avec la divinité Consommation.

      L'Europe est une agrégation de nation, et ce n'est qu'à hauteur d'un peuple et d'une nation que la démocratie est possible.

      Par ailleurs, je ne sais toujours sur quels critères vous fondez la citoyenneté de votre Europe.

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    4. « Il n’y a qu’à voir ce que fait l’Union européenne, qui suit toujours avec servilité ce que décident les Etats-Unis » (Démos)

      Ce sont les gouvernements français successifs depuis 1946 qui de manière souveraine ont ouvert à fond les vannes de l’immigration, qui ont promulgué le regroupement familial sur le territoire national plutôt que dans le pays d’origine et qui ont réformé le code de la nationalité dans le sens d’un dévoiement total de cette dernière, ils n’ont pas attendu ni eu besoin de l’Union Européenne pour prendre des décisions aussi funestes et désastreuses, et pour trahir les intérêts du peuple français ;

      C’est un tribunal français qui a réintroduit le délit d’opinion en France et condamné Anne-Sophie Leclère à 9 moins de prison ferme pour un simple photomontage sur Facebook, pas la Cour de Justice de l’Union Européenne ;

      C’est le gouvernement français qui encore de manière souveraine et sans demander son avis au peuple a institué le mariage gay ;

      Les gouvernements français ne sont pas moins serviles à l’égard des USA que l’UE, ce n’est pas sur injonction ou mandat de l’Union Européenne que Sarkozy et Hollande se sont lancés - de manière totalement improvisée, sans se concerter avec leurs partenaires européens et sans soutien matériel et logistique d’un quelconque des autres pays membres de l’UE - dans des expéditions militaires néocoloniales hasardeuses en Lybie, au Mali, en Centrafrique et se sont comportés comme les pires des faucons sur le dossier syrien ; c’est au contraire Herman Van Rompuy , le président du Conseil européen, qui prenant ses distances avec Washington a déclaré qu’il n’y avait « pas de solution militaire en Syrie et que la solution ne pouvait être que politique ».

      Les instances bruxelloises tant décriées, et à juste raison, par les souverainistes ne sont en réalité que le reflet de la médiocrité des dirigeants nationaux des différents pays membres de l'UE : les dirigeants de ces instances se recrutent en effet parmi les dirigeants nationaux, ou sont nommés par eux. Les instances bruxelloises ne servent qu’à recycler des politiciens en fin de carrière ou des seconds couteaux. Ce sont donc les mêmes dirigeants qui se trouvent à Bruxelles et Strasbourg que dans les capitales européennes. Les instances européennes n’ont aucun pouvoir, et certainement pas celui que tu lui prêtes.

      Aujourd'hui on a une Commission européenne dont les membres sont nommés par les gouvernements nationaux SOUVERAINS, et qui n'a aucun moyen de contrainte et de rétorsion pour faire respecter les directives qu'elle émet, c'est ainsi par exemple que la quasi-totalité des gouvernements nationaux en Europe se sont allègrement affranchis des critères de Maastricht qu'ils ont allègrement enfreints, plaçant la Commission Européenne devant le fait accompli. On voit donc que quand ils le veulent, les gouvernements nationaux savent faire fi des injonctions bruxelloises et les prendre par dessus la jambe, et que la responsabilité des désastres économiques grecs, francais ou espagnols incombent donc d'abord aux dirigeants de ces pays-là qui étaient totalement libres de leurs choix et de leurs actes, totalement libres de choisir de se plier ou de ne pas se plier aux directives et dogmes économiques - certes aberrants - de l'UE, d'adopter ou non la monnaie unique, d'ouvrir en grand leur marché intérieur ou pas. Il est donc malhonnête d'imputer tous nos maux à l'Europe, il s'agit d'abord de la faillite de nos dirigeants nationaux.

      Ce sont les gouvernements nationaux qui ont négocié et ratifié les traités européens. Les gouvernements nationaux se servent de l’UE pour faire passer des réformes impopulaires d’inspiration ultralibérale, lui en faire porter la responsabilité et détourner ainsi sur elle la colère populaire.

      C’est la stratégie du bouc-émissaire qui a parfaitement bien fonctionné.

      Charles

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    5. « Nous sommes très nombreux à en avoir plus qu’assez de ces discours de propagande, qui nous promettent monts et merveilles grâce à l’Union européenne » (Démos)

      La France de Hollande est aussi vomitive.

      Si c’était un Poutine européen, ou un identitaire eurosocialiste, qu’on avait en lieu et place d’un Barroso, d’un Juncker, d’un Schulz ou d’un Van Rompuy, il n’y aurait plus de souverainistes et les thèses de Philippot, NDA et Asselineau ne rencontreraient aucun écho dans la population. Mets-moi à la tête de la Commission et tu vas voir comme je te fais fondre leurs effectifs.

      De manière démagogique, ils tapent à mort sur l’Union Européenne mais ne disent rien contre l’immigration extra-européenne qui nous submerge.

