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dimanche 27 avril 2025

Sur la route des vacances, tout est politique

Ces derniers jours, un déplacement vacancier m’a amené à faire un long trajet, comme je le fais régulièrement depuis plus de 20 ans. En plus de 800 kilomètres de trajet, quand on s’intéresse à la vie publique, il est frappant de constater comment bien des travers de notre vie politique prennent vie sur un simple trajet en voiture. Prix de l’essence, trajets recommandés, limitations de vitesse le démontrent bien.


 

Recul des services publics et arbitraire omniprésent

 

jeudi 29 janvier 2015

Autoroutes : le piège de la privatisation




Privatisation du service public et conséquences

On connaît déjà les conséquences de l’effarante vente des autoroutes à des sociétés privés en 2005 : une hausse des tarifs souvent supérieure à l’inflation (comme cela devait à nouveau être le cas en ce début d’année), alors même que les sociétés d’autoroutes dégagent des résultats indécents. Il faut rappeler ici qu’alors que Vinci dégage une marge opérationnelle de 4,2% dans les contrats classiques de construction, cette marge atteint la bagatelle de 39,4% pour les activités de concessions, qui rassemblent autoroutes, parkings, stades et aéroport. Quand les utilisateurs paient 10 euros, à peine 6 couvre les coûts et près de 4 représentent la marge opérationnelle de l’entreprise !

Il faut dire que les sociétés d’autoroutes ont très largement remplacé les humains par des machines, comme on peut le constater depuis 10 ans. Mais ce n’est pas tout. Alors que l’Etat a déjà fait une mauvaise affaire avec la vente des autoroutes, qu’il doit assumer l’augmentation du chômage consécutive aux suppressions massives de poste aux péages et la colère des automobilistes qui constatent la hausse des tarifs, l’Etat se retrouve maintenant au contentieux pour avoir refusé une hausse de tarif de 1,07%, ce qui va engendrer des coûts juridiques qu’il devra probablement assumer étant donné qu’on peut sans doute partir du principe que les sociétés d’autoroutes ont bien négocié leurs contrats.

Privatisation contre intérêt général

samedi 6 décembre 2014

L'effarante vente de près de 50% de l'aéroport de Toulouse à la Chine






Le bien commun vendu à la sauvette

Cette vente ressemble à m'y reprendre à l'effarante vente des autoroutes, qui n'a abouti qu'à transformer un service public qui faisait la fierté et la réputation de notre pays en une rente juteuse pour ses acquéreurs. Déjà que les 15 milliards glanés par Dominique de Villepin ne pèsent pas grand chose par rapport à une dette publique qui approche 2000 milliards, ce ne sont pas les 308 millions de cette opération qui y changeront quoique ce soit. Pire, il est totalement aberrant de confier la gestion d'un aéroport à un consortium privé, qui ne vient qu'y chercher une rente lucrative puisqu'il s'agit encore une fois d'un monopole naturel qui ne devrait pas sortir du giron public.



Déjà, cela ne fait pas de sens de vendre à un groupe privé un aéroport, comme cela n'avait pas de sens, du point de vue de l'intérêt général, de vendre les autoroutes. Le vendre revient à lui donner une rente qu'il pourra toujours rendre plus lucrative, au détriment des intérêts des salariés et des usagers, en absence de véritable concurrence. C'est ainsi que les sociétés d'autoroutes dégagent d'indécentes marges d'exploitation de 40%, après avoir monté leurs tarifs et supprimé de nombreux postes par l'automatisation. Pire, l’Etat aurait récemment lâché 14,7 milliards d’euros de recettes nettes contre 3,2 milliards d’euros de travaux pour relancer le BTP. Les seuls à profiter de ces privatisations, ce sont les dirigeants et les actionnaires des entreprises issues de ce qui aurait du rester un service public.

Poste d'espionnage sur Airbus ?

dimanche 31 août 2014

La scandaleuse privatisation des autoroutes



Jackpot pour les exploitants

Le journal de TF1 notait hier que le prix de l’essence est 20 centimes plus élevé sur les autoroutes que dans le reste des stations-services et que le prix de tous les produits vendus dans les stations services, de l’eau minérale au sandwiches, est aussi bien supérieur au prix des supermarchés. Mais ce qui est dommage, c’est que le reportage n’ait pas fait le parallèle avec les profits extravagants réalisés par les entreprises qui ont les concessions autoroutières. Vinci, par exemple, réalise 13,9% de son chiffre d’affaire avec les concessions et 58,8% de son résultat opérationnel. En clair, les concessions affichent une rentabilité 9,4 fois supérieure à celle des contrats de construction classique, dont il n’a jamais semblé qu’ils étaient mal payés par l’Etat ou les collectivités territoriales. Et que penser des tunnels et autres parkings ?

