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jeudi 29 janvier 2015

Autoroutes : le piège de la privatisation




Privatisation du service public et conséquences

On connaît déjà les conséquences de l’effarante vente des autoroutes à des sociétés privés en 2005 : une hausse des tarifs souvent supérieure à l’inflation (comme cela devait à nouveau être le cas en ce début d’année), alors même que les sociétés d’autoroutes dégagent des résultats indécents. Il faut rappeler ici qu’alors que Vinci dégage une marge opérationnelle de 4,2% dans les contrats classiques de construction, cette marge atteint la bagatelle de 39,4% pour les activités de concessions, qui rassemblent autoroutes, parkings, stades et aéroport. Quand les utilisateurs paient 10 euros, à peine 6 couvre les coûts et près de 4 représentent la marge opérationnelle de l’entreprise !

Il faut dire que les sociétés d’autoroutes ont très largement remplacé les humains par des machines, comme on peut le constater depuis 10 ans. Mais ce n’est pas tout. Alors que l’Etat a déjà fait une mauvaise affaire avec la vente des autoroutes, qu’il doit assumer l’augmentation du chômage consécutive aux suppressions massives de poste aux péages et la colère des automobilistes qui constatent la hausse des tarifs, l’Etat se retrouve maintenant au contentieux pour avoir refusé une hausse de tarif de 1,07%, ce qui va engendrer des coûts juridiques qu’il devra probablement assumer étant donné qu’on peut sans doute partir du principe que les sociétés d’autoroutes ont bien négocié leurs contrats.

Privatisation contre intérêt général

samedi 14 décembre 2013

Vinci révèle le scandale des concessions


C’est un article, ou plutôt quelques chiffres des Echos qui révèlent le pot aux roses, dont tout le monde est au courant. Les concessions de service public ne sont que des rentes absolument scandaleuses que l’Etat donne à des entreprises privées. A quand une remise en cause ?



Le beurre dans les épinards pour Vinci

Les chiffres sont extravagants et ont l’avantage de parler d’eux-même. Alors que les concessions (parkings, autoroutes, stades, aéroports) ne réalisent que 13,9% du chiffre d’affaire de Vinci (contre 85,6% pour les contrats classiques de construction), et à peine 8% de ses effectifs, elles représentent pas moins de 58,8% de son résultat opérationnel, contre seulement 38,2% pour les activités de construction ! En clair, alors que la marge opérationnelle atteint seulement 4,2% dans ces dernières, elle atteint 39,4% pour les concessions, soit 9,4 fois plus !!! Les concessions sont la poule aux œufs d’or du groupe.

Mais si ces activités sont extrêmement profitables pour Vinci, cela signifie aussi que l’Etat et les collectivités négocient extrêmement mal ces contrats. Pour quelle raison faudrait-il que la rentabilité de ces activités soit tellement supérieure à celle des contrats traditionnels ? Chacun en tirera les conclusions qu’il souhaite. Mais du coup, cela signifie également que les prix pourraient sans doute être baisser d’un tiers et que l’Etat ne perdrait pas d’argent si l’exploitation était restée dans le domaine public ! La privatisation des services publics a un seul bénéficiaire : les actionnaires des groupes qui les contrôlent.

Un problème qui grandit