      Le souverainisme est un symptôme de la maladie européenne, pas le remède. Ce sont les hommes qu’il faut changer, et la parenthèse chrétienne sur l’Europe qu’il faut refermer.

      Il n’appartient qu’aux Européens de s’emparer de l’Union Européenne et de la retourner contre ses créateurs, en faisant par exemple un putsch démocratique au Parlement européen sur le modèle des Etats généraux de 1789.

      « Une intégration ne nous laissera pas d’autre choix que de nous plier à la décision de la majorité des pays européens, dont nombre d’entre eux s’alignent toujours sur Washington » (Démos)

      Tu ne raisonnes pas en nationaliste européen mais en nationaliste français. Il faut un commandement unique à la tête de l’Union Européenne, pas une armée mexicaine de 28 généraux.

      Asselineau l'explique d'ailleurs très bien malgré lui : l'Union Européenne actuelle dysfonctionne parce que c'est un attelage d'Etats-Nations souverains qui tirent à hue et à dia et qui défendent chacun férocement leurs intérêts nationaux respectifs, entraînant ainsi la paralysie de l'Ensemble et tout cela effectivement à la plus grande satisfaction et au plus grand profit des Etats-Unis d'Amérique qui peut jouer les uns contre les autres.

      La division de l’Europe, son morcellement en plusieurs Etats et les nationalismes centrifuges tournés vers les anciens Empires coloniaux font le jeu des Américains et favorisent l’allogénisation du continent européen.

      Asselineau avoue malgré lui que l'Union Européenne est la résultante de traités inter-étatiques entre Etats-Nations souverains, que c'est une "fédération d'Etats-Nations" pour reprendre le superbe oxymore de Jacques Delors, c'est-à-dire en réalité une Europe confédérale, une "Europe des Nations", configuration dans laquelle nous nous trouvons actuellement et qui consacre l’impuissance.

      Or il n'y a dans l'Histoire aucun exemple de Confédération qui ait fonctionné et réussi, c'est pour ça par exemple que les Confédérés sudistes ont été vaincus lors de la guerre de Sécession (la Confédération suisse est en réalité une fédération) et qu'aujourd'hui l'Union Européenne se rétame.

      Ce sont donc les Européens qu’il faut unir, pas les Etats européens qui au contraire freinent des quatre fers et font obstacle à toute intégration plus poussée qui impliquerait de leur part des abandons de souveraineté supplémentaires. Les professionnels de la politique, qui n’ont aucune envie de se retrouver contraints de pointer à Pôle Emploi, défendent naturellement âprement leurs fromages et les Etats nationaux n’ont eux non plus pas intérêt à se saborder au profit d’un Etat européen, pourtant plus urgent que jamais.

      Il faut donc les mettre à bas qui depuis 50 ans de surcroît ont trahi les intérêts de leurs peuples respectifs en faisant entrer une immigration de masse en provenance du Tiers-Monde , en bradant leur nationalité et qui sont les premiers geôliers de leurs peuples par le biais d’un droit totalitaire devenu fou et au service des minorités qui n’est plus réformable.

      Charles

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    6. « Par ailleurs, je ne sais toujours pas sur quels critères vous fondez la citoyenneté de votre Europe » (Georges)

      Un Etat européen, vierge juridiquement et délié de tous les engagements internationaux pris par les anciens Etats, permettrait de remettre les compteurs à zéro et de faire juridiquement table rase des forfaitures passées (nationalités bradées, naturalisations massives d’extra-européens, mariage gay) en réservant l’octroi de la citoyenneté européenne aux indigènes européens et à eux seulement.

      Le cadre juridique actuel dans lequel nous nous trouvons est verrouillé : du fait notamment du principe de non-rétroactivité (mais pas seulement), il rend impossible de déchoir de leur nationalité les extra-européens, il rend impossible de revenir sur les naturalisations passées et sur les droits octroyés ou concédés aux duos gays en matière de mariage et d’adoption, il rend de plus en plus difficile l’expulsion des clandestins. Le cadre national est donc devenu notre prison. Pour se sortir de cette impasse et résoudre le problème posé par ces verrous juridiques, il faut changer de référentiel : c’est l’Europe.

      Une Europe régie par le principe d’exclusivité citoyenne et avec une nationalité blindée juridiquement reposant sur le double droit du sang, tous les européens voudront en faire partie.

      On se trouve en fait aujourd'hui dans la pire situation, celle de rester immobilisés au milieu du gué sans vouloir choisir, entre d'une part :

      - le retour aux anciennes souverainetés par la dissolution de la zone euro et le désengagement des traités européens, ce qui aurait comme unique avantage de mettre fin à l’hypocrisie actuelle de nos dirigeants qui se prétendent tous « pour l’Europe » sans vouloir en assumer toutes les conséquences : s’ils étaient réellement pour l’Europe ils ne brigueraient pas de charges et de mandats nationaux. Si on opte pour ce terme de l’alternative, l’Europe faute d’avoir été capable de s’unir et de surmonter les réflexes nationalistes en son sein pour opposer un front commun à l’invasion migratoire africaine et arabo-islamique et aux appétits américains et chinois, disparaîtra de l’Histoire pour une bouffée d’oxygène sur le plan économique sans commune mesure avec le coût exorbitant que représente pour elle l’allogénat d’importation.

      et d'autre part :

      - l’unification politique du continent européen. Faute d’avoir été faite, l'Euro a échoué, les égoïsmes nationaux l’ayant emporté.

