Il y a quelques semaines la BCE
s’enorgueillait d’avoir effectué un vaste stress-test des banques
« systémiques » européennes et d’en avoir obtenu d’excellents
résultats. Et – cocorico ! – toutes les banques françaises s’en sortaient
haut la main, ceci étant abondamment relayé par les grands médias français, ces
machines acritiques à penser unique. Sauf que ceci est, au mieux, une vaste
blague, au pire – et plus vraisemblablement – un énorme majeur érigé au faciès
des peuples.
Qu’est-ce qu’un stress-test ?
Tout simplement une simulation pendant laquelle on évalue la résistance
financière des banques en situation de crise économique aigue et brutale. Cette
simulation s’appuie donc sur des hypothèses (d’inflation, de chômage, de
faillites en cascades, etc.) qui doivent correspondre, si possible, au pire de
ce que pourraient connaître les banques.
Ce type de tests est très courant dans l’industrie : en
simplifiant, si on veut construire un avion qui devra voler à 1000 km/h, on
teste son prototype dans toutes les configurations possibles à 1500 km/h. S’il
réussit ces tests, on pourra se dire que tout cela devrait bien se passer en
vitesse de croisière de 1000 km/h. Ou, pour reprendre une analogie effectuée
par Olivier Berruyer sur son blog,
quand on vous vend une pompe pour un bassin extérieur garantie jusqu’à -10°C
cela veut dire qu’elle a été testée à -20°C, voire encore plus bas. Le but est
bien de tester le matériel dans les conditions les plus extrêmes auxquelles il devrait être soumis, et
même un cran au-delà. Il en serait de même pour les banques : l’idée du
stress-test devrait bien être de mettre hypothétiquement les banques
européennes dans la configuration de la crise la plus profonde qu’elles
seraient censées rencontrer.