Une défaite pour la collectivité

vendredi 8 novembre 2013

Ecotaxe, optique, énergie… : les échecs patents de la libéralisation


Depuis quelques semaines, les exemples de disfonctionnements de la libéralisation de ce qui devrait être des services publics se multiplient, avec notamment le scandale de l’écotaxe. Pourtant, pas grand monde ne semble tirer des leçons de ces innombrables fiascos consécutifs au recul de l’Etat.

Cinq exemples et une leçon

Le dernier exemple est l’ubuesque partenariat public-privé pour la collecte de l’écotaxe, sur lequel la justice vient d’ouvrir une enquête. Alors que l’Etat consacre 1% des recettes fiscales à la collecte des impôts, dans ce cas, le contrat signé par l’équipe Sarkozy était de plus de 20% ! Il est difficile de ne pas y voir une rente indue pour l’entreprise EcoMouv, largement détenue par des capitaux étrangers. Idem pour l’optique, sortie largement de la sphère publique. Malgré une concurrence entre les lunettiers et les mutuelles, leur intérêt collectif bien compris a permis une envolée des prix dans notre pays, démontrant que marché ne rime pas forcément avec baisse des prix et efficacité, mais parfois plus avec rente…

Il en va de même avec le système de santé étasunien et la mise en place très cahotique de l’Obamacare, preuve que la sous-traitance au privé n’a fait que produire un système complexe et dysfonctionnel. On retrouve le même scénario dans le secteur énergétique, dont la gestion est devenue extraordinairement complexe du fait de la libéralisation de la distribution, qui impose des contrats byzantins avec les anciens services publics, mais aussi des objectifs environnementaux, qui ont abouti à une explosion de subventions publiques pour les énergies renouvelables et une envolée des prix.

On pourrait également évoquer le cas des universités étasuniennes, auxquelles The Economist a consacré de nombreux dossiers démontrant que l’envolée des frais de scolarité est totalement délirante (cinq fois plus que l’inflation depuis 35 ans). Il est tout de même assez piquant de constater que le privé peut aboutir à une envolée des frais administratifs. En 1976, on comptait deux professeurs pour un administratif. Aujourd’hui, le rapport est d’un pour un. Pire, dans le même temps, les professeurs et les étudiants travaillent de moins en moins ! A côté, nos universités seraient presque exemplaires !

Quand privatisation égale complexité, rente et gaspillage

mardi 6 août 2013

Le scandale de la privatisation des autoroutes


Il y a huit ans, son opposition à la privatisation des autoroutes menée par le gouvernement Villepin avait conforté la bonne opinion que j’avais de Nicolas Dupont-Aignan, après sa campagne contre le TCE. Un rapport de la Cour des Comptes confirme qu’il avait largement raison.




Le verdict de la Cour des Comptes

Le jugement est sévère : « la négociation des avenants aux contrats de concession (notamment les contrats de plan) et le suivi par le concédant (assuré par le seul ministère chargé des transports) des obligations des concessionnaires se caractérisent par un déséquilibre au bénéfice des sociétés autoroutières ». La Cour des Comptes dénonce « des augmentations tarifaires supérieures à l’inflation » et recommande même de « mettre en œuvre les dispositions contraignantes » et de « réaliser systématiquement une contre-expertise (…) de tous les coûts prévisionnels des investissements ».



Ce document de Debout la République montre que la hausse annuelle du tarif des péages est, à l’exception de 2007 et 2010, systématiquement supérieure à l’inflation depuis 2004. Pire, une autre analyse démontre l’envolée des profits des sociétés concessionnaires, qui ont progressé de 70% de 2001 à 2010 contre un peu plus de 25% pour l’ensemble des sociétés non financières. Comme le rappelle Marianne, en utilisant toutes les combines permises par les contrats de concession, les sociétés d’autoroutes ne cessent de faire progresser leurs tarifs sensiblement plus vite que l’inflation.


Une privatisation illégitime