      « L'Europe est une agrégation de nation, et ce n'est qu'à hauteur d'un peuple et d'une nation que la démocratie est possible » (Georges)

      L’Europe est une Nation (les Européens sont de même souche et il n'y a pas plus de différence entre un Irlandais et un Géorgien qu'entre un Breton et un Basque), la France n’en est plus une de Nation, ce n’est qu’un conglomérat qui explosera tôt ou tard dans d’atroces convulsions et dont les races qui le composent joyeusement s’étriperont. C’est encore Charles de Gaulle qui le dit le mieux : « Essayez d'intégrer de l'huile et du vinaigre. Agitez la bouteille. Au bout d'un moment, ils se sépareront de nouveau ».

      Charles

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    7. @Charles,

      1. Depuis quand la CJUE rend des jugements de nature pénale ?

      2. Vous confondez manifestement le peuple souverain avec ses dirigeants ; le concept de souveraineté avec ceux qui assument à un moment donné l'exercice concret du pouvoir. J'ajoute que, par définition même, celui qui représente le souverain n'est pas souverain lui-même hors du pouvoir qui lui est conféré par le peuple : "« La souveraineté nationale appartient au peuple qui l'exerce par ses représentants et par la voie du référendum.Aucune section du peuple ni aucun individu ne peut s'en attribuer l'exercice" (Article 3 C.)

      Les souverainistes sont évidemment critiques de ceux qui ont voté et mis en oeuvre les traités depuis 30 ans principalement au nom du saint machin européen et de la sainte concurrence pure et parfaite.

      Au surplus, vous critiquez le concept de souveraineté en invoquant les actes de ceux qui y ont renoncé. Quel sens cela peut-il avoir ?

      3. Herman Van Rompuy, représente quel peuple ? Le peuple européen ? Vous auriez la date de son élection ou de sa nomination comme Ministre des affaires étrangères du peuple européen ? La date de convocation aux élections du peuple européen ?

      4. Quant à la parenthèse chrétienne, elle dure depuis 2000 ans, et a proposé un projet de civilisation et de développement à mon sens unique dans l'histoire des hommes, relisez Abélard - entre autres. Par ailleurs, opposer les philosophies antiques (grecques) et le Christianisme est un non sens.

      5. Point de nationalisme par ici, enfin il me semble, mais simplement la nation fondée autour d'une homogénéité culturelle (Renan), et rien d'autre, soit le modèle de communauté grec ou plus précisément athénien (Républicanisme civique néo-athénien). Cf. également la notion contemporaine de "nationisme" (Taguieff)

      6. Il n'y a jamais eu d'Europe sans les nations, il n'y a d'européen que les nations, c'est un fait. Les Venètes, les Séquanes, les Eduens... les Vikings, les Normands, les Huns... se revendiquaient européens ? Quand ? 12 étoiles sur fond bleu sur les boucliers, avec l'hymne à la joie en fond musical ?

      7. Souveraineté et démocratie sont des synonymes. Pas de souveraineté sans peuple. Cf l'arrêt du 30 juin 2009 de la cour constitutionnelle de Karlsruhe

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    8. @Charles

      Précision sur mon point 5 : l'élément culturel est une composante, Renan (pas plus que moi) ne limitant pas la nation à l'histoire passée bien heureusement.

      « Une nation est une âme, un principe spirituel. Deux choses qui, à vrai dire, n’en font qu’une, constituent cette âme, ce principe spirituel. L’une est dans le passé, l’autre dans le présent. L’une est la possession en commun d’un riche legs de souvenirs ; l’autre est le consentement actuel, le désir de vivre ensemble, la volonté de continuer à faire valoir l’héritage qu’on a reçu indivis. »

      « L’homme n’est esclave ni de sa race, ni de sa langue, ni de sa religion, ni du cours des fleuves, ni de la direction des chaînes de montagnes. Une grande agrégation d’hommes, saine d’esprit et chaude de cœur, crée une conscience morale qui s’appelle une nation. »

      La nation civique selon la République française. Germaine Tillion disait il me semble "est Français qui veut". Voilà une définition ouverte de la nation qui me convient.

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    9. « […] il n'y a dans l'Histoire aucun exemple de Confédération qui ait fonctionné et réussi, c'est pour ça par exemple que les Confédérés sudistes ont été vaincus lors de la guerre de Sécession […] ».

      C’est un exemple fort mal choisi pour qui connaît l’histoire américaine, car la faiblesse de la Confédération n’était pas essentiellement de nature politique.

      L’Union représentait au déclenchement du conflit une masse humaine de 22 millions d’habitants, tandis que les Confédérés ne réunissaient que 9 millions d’hommes, dont moins de 6 millions étaient des blancs. En conséquence, la population masculine en âge de servir sous les drapeaux s’élevait à 3,5 millions de personnes au Nord, contre 1 million seulement au Sud. Les potentiels industriels étaient profondéments déséquilibrés : les arsenaux du Nord représentaient avant la guerre les 9/10e des fabrications d’artillerie et d’armes individuelles ; l’agriculture employait au Sud plus de 80 % de la population contre 40 % au Nord ; le Nord comptait 110 000 manufactures avant-guerre, contre 18 000 au Sud et produisait les 9/10e du fer ou de l’acier des États-Unis ; la majeure partie du réseau ferroviaire se concentrait au Nord ; la supériorité du Nord en tonnage de la marine marchande était écrasante. Le Nord produisait davantage de céréales et même la transformation du coton récolté dans les États méridionaux se faisait dans ses manufactures.

      Au plan moral, beaucoup de sudistes réprouvaient la pratique de l’esclavage et ressentaient de profondes réticences à lutter pour son maintien (on trouve ces réserves exprimées même dans la correspondance de Robert E. Lee, qui écrit dans une lettre, après ses premières victoires : « plus nous vainquons et plus nous sommes haïs »).

      Les seuls atouts du Sud résidaient dans la géographie (l’étendue du territoire, le relief et l’hydrographie favorisant la défense) et dans la supériorité du commandement, l’élite militaire d’avant-guerre étant très majoritairement d’origine sudiste.

      On peut admirer le courage dont ont fait preuve les Confédérés (le romantisme du « Blanc soleil des vaincus » de Dominique Venner…) et rester malgré tout lucide quant à la réalité historique.

      YPB

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    10. « Il n'y a jamais eu d'Europe sans les nations, il n'y a d'européen que les nations » (Georges)

      L’Europe est « Nation des nations »

      « Si nous faisions aujourd'hui le bilan de notre patrimoine intellectuel, il s'avèrerait que la plus grande partie ne provient pas de notre patrie respective, mais d'un fonds commun européen. En nous tous l'Européen l'emporte de loin sur l'Allemand, l'Espagnol, le Français. Quatre cinquièmes de notre patrimoine européen commun sont identiques » (José Ortega Y Gasset)

      Les Germains, les Celtes, les Scandinaves, les Slaves, les Grecs et les Romains : mêmes dieux même si sous des noms différents.

      96% des européens sont locuteurs d’une langue indo-européenne (les exceptions étant les langues basque et finno-ougriennes).

      « Quant à la parenthèse chrétienne, elle dure depuis 2000 ans, et a proposé un projet de civilisation et de développement à mon sens unique dans l'histoire des hommes » (Georges)

      Le christianisme :

      - « bolchévisme de l’antiquité » (Benoist-Méchin) : malgré la liberté de culte qui était accordée à ses sectateurs (les « parabalanis », qui se recrutaient déjà dans les bas-fonds de la société), contestation de la religion et des lois romaines, refus de faire son service militaire, refus d’accomplir les rites civiques, rejet des traditions et de l’enseignement des maîtres considérés comme impies, antipatriotisme (la chrétienne Faltonia Proba ouvrant les portes de Rome au barbare chrétien Alaric) ;

      - « inversion de toutes les valeurs », « morale d’esclave », « moraline » (Nietzsche) : autoflagellation, génuflexion, négation de ce qui fait l’être humain, diabolisation des plaisirs de la vie, fanatisme, mentalité dogmatique et antiscientifique, la raison et doute remplacés par la croyance ;

      - superstition orientale à base de faux révisionnistes, d’écrits apocryphes, de personnages fictifs et d’histoires à dormir debout (Jésus marchant sur les eaux, Jésus multipliant les pains, etc.) qui s’est imposé par le fer et le feu en Occident après la conversion de Constantin : massacre de millions de païens européens, persécutions et conversions forcées, moines fanatiques semant la terreur dans les campagnes, destruction des temples et des statues, incendie des bibliothèques, œuvres inestimables perdues à jamais --> lire Ramsay MacMullen et Benjamin Gras ;

      - religion universaliste et à caractère prosélyte, inventée de toutes pièces, qui contrairement aux religions ethniques nie les identités et ne tolère pas la différence en religion --> lire Jean Soler ;

      - religion monothéiste qui a servi d’appui au passage en Occident à des régimes fondés sur le pouvoir d’un seul ; l’Eglise a toujours été du côté des oppresseurs du peuple, soutenu le servage des paysans et tire sa richesse considérable de la dîme versée pendant des siècles par ces derniers et de la spoliation des biens et des terres des païens lors de la phase de christianisation ;

      - religion qui a considérablement fait régresser les sciences, le niveau d’instruction général de la population, qui s’est traduite plus généralement par un recul considérable de la civilisation (transports, hygiène, confort et niveau de vie) et par la perte de certains savoir-faire techniques qui ne seront redécouverts que 1000 ans plus tard. Il a fallu attendre les périodes de redécouverte de la matrice antique que furent la Renaissance, les Lumières et le Romantisme, pour reprendre la marche du progrès ;

      - A comparer avec les 30 000 ans d’histoire européenne ( --> Dominique Venner), en faisant de surcroît remarquer que la christianisation de l’Europe n’aura été que superficielle, l’Eglise ayant dû composer avec les résistances de populations restées fidèles aux dieux anciens et la prégnance en leur sein de la religiosité païenne (ce qu’on appelle la double-foi, ou dvoeverie en russe : fond païen, forme et vernis chrétiens). Selon Nietzsche, « l’homme de l’avenir est celui qui aura la plus longue mémoire » ( --> archéofuturisme).

      Charles

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    11. « nation civique » (Georges)

      Dans le droit républicain, pour être citoyen il faut être citoyen de père et de mère. C’est la règle de Périclès, le père de la démocratie athénienne, reprise par les juristes révolutionnaires français puis répandue à travers l’Europe par Napoléon. Règle en rupture avec les naturalisations d’étrangers (annulées par Périclès) des tyrans Pisistratides, qui sera malheureusement à son tour abrogée par le tyran Caracalla (édit de Caracalla). Droit républicain en rupture avec le droit féodal, selon lequel « est sujet du Roi le sujet qui est né sur les terres du Roi ».

      « est Français qui veut » (Germaine Tillion ?)

      Et l’avis des Français on s’en fout ? Il suffirait donc de planter sa tente en France pour être français ?

      On se trouve ici à la jonction du marxisme à la Besancenot et du christianisme qui à mesure que l’Europe se déchristianise reprend les accents archéo-anarchistes, bolchéviques et mondialistes de ses débuts pour lorgner sur de nouveaux marchés en Afrique, Asie et Amérique Latine.

      Le Pape François : ennemi des Européens et collabo de l’entreprise d’islamisation et d’allogénisation du continent européen.

      Si l’Europe se relève, les Européens demanderont des comptes à tous les collabos, et l’Eglise en fera partie. Se souvenir que c’est l’épiscopat français qui s’est opposé au projet de Giscard de restreindre le regroupement familial aux seuls Européens.

      Charles

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    12. @Charles

      1. Athènes fut une république, et au surplus selon les critères contemporains ?

      2. Je suis favorable à une restriction du Code de la nationalité, sans pour autant reculer sur tous les principes. Les propos de De Gaulle, ce chrétien, sur les caractéristiques du peuple français, ne m'ont jamais choquées.

      N'être ni dans le dénie de l'histoire et du réel, ni dans une conception figée de la France, et laisser sa chance au temps, qui fait aussi les nations.

      La France est une idée, mais une idée qui a une histoire, voilà une des propositions principales. Mais il clair que pour moi que la France est chrétienne, l'histoire est là.

      3. Le "qui veut" de Tillion inclut, valide, l'assimilation et non l'intégration (autre nom d'un système à l'américaine, et récusation de l'assimilation républicaine). Il s'agit de l'illustration du "contrat de chaque jour" de Renan.

      Vous préférez comprendre que c'est l'organisation du communautarisme en France, vous avez le droit de ne pas vouloir comprendre.

      4. Le marxisme de Besançenot, ben voyons. J'ai fait mention du républicanisme civique néo-athénien, dont on ne peut pas vraiment dire qu'il soit synonyme de marxisme à la Besançenot puisque Chevènement incarne, enfin il me semble, cette option française ; option opposée en tous points au mondialisme libérale, à la dérégulation totale et à la mise en concurrence de tous contre tous.

      Par ailleurs, le marxisme est une analyse et non un système de pouvoir et d'institutions constitués. L'analyse de classe a enfin gardé toute sa pertinence, ce qui ne signifie pas qu'il faille en tirer les conclusions du petit livre rouge. On peut s'appuyer sur l'analyse marxiste et récuser la "solution" communiste ou bolchévique.

      5. La République française telle que vous la connaissez a évidemment à voir avec le Christianisme, ne serait-ce que par sa manière singulière de scinder le temporel du spirituel, sans parler de la notion d'individu et des droits attachés (droits de l'Homme...).

      Quels système de droit hors de la conception chrétienne du monde, des hommes et de leurs relations ? Quel système de valeur ? L'individu est une notion qui a du sens au sein de vos références attachées à la conception de l'Homme ?

      Retour à l'antiquité ? Sparte, Athènes, Rome ?

      6. Il y a effectivement un courant anarchiste chrétien auquel je ne suis pas indifférent.

      7. J'attends de votre part une critique fondée du Christianisme, exempt de l'éternelle confusion avec les églises et notamment celle de Rome.

      8. J'attends de votre part un exposé de cette solution miracle que vous avez à proposer, et reste intéressé par vos conceptions du sacré.

      La France c'est aussi un certain Esprit de synthèse.

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    13. Anonyme 21 juillet 2014 10:14

      Erratum : il fallait lire :

      "Dans le droit républicain, pour être citoyen, il faut être né de père et de mère citoyens"

      Charles

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    14. @Georges

      Vous êtes un peu fatiguant, j'essaie pourtant de faire des réponses claires. Ca devient un dialogue de sourds, je verrai si j'ai le temps de développer.

      Le christianisme n'a jamais appliqué le principe de séparation du politique et du religieux, les chrétiens ont toujours voulu que la religion commande.

      L'Etat républicain romain non plus ne séparait pas la religion et le politique mais soumettait la première au second.

      Charles

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    15. @ Charles,


      1. Le patrimoine commun identique, et surement vécu comme tel par les anciennes peuplades d'ailleurs, le tout en remontant 30.000 ans en arrière, ben voyons.

      Conception de la communauté fantasmée à mon sens, qui n'existe que par le parti pris du jour et de ceux que vous citez. Le 4/5 ème, mais de quoi ? On a mâchonné les même racines il y a dix mille ans, c'est cela la communauté culturelle, la même vision du monde ?

      2. Ah.... les belles libertés individuelles et collectives du temps des Germains et des Celtes, tout un programme. Les mêmes dieux, c'est à dire ? On parle de qui et de quelles périodes ?

      Dieux sacrificiels ? Prière à l'endroit des arbres ?

      3. Le coup antique de la langue indo-européenne... vous cassez pas Charles, on est pas européens finalement, on est tous indiens.

      4. Le christianisme, bolchévisme de l'antiquité : mis à part le croustillant anachronisme que cela révèle, je rappelle qu'il convient de rendre à César ce qui lui appartient (Lc 20, 20-26 ; voir également Mc 12, 13-17 et Mt 22, 15-22). Ce que fait par ailleurs l'église romaine, c'est son affaire. Rome n'épuise pas l'Evangile, et je me rappelle le titre d'Ellul "La subversion du Christianisme".

      5. Le monde romain était un monde dur, violent, aristocratique, militaire, faisant l'apologie de la virilité guerrière. Si vous voulez retourner au monde romain, eh bien allez-y, vous y goûterez ses douces libertés et ses campagnes militaires joyeuses et primesautières.

      Je ne me sens pas grand choses de commun avec l'homme romain, bien que nous héritions d'une part du Corpus iuris civilis, notamment en matière de droit des obligations.

      6. « inversion de toutes les valeurs » : Nietzsche est un auteur pour adolescents à mon sens. Illusion de la puissance. J'ai été nietzschéen a 17 ans, comme tout le monde, et puis j'ai lu des livres.

      Pas de diabolisation des plaisirs dans l'évangile. Relisez donc l'Ethique à Nicomaque par ailleurs, vous y verrez que le bien supérieur ce n'est pas le plaisir mais la vertu voir le plaisir dans l'acte vertueux, ce qui ne cadre pas vraiment avec les bacchanales.

      La réflexion sur le caractère anti-scientifique est drôle. Je ne vous avais pas renvoyé pour rien vers Abélard, vous vous y reporterez encore.

      Qu'ont produit les romains, les celtes, les germains, sur le plan de la pensée ? Le marteau et l'enclume ?

      7. Jésus marchant sur les eaux... le grand classique du cathéchisme de CE2. Les évangiles sont allégoriques (pas que), lisez donc les traités et sermons d'Eckhart (mal vu par l'église en son temps). Il ne marche pas sur les eaux, il est l'Esprit qui marche au-dessus du monde... etc...

      8. la religion ethnique... nous y voilà aux vérités ethniques. La fameuse vérité du gène, au sein duquel est écrit le saint programme ? J'avoue mal comprendre la notion voyez-vous. Ce que je sais c'est que le christianisme s'adresse à tous.

      9." l’Eglise a toujours été du côté des oppresseurs du peuple" : propagande habituelle, Cf. Rerum Novarum, et tout le reste...

      La grande idée d'égalité entre les hommes, par-delà même les classes et les races, on la trouve où en premier ? Je vous laisse trouver la réponse...

      10. Renaissance, Lumières, Romantisme, marche du progrès. Bien sûr, bonheur du peuple, vérité sainte de sa condition, du fait que des banquiers italiens se mettaient à aimer la peinture et le marbre de carrare. Et voltaire qui soutient Calas de Ferney pendant que, loin de l'Europe, les affaires continuent.

      Et vos grands humanistes, il n'étaient pas chrétiens par hasard ? Erasme priaient les Pénates ?

      Simone Weil a une belle expression sur la renaissance (j'espère ne pas trahir, c'est de mémoire) et les humanistes : ils sont restés sur le pont grec.

      Au mieux, votre fameuse Europe de la culture commune, elle ne peut apparaître que par le fait chrétien, que cela vous plaise ou non.

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    16. "la religion ethnique [...] J'avoue mal comprendre la notion" (Georges)

      Les religions nationales si vous préférez : l'hindouisme, le judaïsme, le zoroastrisme (les Perses), le shintoïsme, les polythéismes indo-européens (paganisme = la religion des gens du pays, i.e la religion identitaire par excellence).

      "le christianisme s'adresse à tous" (Georges)

      Le christianisme d'essence universaliste est la religion de l'empire, par définition cosmopolite et qui à force d'avoir trop étreint s'est écroulé.

      Le paganisme est la religion de la République fondée sur l'homogénéité du corps des citoyens.

      Il faut avoir le courage de rompre avec le mythe de la France universelle et cesser de complaisamment s'en bercer, qui cause notre perte. On paie aujourd'hui le prix de nos aventures coloniales qui nous reviennent en pleine figure. Faire répéter à de petits Africains "Nos ancêtres les Gaulois", en plus d'avoir été stupide, s'est avéré aussi tragique que la conversion forcée des Européens à une religion étrangère, importée d'Orient. "Deviens ce que tu es" nous dit Nietzsche. Cela signifie pour un Européen renouer avec la religion de ses ancêtres avant leur conversion forcée, être fidèle à la religion européenne authentique de ses ancêtres.

      Charles

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    17. @Charles,

      Il faut avoir le courage de rompre avec les mythes d'hier - leur reconstitution a posteriori notamment, qui ne les rendent que plus mythiques encore - et cesser de complaisamment s'en bercer. Le passé nourrit l'avenir ; quand le passé nourrit le passé, on avance plus, on recule. Nietzsche, c'est de la littérature pour ados ; une sorte de brillant commentateur dont les réflexions ne tiennent que parce qu'elles s'opposent à un véritable bloc philosophique constitué. Le surhomme, c'est le triomphe d'une humanité réduite à son animalité, ce qui n'est pas sans rappeler la réduction par les "libéraux" de la raison au calcul. Le surhomme c'est le sursinge.

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  8. Le Parlement européen vote des résolutions proprement effarantes à propos de la situation en Ukraine. On n’en croit pas ses yeux tellement c’est « énorme ».
    A lire sur le site « les crises » d’Olivier Berruyer : [Énorme] Résolution du Parlement européen du 17 juillet sur l’Ukraine : le nationalisme européen dans toute sa splendeur…

    Demos

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  9. @ Anonyme en colère

    Vous m’amusez à citer un texte dont j’ai parlé dans un de mes premiers billets sur le sujet. Et soit dit en passant, ce n’est pas un papier du Monde qui suffit pour établir la vérité. Il se trouve que j’ai accès à des personnes qui s’y connaissent qui m’ont confirmé que si cela s’appelle des chambres de compensation, ce n’est pas pour rien, et que par conséquent, stricto sensu, on ne peut pas complètement considéré que chaque transaction passe par les USA. Il s’agit d’une chambre qui permet de compenser les soldes globaux…

    Tous ces débats sur l’extra-territorialité en Allemagne ou aux Etats-Unis démontrent que les choses ne sont pas comme vous le décrivez, en noir et blanc.

    Ma synthèse, c’est qu’une banque doit pouvoir être sanctionnée quand elle ne respecte pas la loi dans le territoire où elle a commis ces infractions, et dans le cadre de lois existantes (dont certaines restent à écrire)

    @ Talisker

    The Economist ne présente pas tout à fait le même point de vue que moi, mais ils appuient un des deux points de mon argumentation. En revanche, assez d’accord sur votre synthèse en deux points, ce qui représente pour le coup une forme de synthèse. A la France de faire en sorte que les Etats-Unis ne puisse plus agir de la sorte, mais en se réservant de le faire quand une entreprise contrevient à la loi sur son territoire (dans un cadre législatif défini à l’avance cependant).

    @ YPB

    Merci d’être la voix de la raison dans ce débat, en restant calme et pondéré.

    @ Charles

    Je vous rassure, je ne le découvre pas. Lecteur du Général de Gaulle et passionné d’économie, c’est quelque chose qui m’est apparu assez tôt.

    Pas besoin d’être aussi fort qu’eux. La France du Général ne l’était pas, mais elle pouvait leur dit non quand cela était nécessaire (OTAN, Russie, or). Nul besoin d’une Europe politique, puisque celle-ci a tendance à affaiblir les Etats européens et qu’elle a tendance à se construire comme un vassal des USA.

    Le terme « américain » appliqué aux USA est totalement impropre. D’ailleurs, le monde hispanophone ne l’emploie pas. Merci à Lordon de m’avoir donné l’idée d’employer un terme plus juste.

    @ Démos

    Merci

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    1. « Pas besoin d’être aussi fort qu’eux »

      Ben je voterai jamais pour toi alors, c'est pas avec ce genre de déclarations ahurissantes que tu convaincras les gens et que tu mobiliseras et fouetteras les énergies, si tu veux te faire bouffer c'est ton problème mais c’est sans moi. C’est bien la première fois que j’entends un leader politique, ou qui se prétend tel, inviter ses troupes à ne pas trop en faire.

      Ca en dit long sur ta mentalité d’esclave, un tel manque d’ambition est absolument sidérant, t’es un boutiquier qui se repose sur ses lauriers et acquis les pensant sans doute à vie et t’es fatigué autant que tu as peur de te battre. Moi je veux qu'on soit les plus forts possible, et c’est unis que les Européens seront les plus forts et l'emporteront. Pas étonnant qu'avec une telle mentalité l'Europe soit sortie de l'Histoire et qu’on se soit fait rattraper puis dépasser par des peuples qui avaient peut-être plus faim que nous.

      « Le terme « américain » appliqué aux USA est totalement impropre »

      Ridicule. T’aimes bien enculer les mouches toi. Je reconnais bien là en tout cas ta manière habituelle d’aborder les choses par le tout, tout, tout petit bout de la lorgnette. Crois-tu sérieusement que c’est en te focalisant et en pinaillant sur des détails aussi insignifiants que celui-ci que tu feras pièce à l’hégémonie américaine ? Surtout si c’est pour lui substituer un affreux barbarisme. Enfin bon tu choisis des combats à ta mesure…C’est une attitude assez puérile et mesquine de ne pas vouloir appeler son adversaire par son vrai nom, il y a d’autres façons plus loyales de l’affronter. Pour se donner l’illusion d’agir sur le réel, on manipule les mots et les symboles, qu’on surinvestit d’une sorte de pouvoir magique, c’est la maladie de notre époque.

      Charles

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  10. LP

    Ce qui m'amuse, c'est que vous persistez là comme ailleurs à nier l'évidence, à savoir que la BNP a truqué ses comptes pas par hasard et a reconnu ses torts.

    Vos connaissances ? On s'étonne que la BNP n'y ait pas fait appel pour défendre sa position, manifestement elles ne convainquent personne, à part vous. Pour ce qui est du manichéisme, je crains que vous n'ayez de leçons à donner, quand le moindre désaccord avec vos positions est taxé ridiculement d'ultralibéralisme et d'eurobéatitude. Vous êtes aussi cocasse que certains libéraux qui accusent de collectivisme ceux qui sont en désaccord avec eux sur certains points.

    De toutes façons, l'affaire est close et vous ne convaincrez personne d'un peu sensé de revenir dessus.

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  11. Je laisse les lecteurs juges. Je n'ai jamais nié les turpitudes de BNPP et dit que certaines devaient être sanctionnées. Il ne me semble pas beaucoup avoir évoqué l'eurobeatisme et le néolibéralisme ici. Dommage... Toujours le noir et blanc chez vous. Essayez le gris !

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  12. LP

    Vous ne manquez pas de culot en déniant votre tropisme à coller l'étiquette libéral et eurobéat dès que vous n'avez plus d'arguments valables à avancer. Les lecteurs ayant un peu plus que la mémoire d'un poisson rouge se souviendront qu'ici vous et vos aficionados utilisent ces termes à outrance. C'est d'ailleurs ça qui vous décrédibilise, car contrairement à ce que vous prônez, vous êtes très fréquemment dans le noir et blanc et très loin des nuances de gris. Désolé, mais ce sont vos propos sur de multiples sujets qui me permettent de l'affirmer, vous êtes un faux modéré, vous n'êtes pas du tout dans la nuance que vous prétendez manier.

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  13. En fait, vous êtes un dogmatique psycho-rigide, tout ce qui est inutile à la situation présente. Vous ne comprenez rien aux évolutions en cours parce que ça dépasse votre entendement étriqué, vous n'avez que les années 60 pour référence et horizon. Vous êtes tétanisé par votre myopie et faites perdre du temps et de l'énergie. Vous n'avez aucun avenir, à part dans une période réactionnaire obscurantiste.

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  14. https://www.youtube.com/watch?v=oMyzCKduvKQ&feature=youtu.be

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  15. Comme souvent, un fond à l'emporte-pièce pas vraiment argumenté, et une forme contestable

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  16. Bah ! C'est le diagnostic qui vous est applicable, aucun fond ni argument qui tienne la route, tout à l'emporte pièce du nationalisme aveugle. J'ai bien peur que vous ne reprochiez à d'autres ce qui caractérise parfaitement votre légèreté infantile. Même les dirigeants de la BNP sont moins bornés que vous, c'est pas peu dire. Avec vous aux responsabilités, la France irait encore plus vite droit dans le mur. Vous n'êtes pas une issue, mais encore pire que ce qui se fait en ce moment.

    Certains n'ont pas vos œillères :

    http://alternatives-economiques.fr/blogs/chavagneux/2014/07/21/lettre-ouverte-a-bercy-pour-que-lamende-de-bnpp-ne-soit-pas-fiscalemement-deductible/

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  17. Je suppose que selon vous la BNP et ses juristes n'ont aucun fond aussi, idem pour les juges US. Vous êtes un petit ridicule prétentieux et ignare.

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